Dans « Le Sale Tour », deux enquêteurs accusent le champion américain d'instrumentaliser son engagement humanitaire.

Après le sport et le dopage, bienvenue dans l'ère du business. Enquêteurs au long cours sur les rebondissements de la carrière du cycliste américain Lance Armstrong, Pierre Ballester et David Walsh livrent dans « Le Sale Tour » un nouvel épidose de leur travail.
Où l'on découvre que Sarkozy est un grand fan du coureur soupçonné de dopage, et que rien n'arrêtera l'expansion de l'économie du sport…
Pourquoi ce retour ? L'argent et la politique
Pierre Ballester connaît le cyclisme comme sa première pompe à vélo. Avec passion, un brin de nostalgie et beaucoup d'ardeur à défendre les valeurs du sport.
Ancien journaliste à L'Equipe, il enquête depuis plus de dix ans sur les frasques du sport professionnel. Avec un fil rouge : la carrière météorite du coureur américain, sept fois vainqueur du Tour de France.
En septembre 2008, les amoureux des cycles apprenaient le retour de Lance Armstrong dans le peloton. Décision surprenante après tant de victoires et un test positif de dopage à l'EPO, révélé par le quotidien sportif quelques semaines après sa dernière victoire dans le Tour, en 2005.
La « magie » peut donc survivre à tous les tours de passe-passe. Au nom d'intérêts bien compris entre l'Union cycliste internationale et Amaury Sport Organisation (ASO), la géant français du sport (propriétaire de L'Equipe). Pourtant, le cycliste américain avait, un temps, envisagé de mettre la main sur le Tour, comme nous le raconte Ballester :
« Pendant cinq ans, ces deux blocs se sont entretués, sur des questions de pouvoir et d'argent. Il faut dire que le Tour de France est une affaitre très rentable, avec des bénéfices de 30 millions d'euros par édition.
Sur ces entrefaits, Lance Armstrong, avec son entourage, a décidé de se lancer dans la bataille. Mais au final, l'UCI et ASO ont fini par trouver un compromis. »
Pour Ballester, Armstrong se sert d'une cause humanitaire, la lutte contre le cancer, « afin de se poser en chavalier blanc » et faire tourner son business. Autre raison de son retour, selon les auteurs : la volonté de Lance Armstrong de se reconvertir dans la politique. Objectif : le poste de gouverneur du Texas, en 2014.
Armstrong : 200 000 dollars par conférence, le double de Bill Clinton
Pour comprendre le retour de l'enfant terrible du peloton, il faut explorer les ressorts de l'empire caritatif fondé en 1998 par celui qui est aussi un rescapé du cancer.
Au départ, une classique fondation -Livestrong- devenu depuis l'été 2008 une affaire lucrative avec site Internet, merchandising et conférence du porte-drapeau à 200 000 dollars l'intervention. Le double du tarif de Bill Clinton.
Pour faire fructifier tout cela, le sportif américain a visiblement estimé qu'un super come-back serait du plus bel effet. Or, les infos sur la petite entreprise Armstrong sont très parcellaires et pour le moins « troublantes » :
« Depuis l'été dernier, Livestrong, sa fondation, a un volet lucratif. Et quand Armstrong touche 200 000 dollars pour faire une conférence, ça va dans sa poche, contrairement à ce que font les plus grand cancérologues, qui les reversent. » (Voir la vidéo)
Dans la seconde partie de l'ouvrage, les auteurs ont la bonne idée d'interroger plusieurs responsables politiques ayant tâté du sport business. Globalement, ils sont plutôt contre le retour d'Armstrong. Jean-François Lamour, ex-ministre UMP des sports, chiraquien :
« Clairement, ce retour n'est pas un très bon signe. C'est même une forme de mascarade. »
Sarkozy a donné le feu vert au retour d'Armstrong dans le peloton
Même Bernard Laporte, l'actuel secrétaire d'Etat titulaire du poste, est perplexe :
« J'ai été très surpris. Pourquoi revenir ? Pour perdre ? »
Seulement voilà, le président Sarkozy a visiblement donné son feu vert, après vingt minutes de conversation privée avec l'athlète, l'an dernier à New York. Résultat : des politiques qui, pour Pierre Ballester, ont du mal à articuler les valeurs traditionnelles du sport avec celles du sport pro. (Voir la vidéo)
Est-ce parce qu'il n'est plus en poste ? En tout cas, Jean-François Lamour ne manie pas la langue de bois sur le dopage :
« Le budget de l'AMA, seul outil réel de coordination antidopage, est de 23 millions de dollars. Il en faudrait cinq à dix fois plus pour être vraiment efficace. »
Pour Verbruggen, président de l'UCI, le dopage, « c'est la faute des fans »
Enfin, le cynisme des dirigeants du sport pro est tout entier résumé dans cette conversation entre Dick Pound, ex-président de l'Agence mondiale antidopage (AMA) et Hein Verbruggen, président de l'UCI. L'échange a lieu après l'affaire Festina et avant le lancement de l'AMA. Dick Pound raconte :
« [Je lui ai dit : ] “Bon sang, Hein, on a un vrai problème dans votre sport. Il va vraiment falloir que vous fassiez quelque chose.”
Il m'a rétorqué : “Mais c'est la faute des fans.”
J'ai dit : “Je te demande pardon ? Comment ça, c'est la faute des fans ? ”
Il m'a répondu : “Eh, bien, c'est simple : s'ils acceptaient de regarder passer un Tour de France à 25 kilomètres heure, les coureur n'auraient pas besoin de tout ça. Mais comme les fans tiennent absolument à ce que le Tour de France se coure à 42 kilomètres heure, il faut bien que les coureurs se préparent.”
Je lui ai dit : “Tu rigoles, j'espère ? ” En fait, ils étaient tous parfaitement au courant. »
► Le Sale Tour de Pierre Ballester et David Walsh - éd. Seuil - 17,10€.
Photo : Lance Armstrong sous les couleurs d'Astana lors du Giro 2009 (Stefano Rellandini/Reuters).




















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De Numerosix
Prisonnier dans le village global | 10H04 | 03/06/2009 |
De tecole74hs
passe repasse trépassera... | 10H24 | 03/06/2009 |
Il faurt être débilomalhonnête pour dire que c'est la faute des fans si les sportifs se dopent. On s'en contrefout que le tour se fasse à 35 (et non pas 25 = mauvaise foi) ou à 42km/h au contraire même, on aura plus le temps de les voir passer, et faites la différence visuelle entre un 100m courru en 9,75 ou en 9,80. Non ce qui titille les fans c'est la valeur relative entre les champions quelque soit le sport et quelque soit la perf. Savoir que SON favori a perdu contre un PLUS dopé (pcq son favori est obligatoirement dopé pour ne pas être au fond du classement), ça, ça fout les boules.
Je rappelle au passage qu'aucun sport de compétition, (même pas la pétanque) n'échappe au problème de la dope et que la seule réponse saine c'est de créer des compétitions « libres » de ses choix « médicamenteux » d'une part et des compètes « bio » d'autre part.
Quant au côté cancer de son association contre le pervers… Il restera un grand malade.
De stephanemot
Author & Chief AtoZ Officer | 10H55 | 03/06/2009 |
Armstrong ne fait aucun mystere de ses ambitions pour le poste de gouverneur du Texas.
« Tourminator » rejoindrait alors le parcours de « Governator » : apres m'etre constitue un palmares sportif en beton arme (medicalement assiste), je prends un Etat en main, et le mene a la banqueroute.
Ne manque que la case « star des ecrans », pour laquelle Armstrong s'est contente de pedaler aux cotes de son sponsor George W. Bush.