
Les grévistes de Radio France Internationale reconduisent de jour en jour leur mouvement. Une troisième semaine de grève commence, alors que des auditeurs font part de leur incompréhension, particulièrement en Afrique.
La direction de RFI a annoncé en janvier son intention de supprimer 206 emplois sur un millier dans cette radio publique principalement diffusée à l'étranger, où elle touche 46 millions d'auditeurs. L'intersyndicale n'accepte aucun départ contraint et reconduit la grève de jour en jour tant que la direction ne se limite pas à des départs volontaires. Un très petit nombre de salariés fait la grève (moins de 5%), mais une bonne partie des autres abondent un fonds de soutien, et environ 80% de l'antenne serait bloqué.
Mardi, l'intersyndicale FO, SNJ, SNJ-CGT, SNRT-CGT a fustigé l'attitude d'Alain de Pouzilhac, PDG de la radio et de la holding Audiovisuel extérieur de la France (AEF), structure coiffant RFI, France 24 et TV5 Monde, dans un communiqué titré « le président déserteur général » :
« Une fois de plus, malgré nos demandes incessantes -encore ce matin en assemblée générale de l'actionnaire- le PDG n'a pas daigné se déplacer. […] C'est lui qui est à même de répondre aux propositions concrètes de l'intersyndicale pour sortir du conflit. C'est encore lui qui peut garantir l'avenir de la radio au sein de l'Audiovisuel extérieur de la France. »
Un reproche récurrent. L'intersyndicale en appelle donc à une médiation de l'Etat et a envoyé à cet effet un courrier à Raymond Soubie, conseiller social de Nicolas Sarkozy à l'Elysée.
Des journaux africains très critiques
Problème : la communication auprès des auditeurs passe mal. En Afrique francophone, principal bassin d'audience de la radio (30 à 35 millions d'auditeurs), les commentaires des journaux sont durs. « Les auditeurs africains sevrés », titre le journal burkinabé Le Pays :
« C'est le dépaysement total pour bon nombre d'auditeurs depuis le 12 mai 2009, date à laquelle le personnel de Radio France internationale (RFI) est en grève illimitée contre le plan social de la direction. Ceux qui n'ont pas été informés très tôt ont d'abord cru à une panne de leurs postes radios qui ne captent plus RFI. Il y en a même qui ont tourné le bouton dans plusieurs sens manquant de peu d'endommager leurs transistors. C'est par la suite qu'ils ont su que leur radio préférée est en grève. »
Pour l'Observateur Paalga, partenaire burkinabé de Rue89, le problème est celui d'« ambitions mondiales freinées par des réalités bien françaises » :
« Les auditeurs sevrés n'ont d'autre choix que de se tourner vers les médias concurrents de RFI, que l'on n'a pas besoin de nommer. Nous n'en parlerions pas si cette grève n'était pas la énième dans cette station de radio et si les grèves à RFI n'étaient pas monnaie courante comme, du reste, dans l'ensemble de la France. »
A Paris, un journaliste souligne pourtant que le service Afrique est l'un des moins touchés, puisqu'il rassemble en majorité des adhérents de la CFDT, seul syndicat à ne pas s'associer à la grève. « Pour nous, faire la grève plante la boîte et donne des arguments à la direction », explique Raphaël Reynes, représentant de ce syndicat.
Un syndicaliste rappelé « à plus de professionnalisme » par la direction
Les autres syndicats, qui organisent mercredi une conférence de presse à destination de leurs confrères étrangers, constatent que la communication a du mal à passer auprès des auditeurs. Notamment pour une raison qui étonne Pascal Paradou, délégué du personnel SNJ :
« Les messages qui annoncent la grève à l'antenne sont diffusés beaucoup moins fréquemment que d'habitude. La direction explique ça par des problèmes techniques, mais les techniciens disent qu'il n'y en a pas. »
Il voit deux interprétations possibles à cela : « Soit la direction s'en fiche, soit ils ne veulent pas qu'on prononce le mot “grève” à l'antenne. » Lui et un autre journaliste l'ont fait, depuis Cannes où ils couvraient le festival. Ils ont reçu ensuite un « rappel à plus de professionnalisme » de la part de la direction.
Pouzilhac préside aussi le conseil de surveillance d'un groupe de casinos
A Cannes, Alain de Pouzilhac était présent avec la directrice générale, Christine Ockrent, et deux autres dirigeantes de la station. La « reine Christine », à la ville compagne du ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner, a fustigé dans une interview au Point les journalistes présents sur la Croisette :
« Certains salariés, non grévistes mais qui soutiennent le mouvement, ne se sont pas privés de descendre au Festival de Cannes, de réaliser des reportages, d'enregistrer des débats en sachant pertinemment que tout ce travail ne serait jamais diffusé. »
Les journalistes concernés répondent qu'ils ont fait du « marbre », des sujets qui sont gardés au chaud pour être diffusés au moment de la sortie des films. Et les syndicats demandent que les dirigeants renoncent à leur bonus, et s'étonnent qu'Alain de Pouzilhac continue de présider le conseil d'administration d'un groupe de casinos. Ambiance.
En parallèle au plan social, la direction de RFI vient d'être condamnée par les prud'hommes à intégrer en CDI une trentaine de salariés qui avaient cumulé trop de CDD. Une trentaine d'autres pourraient avoir prochainement gain de cause.
La direction de RFI ne souhaite pas répondre à nos questions.
Photo : les personnels de RFI manifestent le 22 janvier à Paris contre le plan social annoncé une semaine auparavant (Lentite1/Flickr).





















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De touk
Retraité | 17H39 | 28/05/2009 |
Comme de tout ce qui touche l'exterieur des frontières, la presse, la radio, la télé de métropole se fichent bien de ce qui se passe ailleurs,
j'habite en Guyane et à part France Inter aucune radio ne parvient sauf RFI avec des émissions interessantes alors que la télé est un fatras de nullités,
cette grève m'inquiète car ils n'ont déja pas beaucoup de moyens, alors
l'avenir de cette radio semble gravement compromis, sans que personne ne s'en émeuve, c'est loin.
De Cerbère8
oulala | 18H17 | 28/05/2009 |
Comme ailleurs, comme souvent, comme c'est la mode :
La nouvelle Direction coupe dans le « gras » : on va faire mieux avec moins de monde, moins de moyens. Ah ! Parce que ça coûte, l'Audiovisuel extérieur ! Et que, voyez vous-même, c'est qu'on n'est pas riches !
Ce discours, pour le moins dominant, est écoeurant et de plus en plus fatigant. Comme si l'on cherchait à rendre médiocre tout ce qui existe. Une vraie et belle fin de l'Histoire…
Courage aux grévistes ! Merde aux dégraisseurs !
De ana
18H40 | 28/05/2009 |
La direction joue avec une certaine habileté la carte de l'Afrique (pas concernée directement par les rédactions d'effectifs) dans sa communication… Christine Ockrent est rentrée récemment d'une exploration des terres africaines… mais il y a au sein de la rédaction Afrique des collègues solidaires de ceux qui risquent de perdre leur boulot dans les autres rédactions. RFI, c'est bien entendu notre auditoire africain, notre socle, mais nous nous battons aussi pour que le « I » de International demeure une réalité. Parce que RFI ne peut être qu'africaine, parce que la France se doit d'avoir une radio INTERNATIONALE, parce que les enjeux du monde sont planétaires, et, pour en revenir à l'Afrique, parce que notre auditoire africain a aussi le droit à une expertise internationale, un éclairage différent (« rfiesque') sur les questions du monde.
La “ grève ne plante pas la boîte ”, au contraire, pour “sauver” la boîte, nous avons le devoir de gagner cette bataille !
(Ana, vous l'aurez compris… salariée de RFI ! ! )
De Pierrrrre
18H51 | 28/05/2009 |
Le passage de Hervé Bourges à la présidence de RFI a permi de bétonner l'ancrage de RFI bien à gauche, tant du point de vue des options politiques du personnel (recruté par cooptation politique) que de sa lourdeur de gestion.
Secouer le cocotier s'imposait.
à Pierrrrre
De ana
19H51 | 28/05/2009 |
Le personnel recruté par cooptation politique…. lourdeur de gestion… Vieilles rengaines infondées… Pierrrrre… vous êtes aussi salarié de RFI, côté direction, sans oser l'avouer ? ? ?
à ana
De Pierrrrre
20H51 | 28/05/2009 |
► Je connais simplement les pratiques d'Hervé Bourges et son ancrage à gauche.
Il n'est qu'à voir dans quelles conditions il a remplacé Philippe Guillaume, Président de France Télévision :
Comme Philippe Guillaume génait le pouvoir en place qui lui préférait un Hervé Bourges bien de gauche, il y a eu jusqu'à intervention des Services Généraux afin de diffuser des rumeurs de pédophilie jusque dans le lycée des enfants de Philippe Guillaume
Les journalistes de télévision lui tournaient le dos dans les couloirs,
le premier ministre (Roccard) lui a supprimé les crédits promis,
générant la grève à France Télévision, avec invectives contre son Président.
les journalistes se sont ligués contre lui (Frédéric Mitterrand est allé jusqu'à l'humilier à la remise des Césars, en direct à la télé)
..et Hervé Bourges, a attendu patiemment que cette entreprise de destabilisation aboutisse à.. un suicide ou une démission…
pas de chance pour eux, ça n'a été que la démission…
..Ne cherchez pas, vous n'aurez aucun article sur Google concernant cette lamentable affaire.. c'est l'autisme journalistique.
Seul un livre occulté aussi par les médias.. publié par Philippe Guillaume « Un Président à Abattre »
De esperanza-008
chercheur de sens | 19H00 | 28/05/2009 |
Bonjour, Lorsque RFI n'est pas en grève… c'est toujours une grande joie de se réveiller le matin en entendant les nouvelles et toutes les émissions qui nous font découvrir la diversité des cultures et des peuples.
En Amérique du Nord… aussi… comme en Afrique, on est fort déçu de ne recevoir aucune nouvelle de cette grève…et de sa fin !
Alors, réveillez-vous… chers Amis de RFI. Pensez à vos auditeurs fidèles au poste !
De ana
20H19 | 28/05/2009 |
Pour ne pas encombrer davantage cet espace de dialogue/commentaire, j'invite les lecteurs de l'article à compléter leur information sur le blog des salariés de rfi en lutte : http://rfiriposte.wordpress.com/
De John Lénine
05H50 | 29/05/2009 |
La radio du monde me manque ? MAIS TENEZ BON .
Il me semble que cela fait plus longtemp qu'ils sont en grève , l'émission de Juan Gomez (10h) , n'émet plus depuis plus d'un mois ?
J'ai entendu des Africains se plaindre de la grève de ces journalistes qui defendent leurs privilèges , car RFI est leur seul lien avec le monde exterieur .
Il leur semble incroyable que l'on puissent avoir des revendications sur les effectifs . C'est un peu comme si les auditeurs étaitent pris en otages . Comment leurs expliquer qu'il s'agit d'une revendication qui va dans le sens de leurs intérèts ?
En tt cas RFI est une grande radio , LA RADIO DU MONDE .
De désactivé à la demande du riverain 18 juin
Born again | 09H06 | 29/05/2009 |
On sait que dans les radios publiques, il y a pléthore de personnels, qui croulent sous les avantages sociaux et salariaux, tellement leur statut est suravantageux… Ils ont pu obtenir ce statut par des grèves à répétition et grâce à leur capacité de nuisance, comme à la SNCF. Pourquoi le contribuable continuerait-il d'engraisser ces personnels, alors qu'eux, les salariés du privé, tirent la langue et sont menacés de licenciement ? Pourquoi ne dit-on pas clairement au contribuable ce qu'il paye à ces salariés des radios publiques, les salaires qui sont versés, le prix de revient du resto d'entreprise, les primes, le nombre de travail par semaine, le nombre de jours de congés, l'âge de la retraite etc… Ces messieurs-dames se considèrent comme des salariés de droit divin, à qui tout est dû… Ils parlent avec arrogance de leur comité d'entreprise et de leurs droits acquis… Ah ! mais ! Madame Ockrent n'a pas hésité à révéler la chose suivante : « Certains salariés, non grévistes mais qui soutiennent le mouvement, ne se sont pas privés de descendre au Festival de Cannes, de réaliser des reportages, d'enregistrer des débats en sachant pertinemment que tout ce travail ne serait jamais diffusé. Je ne trouve pas cela très élégant pour les invités qu'on a dérangés… » Le contribuable sait-il que les salariés réclament 100000€ d'indemnités de licenciement ? C'est toi qui vas payer, contribuable ! ! !
à désactivé à la demande du riverain 18 juin
De Banana ex de juanitoto
Je déteste rue89, tous les riverain... | 11H27 | 29/05/2009 |
à désactivé à la demande du riverain 18 juin
De compte sup. à la demande du riverain 25.08
chat de garde | 11H36 | 29/05/2009 |
Au grand spécialiste de l'orthographe : pléthore de personnel, pas de personnels, dans ce cas, personnel est un terme générique !
à compte sup. à la demande du riverain 25.08
De désactivé à la demande du riverain 18 juin
Born again | 17H28 | 29/05/2009 |
Merci, mais je suis loin d'être un spécialiste de l'orthographe : je n'y ai jamais prétendu…
à désactivé à la demande du riverain 18 juin
De compte sup. à la demande du riverain 25.08
chat de garde | 18H29 | 29/05/2009 |
Si !
à désactivé à la demande du riverain 18 juin
De einna
18H00 | 29/05/2009 |
je ne pense pas que les salariés de RFI se considèrent de droit « divin“- vous voulez vraiment mettre le jésus partout vous ! -.
En tant que contribuable, mes impots financent un service public auquel je tiens ; ces salariés ont des droits à défendre et des acquis sociaux à préserver et je les soutiens dans leur lutte car toute reculade sur les droits et acquis sociaux des salariés est la manifestation d'une société qui recule.
Je constate que malgré votre foi catholique, vous n'êtes pas très charitable et vous seriez même jaloux ; l'envie n'est-il pas un péché ? L'orgueil en est-un donc attention vous postulez pour un aller-simple en enfer !
(au fait, vous avez perdu votre dico ou quoi ? )
De danibuisson
12H37 | 29/05/2009 |
Il faut bien faire des économies pour payer 1 million d'euros par an les 2 nouveaux directeurs de la chaîne… Delenda Sarkozy !