Un concert de louanges qui accompagne le dictateur gabonais vers sa tombe. Saurez-vous trouver qui a dit quoi ? Faites le quiz !

El Hadj Omar Bongo Ondimba sera inhumé le 18 juin à Franceville. Pendant quarante-et-un ans, il fut le grand manitou de la politique française, collectionnant les amitiés utiles dans tous les partis. Petite revue de citations sous forme de quiz.
Pas content de votre score ? Pour vous rattraper, voici dix rappels historiques sur les liens de la classe politique française avec le régime gabonais, Omar Bongo et l'argent du pétrole.

Un ami de Sarkozy.
En digne héritier des réseaux Pasqua, Nicolas Sarkozy a toujours entretenu de bonnes relations avec Libreville.
Quelques semaines avant le scrutin de 2007, le candidat de l'UMP rend une visite de courtoisie à « son excellence », en « visite privée » à Paris, dans son hôtel particulier, pour y reccueillir de « sages conseils » précise le reportage diffusé au Gabon. (Voir la vidéo).
Un ami des présidentiables de 2007.
Omar Bongo est connu pour avoir largement financé la classe politique française, en particulier durant les périodes de campagne électorale. En 2007, trois candidats à l'élection présidentielle se sont arrêtés à Libreville : François Bayrou, Jean-Marie Le Pen et Nicolas Sarkozy.
Un ami de Kouchner.
Comme d'autres consultants internationaux, entre deux postes ministériels ou publics, Bernard Kouchner a (chèrement) travaillé pour le Gabon. Une étude sur le système de santé gabonais, jamais appliquée, mais payée entre 1,3 million et 400 000 euros selon les sources.
Un ami de Chirac.
Jacques Chirac a démenti avoir bénéficié des financements du « patron » pour la campagne électorale de 1981. Pourtant, Valéry Giscard d'Estaing a affirmé le contraire et il était alors président de la République, tout de même.
Dans son livre de souvenirs, l'ancien PDG d'Elf-Aquitaine (1989-1993), Loïk le Floch Prigent explique que la compagnie pétrolière a engagé « cinq à six millions de francs » dans le sauvetage d'une usine de Bort-les-Orgues en Corrèze. Un versement décidé lors « d'une réunion secrète » entre Alfred Sirven et le maire de Paris, un certain… Jacques Chirac, alors également député du département.
Un ami de Giscard.
VGE sait de quoi il parle, puisque sa formation des Républicains Indépendants a aussi bénéficié des largesses de l'émirat pétrolier, tout comme le PS et François Mitterrand, soutenu pour la campagne victorieuse de 1981.
Un ami de l'Amérique.
Les Américains ne sont pas en reste. En 1999, dans un rapport du Sénat consacré à la lutte contre le blanchiment, l'existence de comptes aux États Unis, à la City Bank, au nom de M. Bongo et de sociétés off-shore sont révélés. En 1985, est-il précisé, le président Bongo a transféré 52 millions de dollars en faveur de Tendin, une off-shore. Les fonds circulant dans les comptes bancaires particuliers de M. Bongo depuis 1985 ont dépassé les 130 millions de dollars. Les majors pétrolières américaines ont aussi versé des commissions aux Gabonais.
Un ami des partis politiques.
Les débats d'audience, lors du procès de l'affaire Elf en 2003, ont établi que tous les partis politiques, du PC au Front national, en passant par les écologistes, la droite et la gauche, ont bénéficié des largesses du président gabonais. En général sous la forme de versements en liquide, au siège de la Fiba avenue Georges V, après audience à l'hôtel Meurice où Omar Bongo s'installait lors de ses passages à Paris.
Un ami des chefs d'Etat africains.
Surnommé le « patron », le « Vieux », le « Sage », Omar Bongo est souvent intervenu comme médiateur dans les conflits africains. Il était aussi considéré comme le chef du clan des présidents africains du pré-carré, toujours prêt à s'unir face à l'adversité. Et à couvrir les dérapages des uns ou des autres.
Un ami de son beau-père, Sassou N'guesso.
Denis Sassou N'guesso sait de quoi il parle. Le beau-père d'Omar Bongo avait procuration sur un sous-compte de son gendre à la Fiba, sur lequel il pouvait lui aussi distribuer aux quémadeurs la manne pétrolière versée par les compagnies occidentales.
Un ami du PS.
Le Parti socialiste s'est montré discret dans cet hommage. Dans son livre de souvenirs, l'ancien PDG d'Elf-Aquitaine (1989-1993), Loïk Le Floch-Prigent livre des détails sur la façon dont l'argent du pétrole irrigue la classe politique : Hubert Védrine et Elisabeth Guigou, dit-il, alors ministres du gouvernement Jospin, étaient informés des pots-de-vin et bakchichs versés à l'occasion du rachat de la raffinerie est-allemande de Leuna par la compagnie pétrolière française. Ceci explique peut-être cela.
Un ami de la presse.
En bonus, sachez que cette générosité gabonaise concerne aussi la presse. Hormis les habituels « dossiers » de Jeune Afrique (plusieurs dizaines de pages de pub à chaque fois), certains hebdomadaires français ont cédé aux sirènes de Libreville. Dernier en date : Valeurs actuelles qui, le 21 mai 2009, publie un joli dossier, dix pages de publi-reportages vantant les mérites de l'économie locale.
Photo : Jacques Chirac avec Omar Bongo en février 2007 (Reuters)























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De Ben85
ramoneur | 16H14 | 10/06/2009 |
Mon intervention n'a qu'un lien très indirect avec l'article et je m'en excuse, mais je voulais vous faire partager une blague qui m'a bien fait rire tout à l'heure chez Ruquier…
« Savez-vous ce que l'on va chanter autour du cercueil d'Omar Bongo pour lui rendre hommage, lors de son enterrement ?
Bongo sapin, … »
Bon, je sors !
De thierry reboud
Fan-club à kk, carte n° 1 | 16H36 | 10/06/2009 |
Je veux dire ici qu'Omar Bongo restera dans l'histoire comme le dirigeant visionnaire qui a imaginé l'usage sans précédent de la talonnette en politique. J'en entends qui prétendent qu'il aurait mieux valu qu'il se serait servi d'échasses, mais je vous le demande, mâme Chabot, qu'est-ce que j'aurais dû faire, hein ? Moi, je prends mes responsabilités et je n'ai pas peur de le dire même si ça doit chagriner les gens qui habitent dans les beaux quartiers, les échassess, c'est portnawak ! (Nicolas Sarkozy)
De LienRag
17H02 | 11/06/2009 |
Le fait que Bongo était doué pour le compromis(*) et pour coopter ses opposants est difficilement contestable… Qu'il aie favorisé la paix se discute, mais n'est pas aussi facilement réfutable qu'on pourrait le croire. Et objectivement, le Gabon a vécu en paix depuis 50 ans.
Dans un continent où, de toutes façons, un dirigeant honnête est très rapidement assassiné, il est finalement assez utile de savoir reconnaître les qualités réelles des dirigeants en place.
Jean-Pierre Tuquoi et Nicolas Beau avaient innové en leur temps en sortant de l'analyse morale (et/ou polarisée par le soutien des puissances occidentales) des pouvoirs dictatoriaux pour examiner leurs forces propres et la base sociale sur laquelle ils s'appuient ; leur travail sur la Tunisie mériterait de faire école…
(*) Tellement doué d'ailleurs qu'il a joyeusement compromis toute une flopée de responsables politiques, médiatiques et économiques français, entre autres…