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Un véto rural aux médecins : « Ne vous plaignez pas ! »

Un veau et une vache en Toscane (Monica Arellano-Ongpin/Flickr).

Ce vétérinaire de campagne a vivement réagi au témoignage de Guillemette Reveyron, médecin généraliste qui a décidé de déménager pour fuir les gardes forcées. Il estime que les gardes, inscrites dans le code de déontologie des vétérinaires font partie de ces obligations désagréables qui incombent à toute profession.

Dans l'ouest du département voisin de celui de Guillemette, la Saône-et-Loire, j'exerce le métier de vétérinaire rural (le « rural » a aussi son importance).
Moi non plus je ne suis plus tout jeune (56 ans) mais j'ai choisi ce métier en classe de sixième, par totale vocation.

Passons sur les difficultés à réussir le concours d'entrée aux Ecoles nationales vétérinaires (à l'époque, 325 places offertes pour 2000 prétendants au concours, France entière). Je pense avoir un niveau d'éducation et de formation au moins équivalent au généraliste moyen. D'ailleurs, nombre de mes camarades de classe préparatoire ayant échoué au concours se sont reclassés comme… médecins !

150 nuits par an et par tête de pipe

J'exerce de la façon suivante : en association de six vétérinaires plus deux collaborateurs libéraux en pleine saison, sur deux sites éloignés de 15 kilomètres environ. Ce qui nous permet d'organiser nuits de gardes, dimanches, fériés travaillés et congés (quand même) de façon rationnelle.

Mais, même de cette fraçon, il nous faut assurer de deux à quatre nuits de garde par semaine selon la saison, soit 150 nuits par an et par tête de pipe, et entre un week-end sur deux et un sur trois. Assez loin des « une nuit sur huit » dont parle Guillemette Reveyron.

Et je peux vous garantir que le travail est loin d'être une sinécure. Principalement de l'obstétrique, se soldant quasi systématiquement par une césarienne sur une patiente de 700 à 800 kilos, de laquelle il faut extraire un veau de 50 à parfois 80 kilos…

« Continuité des soins aux animaux qui lui sont confiés »

Ne pensez pas que je cherche à me faire plaindre ou à susciter quelque compassion ; j'explique, c'est tout.
Chez nous, la réalisation des gardes de nuit et jours fériés ne souffre même pas la question : elle est inscrite dans nos gènes, ou plus précisément dans le code de déontologie de l'Ordre des vétérinaires :

« Le vétérinaire assure lui-même ou par l'intermédiaire d'un de ses confrères la continuité des soins aux animaux qui lui sont confiés. »

A ce propos, je signale que, de plus en plus, lorsque je reçois un animal de compagnie à des heures « indues », le propriétaire très souvent commence par me remercier d'avoir bien voulu lui ouvrir la porte de mon cabinet, ce qui n'était quasiment pas le cas quelques années auparavant.

« Une sorte de dinosaure »

Au début, j'avoue, avec un soupçon de vanité, avoir été flatté d'une telle entrée en matière. Maintenant, j'y vois surtout la carence totale des services à la personne dans notre société, et ça ne m'amuse plus du tout.

J'ai vraiment la sensation d'être une sorte de dinosaure pour travailler encore de cette façon. Point n'est besoin de titiller le client pour qu'il fasse état de tel ou tel cas dans sa famille ou ses amis de personnes en détresse ayant dû attendre des secours de une à plusieurs heures à défaut de pouvoir se rendre au centre hospitalier le plus proche, aucun médecin local n'étant évidemment joignable.

Pour les urgences, faites le 15

C'est bien là où le bât blesse : dans mon secteur, il reste quatre médecins libéraux installés, trois sont plus âgés que moi. J'ai le douteux privilège de vivre dans une de ces célèbres zones en voie de désertification médicale. Pas assez de médecins, trop vieux : faites le 15 ! Et là, bonjour le parcours du combattant. Vous êtes dirigé vers un « médecin régulateur » assis derrière son pupitre à Mâcon (70 km) dont vous avez la désagréable sensation que son rôle est de vous botter en touche jusqu'au lendemain ou au lundi suivant. D'où certains couacs mortels de temps à autre

En trente ans de pratique, j'en ai vu défiler quelques-uns de ces jeunes toubibs, tout feu tout flamme, prêts à vous expliquer comment il fallait travailler au service de la société. Ils se sont tous barrés comme des rats, qui dans un service de médecine légale, qui dans un centre de gériatrie pépère, etc…

« Moi, j'assume de A à Z, du bobo à l'urgence chirurgicale »

La préfecture a fait le choix de déléguer les urgences au « 15 » : très bien : c'est là que se retrouvent tous les inquiets du samedi soir, les bobos de l'âme et les vieux ou les clodos dont personne ne sait que faire. Et cela au détriment des vraies urgences vitales.

Amis médecins qui me lisez : ne vous plaignez pas. Si un cas vous dépasse ou vous inquiète vraiment, vous avez l'hôpital à disposition alors que moi, j'assume de A à Z du bobo jusqu'à l'urgence chirurgicale (et sans personnel la plupart du temps).

Vous m'en voudrez sûrement, mais j'estime être un des rares à pouvoir vous faire ce genre de remarques.

Quand au chapitre rémunération, j'aurai de quoi remplir une nouvelle page, avec quelques mises au point…

Photo : un veau et une vache en Toscane (Monica Arellano-Ongpin/Flickr).

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139 commentaires (Pour réagir, connectez-vous)

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De jeebee

medecin | 14H24 | 17/06/2009 | Permalien

Ah les vétos !

Sans vouloir vous offensez, cher Monsieur, mais votre « parallèle » avec la médecine humaine me semble un peu tendancieux…

Certes des études longues et difficiles. Je vous rappelle qu'un médecin généraliste est actuellement diplômé bac+8, un spécialiste minimum bac+10 (le plus souvent +11). Ajoutez à cela un post internat obligatoire pour de nombreuses spécialités, des diplômes complémentaires (Master, thèses de science) plus ou moins obligatoires, et on est assez rapidement à bac +12,13… ceci pour en terminer avec la durée des études.

Mais pour rappeler des évidences : le médecins soignent une espèce animale ,reconnaissez le, un petit peu différente (j'oserais plus « importante » ? ).
C'est marrant mais après avoir fait vêler un ruminant, j'aurais le sentiment d'être plus serein qu'après une césarienne difficile chez une jeune humaine…mais c'est surement très personnel.

Portrait de Enlendil

à jeebee Portrait de jeebee De Enlendil

Etudiant | 14H29 | 17/06/2009 | Permalien

Je ne crois pas que beaucoup de médecins généralistes pratiquent des césariennes ceci dit…

Portrait de jeebee

à Enlendil Portrait de Enlendil De jeebee

medecin | 14H36 | 17/06/2009 | Permalien

bien sur, mais je pense qu'un généraliste (je connais mal cette « spécialité ») doit quelque fois avoir des situations délicates à gérer, notamment en milieu rural ou le recours à l'hospitalisation « systématique » est moins facile qu'en ville.

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à jeebee Portrait de jeebee De teych

insoluble dans le libéralisme | 17H26 | 17/06/2009 | Permalien

Sans vouloir vous offenser, (bien que la mode soit à l'écriture phonétique, les attentats contre l'infinitif me font toujours mal aux yeux), au diplôme de vétérinaire s'attache le titre de Docteur, et quand on est bien élevé, on donne du Docteur au véto, et non du simple Monsieur. De plus, vous semblez ignorer (entre autres choses) que la médecine vétérinaire comporte de nombreuses spécialités, sanctionnées par un diplôme au moins aussi difficile à obtenir que le votre, (enfin, je le suppose, puisque vous vous présentez comme médecin et que vous méconnaissez les attributions ordinaires du généraliste), au terme d'un cursus au moins aussi long.

Votre tentative d'argumentation s'en trouve ainsi passablement affaiblie, pour ne pas dire vaine, d'autant que l'article traitait des conditions comparées des généralistes et des vétos en milieu rural. Sauf erreur de ma part, les généralistes à bac+13 ne pullulent pas dans nos campagnes. On peut donc facilement retourner le qualificatif de « tendancieux » contre votre commentaire.

Pour finir, je vous engage à soigner votre orthographe, vous y gagnerez beaucoup en crédibilité auprès de vos patients.

Portrait de jeebee

à teych Portrait de teych De jeebee

medecin | 19H07 | 17/06/2009 | Permalien

enfin une argumentation intéressante !

manifestement si votre orthographe est irréprochable, c'est au niveau supérieur (la compréhension de ce qui est écrit) que ça coince un peu…

la discussion avait en effet passablement dévié sur la médecine humaine et vétérinaire en générale. Je ne reviens pas sur la durée des études des généralistes et des spécialistes, il suffit de relire.
Les vétos ont des études longues et difficiles, aucun médecin ne dira le contraire. Il n'empêche que ce sont deux métiers différents, simplement au niveau des responsabilités, ce qui me semble évident. Comparer un médecin de campagne et un véto n'a aucun sens. je pense notamment à l'argument du « je fais tout de A à Z » (encore heureux), contrairement au médecin (feignant ? incompétent ? ) qui envoie nécessairement directement le malade à l'hôpital.

Concernant le fameux « docteur », il n'est guère usité entre confrère, et de moins en moins avec les patients (ce qui ne me pose aucun problème ! ), et n'a bien sur rien à voir avec une quelconque forme de politesse.

Portrait de ROLLIN_DELAY

à jeebee Portrait de jeebee De ROLLIN_DELAY (auteur)

Vétérinaire à la Campagne | 22H02 | 17/06/2009 | Permalien

Je n'ai pas mis dans mon commentaire toute la subtilité requise si elle avait dû s'adresser à un aéropage de commentateurs jésuitiques…

Quand je dis « de A à Z », à aucun moment je ne sous-entend la fainéantise ou l'incompétence du généraliste mis en parallèle, et je vous trouve là assez spécieux, limite désobligeant…

Ce que j'entends par là, c'est que je me retrouve SEUL devant le cas : personne à appeler à la rescousse (le confrère de garde avec moi est lui-même parti la plupart du temps)

Le bobo du samedi soir, c'est du genre qu'on expédie avec un sourire et la piqûre qui calme le propriétaire, mais la vraie urgence vitale, même au bout de 30 ans, elle me panique encore ! La radio, je m'en sers assez peu souvent, de toutes façons je vais encore passer 1/2 heure à lire la feuille des constantes, Va falloir brancher la « gazeuse », fouiller dans les placards pour trouver la boîte d'instruments qui va bien, chercher les champs, nettoyer la bête…
Bref, y a pas une once de décontraction !
Je sais, chacun considère ce qu'il fait comme « vachement dur » et je ne fais pas exception à la règle…

Ami SPECIALISTE, venez voir comment un bouseux de mon acabit essaie de s'en sortir !

Portrait de Denis CRESPY

à jeebee Portrait de jeebee De Denis CRESPY

Libre penseur | 18H05 | 17/06/2009 | Permalien

La médecine, les actes chirurgicaux restent les mêmes pour toutes et tous, humain animaux…
Sauf que l'animal ne sait pas s'exprimer.
Quoiqu'il en soit, fuir les gardes est-ce bien raisonnable en milieu rural, je ne le pense pas.
Mais une chose reste claire, il restera sûrement que le vétos pour soigner tout ce beau monde ! ! !

Portrait de kiki21120

De kiki21120

sans emploi | 15H07 | 17/06/2009 | Permalien

Un système qui serait à mon avis, de patient, c'est que toute la santé soit assuré par des fonctionnaires en trois huit, mais c'est une utopie.

Actuellement les médecins libéraux sont assujettis aux impôts sur le revenu comme BNC (bénéfice non commercial) comme d'autres professions telle que …. prostitué ! !

Donc lorsque l'on sait cela ma proposition parait moins incongrue.

Portrait de memorisator

De memorisator

Parisien | 15H30 | 17/06/2009 | Permalien

Mon cher confrère, je vous remercie de cette précision : la continuité des soins est dans nos gènes, et la désertification médicale entraine directement une répartition des urgences sur moins de praticiens … résultat : ceux qui restent en payent le prix … et finissent par partir (en gériatrie pépère comme vous dites, dans des régions bien pourvues, etc
L'autre résultat c'est que beaucoup de vétérinaires gagnent beaucoup moins qu'il y a 20 ans - la plupart dans ma promo A87 sont à des niveaux de cadres moyens, au dessus de la moyenne nationale certes, mais guère plus : ben oui, à force de tous s'installer à Antibes, Bayonne, Nice et Compiègne ! La solution c'est que les professions très régulées par le concours d'entrée pour les ENV, la première année de médecine et l'internat et la sécurité sociale pour la médecine bénéficient (ou supportent) des incitations / pénalités pour lutter contre cette désertification. Sinon, le cercle vicieux s'accentuera. D'autres solutions ? Et pitié pour les exemples particuliers (moi mon médecin il me prend tant et il est fermé du tant au tant…on s'en tape)

Portrait de guillemette reveyron

De guillemette reveyron

medecin en exode | 15H45 | 17/06/2009 | Permalien

En tant que médecin, si vous étiez mon patient,je vous engagerais à suivre les recommandation de la CEE en matière de durée du temps de travail : 48 heures par semaine. C'est un repère consensuel et sans doute réfléchi qui peut aussi servir aux juges en cas de procédure pour mise en danger de la vie d'autrui par exemple.

Le jour où, en vous endormant au volant vous risquerez l'accident grave pour vous ou les pauvres malheureux en face, on dira que vous en faisiez trop et que ça devait arriver.

Il ne faut pas confondre l'exploit de certains qui peuvent veiller plusieurs nuits par semaine et la résistance du commun des mortels à l'insomnie.

Pourquoi mettez-vous systématiquement en cause les médecins,
Se perdre dans le travail n'est pas,loin s'en faut, synonyme de bonne santé.Respecter des équilibres dans sa vie pour continuer à exercer dans la durée tout en ayant une vie familiale accomplie n'est pas synonyme de trahison au serment d'Hippocrate.

C'est avec ce genre de discours prônant l'abnégation jusqu'à l'épuisement que l'on fait fuir les futurs docteurs qui ont bien raison de trouver le salariat plus confortable.Et c'est avec ce genre de propos que notre président se sent en droit d'exiger sur tout le territoire et à toute heure du jour et de la nuit,des médecins au garde à vous. La profession médicale se meurt de cette image d'Épinal.

Portrait de F_X

à guillemette reveyron Portrait de guillemette reveyron De F_X

Etudiant | 15H56 | 17/06/2009 | Permalien

Vous pourriez ajouter que la continuité des soins fait aussi partie de notre code de déontologie. Ce n'est pas l'apanage des vétérinaires.

http://www.conseil-national.medecin.fr/ ? url=deonto/article.php&offset=15

Portrait de Vagal

à guillemette reveyron Portrait de guillemette reveyron De Vagal

Etudiant en médecine | 16H02 | 17/06/2009 | Permalien

Pas mieux…

Ah, si quand même : quand je lis certains posts ici (pas forcemment le votre ceci dit), bah ca donne pas envie de faire de la médecine générale ou de s'installer en libéral.

Ca tombe bien, des médecins il en manque dans toutes les spés et dans toutes les structures… je trouverais bien une place quelque part.

A tous les fan de tir au pigeon (ou « tir au médecin », pour le coup), pourquoi croyez vous que chaque année il reste plus de 400 postes de médecine générale libres après le concours de l'internat ?

A force de dévaloriser la médecine générale (que ce soit ici -c'est visiblement le sport préféré de certains riverains-, à l'hôpital, d'un point de vue matériel ou tout ce qu'on veut… les exemples sont nombreux), bah la médecine générale perd de sa valeur auprès des étudiants…

Portrait de kevangel

à Vagal Portrait de Vagal De kevangel

Chercheur | 17H18 | 17/06/2009 | Permalien

« A tous les fan de tir au pigeon (ou “ tir au médecin ”, pour le coup), pourquoi croyez vous que chaque année il reste plus de 400 postes de médecine générale libres après le concours de l'internat ? »

Parce que la pénurie est fabriquée par le concours de première année. Il suffirait d'augmenter le nombre de places au concours et magie ! plus de pénurie !

Portrait de Vagal

à kevangel Portrait de kevangel De Vagal

Etudiant en médecine | 07H36 | 18/06/2009 | Permalien

Ca devient pénible de lutter contre la désinformation et les contre vérités balancées allègrement par certains.

Donc :

- le numerus clausus n'est pas décidé par les médecins, l'ordre des médecins ou le « complot international des médecins », mais par les 2 ministères en charge des études de médecine : santé et enseignement supérieur… à moins que ceux ci ne soient aussi infiltrés par le « complot international des médecins » que certains se plaisent à évoquer ici.

- le numerus clausus clausus a presque doublé depuis que j'ai commencé mes études : 4300 étudiants en 2002, 7500 en 2009.

- le numerus clausus ne peut pas etre augmenté indéfinimement : les facultés n'ont pas les infra structures pour suivre (ce qui à la limite n'est pas trop grave, les étudiants en médecine ayant tendance à bosser « en solitaire » sur leur bouquins plutot que d'aller en cours), mais surtout les stages hospitaliers sont archi saturés, ce qui a entrainé une dégradation de la qualité de la formation à l'hopital. Donc toute augmentation future du numerus clausus ne peut se faire qu'en règlant d'abord le problème des stages hospitaliers… ou alors on forme des médecins n'ayant jamais mis les pieds à l'hopital (et c'est pas moi qui le dit, mais les experts en démographie médicale… cherchez ONDPS sur google et regardez ce qui sort… ah oui c'est vrai les mecs qui ont bossé la dessus sont médecins, donc affilié au « complot », menteurs, voleurs, tricheurs, et c'est d'ailleurs aux qui ont tué les bébés courjault).

Portrait de ROLLIN_DELAY

à guillemette reveyron Portrait de guillemette reveyron De ROLLIN_DELAY (auteur)

Vétérinaire à la Campagne | 22H50 | 17/06/2009 | Permalien

Mon problème, chère Guillemette, c'est que je n'ai pas le choix !
Bien sûr qu'à 56 balais, j'en ai soupé des gardes de nuit de dimanche, des Noëls au cul des vaches.
Travailler la nuit, j'ai trouvé ça absolument génial pendant…UN MOIS ! Après, j'ai compris ma douleur !
L'accident, je l'ai déja eu !
Deux fois !
Tout seul !
Détail, à deux heures du mat », l'hiver, sur les routes de campagne, t'as peu de chance de percuter quelqu'un en face, parceque, justement, Y A PERSONNE ! Le seul con qui roule, c'est toi !
Seulement, voilà ! il faut bien quelqu'un pour le faire ce travail là, et je répète que nos prédécesseurs nous ont mis dans la tête que c'était une OBLIGATION MORALE de le faire !
Je sais, j'ai l'air con et obtus, mais j'y ai cru, et même, j'y crois toujours !

Mais, t'inquiète pas, ma Guillemette, ça va changer !
Dans pas longtemps d'ailleurs !
et la raison, tu es super bien placée pour la connaître :

Elle s'appelle FEMINISATION ! !

Depuis 2 ou 3 ans, le taux de filles entrant aux Ecoles Nationales Vétérinaires oscille entre 75 et 80%
Ca va faire drôle dans les campagnes ! !

Ca fait déjà drôle ! parce qu'elles sont déjà là ! Les premières fournées, pas de problème ! Elles sont bonnes, elles bossent autant que nous…

mais elles sont célibataires !

Qu'est-ce qu'elles vont faire quand elles auront un jules, 2 ou 3 gamins (ou cinq ! )… T'as pas une p'tite idée, ma Guillemette ? ? ?

Moi, si !

Portrait de A.V.

De A.V.

tamagotchi89 | 15H58 | 17/06/2009 | Permalien

« Principalement de l'obstétrique, se soldant quasi systématiquement par une césarienne sur une patiente de 700 à 800 kilos, de laquelle il faut extraire un veau de 50 à parfois 80 kilos… »

Meuuuuuuuh, arrête ! La dernière fois qu'un obstétricien à assisté une belle bête comme ça en ville, c'était quand ? … Jamais, même après le Woodstock de la choucroute à Strasbourg. En langage statistique, ça veut dire que 90% de la population française vit en zone urbaine et 99 % de la population bovine/ovine/avicole/lapinesque en zone rurale. Donc, le fond de commerce du véto spécialisé dans les animaux de la ferme est à la campagne. Et inversement, celui du médecin est très majoritairement en ville (vous me suivez ? …) Alors quand les conditions de travail d'un toubib se dégradent à cause de la désertification rurale, et que celui-ci sait qu'il peut trouver une clientèle ET une vie sociale beaucoup plus importantes en se rapprochant d'une ville, le calcul est vite fait. Par contre, Mister Rollin, accoucheur de patientes de 800 kilos, restera près du cheptel face aux mêmes sacrifices.

Portrait de Cataphractaire

à A.V. Portrait de A.V. De Cataphractaire

Asen | 23H13 | 17/06/2009 | Permalien

Il faudrait revoir tes stats.

Portrait de A.V.

à Cataphractaire Portrait de Cataphractaire De A.V.

tamagotchi89 | 08H11 | 18/06/2009 | Permalien

Oui, bon ! … Même si un éleveur, une fois, a dressé un hamster pour garder ses moutons, ça n'en fait pas un animal de ferme.

Portrait de PY31

De PY31

ingénieur | 16H27 | 17/06/2009 | Permalien

En fait la solution est simple. Il faut augmenter le nombre de médecins. doubler, voir tripler le « numerus clausus ».
La sécurité sociale y est opposé car elle a peur de l'envolée des dépenses (ce qui n'est absolument pas certain), les médecins y sont opposé car ils ont peur de la concurrence (ce qui par contre est pour le coup certain)

donc les deux, alliés en l'occurrence, font tout pour le maintenir bas. au détriment des soins.

Si il y avait deux fois plus de médecins, il y aurait beaucoup plus de concurrence en eux, et pour gagner leurs vie, ils devrait aller dans les « niches » abandonnées que sont les campagnes. et pratiquer ce qu'ils ne font plus : les gardes et la disponibilité de nuit ….

Comprenez que beaucoup n'y tiennent pas ….

Portrait de Caracole

à PY31 Portrait de PY31 De Caracole

Etudiant en médecine | 16H58 | 17/06/2009 | Permalien

Le problème, comme il a été mentionné plus haut, c'est que nos CHU ne peuvent accueillir deux fois plus d'étudiants. La formation serait complètement dégradée (on commence d'ailleurs déjà à s'en plaindre) et l'interne, ayant moins de patients en charge se retrouverait beaucoup moins rapidement compétent.

A propos de la liberté d'installation, il y a un truc qui me picote : on ferme les tribunaux de proximités, les bureaux de poste, des classes en campagne, (du service publique donc) mais on veut y rameuter du médecin ? C'est pas paradoxal ?

Portrait de PY31

à Caracole Portrait de Caracole De PY31

ingénieur | 10H16 | 18/06/2009 | Permalien

Pourquoi ne pas modifier notre enseignement de médecine ? est ce si insurmontable d'accepter 10% d'étudiants de plus par ans sur 10 ans ; et de ne pas tout baser sur les CHU ? l'imagination est une qualité qui ne s'use que si on ne s'en sert pas : )

>> mais on veut y rameuter du médecin ? C'est pas paradoxal ?

non, la poste, le tribunal, l'école (pour ceux qui ont dépassé 50 ans) ne sont pas des choses indispensables … le médecin c'est quand meme un histoire de vie ou de mort parfois : )

Mon beau pere est médecin de campagne a la retraite. un énorme boulot, une belle fortune construite aussi, par quelqu'un qui n'avait pas peur de travailler plus de 60 heures pas semaines … il est clair qu'il ne fermais pas a 19h, mais qu'il etait dispo 24h/24

Portrait de sylvainxy

De sylvainxy

16H49 | 17/06/2009 | Permalien

Salut,

tout à fait d'accord avec vous :

- mon épouse à raté le concours, elle est maintenant médecin spécialiste…

-ayant des animaux, il m'est arrivé, pour un chien d'appeler le véto de garde un dimanche à 6h00 du matin, il est arrivé à son cabinet à 6h30…

- un ami, greffé cardiaque, s'étant senti mal un matin vers 5h00 en semaine s'est entendu répondre par le médecin de garde, d'attendre l'ouverture du cabinet de son traitant pour voir avec lui.

-ces médecins généralistes qui voudraient tant qu'on leur reconnaisse le terme de spécialistes, ont pour une grosse partie
d'entre eux, ratés le concours d'entrée à l'internat.

Malheureusement, ils sont électoralement très, très puissants…

Portrait de jeebee

à sylvainxy Portrait de sylvainxy De jeebee

medecin | 17H23 | 17/06/2009 | Permalien

- combien vous a demandé votre véto ?

- sans pouvoir en dire plus sur le médecin qui ne s'est pas déplacé immédiatement au chevet de votre ami, (d'après ce que vous dite il s'agissait d'une faute) le médecin qui lui a répondu a engagé sa responsabilité. Responsabilité qui n'existe pas chez votre véto, ou en tout cas insignifiante.

- actuellement futur généralistes et spécialistes passent le même concours, la médecine générale est de plus en plus un choix (d'ailleurs de moins en moins choisi…)

Portrait de sylvainxy

à jeebee Portrait de jeebee De sylvainxy

21H15 | 17/06/2009 | Permalien

le chien était mort avant que nous arrivions à son cabinet,
ce n'était pas mon véto habituel, mais il ne m » rien demandé,
habitant le sud- ouest, je lui ai fais parvenir une bonne bouteille…

Portrait de Emma Indoril

De Emma Indoril

Nérévarine | 17H54 | 17/06/2009 | Permalien

Je ne dirais qu'un mot : Bravo ! !

Et je rajouterais que ce qu'on fait pour nos animaux, on devrait le faire pour nous mêmes… On marche vraiment sur la tête !

Portrait de Badgud

De Badgud

Athée | 18H50 | 17/06/2009 | Permalien

Dans cet article, on peut lire qu'il ne reste que 4 médecins libéraux et 3 ont plus de 56 ans. Tous les jeunes toubibs sont dégoutés dès le début et ils se barrent direct.

Franchement si on ne regarde que les faits, ce système est mort.

Pour ma part, je comprends les jeunes toubibs qui s'en vont. Quand on bosse les week ends, les jours fériés et 4 nuits par semaine, cela signifie tout simplement que toute vie de famille est impossible. Après si y en a qui ne vivent que pour leur boulot tant mieux pour eux, mais qu'ils ne fassent pas chier les autres.

PS : Je ne suis pas médecin

Portrait de lettre du soleil

De lettre du soleil

Travailleur | 19H45 | 17/06/2009 | Permalien

J'aime ce vous me dites, un tout petit reproche tout de même, j'aurais aimé avoir comme photo accompagnant l'article, une vache bien de chez nous : il y en a peut être plus et je n'en sais rien ?
Quand on connait les hommes, les animaux, qu'on aime la terre, le pays, les paysages, comment dire non et ne pas répondre au téléphone quand il sonne ; Derrière cet appel, il y a une détresse, c'est vrai qu'aujourd'hui en ville, on appelle pour un simple bobo et l'on voudrait que ce bobo là soit traité de toute première urgence, mais dans nos campagnes, l'appel à un spécialiste, un vétérinaire puisque c'est votre cas, demande d'autant de réflexion et d'efforts, que presque toujours la visite est non pris en charge, les assurances soins pour les animaux doivent bien exister, mais doit être d'un coup au dessus des possibilité des propriétaires de petits élevages. Comment dire non et il n'y a pas le 15, pour se donner bonne conscience et ne pas vouloir savoir. Merci de faire que nos campagnes existent et que les hommes qui habitent nos campagnes soit encore là.
Exercer à la campagne est un choix et ne pas vouloir l'assumer et un autre choix, mais puisque on ne veut pas en subir les inconvénients et contraintes, je pense qu'il y en a lieu qu'on n'en vienne à nous en faire toute une salade, non.
Depuis Pagnol on sait qu'il existe des médecins des chèvres et je pense qu'être dans leurs mains, vaut aussi bien que s'adresser à un vétérinaire pour soigner une grippe, d'autant que et on nous le susurre à longueur de publicité que les antibiotiques ce n'est pas automatique, pour prescrire de l'aspirine et un sirop a-t-on besoin d'une ordonnance ? Cela rassure et c'est remboursé pourquoi se gêner.
Certains médecins et suivez mon regard, veulent absolument s'installer au soleil, où la population est nombreuse, plus aisée et donc plus à même d'accepter des rendez vous rapprochés et payants, ils sont sûrement totalement pris en charge par la sécu et les mutuelles (presque tout le monde en a une), mais dans les campagnes profondes, on hésite toujours à faire appel au médecin, le vieux réflexe ancestral du : combien cela va nous coûter. Où il y a de très nombreux médecins, les gardes reviennent peu souvent et de plus on peut facilement trouver et payer un remplaçant pour que soi même on soit totalement dégagé totalement de ces contraintes et avoir des horaires, des nuits et des semaines bien tranquille.
Pour que ce médecin de campagne puisse avoir, l'électricité, l'eau et que la France travaille et n'y a pas qu'eux qui assurent des astreintes (ou appelés gardes chez eux) et ces gens là ne se plaignent pas, le téléphone sonne, et qu'il faille faire des kilomètres à 2 heures du matin, pour seulement relever un disjoncteur, puisque le chef de poste, travaillant la nuit, a trouvé plus simple d'appeler l'astreinte que de descendre au poste électrique, il est pourtant habilité, voir la position du disjoncteur et à relever si nécessaire, ce médecin serait surpris de la rapidité ou reviennent les semaines d'astreinte.
Venir s'installer dans le midi, non, il faut que la sécurité sociale instaure un numérus clausus, il existe pour les pharmaciens, qui s'en arrangent très bien et ce qui les assurent d'un revenu plus que confortable d'ailleurs, il faut absolument le créer pour les médecins, quand les médecins sont trop nombreux sur une place et quand pour vous faire des revenus il suffit de fidéliser une clientèle et de la rendre accro aux médicaments, aux examens et aux consultations, comment ne pas être tenté de pousser quelque peu le cochonnet.
Je n'avais pas fait de commentaires lors de la première intervention de ce médecin, mais pour que les choses soit plus claire et que ce soit bien sûr que derrière la peur de la mise en danger d'autrui ne se cache pas autre chose : Combien gagne un médecin bien installé à la campagne et combien gagne un médecin de ville bien installé dans le midi.
Les vieux à la campagne n'ont qu'à mourir rapidement et surtout sans bruit, sans bruit facile pour eux, dans leurs gènes est inscrite cette faculté là, le penser peut être mais le dire en douce c'est assez répugnant.
Les médecins veulent l'argent le beure et l'argent du beurre. Facile pour qu'il y ait des médecins dans nos campagnes, prendre en charge par des bourses la totalité de leurs études, les rémunérer en fin de parcours et en contre parti leurs demander de signer un contrat stipulant qu'ils doivent un certain nombre d'année au service de la collectivité pour cela ils seront salariés, correctement rémunéré, comment financer le surplus à payer, facile, en taxant les médecins surnuméraires des villes, et sûr, on trouvera des médecins pour nos campagnes. En profession libérale, oui, mais quand le système se dérègle, il faut fixer, de par la loi, des règles.

Portrait de babypouf

De babypouf

quadra | 21H46 | 17/06/2009 | Permalien

Bonsoir,

Le paralléle entre médecins et vétérinaire est un argument fallacieux, même pour ce qui est de la fréquence des gardes, le métier n'étant pas le même.

A mon époque le concours de médecine dans la fac de créteil c'était 89 places pour 1500 candidats ! bien loin de vos 325 places pour 2000 candidats au niveau national.

Etre véto c'est bien plus sympa que de soigner les humains ( « il faut se les faire avec leurs cerveau “), les bestiaux sont plus simples à gérer psychologiquement et quand il y a une tuile sur un ‘patient’ avec décés au pire on paye pour la bête.Donc psychologiquement c'est plus cool avec les animaux.

Le taux de décés par suicide chez les vétérinaires et chez les médecins serait le bienvenue ici ! sont-ils comparables ? … j'en doute, pourtant les vetos ont aussi tout ce qu'il faut dans leurs pharmacie pour se foutre en l'air ‘vite fait bien fait’.Pour info les médecins tiennent la tête de liste des suicidés.

Il faut se rendre à l'évidence, il n'y a plus assez de volontaires pour travailler à la campagne c'est un fait.

Au lieu de taper sur la profession en montrant du doigt les soutiers que sont les généralistes de campagne, efforcez vous donc de trouver des solutions afin de rendre possible une installation dans ces zones désertifiées et cela en commençant par écouter ces gens là qui y travaillent justement.

Derniérement j'ai appris que les aides à l'installation dans les zones sous médicalisées ne sont accordées que seulement en cas de création d'activité et pas en cas de reprise de clientéle… faut pas s'étonner que ça ne marchera jamais. Quand aux maisons médicale, c'est de l'esbrouffe avant passage à des éventuels dispensaires de campagne, avec les médecins salariés , payés à l'acte, ou bien au forfait … c'est le comptable qui va décider.

Pour tenir heureux à la campagne il faut d'abord une solide attache familiale.

Salut

Portrait de ROLLIN_DELAY

à babypouf Portrait de babypouf De ROLLIN_DELAY (auteur)

Vétérinaire à la Campagne | 22H24 | 17/06/2009 | Permalien

Salut, Quadra !
C'est sûr, l'herbe, elle est toujours plus verte de l'autre côté de la clôture !
 » A mon époque le concours de médecine dans la fac de créteil c'était 89 places pour 1500 candidats ! bien loin de vos 325 places pour 2000 candidats au niveau national »

J'ai pas signalé que les 2000 étaient déjà passés par le filtre des classes préparatoires, lesquelles refoulent déjà sur dossier un max de prétendants « insuffisants »

Etre veto c'est plus sympa que médecin ? ? Ben , viens chez nous mon vieux !
En plus, à part La Noiraude, je connais pas une vache ou un chien qui décroche le téléphone pour appeler son véto direct !
Il y a toujours un propriétaire avec (mince alors, quelle tuile ! ) et là, fais moi confiance, on retrouve les mêmes « cerveaux », Gratinés, des fois !

J'ai pas de chiffres, mais ça suicide fort aussi chez nous, « vous n'avez pas le monopole du coeur » cher ami !
Cela dit, même si on a dans la petite armoire qui ferme à clé, au fond du couloir, la molécule qui va bien (T61) je ne vois pas en quoi le taux de suicide respectif de nos deux professions a à voir dans un argumentaire sur la volonté ou non d'assurer ses nuits de garde !

Portrait de babypouf

à ROLLIN_DELAY Portrait de ROLLIN_DELAY De babypouf

quadra | 23H06 | 17/06/2009 | Permalien

Bonsoir, c'est du direct la discuss,

la sélection au concours était plus sévére parmis les médecins c'est tout et c'est des chiffres indiscutables (sont ils les mêmes maintenant ? )

Mais je suis d'accord de dire que le niveau du concours des vétos est plus élevé, aprés prépa privé cela va sans dire. on se vexe pas n'est ce pas ?

Pour le taux de suicide, c'est simplement pour argumenter que le stress psychologique est important chez les médecins (et sa cause n'a rien à voir à ce qui pourrait ressembler à la gestion d'un gratiné-paysan-propriétaire-de-son-animal) , la fréquence des gardes a ici son rôle par un effet de « fatigue » ou « douce lassitude » voire « d'anesthésie affective », … dans quelle proportion ? chacun devra y répondre tout seul car chacun a son seuil de tolérance perso !

Cher ami, nous n'avons donc pas tout les chiffres sur nos taux de suicide respectif, mais cette interrogation a sa place sur la « volonté ou non d'assurer ses nuits de garde », cette interrogation ne doit pas être éliminé avec le seul « monopole du coeur ».

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