Catherine Kintzler, philosophe et professeur émérite à l'Université de Lille 3 nous a envoyé cette tribune au titre du Collectif pour la promotion de la laïcité. Celui-ci, inquiet de l'accord entre la France et le Vatican sur la reconnaissance des diplômes, organise ce mercredi avec quinze parlementaires une conférence de presse pour demander l'annulation du décret. Par ailleurs, une pétition sur ce sujet a déjà recueilli 12 000 signatures.
Dans la lignée des discours sur la « laïcité positive » prononcés par Nicolas Sarkozy à Latran et à Riyad, la France a signé le 18 décembre avec le Saint-Siège un accord ayant pour objet « la reconnaissance mutuelle des grades et des diplômes de l'enseignement supérieur délivrés sous l'autorité de l'une des parties ».
Cela veut dire qu'un diplôme délivré par l'enseignement supérieur catholique habilité par le Saint-Siège sera reconnu, à niveau comparable, par la République. On peut lire ici le décret du 16 avril 2009.
A première vue, pas de quoi s'alarmer : ce genre d'accord est fréquemment signé avec d'autres Etats européens… Alors pourquoi pas le Saint-Siège ? C'est un Etat comme un autre, et puis nous sommes dans un vaste mouvement de reconnaissance des diplômes au niveau européen.
Sauf que le Saint-Siège n'est pas un Etat comme un autre.
Dirigé par un monarque, il ne fait pas partie de l'Union européenne, laquelle impose des conditions démocratiques pour toute admission, conditions que le Saint-Siège ne remplit pas.
Et, comme chacun sait, ce n'est pas seulement un Etat : c'est une instance religieuse fixant une doctrine qu'elle a pour mission de répandre - une puissance religieuse prosélyte.
La République Française, supposée « laïque et sociale »
La République ne l'empêche nullement de répandre sa parole dans la société civile, mais, jusqu'à nouvel ordre, elle ne lui accorde aucune prérogative dans le champ des compétences publiques.
Démocratique, la République française n'est pas comme un autre Etat démocratique : elle est de plus « laïque et sociale ».
Elle laisse ses chercheurs et universitaires travailler librement sans leur fixer d'objectif idéologique ou religieux. Elle leur interdit toute propagande, tout prosélytisme dans le cadre de leur enseignement, a fortiori dans celui des diplômes.
Lorsqu'on lit de près le décret, on s'aperçoit qu'il reconnaît au Saint-Siège la compétence pour nommer les établissements catholiques concernés par l'accord - on comprend alors que la nouvelle ait été accueillie par nombre d'instituts catholiques avec une certaine réticence.
Il y a là un consentement donné par la République à une éventuelle reprise en main par le Vatican de l'enseignement supérieur catholique français, qui se fait ainsi court-circuiter (voir l'analyse parue dans Le Monde « Décret France-Vatican, flou et mécontentement »). Et pour faire bonne mesure, l'accord porte sur toutes les disciplines.
Double violation du principe constitutionnel de laïcité
Faisons la fiction d'un établissement habilité par le Saint-Siège qui délivrerait un doctorat en médecine comportant un module obligatoire d'éthique médicale condamnant les préservatifs, les contraceptifs et l'IVG…
Est-ce le rôle de la République française, démocratique, laïque et sociale, de reconnaître des diplômes délivrés par une puissance monarchique religieuse dont l'une des fins est la propagande et le prosélytisme ?
Réciproquement, est-ce le rôle d'un Etat laïque de s'immiscer dans les affaires religieuses en se prononçant sur le contrôle que l'enseignement catholique supérieur français devrait recevoir de telle ou telle instance religieuse ?
Faire entrer les affaires religieuses dans le champ de l'autorité publique, accorder à l'autorité publique le droit de mettre son nez dans les affaires d'une religion : il y a là une grave et double violation du principe constitutionnel de laïcité.
De plus, l'accord court-circuite le Parlement, qui est pourtant seul compétent car seule la voie législative peut prendre des dispositions en la matière.
Cela fait beaucoup.
Alors pourquoi avoir signé un tel accord, si ce n'est pour démolir une fois de plus la laïcité, et pour réduire une fois de plus l'action de la représentation nationale ?
Une saisine du Conseil d'Etat pour excès de pouvoir est en préparation.




















281
(Pour réagir, connectez-vous)
à Mamz
De lally
professeur | 01H29 | 04/06/2009 |
Je n'ai pas lu le Da Vinci Code que je considère comme fantaisiste et utilisant le registre d'arnaques d'ailleurs produites par des fachos (je parle de l'affaire-arnaque de Rennes-le-Château que Dan Brown a en partie repris semble-t-il dans son bouquin).
Par contre, j'ai eu mon père sympathisant de l'Opus Dei et j'ai été confrontée à sa mort à ces intégristes à qui il avait légué une partie de ses biens.
Force m'a été de constater leur violence religieuse et leur vision sociétale dictatoriale et intégriste, leurs méthodes on ne peut plus harceleuses et douteuses, la cooptation en leur faveur aussi bien de politiques que de juristes et d'autres instances de pouvoir mais aussi l'emprise sectaire des écoles supérieures et universités qu'ils dirigent.
Je ne vous souhaite jamais d'avoir à vivre ce que j'ai vécu pour sortir ma famille de leurs griffes.
Je ne le souhaite d'ailleurs à personne.
Ca n'a rien à voir avec le roman fantaisiste de Dan Brown.
Mais ça n'en est pas moins insupportable et détestable.
à Mamz
De Ryze
La Jeune Garde Rouge | 12H43 | 04/06/2009 |
« J'y ai passé un an … » Oui et on en voit le résultat …
Efficace leur programme de lavage de cerveau … Les gens continuent de se dire athées et laïques (venant de toi mamz mdr …) et te sorte un discours a la limite du négationnisme et d'un obscurantisme récurent … Pathétique !
à Mamz
De ydcl
10H43 | 03/06/2009 |
Pauvre truffe ! Et l'église, elle a fait quoi pour Galilée ? Et elle fait quoi, pour le SIDA ? Quel progrès !
à ydcl
De Mamz
Etudiante | 13H30 | 03/06/2009 |
Si dire que les relation entre science et Eglise ont évoluée depuis Galilée c'est être une truffe, et bien soit.
Mais ne mélangez pas tout, je relève simplement que l'on peut être scientifique et catholique puisque tout catholique n'est pas forcément un clone de Benoit XVI ou de ses idées.
à Mamz
De Burpy
Dans... | 12H16 | 03/06/2009 |
Je crois que l'on ne parle pas de la même chose. Le débat et l'article ne se porte PAS sur l'enseignement catholique privé. C'est dingue ça…
Le Vatican serait donc simplement une université catholique lambda… ? Eh ben, non, je ne le pense pas.
Et puis Galilée n'est pas si loin lorsque les créationnistes ou n'importe quel fondamentaliste se mêle de science, de recherche ou d'éducation.
Ce décret est une porte ouverte, les pétitionnaires ont raison d'être vigilants.
à Burpy
De Mamz
Etudiante | 13H44 | 03/06/2009 |
Bien sur qu'ils ont raison d'être vigilants, ce ne signifie pas non plus d'être fermé.
Si la République se ferme systématiquement à toute cultures différentes, à toutes visions et opinions différentes si extrêmes soit elles parfois, je me demande si elle vaut mieux que ces Etats Théocratiques et cette pensée dogmatique que l'on dénonce ? Entre la fermeture et l'opportunité d'ouvrir un débat et d'avancer je choisi la seconde option.
à Mamz
De Burpy
Dans... | 20H25 | 03/06/2009 |
Ravi de vous savoir ouverte au débat.
Serai-je fermé parce que je ne suis pas d'accord avec vous ?
J'ai déjà eu l'occasion de voyager, de goûter quelques cultures ici et là pour mon plus grand plaisir… Mais je vous l'accorde, je ne connais pas la « culture » du Vatican et de ses quelques 8 ou 900 habitants. Je ne connais pas la langue, les us, les coutumes, la nourriture, les danses, les traditions, sa culture populaire…
Je suis sarcastique.
Vous dites que la République ne devrait pas se fermer « systématiquement à toute cultures différentes, à toutes visions et opinions différentes si extrêmes soit elles parfois ».
Quelle est la limite que vous fixez aux « extrêmes » pour que la République s'en protège ?
Quant au « dogme », c'est par définition une affirmation incontestable. Difficile de débattre avec quelqu'un qui se prétend infaillible. Difficile d'avoir une démarche universitaire…
à Mamz
De Ryze
La Jeune Garde Rouge | 12H49 | 04/06/2009 |
Y a pas de débat a avoir la dessus ! ! ! T'es quoi toi ? Une troll infiltrée ou bien ? !
« Si la République se ferme systématiquement à toute cultures différentes, à toutes visions et opinions différentes si extrêmes soit elles parfois » La république s'est battue pour s'émanciper de ce carcan, cette culture n'est pas si différente que tu le prétend ! On la connait bien ! La religion est une aberration !
Ils ont fait régner la terreur sur la terre entière pendant des siècles, évangélisant a coup de massacres, inquisitionnant a coup de buchers, mais les choses ont changées et je compte pas laisser ses porcs reprendre ce que nous avons gagné sans rien faire ! La pétition est signée et elle tourne ! !
à Mamz
De Burpy
Dans... | 13H26 | 04/06/2009 |
Parcourez les différents liens que Lally vous propose. Vous verrez que mon « exagération » est toute relative.
De Autist Reading
Plombier/Electricien | 21H10 | 02/06/2009 |
Le classement de cet article dans « Société » au lieu de « Politique » montre bien à quel point Rue89 n'a rien compris au problème de la collation des grades et titres universitaires.
Cela touche aux droits du travail et est éminament politique.
Pensez-vous que l'église puisse exercer la même neutralité que les agents de la fonction publique nationale ?
Pensez-vous que la neutralité des « collateurs » ne soit pas une question politique de la plus haute gravité ?
à Autist Reading
De Sophie Verney-Caillat
Rue89 | 09H17 | 03/06/2009 |
Tout ce qui touche à l'université va logiquement dans la rubrique société même s'il y a des enjeux politiques, comme souvent dans toutes les questions de société. Si ce n'est que ça qui vous dérange …
De j-p-p
informaticien | 21H15 | 02/06/2009 |
lisez le décret, c'est pire que l'équivalence : le bac ecclésiastique vaut la licence et la licence ecclésiastique vaut le master de l'état français : c'est en toutes lettres. Il n'y a pas besoin d'autre commentaire pour mesurer l'ampleur de la trahison perpétrée par ceux qui ont signé ce texte…
à j-p-p
De Airinys
ailleurs | 21H17 | 02/06/2009 |
Bah là tu m'apprends un truc qui me fait réviser ma position. Je croyais innocemment qu'il s'agissait d'une validation comme pour les titres d'ingénieurs des écoles privées.
Ce que tu me décris je n'en veux pas !
à j-p-p
De flixp
00H02 | 03/06/2009 |
très bien lu !
et cela mérite d'être cité :
« Sur requête préalable des intéressés, sont reconnus de même niveau :
a) Le doctorat français et les diplômes ecclésiastiques de doctorat ;
b) Les diplômes français de master (300 crédits ECTS) et les diplômes ecclésiastiques de licence ;
c) Le diplôme français de licence (180 ECTS) et les diplômes ecclésiastiques de baccalauréat. »
à flixp
De Tigerbill
retraité en CDI en charente-maritim... | 09H33 | 03/06/2009 |
Le diplôme de sous-pape est équivalent au diplôme d'ingénieur motoriste alors ? ? ? ? ?
ça doit être eux qui concoivent la Papamobile.
De Burpy
Dans... | 21H46 | 02/06/2009 |
Quand on se souvient du discours de Sarkozy sur les prêtres et les instituteurs, ce décret prend une autre mesure…
http://www.dailymotion.com/video/x4egg6_sarkozy-linstituteur-et-le-cure_…
De Iv
Roboticien utopiste | 21H59 | 02/06/2009 |
Est ce que mon prof ou mon directeur d'université peut m'ordonner prêtre alors ? Ca tombe bien, j'ai quelques mariages religieux à donner…
Même pour les catholiques ça peut être une mauvaise affaire cette histoire.
De lally
professeur | 22H47 | 02/06/2009 |
La reconnaissance de diplômes d'enseignement supérieur issu d'universités catholiques et l'accord qui va avec, intéresse au premier chef l'Opus Dei et tous les mouvements intégristes catholiques qui ont des établissements d'enseignement supérieur en France, soit disant pour former les élites du catholicisme visant de hautes carrières en politique, droit, économie et santé.
En Espagne et en Italie, on voit déjà ces établissements et leur capacité de nuisances au plan politique, social et économique…
L'accord entre la France et le Vatican promet à ces ressortissants intégristes de l'OD et d'autres factions du même style de pouvoir étendre en toute sécurité et légitimité leur pouvoir.
Comme nombre de mouvements intégristes et fachos, les jeunes sont leur première cible pour faire passer leurs idées radicales et nauséabondes. Donner de la légitimité aux diplômes proposés par leurs écoles, c'est leur donner une assise indéboulonnable à tous points de vue.
Je suis choquée en tant que catholique progressiste par ce décret qui piétine la laïcité, choquée par ce que cela risque d'amener en France comme type d'enseignement et comme avenir dans différentes professions. Si l'on voulait entériner le conservatisme et donner du crédit au fascisme et à l'intégrisme, on ne s'y prendrait pas autrement.
C'est inquiétant pour la démocratie car ces établissements sont majoritairement dirigés par des supporters de l'extrême-droite religieuse, favorable à une théocratie voire dictature.
C'est très inquiétant car ça piétine totalement la laïcité et la loi de 1905.
Et à terme, c'est une régression des libertés collectives et individuelles car les fachos de l'enseignement supérieur catholique feront tout pour participer à casser l'enseignement supérieur public.
J'avais été informée par l'UFAL il y a 2 mois environ de ce décret et alarmée par la gravité de cette action de notre Etat (qu'il souhaitait avoir fait publier en douce sans tambour ni trompette), j'avais donc fait passer le message au magazine catholique progressiste GOLIAS qui en a fait un article il y a quelque temps.
Contente de voir que Rue 89 s'empare aussi de ce sujet. Il ne faut pas que ce décret puisse être appliqué et se mobiliser tous ensemble contre.
De Humain
00H10 | 03/06/2009 |
En 1875, la IIIe République proclame la liberté de l'enseignement supérieur.
Et en 1880, Jules Ferry, réserve l'attribution des titres universitaires aux seules universités publiques et elles seules !
Un siècle plus tard, 1984, le Conseil d'État a estimé que ce principe du monopole d'État des grades universitaires s'imposait même au législateur.
Pourquoi ?
Parce que cela garantit la qualité des diplôme, et évite ainsi de tompber dans le gros défaut dans lequel sont tombées les universités Allemande et surtout d'assujetir l'université laïque à une religion.
Par le processus de Bologne (19 juin 1999) 29 États européens, dont la France et le Saint-Siège, se sont engagés à établir d'ici à 2010 un espace européen de l'enseignement supérieur, est venu brouiller les cartes.
En reconnaissant les diplômes étrangers, la France reconnait, de fait, les diplômes délivrés par des institutions catholiques de ses partenaires européens.
Mais la question n'est plus de savoir s'il sagit du Vatican ou d'autres, mais plus simplement de savoir comment seront attribués les diplômes et sur quels critères…
Mais comment éviter : la confessionalisation des diplômes après celle de la confessionalisation des études ?
Q'un futur médecin suive ses cours à l'université Catholique ou protestante de tel ou tel endroit, pourquoi pas ! C'est son affaire !
A la condition que ce diplôme soit une diplôme national (peut être un jour Européen qui sait ? ) et non un diplôme de médecine ou autre spécialité délivré par une entité religieuse ! ! En Effet, de nos jours certaine religion reffusent certaine pratiques, d'autre religions sont des sectes dans un pays, et non dans un autre…
C'est cela qui arrive !
(Avec en plus le fait que les futurs docteurs en science auront l'avantage d'avoir un contrat de travail à très bas prix ! ! Les veinards)
Et bien sur ce qui est valable avec ces religions pourra l'être pour d'autres… et ne pas s'en méfier est ouvrir les diplômes des nos ingénieurs ou sociologues à des penchants plus que suspicieux ! ! Mais dans tous les cas , rentables !
De levraidebat
23H52 | 02/06/2009 |
A voir absolument, une étude argumentée et documentée sur l'argent de l'Europe et la contribution financière de la France : http://www.levraidebat.com/article-32172785.html
ça fait réfléchir ! ! ! A diffuser massivement avant le 7 juin !
De Utilisateur désinscrit à sa demande 2
nc | 00H35 | 03/06/2009 |
C'est toujours les mêmes conneries, ça devient caricatural.
Vous trouvez ça normal que les diplômes jusqu'ici décernés aux étudiants des universités catholiques n'étaient pas reconnus par l'état ? Est-ce que ce n'est pas une discrimination ?
Alors qu'on va reconnaître sans difficulté, bien sûr, les diplômes bradés cette année de Paris IV et autres facs qui ont été fermées tout le semestre…
à Utilisateur désinscrit à sa demande 2
De Autist Reading
Plombier/Electricien | 09H08 | 03/06/2009 |
C'est toujours les mêmes conneries, ça devient caricatural.
Vous trouvez ça normal que le troisième reich n'étaient pas reconnus par la SDN ? Est-ce que ce n'est pas une discrimination ?
Alors qu'on va reconnaître sans difficulté, bien sûr, les formations politiques terroristes communistes, juives ou tsiganes qui ont été fermées tout le semestre…
Je sais, c'est un procédé inadmettable, mais je me marre…
à Autist Reading
De Tigerbill
retraité en CDI en charente-maritim... | 09H35 | 03/06/2009 |
c'est même un procédé inadmissible ( à l'examen)
De no pasaran
psychosociologue | 02H55 | 03/06/2009 |
votre article est loin d'être anodin sur les rapports existants entre le Vatican , l'enseignement supérieur catholique , l'enseignement supérieur public et les forces politiques et religieuses qui en France souhaitent déstabiliser et redéfinir les rapports entre religion et laîcité au coeur de l'éducation .
j'ai acquis un DESS de psychologie à l'université catholique de l'ouest en 1986 . A cette époque , mes profs étaient tous des laîcs , plutôt de gauche en majorité , certains enseignaient à l'université publique d'Angers , et les jurys d'examen étaient placés sous l'autorité d'un maître de conférence enseignant dans cette même université . Autant vous dire que nous étions loin du Vatican .Seule la présence d'une aumonerie dans l'enceinte universitaire venait signaler une présence religieuse . A cette époque fut nommé par le vatican et pour la première fois un recteur laîc ( équivalent d'un président d'université ) . Enfin l'Université catholique était accessible à tous les étudiants , quelque soit leur origine sociale , car le coût des études n'était pas prohibitif .( ce n'est plus le cas aujourd'hui)
C'est dans ce décorum qu'un conflit important éclata entre le rectorat del'université catholique d » Angers et l'institut catholique supérieur de la Roche / yon impulsé par le Conseil Général de Vendée présidé par De Villiers . Le rectorat de l'université souhaitait créer une antenne universitaire à La Roche /yon tandis que Mr De Villiers voulait un établissement plus catholique qu'universitaire . Résultat de cette affaire qui a duré un an : le rectorat de l'université catholique a rompu tout lien avec l'institut catholique de la Roche et s'est tourné vers la Bretagne pour creer des antennes . En revanche Mr de Villiers s'est tourné vers une Université Publique de Rhones-Alpes ( un président idéologiquement proche des idées de De Villiers )pour obtenir le droit de délivrer des diplômes nationaux tout en mettant en oeuvre un fonctionnant d'établissement très éloigné des canons universitaires ( choix des intervants , contenus d'enseignement , mode de vie étudiant etc..)
Ce précédent qui date de 25ans , en dit long sur ce qui se passe aujourd'hui . Le Vatican et le pape actuel n'ont pas de réelle emprise sur les 4 universités catholiques françaises . les droites extrêmes et radicales , soucieuses de prosélytisme religieux dans l'éducation , ont pris depuis longtemps leur distance avec l'université et les établissements scolaires sous contrat pour investir le champ de l'éducation par la création de communautés éducatives (lycées , instituts supérieurs etc..) en phase avec un catholicisme conservateur , voire intégriste . Cet accord entre le Vatican et L« état incarné par Sarkozy intervient à un moment ou le terrain a été largement labouré. Le Vatican souhaite reprendre en main l'éducation des élites françaises en s'attaquant indirectement à un enseignement catholique français trop respectueux des principes républicains . Dans le même temps,une partie des élites françaises , soucieuse d'écorner certains principes républicains ( égalité , solidarité , laîcité ) , réfractaire à une certaine modernité , s'appuient sur un allié de choix pour repenser la formation des élites . ,
à no pasaran
De lally
professeur | 09H18 | 03/06/2009 |
Il y a 25 ans, l'épiscopat français était plutôt progressiste dans les idées et les positionnements politiques et religieux. L'intégrisme catho commençait tout juste à pointer son nez et se trouvait généralement plutôt bien combattu.
Aujourd'hui, une majorité d'évêques et de prêtres n'osent plus se rebeller contre les intégristes de l'OD qui s'implantent de plus en plus avec des objectifs clairs : former des élites à leur image avec des écoles supérieures et des universités (comme ils le font déjà en Espagne, en Italie et en Amérique du Sud). B16 qui les soutient à fond car il les considère comme le fer de lance de sa politique, a sans doute négocié pour eux lors de sa dernière visite en France, cet accord avec l'état français.
Les dirigeants d'aujourd'hui des établissements supérieurs cathos ont à coeur d'aller dans la direction intégriste et facho du Vatican actuel.
Nous ne sommes donc plus dans la même situation.
Ni dans le même rapport de force qui s'est inversé en proportion.
Regardez la réintégration des évêques intégristes. Leurs écoles et séminaires sont maintenant validés par le Vatican et le Vatican souhaite que les états leur donne une légitimité de diplômes comme ça se passe déjà en Italie, Espagne, USA et Amérique du Sud.
Ca laisse augurer des problèmes.
Il suffit pour cela de lire quelques articles sur ces établissements et leurs objectifs.
à lally
De no pasaran
psychosociologue | 21H55 | 03/06/2009 |
bonjour ,
oui le climat a changé , nous avons changé d'époque et il existe bien une reprise en main de l« épiscopat français par les tenants ( opus dei)de Jean Paul 2 et Benoit 16 . C'est indiscutable .
Possible aussi Que le Vatican cherche à reprendre en main les cathos en nommant par exemple des recteurs acquis à sa cause .
Néanmoins il ne faut pas trop noircir le tableau . Les intégristes et extrémistes de droite ( profs/étudiants )fréquentaient et fréquentent toujours les cathos comme les universités publiques d'ailleurs . Là rien de nouveau .
2ème point : le pouvoir des recteurs est limité :
- les instituts qui composent une catho fonctionnent en relative autonomie : désignation du directeur , recrutement des professeurs , contenus d'enseignement etc …
- le recteur et les instituts doivent respecter les critères présidant à la délivrance de diplômes nationaux . De ce point de vue les cathos sont contraintes de tisser des liens étroits avec l'Université publique , les rectorats .
- les cathos fonctionnent avec des ressources émanant de fonds publics ( collectivités terrritoriales , état )
- Les acteurs qui concourent au fonctionnement d'une catho sont multiples et nombreux sont ceux qui entreraient aujourd'hui en conflit ouvert avec un rectorat “intégriste ‘ s'il y avait à remise en cause de l'organisation et du fonctionnement des établissements .actuels.. Les réactions à ce projet de décret sont là pour en témoigner .
Je parle ici des 4 universités catholiques de France ( Paris,Lyon,Lille,Angers ) . Mes craintes personnelles sont dirigées avant tout vers un enseignement supérieur catholique qui ne relève pas de ces 4 entités mais qui s'institutionnalise dans une volonté plus forte d'obédience à certains courants conservateurs très influents dans l'église .
à no pasaran
De lally
professeur | 01H59 | 04/06/2009 |
S'il y avait un autre type de gouvernement, moins servile aux idées intégristes et si nous disposions d'un épiscopat français plus courageux en matière de catholicisme progressiste, je vous rejoindrais.
Mais ça n'est pas le cas et je le déplore en tant que catholique progressiste.
Plus on avance et plus les contenus enseignés et les lieux d'enseignements supérieurs catholiques ( j'ai eu des infos sur ce qui se passe depuis quelques années à Lyon et à Angers, c'est pas triste) se radicalisent.
Pourquoi ?
Parce que ceux qui sont mis en avant dans ces universités et instituts, sont de plus en plus des intégristes issus de l'OD, des Légionnaires du Christ, du Chemin Néocatécuménal et autres joyeusetés fachos.
Ces gens ont déjà des appuis politiques au sein de l'actuel gouvernement.
Des appuis de poids quasiment dans chaque ministère.
La validation des diplômes va encore leur donner un poids supplémentaire et surtout une légitimité publique.
Il deviendra donc très difficile aux intervenants cathos modérés (d'autant que les cathos intégristes ont aussi des appuis juridiques importants) de pouvoir se défendre politiquement et religieusement.
Enfin le détricotage de l'enseignement public qu'il soit secondaire ou universitaire, autorisera bientôt des programmes on ne peut plus fantaisistes et limités en matière d'enseignement correct. Et là, c'est l'enseignante en arts plastiques et arts appliqués qui vous parle et qui s'alarme de voir retiré tout ce qui permettait une ouverture intellectuelle sans tabou et large (histoire, langues vivantes, arts plastiques, musique, théâtre, parfois sciences physiques et biologie, philosophie également et sociologie) des programmes scolaires.
Les universités cathos fonctionnent certes avec des fonds publics mais on va dire que le droit de regard territorial et administratif sur l'utilisation des crédits est très laxiste. C'est ce qui permet à certaines de proposer aux étudiants des intervenants douteux (créationnistes, adeptes de factions intégristes, négationnistes patentés) et d'y cultiver
une certaine vision conservatrice pour ne pas dire réactionnaire.
Et avant que l'OD se mette à recréer ce qu'elle fait déjà en Argentine, en Espagne, en Irlande, au Chili, en Pologne, en Italie et à Madagascar en matière d'enseignement supérieur, elle est déjà sur le pied de guerre avec ses homologues intégristes de tous bords pour s'emparer des universités catholiques françaises existantes.
Je vous rejoins dans votre préoccupation. Mais connaissant assez bien l'approche de l'OD en matière de pouvoir, il leur est plus facile de noyauter l'existant plutôt que d'imposer derechef leurs institutions personnelles.
Idem pour les Légionnaires du Christ et autres intégristes du même style.
à lally
De no pasaran
psychosociologue | 22H52 | 04/06/2009 |
bonjour
nous sommes d'accord sur la nécessité de faire preuve de la plus grande vigilance vis à vis de ce décret . Des élites politiques , des lobbys économiques et religieux travaillent aujourd'hui en commun , à l'échelle de L'UE et des Etats, pour imposer un projet politique inspiré par le rejet de la social-démocratie dans les sociétés européennes . Ces gens préparent la post-démocratie soit l'avènement d » une société néo-libérale et oligarchique( le précariat plutôt que le salariat , la généralisation de la concurrence et de la compétition plutôt que la protection sociale et les droits sociaux et du travail, les privatisations et le marché plutôt que les politiques publiques et les services du même nom ) en cherchant à criminaliser des comportements privés ou sexuels et à neutraliser les contre-pouvoirs par la précarisation des conditions d'existence de la majorité des citoyens et la criminalisation des luttes sociales . Pour réussir ce projet de société doit s'appuyer sur une orientation religieuse anti-humaniste . Nous y sommes !
De stephanemot
Author & Chief AtoZ Officer | 03H03 | 03/06/2009 |
Prochaines etapes, le Bac Scientologue et les Hautes Etudes Creationnistes :
http://blogules.blogspot.com/2009/06/bientot-un-bac-c-comme-creationnist…
Merci a l'auteur et au Collectif pour leur acte salutaire pour la democratie comme pour la religion (le fondamentalisme s'attaquant, pour rappel, aux deux a la fois : http://e-blogules.blogspot.com/2007/08/universal-declaration-of-independ… )
De Blédine
formation en illettrisme | 05H49 | 03/06/2009 |
Ce qui me pose question, c'est la raison qui motive l'institution catholique à vouloir faire reconnaître leurs diplômes dans une société où l'enseignement privé est libre qu'elle soit confessionnelle ou non. Donc si cet enseignement est l'équivalent de l'enseignement public, les élèves peuvent se présenter aux mêmes examens que les élèves du public, pourquoi reconnaître des diplômes qui auraient la même valeur ?
Est-ce un pas de plus vers la privatisation de l'enseignement ?
Quelles sont les matières enseignées dans un établissement privé confessionnel qui ne le sont pas dans le public ?
Aujourd'hui, ce sont les catholiques, demain les musulmans peuvent faire la même demande. Aucune objection ne pourra leur interdire quoi que ce soit car la culture musulmane fait aussi parti de notre culture qui n'est pas uniquement gréco judéo chrétienne.
Je n'ai rien contre les établissements privés car les gens ont le droit de choisir ce qu'ils estiment le mieux pour leurs enfants cependant je ne peux oublier notre histoire ni le temps nécessaire qu'il a fallu pour apaiser les esprits des uns et des autres.