Pinailleur en chef pour certains, orfèvre de la dépense publique pour d'autres, René Dosière a encore fait parler les chiffres cachés du budget de l'Elysée. Le député apparenté socialiste a décortiqué ce mardi le rapport du Palais publié avant la présentation à l'Assemblée nationale de la loi de règlement du budget 2008.
Premier constat : ce budget 2008 de l'Elysée, qui s'élève à 113, 182 millions d'euros, augmente de 18,5 % par rapport à 2007, soit sept fois plus vite que le budget de l'Etat. Une augmentation doublée d'un défaut de transparence, selon l'élu de l'Aisne :
« La transparence, qui était annoncée par le gouvernement, n'est pas au rendez-vous, et on s'aperçoit que plus la présidence de Nicolas Sarkozy avance et plus le rythme de dépenses s'accentue. (…) Ce n'est pas un bon signe, il faut savoir donner l'exemple. » (Voir la vidéo)
Combien de personnes travaillent à l'Elysée ?
Malgré les efforts de transparence promis par l'actuel chef de l'Etat, à l'occasion notamment de sa hausse de salaire de 172 % en octobre 2007, l'Elysée continue de présenter son budget en six grandes rubriques qui ne sont pas détaillées. Or, pour René Dosière, « il est invraisemblable qu'un budget de plus de 113 millions d'euros d'euros soit présenté en seulement six lignes ».
Impossible de savoir, par exemple, le détail des dépenses courantes de fonctionnement (réceptions, téléphone, courrier, électricité…), qui atteignent 26 millions d'euros et sont en hausse de 51 %, la plus forte inflation.
Lorsque le député apparenté socialiste demande davantage de précisions, il n'est pas toujours plus éclairé. Exemple : « On ne sait pas combien de personnes travaillent à l'Elysée », déplore-t-il.
Concernant ces effectifs des fonctionnaires en poste à l'Elysée et mis à disposition par les ministères pour le mois de novembre 2007, six chiffres officiels différents lui sont communiqués, de 860 à 882. Mais il a, au passage, fait des découvertes :
« J'ai découvert par exemple que France Télécom mettait à disposition de l'Elysée à son standard vingt personnes, dont on ne m'avait jamais parlé depuis sept ans [que l'élu réalise ce travail d'investigation, ndlr]. »
Les aides sociales, seul poste en baisse
Le rapport du Palais souligne que « les mises en concurrence ont permis de baisser le coût unitaire de la garden-party du 14 Juillet ». Cependant, « on dissimule la vérité », selon René Dosière :
« Quand on lit ça, on se dit qu'il y a des économies. Or, la réalité, c'est que la garden-party coûte plus cher aujourd'hui qu'en 2007, tout simplement parce qu'on a beaucoup plus d'invités [7050 contre 5050 un an plus tôt, ndlr]. Ça, c'est une réalité qu'on occulte. »
Un poste budgétaire est toutefois en baisse, « de plus de 50 % en deux ans », et « ne cesse de diminuer depuis l'arrivée de Nicolas Sarkozy à la présidence », avance le député :
« C'est celui des aides sociales, qui sont accordées aux personnes en extrême difficultés, qui ont épuisé toutes les aides sociales qui sont distribuées, et qui en désespoir de cause s'adressent à l'Elysée. »
Des observations de la Cour des comptes
Pour mettre fin à ces anomalies et appeler à plus de transparence, René Dosière fait une série de propositions : « intégrer toutes les dépenses qui restent financées par les ministères », « donner la liste des déplacements officiels du chef de l'Etat », « fournir la liste et la superficie des ensembles immobiliers occupés par la présidence de la République »…
Des propositions qu'il espère voir reprises par la Cour des comptes qui, pour la première fois cette année, aura un droit de regard sur le budget de l'Elysée et pourra faire des observations. Rendu probable de ces observations fin juillet.
L'Elysée, qui s'étend moins sur les chiffres, a toutefois contre-attaqué ce mardi par communiqué, en remettant en cause la sincérité du député apparenté socialiste et en affirmant attendre lesdites observations de la Cour des comptes :
« Le compte-rendu d'exécution du budget 2008 de la présidence de la République est totalement sincère et transparent. M. Dosière a de toute évidence préféré la polémique avec la volonté de porter des accusations qui se révèlent totalement infondées. (…)
Le président de la République a voulu que les comptes de l'Elysée soient totalement réguliers et transparents. C'est le cas aujourd'hui. D'ailleurs, depuis le mois de septembre 2008, ces comptes font l'objet d'un examen permanent de la Cour des comptes. »




















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De Bernard_du_Nord
17H59 | 16/06/2009 |
René Dosière, député de l'Aisne, est un des rares hommes politiques à n'avoir qu'un seul mandat : celui de député.
On voit ce que ça donne quand un député a du temps à consacrer à son travail. On rêve qu'il y ait davantage de Monsieur Dosière.
De Jean-Luc LUMEN
en invalidité | 18H23 | 16/06/2009 |
« Le président de la République a voulu que les comptes de l'Elysée soient totalement réguliers et transparents. C'est le cas aujourd'hui »
OK, Monsieur Sarkozy, vous ne verrez donc aucun obstacle que je vienne faire un audit des comptes de l'Élysée, ou des comptes réservés englobant toutes dépenses du à votre charge de Président.
Monsieur le Président j'attends impatiemment la voiture avec chauffeur ( SVP pas un fou du volant) que vous allez m'envoyer. Lundi matin vers 9heures me conviendrait.
Veuillez confirmer.
Et à lundi Monsieur le Président.
PS : Certainement que vous profiterez de l'occasion pour m'entretenir de la suite que vous comptez donner à ma missive concernant quelques petits désagréments que j'ai avec certains de vos collaborateurs.
De Mi Yadi
Etudiant en subversion | 18H54 | 16/06/2009 |
Ralalala ! Quelles preuves de mauvaises fois vos commentaires ! ! « Travailler plus pour gagner plus » , il s'est démené comme un petit diable ( j'aurais pu me passer du « comme ») au G20 et maintenant il touche plus. Voici un homme en accord avec ses paroles ! ! Suivez l'exemple !
De CORTÉ
20H18 | 16/06/2009 |
Allocations Familiales « J'aiderai les familles à chacune des étapes de leur existence. En particulier, j'allouerai des allocations familiales dès le premier enfant. » promettait Sarkozy dans son « projet » électoral
Banlieues
Fadela Amara était l'une des « prises » politiques de Nicolas Sarkozy en mai 2007. Elle incarnait aussi un espoir de rénovation et de réhabilitation des banlieues : site web participatif, déclarations tonitruantes sur le « plan anti-glandouille » en août 2007, puis annonce d'un plan « Banlieues Espoirs » en février 2008 soit-disant doté d'un milliard d'euros ! La promesse d'un contrat de travail unique sensé simplifier les embauches en banlieues est vite oubliée. Le plan Amara regroupe des dépenses gérées par d'autres ministères. Dix mois plus tard, le 17 décembre dernier, Nicolas Sarkozy reconnait que le plan est un échec.
Chômage
Sarkozy avait promis de réduire le nombre de chômeurs. Effectivement, les statistiques lui donnèrent raison. Et pour cause ! Après avoir fait voter la dégradation des indemnités chômage pour les sans-emplois qui refuseraient plus de « deux offres raisonnables », il a ignoré les travailleurs précaires. Dès avril 2008, l'intérim s'effondre. « Heureusement » pour lui, la crise mondiale lui donne un prétexte sur mesure pour masquer son échec.
Croissance
Sarkozy devait aller chercher « avec les dents » un point de croissance du PIB supplémentaire. On lui reprochera d'avoir négligé le contexte international. L'éclatement des subprimes américains date de … l'été 2007.
Déficits publics
« La maîtrise de nos finances publiques est un impératif moral autant que financier. Les jeunes générations ne peuvent accepter que les générations actuelles vivent à leur crédit » dixit le candidat Sarkozy.
Droits de l'Homme
Lors de son discours de vainqueur, au soir du 6 mai, Nicolas Sarkozy fut lyrique. En matière de droits de l'homme, on allait voir ce qu'on allait voir ; 19 mois plus tard,
Environnement
Sarkozy et Borloo s'étaient gargarisés de plaisir avec la tenue, jusqu'en octobre 2007, de leur Grenelle de l'Environnement. A l'exception du moratoire contre la culture d'un maïs transgénique (obtenu grâce à une grève de la faim) et du malus-bonus écolo pour l'acquisition de voitures, a fallu attendre un an pour faire voter la « première loi Grenelle », un catalogue de bonnes intentions dont le financement fut reporté à l'examen d'une seconde loi début 2009. Lors du dernier Conseil Européen, son président, le même Sarkozy, est parvenu à un compromis minable sur l'engagement européen à l'horizon 2020 : à peine 4% de réduction des émissions carbone sur son territoire. La belle affaire !
Franchises médicales En janvier 2007, Sarkozy promettait la lune. Rappelez-vous : « Je ne pense pas qu'il y ait matière à beaucoup d'économies dans la santé. Compte tenu de l'allongement de la durée de la vie, du progrès médical et de l'aspiration bien naturelle de nos concitoyens à vivre en bonne santé, l'investissement dans la santé sera forcément majeur. » Le 1er janvier dernier entraient en vigueur … de nouvelles franchises médicales pour économiser quelques 650 milliobs d'euros par an sur le dos des malades.
Gouvernement resserré Le décompte réel des effectifs du gouvernement révèle qu'il n'est pas si resserré que promis par le candidat. Entre septembre 2007 et juillet 2008, selon l'annexe au projet de loi de finances pour 2009, les affectations dans les cabinets ministériels ont crû de 397 personnes et le montant des primes distribuées a progressé de près de 5 millions d'euros.
Immobilier Favoriser l'accession à la propriété était l'une des priorités de Sarkozy. Le président nous vantait même les vertus du crédit hypothécaire ! Les mesures de soutien furent votées en 2007. Deux ans plus tard, on mesure combien le projet était anachronique.
Pouvoir d'achat Cf « Travailler plus pour gagner plus. »
Retraites Contrairement à ce qu'on nous raconte, la « grande » réforme des retraites n'a pas eu lieu. En fait, le gouvernement Sarkozy n'a fait que dégrader le régime par petites touches : suppression des pré-retraites de 57 à 60 ans, revalorisation a minima des pensions
Traité Simplifié
Le 3 janvier, le Conseil des Ministres adoptait le « projet de loi constitutionnelle modifiant le titre XV de la Constitution », proposé par la Garde des Sceaux. Mais quelques mois plus tard, ce projet censé relancer la construction européenne s'écrasait en Irlande,
Travail le dimanche
ses supporters devraient s'interroger sur le rétrécissement brutal de son périmètre. Nicolas Sarkozy, qui travaille lui-même rarement le dimanche, a usé et abusé du fameux exemple des ouvertures de magasins sur les Champs Elysées à paris.
« Travailler plus pour gagner plus »
Ce slogan mérite un blog à lui tout seul. Votée dans l'urgence dès juillet 2007, la loi TEPA exonérait les heures supplémentaires d'impôt et de cotisations sociales. Effet d'aubaine, les entreprises ont pu en profiter. Le marché de l'intérim s'est effondré dès le mois d'avril. En 2007 déjà, les Français n'ont pas travaillé plus
De brothe
chercheur Postdoc | 21H39 | 16/06/2009 |
C'est bien que la cour des compte audit l'elysee, mais ses observations et conseils ne sont pas contraignantes.
C'est deja le cas pour le senat et l'assemblee (Rue89 a fait un papier dessus il me semble), chaque annee les audits sont cinglants, ils montrent une gestion opaque, un parc immobilier a l'abandon dans Paris, des frais de personnel indus, des entorses au droit du travail (pas de statut pour les ataches parlementaires par exemple), l'emploi de clandestin (via des societes ecrans, cf un vieux reportage de france 2), un regime special qui n'est pas remis en question …
Mais comme ce n'est pas contraignant, rien ne se passe.
De patdu49
chomiste du maine et loire | 21H57 | 16/06/2009 |
oui tu l'as dit .. « serrez vous la ceinture » … car pendant que ces crapules s'engraissent :
De Les Chats
En grève du zèle contre le nettoyeu... | 23H30 | 16/06/2009 |