Très critique envers l'omniprésident, l'ex-procureur de Genève dénonce aussi l'hypocrisie de la lutte contre les paradis fiscaux.
Bernard Bertossa a l'accent chantant et le verbe haut des Suisses italiens. Ancien procureur du canton de Genève, il porte un regard cru sur la crise, le G20 et « l'hypocrisie » des états dans la lutte contre les paradis fiscaux. De passage à Paris, il livre pour Rue89 ses réflexions sur Sarkozy, les élections européennes et la justice.
Une liste noire « farfelue » des paradis fiscaux
Lutter contre la « tricherie fiscale ». Drôle de mot dans la bouche d'un homme plus habitué à la dialectique des cours de justice qu'aux effets de manche. Pourtant, ce vendredi, dans une salle de l'Assemblée nationale où il a été invité par la plate-forme Paradis fiscaux et judiciaires, Bernard Bertossa retombe toujours sur ses pieds.
Le secret bancaire ? Il y croit, il y est même totalement favorable. Pas envie qu'un « employeur puisse avoir accès aux comptes de son employé ». Une valeur farouchement défendue par le protestantisme genevois dont il battu le pavé pendant quarante ans. Avocat, puis juge et enfin procureur pendant douze ans (1990-2002).
Mais, après avoir connu l'âge d'or des affaires politico-financières (Elf, Abacha, Frégates de Taïwan, Kremlingate…), le magistrat est aussi convaincu qu'il faut lever ce secret pour les administrations fiscales, surtout lorsqu'il y a soupçon de blanchiment ou d'activités criminelles.
Car la volonté politique est toujours aussi molle en la matière. La preuve ? Les « effets d'annonce » du G20 et la « liste noire farfelue » proposée par l'OCDE pour endiguer le phénomène. (Voir la vidéo)
S'agissant de la France, l'ancien procureur de Genève, motivé à l'idée de poursuivre les turpitudes financières des chefs d'Etat de la planète, porte un regard acéré :
« Vous êtes désormais plus un royaume, avec un roi qui décide à peu près tout. Vue de l'étranger, la France n'est plus vraiment considérée comme une démocratie parlementaire. »
A l'appui de sa démonstration, le juriste décrypte la remontée du discours sécuritaire de Nicolas Sarkozy, à quelques jours de l'élection européenne. Où l'on oublie de traiter les « causes » de l'insécurité, en s'acharnant sur les « symptômes ». (Voir la vidéo)
Bernard Bertossa n'a pas oublié qu'il signait, il y a treize ans, l'appel de Genève lancé par Denis Robert et le juge Renaud Van Ruymbeke. Et depuis ? Pas de gros changement. Sauf que les ONG se mobilisent désormais sur des sujets à la fois très techniques et très politique.
La plate-forme Paradis fiscaux et judiciaires a pu faire de multiples propositions avant le G20. Elle n'a pas été vraiment entendue. Ni à Genève, ni à Washington, ni à Paris… Alors que chaque seconde, 3 millions de dollars partent vers ces destinations exotiques.
► A lire : La justice, les affaires, la corruption Bernard Bertossa, entretiens avec Agathe Duparc, Fayard, 2009.


























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De Michelangelo
Born again | 12H52 | 31/05/2009 |
Il est gonflé ce procureur. Son pays est un pays-voyou où tout l'argent sale de la Planète vient passer à la machine à laver, un pays dont la prospérité vient de l'argent de la pègre internationale, du trafic des drogues, des dictatures qui pillent le Trésor public, et au lieu de s'attaquer aux moeurs bancaires de son pays, il s'en prend à Notre Président, triomphalement élu en 2007 et il ose déclarer que notre pays ne serait plus une démocratie parlementaire ! Un peu de pudeur, Monsieur. Quant à la sécurité, c'est NOTRE affaire, pas la vôtre ! De quoi je me mêle ? ? ? ? ? ?
De Papayuf
| 12H55 | 31/05/2009 |
Les meilleures critiques viennent toujours de l'extérieur.
« la France n'est plus une démocratie parlementaire ». Il a parfaitement raison. Les assemblées sont des chambres d'enregistrement menées à la baguette. Un nombre incalculable de lois sont votées en procédure d'urgence pour éviter les débats. Les très rares lois refoulées sont revotées et passent. Et toutes ces lois sont la volonté de l'élysée. Le gouvernement n'est qu'un groupe de larbins aux ordres.
Dans ces conditions, pourquoi l'opposition continuent-elle de siéger à l'assemblée nationale ou au sénat ? Il s'agit soit d'un refus de regarder en face une situation alarmante (lacheté, méthode coué et tout va bien madame la marquise), ou d'un consentement tacite.
Si l'opposition ne démissionne pas collectivement des institutions, alors elle se fait actrice de la mascarade et soutient de fait le régime en place.
Qu'a t-elle à perdre ? L'opposition n'a aucun pouvoir dans ces assemblées, malgré quelques soubresauts sporadiques sans conséquences (comme sur la loi Hadopi). En continuant de siéger, elle sert le pouvoir en place en maintenant l'illusion de la démocratie.
Au contraire, une démission collective des élus de gauche est leur seule chance de reconstituer une opposition légitime et créatrice, et de reconquérir l'enthousiasme populaire.
De zompti
futur "départ volontaire" | 13H13 | 31/05/2009 |
Et alors, ce n'est pas parce qu'il est suisse qu'il approuve à des100% le sytème banquaire suisse et ses dérives. On a bien vu que la liste des paradis fiscaux a été remaniée pour que les états amis soient au pire ne liste grise plutôt qu'en liste noire, à commencer par les paradis fiscaux européens et US. Et concrètement à part fournir une listes, quelles mesures concrètes ont été prises pour mettre le nez dans les comptes mafieux, les saisir su necessaire et punir de lourdes peines de prison les coupables ? Absolument rien, on a brassé de l'air sur le sujet, Sarkozy en premier.
La sécurité est effectivement notre problème à tous et non le domaine réservé de Sarkozy qui en est au moins à sa dizième loi sécuritaire en 4 ans, lois qui ne font qu'emmerder le simple citoyen et qui n'ont aucun effet sur les bandes maffieuses (y compris dans le monde politique). Pour rappel, Sarkozy ministre de l'Interieur avait fait des promesses bien précises, disait connaître parfaitement les bandes et les meneurs. Depuis la situation est pire et il nous ressort son petit couplet sécuritaire en continaunt de fistiger ses oppasants politiques forcement démissionnaires et angélistes. Car la droite et en particulier Sarkozy ne sont jamais responsable de leur incompétence, c'est toujours la faute des socialistes ou de l'Europe. mais ça fait sept ans que la droite gouverne avec les pleins pouvoirs, quels résultat ont ils obtenus en sept ans au niveau sécuritaire, à part un flicage amniprésent des citoyens (qui était d'ailleur dans le programme détaillé de l'UMP, tant au niveau national qu'européen et dans la vision de société de sarkozy depuis des années). L'insécurité n'est que le prétexte à la mise en place à terme d'un fichier ADN et biométrique européen pour tous les citoyens et pas seulement les terroristes ou les trafiquants.
Et n'en déplaise, on a encore le droit de le dire et de l'écrire, même si l'on est suisse. Votre réaction montre parfaitement en quoi la démocratie demange ceux qui pensent pouvoir s'attribuer le droit de penser et de décider à la place des autres ce qui est bon pour eux.
De Hulk_
nc | 14H03 | 31/05/2009 |
La meilleure preuve qu'on est en démocratie, c'est que j'ai voté pour lui, et qu'il a été élu…
De sarkophile
observatrice hilare | 14H48 | 31/05/2009 |
La France n'a jamais été une démocratie parlementaire. Ce qui la caractérise est un régime présidentiel, point.
Ce Monsieur Bertossa ferait bien de regarder chez lui pour dénoncer les dérives xénophobes de sa démocratie populiste.
Les donneurs de leçons me font toujours marrer.
De ralc78
thésard | 19H07 | 31/05/2009 |
Vive Bertossa même si je ne comprends pas bien sa phrase sur la Suisse honnête, je l'apprécie d'autant plus qu'il a fait sortir tous les chauvins du bois… Nombre de commentaires ici font de la France la huitième merveille du monde et de notre président un héros. Pauvre pays qui se cherche toujours un père, qui justifie le mal par le mal voire par le pire et qui refuse de voir que seul une attitude critique vous rend fort et honorable… Merci pour votre contribution M.Bertossa mais les français sont bien encalminés et leur déboucher le pot semble tâche bien difficile…