(De Bâle) Cet été, Giacometti et sa famille s'exposent à la fondation Beyeler, près de Bâle en Suisse, qui présente des oeuvres de son père Giovanni, de son frère Diego, et de son oncle Augusto.
C'est l'une des expositions les plus complètes sur ces artistes, et l'occasion de voir les œuvres de la fondation Giacometti de Zürich, restées en Suisse grâce à l'opiniatreté d'Ernst Beyeler.
Parmi les 300 invités d'un pré-vernissage, j'ai croisé Aika Sapone, la fille du tailleur d'Alberto Giacometti. Aika est une belle femme d'une soixantaine d'années, venue voir son portrait exposé à la Fondation Beyeler :
« J'avais 16 ans. Avec mon père, nous habitions Nice. Il aimait l'art : à Saint-Paul-de-Vence, il échangeait des costumes contre des œuvres.
Il m'a emmené à Paris, avec une valise de belles robes, que je n'ai jamais mises. Giacometti voulait que je n'en porte qu'une, toujours la même.
Nous buvions le café dans un bar de la place d'Alésia, à 14 heures, c'était l'heure où il se réveillait. Ensuite, lui et moi partions “au travail”.
Nous allions dans son atelier, rue Hyppolyte-Maindron. Il avait fait le corps d'un premier trait. Ensuite, le problème, ça a été la tête. Il la refaisait, ce n'était jamais terminé.
Il m'a donné une version de mon tableau, mais a voulu, de plus, payer le costume que mon père lui avait confectionné. »
Un exemple de ce que l'amour de l'art produit de plus beau
La fondation Beyeler est un exemple de ce que l'amour de l'art produit de plus beau.
A vingt minutes du centre de Bâle, dans une campagne verdoyante à Riehen. Ernst Beyeler a fait réaliser un ensemble totalement aéré et intégré au paysage.
Il a exposé de nombreux artistes, et possède de très belles œuvres de Giacometti, dont « L'Homme qui marche », sculpture emblématique. On dit que plus de trois cents oeuvres lui sont passées entre les mains. Le galeriste était présent, toujours aussi vif.
► Giacometti exposition à la fondation Beyeler, Baselstrasse 101, Riehen/Bâle - jusqu'au 11 octobre - tlj 10h-18h, le mer. jusqu'à 20h - 6FS/25FS - Rens. +41 (0)61 645 97 00
Photo : Aika Sapone, modèle de Giacometti (Marlène Belilos)


























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De framboise.
incognitotte | 05H21 | 04/06/2009 |
Aucun posteur ?
Alors je comble ce trou..de Bâle.
Uniquement façon de poster au moins un post inutile ;
Voilà ;
De framboise.
incognitotte | 05H26 | 04/06/2009 |
J'ai beau chercher les cinq réactions pertinentes, je ne vois rien !
Bizarrre !
De einna
17H40 | 04/06/2009 |
les sculptures de giacometti me sont plus parlantes que ses peintures ; il existe dans les sculptures une force, un mouvement et aussi un sentiment de solitude.
L'émotion qu'il dégage dans son oeuvre est intense, un peu à l'instar de ce que dégagent les sculptures de Camille Claudel ( l'expo qui lui était consacrée à Paris l'an passé était un peu trop bondée de visiteurs mais très riche d'oeuvres et éclairante sur son évolution artistique et sa dérive subjective)
A quand l'expo giacometti en France ?
à einna
De brogilo
in angulo | 19H20 | 04/06/2009 |
Bonsoir einna,
A priori, je pourrais être assez d''accord avec vous, cependant, il me semble que ses peintures,et les dessins tout autant, méritent tout de même plus qu'un simple détour.
Ne serait-ce que pour la « force » dont vous parlez et le « sentiment de solitude ».
Cette solitude ontologique que l'artiste, désarmé, tente à toute force de combler.
Ce qui est très touchant dans ce témoignage de Aika Sapone recueilli par Marlène Belilos, c'est cet écart entre la relation par le modèle de petits faits vrais de la vie courante, relevant de la réalité la plus prosaïque, histoires de robe, échanges de civilités, avec cette « quête de Réel » insensé que représente pour l'artiste l'acte de créer.
Dans le film ci-dessous, Giacometti précise : « Je serais incapable de vous dessiner de mémoire malgré que je vous ai vu plusieurs fois, plus de 20 fois. Y'en a, Picasso par exemple, il a un génie de voir les caractéristiques de chaque tête, (…) moi pas du tout. C'est-à-dire je vous reconnais je sais pas à quoi, mais si vous me poser, après cinq minutes que vous me poser, vous devenez un inconnu total. »
C'est ce profond sentiment de perdition qui est tellement fascinant chez lui.
Il a aussi dit aussi ceci :
« On peut comparer le monde à un bloc de cristal aux facettes innombrables. Selon sa structure et sa position, chacun de nous voit certaines facettes. Tout ce qui peut nous passionner, c'est de découvrir un nouveau tranchant, un nouvel espace » …
Voici trois croquis de visages qui semblent être l'illustration de ses propos…
Bonne soirée, Einna, et merci d'être venue sur ce fil trop peu embouteillé.
à brogilo
De Atacama
sur terre | 19H37 | 04/06/2009 |
Un fil n'est jamais trop peu embouteillé, tout au plus un article est-il trop peu lu.
Merci pour ton commentaire, Brogilo, si riche, comme d'habitude.
à Atacama
De brogilo
in angulo | 19H57 | 04/06/2009 |
Je t'envoie le chèque.
Ps : Tu sais que c'est bien, ça ? :
« Un fil n'est jamais trop peu embouteillé, tout au plus un article est-il trop peu lu. »
Et puis tiens, illustrons par une bien belle « tête noire » d'Alberto :
à brogilo
De Atacama
sur terre | 20H02 | 04/06/2009 |
Mais chut, enfin !
Honk honk honk à toi ! , et surtout : -))) à toi.
Et continue à nous parler d'art, même si ici, sauf exceptions, c'est un peu donner de la confiture aux cochons.
à Atacama
De einna
20H05 | 04/06/2009 |
doit-on penser que c'est du l'art ou du cochon ?
à einna
De Atacama
sur terre | 20H43 | 04/06/2009 |
De ce que fit Giacometti ? De ce qu'en dit Brogilo ? De ce que vous en dites, vous ? De l'art, assurément.
à brogilo
De einna
20H04 | 04/06/2009 |
c'est très intéressant de lier la question de la création chez Giacometti à la notion de réel . Cette question se pose pour d'autres créateurs ; leurs réalisations ne sont elles pas un moyen de border un réel terrifiant, un réel insymbolisable ?
Ce qui me frappe dans les dessins que vous postez, c'est aussi un parallèle avec les créations de Camille claudel, c'est l'absence de regard, C. Claudel en lieu et place des orbites laissait des trous, ici pas de pupilles.
Les dessins et peintures de Giacometti sont surement très intéressants mais « ma » rencontre avec cet artiste s'est faite par le biais de la sculpture, il y a des rencontres artistiques que l'on fait parfois, je devrais écrire que je fais parfois, à partir d'une oeuvre dessin, tableau ou sculpture qui va me toucher et je vais m'intéresser plus à ce mode de création qu'aux autres, tout comme il y a des oeuvres dont on ne peut percevoir la force qu'en les contemplant de visu, les reproductions en atténuant le relief… Mais les grands expos sont essentiellement parisiennes, et ça c'est dommage.
à einna
De désactivé à la demande du riverain 18 juin
Born again | 13H26 | 05/06/2009 |
Toi, pour écrire des sottises aussi grosses sur l'Art, c'est que tu dois être une intermittante du spectacle ! ! !
à désactivé à la demande du riverain 18 juin
De einna
15H48 | 05/06/2009 |
on se tutoie maintenant ?
Vos commentaires sont aussi pertinents que vos déductions, semble t-il, car mon activité professionnelle N'a RIEN à voir avec le monde du spectacle. Celà étant que vous ne vous interrogiez pas sur la question de l'art et de la création n'est aucunement surprenant.
à einna
De désactivé à la demande du riverain 18 juin
Born again | 16H04 | 05/06/2009 |
Je dois avouer que c'est vous qui m'obligez à me montrer agressif. Quand vous vous comporterez correctement avec moi, je ferai de même, mais pas avant !
à désactivé à la demande du riverain 18 juin
De einna
16H31 | 05/06/2009 |
Rien ne vous oblige à vous montrer agressif si ce n'est vous même.
à einna
De brogilo
in angulo | 18H36 | 05/06/2009 |
Laissez tomber, einna, ce Mickey-là fait la bête, et vu le niveau du gus, y'a peu de chance que ça débouche sur une expo… : -)
Donc, vous disiez : « Ce qui me frappe dans les dessins que vous postez, c'est aussi un parallèle avec les créations de Camille claudel, c'est l'absence de regard, C. Claudel en lieu et place des orbites laissait des trous, ici pas de pupilles. »
A quelles pièces précisément faites-vous allusion ? Car, en fin de compte, je connais assez mal son oeuvre.
Je me souviens seulement avoir vu, il y a bien longtemps,« Les Causeuses » , au Musée Rodin, et ça m'a paru virtuose, à défaut d'autre chose.
Je reviens de Google Image pensant y trouver des gros plans de visages qu'elle aurait pu modeler ou sculpter, mais il n'y a pas grand chose à se mettre sous la dent…
J'ai juste trouvé ça :
J'aimerais savoir aussi si vous aviez lu ce livre

et si vous pensez, comme beaucoup de gens, depuis sa parution , que Rodin lui a tout « pompé » : -).
à brogilo
De einna
09H14 | 06/06/2009 |
L'an passé au musée Rodin, il y avait une expo avec de nombreuses oeuvres que j'ai alors découvertes, en particulier des bustes qui présentaient donc un regard particulier, un vide. Il y avait également des lettres datant d'avant son internement, lettres très éclairantes quant à la souffrance de cette femme.
en allant faire un petit tour sur google, je constate que seules les oeuvres les plus connues sont aisées à trouver. je voulais illustrer ce post d'un des bustes présentés mais…
J'ai lu ce livre à sa sortie comme le drame d'une femme, que la création n'a pas empéché de sombrer dans « la folie », la trahison de Rodin venant sans doute accélérer le phénomène.
Rodin, je n'accroche pas, trop académique, trop commercial à mon goût ; je ne pesne pas qu'il lui ait tout pompé car on ne retrouve pas dans la sculpture de Rodin, ce qui me semble majeur dans l'oeuvre de Camille Claudel, ce mouvement des personnages, les uns avec les autres qu'ils s'enlacent ou supplient. Mouvement que je retrouve aussi dans la sculpture de Giacometti. Rodin me paraît statique.
à désactivé à la demande du riverain 18 juin
De Banana ex de juanitoto
Je déteste rue89, tous les riverain... | 18H30 | 05/06/2009 |
Moi, tsoin tsoin guin guin de tagada
je suis intermittente de TON spectacle, ah ah ah !
à brogilo
De Marlene Belilos
(auteur)
Journaliste | 10H40 | 06/06/2009 |
Cher contributeur,
Toujours intéressée par vos remarques.
Et pour y faire écho. Devant l'ampleur de l'exposition de Bâle, j'ai été frappé par l'angoisse qu'il devait ressentir quand la matière continuait à à s'effriter et que les formes étaient de plus en plus minces et filiformes ,comme on dit.
Dans le catalogue, il est rappelé que son père lui offre quand il est enfant une boîte de « plastiline “,j'imagine que ce sont des crayons de pâte …Il pense alors que ce sera facile de représenter la réalité.
Il ne s'en est jamais remis ! ! !
Je vous rappelle que pour le témoignage d'un autre modèle.
Il s'agit de James Lord, vous pouvez sur le site de la tsr,émissions grands entretiens visionner l'émission.
Amicalement à vous
De pikasso02
11H36 | 05/06/2009 |
Tout ce que nous apprenons sur Giacometti est important, si les propos sont vrais. Ici, pas de problème ! Avec Picasso, c'est différent, mais là n'est pas le sujet. Sans les enregistrements de Giacometti nous dévoilant sa difficulté à sculpter, nous ne pourrions pas comprendre, approcher son art. Chacune de ses paroles fait partie intégrante de ses sculptures et dessins. Peu d'artistes se sont livrés comme le fait Giacometti. J'en connais deux : Van Gogh et Delacroix. En revenant à Giacometti, je trouve plus d'art dans ses paroles que dans ses oeuvres. Merci aux inventeurs du magnétophone et à Georges Charbonnier d'avoir pensé à conserver les paroles des artistes dans ses deux ouvrages « Le monologue du peintre » parus chez Julliard. (Picasso n'a pas joué le jeu ! Mais lui a-t-on demandé ? Un autre mystère) Mais entendre parler Giacometti, c'est encore mieux ! Le voir, apporte peu à ce qu'il nous livre. Il est vrai que l'action de voir, comme celle d'entendre n'a pas été inventé par l'homme, alors que l'écriture et le dessin, oui. L'art ne nait pas du simplement VOIR et ECOUTER , mais des découvertes de l'homme avec la vue et l'écoute comme outils. Quelle chance a eue Aika Sapone de croiser cet homme remarquable et chercheur d'art.