En images 16/06/2009 à 12h12

A Saint-Ouen, dans un village d'insertion avec les Roms

Prise Directe | Blog d'Epinay


Pas facile de pénétrer un village d’insertion. A l’abri des regards extérieurs, entouré d’une palissade en métal blanc, l’entrée en est gardée 24 heures sur 24 par un vigile. En principe, personne ne peut y entrer, à part les dix-huit familles roms de Roumanie qui y vivent depuis septembre 2008. Tous habitaient le bidonville de la zone industrielle de Saint-Ouen, ils font partie de rares personnes sélectionnées pour intégrer cette structure.

A leur disposition, des caravanes et un accompagnement administratif qui à terme doit les mener à l’accession au logement et à l’insertion professionnelle. En échange, ils s’engagent à apprendre le français, scolariser leurs enfants, et respecter le règlement interne du village. Pour s’y faire accepter et réaliser ce film, nous nous y sommes rendus régulièrement pendant trois mois. Nous souhaitions montrer leur vie quotidienne. La tâche était ardue.

Nous leur parlions de notre projet, avec les enfants comme interprètes. Peu d’entre eux semblaient emballés par la démarche. La méfiance vis-à-vis des médias demeure importante et nous arrivions quelques semaines après une équipe de M6. A force de visites et de persuasion, la confiance a fini par s’installer. Nous n’étions plus gênés d’aller leur parler, ils étaient de moins en moins réticents à nous répondre.

Résultat, des heures et des heures d’images et de témoignages, avec le dilemme de devoir supprimer des tranches de vie auxquelles nous avions assisté. De tout le temps passé sur place, le film restitue une journée type, enrichie d’événements particuliers comme la visite de l’ambassadeur de Roumanie, des interviews en tête-à-tête ou la collecte des loyers. (Voir la vidéo)

Fanny Texier et Nicolas François

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  • ledan
    • Posté à 14h50 le 16/06/2009
    • Internaute 31235

    On ne met pas des gens qui ont un sens de la famille et du groupe particulièrement développé (vous ne verrez jamais un vieux de la communauté des gens du voyage dans une maison de retraite) dans un « vrai logement » du jour au lendemain parce qu’on a décidé que leur mode de vie dérange. Surtout si c’est du logement social collectif qui oblige la famille élargie à éclater et à changer de mode de vie. Il n’est pas question non plus de mettre tout un groupe dans le même bâtiment, ce qui reviendrait à créer les conditions d’un ghetto.
    De plus en plus de gens du voyage ne voyagent plus que de l’aire d’accueil où ils ne peuvent rester que quelques mois au champs d’à coté en attendant de pouvoir revenir sur l’aire. Afin d’éviter ces situations débiles des solutions transitoires permettant à ces personnes de pouvoir se sédentariser si elles le souhaitent sont indispensables. Cette action en fait partie, ce n’est peut être pas totalement satisfaisant mais la problématique est complexe !

  • Nicolas-Prise Directe
    • Posté à 16h54 le 16/06/2009
    • Internaute 82915
      jeune

    97% des roms sont sédentaires. C’est le cas de familles présentes dans le village. Le fait d’avoir été auparavant transporté de bidonville en bidonville n’était pas un mode de vie mais une contrainte.
    D’autre part, et ce n’est pas précisé dans le reportage ( mea culpa) les caravanes seront prochainement remplacées par des maisons en dur. A Aubervilliers, un autre village d’insertion ouvert il y a près de deux ans et des chalets on étés construits. Plusieurs habitants ont maintenant du travail, certains s’apprêtent à quitter le village bientôt pour une résidence « normale »
    Le but de se village est que les familles puissent le quitter le plus vite possible pour un habitat individuel. Le contrat étant censé durer 3 ans.

    Quant à la surveillance que vous évoquez, il s’agit d’éviter que les terrain ne se retransforme en un autre bidonville avec des arrivées incontrôlées.

    Ce film n’est pas là pour promouvoir cette structure, mais pour montrer son existence. Elle est sujette à de nombreuses critiques légitimes. Mais je pense que l’on ne pourra réellement juger ou non de son efficacité qu’au bout de quelques années son efficacité.

    Personne ne considère se village comme une fin en soi. Il s’agit d’une structure de transition devant mener à l’insertion.

  • voxrromorum
    voxrromorum
    Paris
    • Posté à 17h36 le 16/06/2009
    • Internaute 20314
      Paris

    Rue 89 a réussi là où d’autres médias n’ont pas pu réussir. Félicitations ! J’ai accompagné personnellement, en tant qu’interprète, des journalistes désireux de faire des reportages sur ces « villages », mais les vigiles ne leur ont pas permis d’entrer. Et donc ils sont repartis avec la question : « que cache-t-on là-dedans ? ».
    Ne vous méprenez pas, il s’agit d’un business qui marche, dans lequel les Rroms sélectionnés servent de matière première. Ne serait-ce parce que, pour « s’intégrer » il faut travailler. Et ce que l’histoire ne dit pas, c’est qu’ils n’ont pas le droit de travailler. Selon les règles en vigueur, ils doivent solliciter une autorisation préalable de travail par la préfecture. Le traitement des dossiers de ce type de demande dure entre 3 et 9 mois et l’employeur doit payer une taxe à l’OFII, qui s’élève à 893 Euros minimum. Autant dire, impossible. C’est comme si on te donnait un verre vide pour boire de l’eau devant une fontaine inaccessible. Mais il y a quelqu’un qui vend le verre.
    Puis, on voit dans le reportage que ces familles doivent payer un loyer. Il est certes minime (une trentaine d’euros), mais où trouve-t-on 30 euros quand on n’a pas de travail légal ? Eh bien, dans le travail illégal, et ceci sous l’oeil vigilant de l’Etat, partie prenante dans le projet. Il y a encore des choses à dire, mais pour ceux qui veulent mieux connaitre, visitez ce site : Lien

  • reflexions
    reflexions
    observateur
    • Posté à 11h08 le 17/06/2009
    • Internaute 73953
      observateur

    « A leur disposition, des caravanes et un accompagnement administratif qui à terme doit les mener à l’accession au logement et à l’insertion professionnelle »

    Vous connaissez beaucoup de pays au monde qui accueilleraient des ressortissants français de cette manière...
    La France ne peut pas accueillir toute la misère du monde...Ne vaut-il pas mieux aider les pays d’origines grâce aux délocalisations on crée ainsi des emplois chez eux (et du chômage en France...)...C’est pas simple... Complaisance et affection mais pas dans mon jardin ni meme dans mon voisinage...Qui leur donne de l’argent qd ils font la manche ou qu’ils essayent de vous nettoyer le pare brise...Une caméra pour filmer la réaction des gens qd les Rom s’approchent de vous et là, il n’y a plus grand monde ! ! ! Il faut savoir être sincère avec soi meme...Meme si c’est politiquement incorrecte...
    Aller voyager dans le monde, globalement en tant que touriste vou aurez un bon accueil...Commencez à vous installer avec votre tente et on verra l’accueil...et quel que soit le pays et encore plus en Roumanie, je connais quelqu’un qui a essayer, il s’est fait tiré dessus à coup de fusil ! ! ! C’est juste une réflexion sans connotation particulière ni prise de position...

  • expat
    • Posté à 11h40 le 17/06/2009
    • Internaute 25627

    J’espere que c’est ce qu’ils desirent, j’ai vu passer des Roms nomades avec leurs immenses caravanes tirees par de grosses voitures et je soupcone que leur probleme est simple, personne (aucune agglomeration) ne veut accueillir pour une nuit, ou plusieurs moi toute une communaute. Le monde a change, pas de desir de rencontrer les autres et echanger quelque chose.

    L’exemple de la Grande-Bretagne est plus clair, il y avait un mouvement de gens qui achetaient des bus ou de petits camions qu’ils transformaient en habitation mobiles, ils ont ete fortement persecutes jusqu’a interdire leur mode de vie (je ne ferait pas le rapporchement avec l’epicerie de Tarnac, mais il n’est pas loin). Le probleme des Roms est notre refus absolu de la liberte de circuler et de choisir un autre mode de vie, dans leur cas les motifs peuvent apparaitre simplement racistes mais ont sans doute un ancrage plus profond, nous devons appartenir a une strucure etablie qui profite aux elites dans la societe, il est interdit de ne pas avoir de domicile fixe de ne pas avoir de travail fixe ou meme de quitter sa niche sociale.

    Les Roms meme sedentarise rencontrent peu de sympatie, les propos derogatoires ne sont jamais loi et ils sont toujours accuses de ne pas comprendre et adherer aux valeurs de la societe, comme le travail !