l'edito 28/05/2009 à 11h46

Ecole, sécurité, Hadopi... Sarkozy joue la carte « vieux »

Pascal Riché | Redchef Rue89

Celui qui, au gouvernement, est censé suivre la jeunesse (le haut commissaire Martin Hirsch) est ouvertement hostile à l'idée de fouilles et de portiques dans les écoles. Pourquoi Nicolas Sarkozy, qui était lui aussi contre cette politique il y a quelques années, pousse-t-il aujourd'hui Xavier Darcos à la promouvoir ?

Celle qui, au gouvernement, est en charge du développement de l'économie numérique (la secrétaire d'Etat Nathalie Kosciusko-Morizet), est muette sur la loi Hadopi, qui entend réprimer le téléchargement sur Internet. Par « muette », il faut entendre « officieusement hostile ».

La loi est peu utile (car déjà dépassée par la technologie), dangereuse (elle risque de doper les échanges cryptés), néfaste à la création technologique, et mal comprise par la jeunesse. Pourquoi le gouvernement s'est-il acharné à la pousser ?

Surprenant, également, la récente gestion du conflit sur la réforme universitaire : pourquoi avoir ainsi laissé pourrir le mouvement, au risque de se couper avec une génération d'étudiants amers ?

La réponse à ces trois questions est peut-être la même, toute bête : Nicolas Sarkozy a tiré un trait sur les jeunes électeurs. Ils les juge perdus pour la droite, et préfère tout miser sur l'électorat plus âgé. Le calcul n'est pas complètement absurde : après tout, avec le vieillissement démographique, cet électorat est, numériquement, une valeur qui monte.

Avec son énergie à revendre et son discours de « rupture », Sarkozy projette une image d'homme politique « jeune ». Pourtant, et il est le premier à le savoir, c'est grâce aux voix des retraités qu'il a été confortablement élu. Selon un sondage sortie des
urnes Ipsos
, il a obtenu en mai 2007 65% des voix des 60 ans et plus... Et il y a une certaine logique à ce qu'il porte des valeurs et des politiques qui, croit-il, sont en phase avec cet électorat-là.

A travers cette grille de lecture, l'ensemble de sa politique trouve une certaine cohérence. La discipline à l'école, le discours sécuritaire, la fermeté en matière d'immigration, et même le rejet brutal de l'entrée de la turquie dans l'Union européenne... Autant de positions visant à courtiser les hauteurs de la pyramide des âges.

Qu'une société se préoccupe de ses seniors, écoute leurs craintes, prenne en compte leurs opinions, est certes important. Mais en faire une boussole pour l'action politique ne peut que mener au conservatisme. La dernière chose dont la France ait besoin.

Que propose pendant ce temps Nicolas Sarkozy pour les jeunes ? Martin Hirsch a été chargé de trouver des solutions contre le chômage qui les frappe ; mais jusque-là, rien n'est vraiment allé dans ce sens : de la disparition des emplois jeunes à la défiscalisation des heures supplémentaires, l'embauche de jeunes a plutôt été découragée.

Si un historien du futur devait dessiner le portrait du jeune français à travers les projets de textes législatifs au coeur du débat politique, c'est celui d'un voyou qui apparaîtrait : on ne parle plus, depuis quelques mois, que de l'interdiction des bandes, du bannissement des cagoules, de l'installation de portiques magnétiques à l'entrée des écoles, de fouilles d'élèves suspects. Est-ce là un tableau bien fidèle à la réalité ?

Une telle approche risque de laisser des traces. Déjà, aujourd'hui, selon un récent sondage, 51% des Français ont une image négative de la jeunesse, un chiffre pour le moins alarmant. Un pays qui a une telle image de son avenir n'est en effet pas le mieux armé pour l'aborder.

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  • guyome
    • Posté à 12h19 le 28/05/2009
    • Internaute

    Je résume le chômage des jeunes est supérieur à 25 %, ils sont les premières victimes de la crises, mis en dehors du RSA, clairement stigmatisés, clairement exclus du patrimoine francais , les Facs sont au bord du gouffre et pour les aider on file du blé à leur parents. S'ajoute à ca, la honte de ne pas pouvoir quitter ses parents et l'impuissance de voir les politiques jouer contre eux... Sans oublier que les conditions de travail se dégradent et que de moins en moins de personne pensent avoir une meilleur vie que celle de leurs parents.

    hum, la crise d'adolescence va faire mal...

  • Ryuu
    Ryuu
    Informaticien parisien
    • Posté à 12h47 le 28/05/2009
    • Internaute
      Informaticien parisien

    Je ne suis plus tout jeune, mais pas encore vieux...
    Et a chaque fois que je fréquente des jeunes (des vrais, des 15-18ans), je suis surpris. Par la maturité du propos, par les analyses réfléchies, par la lucidité de la vision.

    Je ne me souvient pas de moi a leur age comme cela, pour être honnête. Ma mémoire me joue-t-elle des tours ? Les mentalités ont-elles changées ? Ne fréquenterai-je que l'élite de la jeunesse ? Je ne sais pas.

    Toujours est-il que les jeunes ne sont pas à l'image de ce qu'on se fait d'eux. Le meilleur moyen de les connaitre, ce n'est pas de regarder TF1, mais de rester à leur contact. Avec ça, aucune propagande ne me fera changer d'avis à leur sujet.

  • kri
    kri
    citoyen
    • Posté à 13h47 le 28/05/2009
    • Internaute
      citoyen

    Le racisme anti vieux qui se dégage de cet article et de certains commentaires est assez nauséabond. Remplacez les termes vieux par arabes, noirs ou autres et vous prendrez conscience du caractère abject de certaines réflexions.
    Faut il encore une loi pour apprendre aux fachos à respecter autrui, quelle que soit sa race, sa culture ou son âge ?
    Ne vous cachez pas derrière les sondages comme d'autres se cachent derrière les chiffres de la délinquance et autres foutaises pour justifier l'abject.
    Faut-il faire une pétition, appel à une association, ou porter plainte pour dénoncer ce racisme ?
    A suivre...

  • The_Reaper
    • Posté à 14h11 le 28/05/2009

    Je trouve que votre dernier paragraphe résume parfaitement le ressentiment que j'ai pour ce qu'on vit en France. J'ai eu 29 ans hier, je me considère encore comme jeune, tant dans l'esprit que physiquement, mais je n'ai pas l'impression de faire parti ni du présent, ni de l'avenir. J'ai le sentiment de toujours avoir besoin de justifier ce que j'ai fait pour préparer ce que je dois faire, aussi bien professionnellement que personnellement. Notre société est en train de vieillir, non pas tellement en âge, mais en mentalité. Toutes les couches hiérarchiques sont contrôlées par des seniors, dont on voudrait pourtant se débarrasser tant ils coûtent cher aux entreprises. Quel paradoxe étonnant !

    En fait, il y a un vrai problème de prise de conscience de la jeunesse (par jeunesse j'entends les 18-35 ans) qui n'arrivent pas à s'approprier le destin du pays. Les politiques sont des seniors pour la plupart, les managers, cadres et dirigeants d'entreprises sont aussi dans leur immense majorité des seniors et les grandes entreprises sont contrôlées par des gens qui sont en place depuis bien longtemps. Et surtout, ils ne sont pas prêts d'être à la retraite ! Du coup, il serait dangereux de trop laisser s'étouffer la « culture » jeunes, celle qui est sensée être dynamique, créatrice de valeur ajoutée et de développement progressiste. Cette idée semble faire peur aux anciennes générations, qui voient-là comme une tentative de bousculer leurs « acquis » (alors que les acquis sont détruits par les seniors qui sont en place depuis belle lurette). Et soi on éteint cet élan de jeunesse au risque de faire crever son pays dans le conservatisme et l'inutilité sociale, soit on s'expose à un vrai conflit générationnel, qui pourrait se poursuivre jusqu'aux affrontements physiques, comme ça a eu lieu en Grèce récemment. Et c'est d'autant plus explosif que les plus jeunes parmi les jeunes n'ont jamais su exactement ce qu'était la croissance, le développement, la richesse financière mais aussi culturelle et intellectuelle ; ils ont toujours vécu dans la crise économique et de valeurs. Et le jour où ils voudront prendre le pouvoir, ça pourrait être très violent...

    Cela dit, vu comment on a conditionné moralement et socialement ma génération (bien travailler à l'école, être dans un moule scolaire, professionnel et personnel), il va être difficile de casser cet « endoctrinement anti-violence » des jeunes ; les étudiants en grève depuis plusieurs semaines ont décidé d'arrêter les blocages par peur de se voir privés de diplômes et donc d'avenir, alors que, diplômes ou pas, leur avenir est déjà bien compromis, surtout avec ces diplômes au rabais et sans utilité d'insertion.

    Personnellement, je n'ai jamais été un radical politiquement, j'ai toujours cherché à faire preuve de retenue, mais avec l'expérience et la maturité liée à mon court chemin dans la vie, j'ai tendance à devenir de plus en plus radical et avoir l'envie d'abattre ces injustices qui nous entourent (pour les jeunes mais aussi pour les autres), et j'espère que je ne suis pas le seul, et que petit à petit, on va finir par renverser la tendance.

  • P.G.
    • Posté à 16h47 le 28/05/2009

    Cette analyse est tout à fait fondée, et bien étayée.

    Le clivage générationnel a toujours existé (jeunes idéalistes contre vieux conservateurs) mais il a rarement été autant exploité par les politiques publiques.

    A ce clivage générationnel s'ajoute un autre clivage, technologique et médiatique, qui lui est plus récent.
    Il oppose (en caricaturant un peu) ceux qui s'informent grâce à Internet, et ceux qui s'informent grâce à TF1. Un fossé croissant sépare ces 2 mondes, du point de vue de la hiérarchisation de l'information et de son contenu.

    Sarkozy, en assumant ses cuisines politiques (place accordées à certains lobbies, affinités affichées avec certains milieux médiatiques ou économiques) se met la sphère Internet (plus critique et libre) à dos, mais séduit la sphère des non-connectés qui s'informent sur les grandes chaines télévisées et les journaux people.

    Tout cela est bien entendu infiniment malsain.

  • Badboys
    • Posté à 18h20 le 28/05/2009
    • Internaute

    Bravo pour votre article Monsieur Riché !

    Ce que vous écrivez est tellement vrai et je ne sais plus qui écrivait que lorsqu'un peuple prend la décision de déclarer la guerre à sa jeunesse, inexorablement, il signe par cet acte le début de sa décadence...

  • thorkil76
    thorkil76
    Le viking vert
    • Posté à 18h24 le 28/05/2009
    • Internaute
      Le viking vert

    Bonjour,

    Excellent article qui, pour une fois, concernant la politique, met en exergue l importance de la demographie. On pourrait y ajouter la mobilisation lors des votes... Je crois sans trop m avancer que les « vieux vont plus voter ».

    Je me demande quand meme c est quoi etre jeune en termes mediatiques, a quoi correspondent ces tranches d age ?

    Parce que si l on se refere au critere « generation sacrifiee », je crois que l on peut largement etendre la tranche d age...

    A un poil plus de 35 ans, je suis sorti d une ecole de commerce (oui je sais ; bouhouhouh) en 1998, apres qqs annees d age d or (3 pour etre precis), des annees de galere avec des postes mal payes, ininteressants et des mois et des mois de chomage sans comprendre pourquoi. Je me suis pose bcp de questions sur ma personnalite, ma formation, etc... Mais de nombreux potes ingenieurs, ESC, DUT fackeux sont dans le meme cas, vires comme des merdes du jour au lendemain, chomage longue duree, peu d entretiens, pas de reponses aux envois de CV, etc... Parce qu en France on ne recrute pas un homme (ou une femme) mais des competences precises (on ne doit rien vous apprendre vous devez deja avoir fait et etre un expert), un carnet d adresse ou une relation.-d ou le probleme majeur des fackeux-

    Les papy boomers n ont pas confiance en nous, ils voudraient que l on soit comme eux (alors qu eux meme -et heureusement- ne sont pas comme leurs parents). nous sommes trop rebels, pas assez investis, pas assez mature, j en passe et des meilleures...

    Bref une generation souvent sous employees contrairement a ce que veulent nous faire croire nos politiques qui mettent en avant notre inadaptation au marche du travail sous pretextes d absence de formation ou d inadaptation de cette derniere

    C est surtout que l exigence de rentabilite ne laisse plus de place a la formation « sur le terrain »

    Par ailleurs nos vieux ont du mal a suivre l evolution de notre societe, et ne comprennent pas les evolutions du type, « y a 20 ans ton patron de virait parce qu il perdait de l argent maintenant parce qu il n en gagne plus assez ». Chez les vieux aussi c est le sauve qui peut ; dans mon entourage bcp sont partis a la retraite avec la hate d en finir avec ce monde du travaille qu ils ne comprennent plus (court termisme).

    Et pourtant nous leur faisons peur... leur responsabilite est grande : laisser faire (liberalisme eco a tout crin), destruction ecologique... je crois qu ils n assument par leur bilan...

    Ca gronde ca gronde, et ils ont peur que l on foute tout en l air par desespoir... et ils ont raison. Parce que quand je vois la situation des diplomes, je m interroge, sur ce que vivent ceux qui le sont pas... ou moins...

    je comprends que l on se demande « a quoi servent les etudes » quand tant de diplomes restent sur le carreau. Nos vieux (intoxiques par les politiques) nous ont menti, les grandes etudes ne nous protegent pas ! et c est ce mensonge qui eclate depuis qqs annees alors la « jeunesse » se demande a quoi bon...

    Quelqu un a t il fait un sondage sur l image qu on les « jeunesses » des vieux ? Parce que je crois aussi que le chiffre pourrait etre alarmant. Apres tout c est leur bilan que l on se prend dans la G...

    Eh vieux ! qui va payer ta retraite ? Qui veillera sur tes vieux jours ?
    Alors au lieu d avoir peur de nous, soutiens nous !
    Quand le monde par en C... ce n est pas que pour une classe d age !

    on ne t en veux pas mais aide nous a reparer tes conneries !

    Concernant la manipulation mediatique et politique de la peur, y a quelques trucs a comprendre
    le sansationnel fait vendre
    le premache s ingurgite mieux (plus de place pour Coca)
    avec l age (mais c est pas imperatif) les nuances de gris se voit moins bien... faut mieux que se soit tout noir ou tout blanc !

    Je crois que d ici peu les evenements aideront les generations a se resserrer ...nos problemes sont communs. reste a en avoir conscience.

    bon vent

    Le viking vert

  • Numerosix
    Numerosix répond à gafet
    Prisonnier dans le village (...)
    • Posté à 19h58 le 28/05/2009
    • Internaute
      Prisonnier dans le village (...)

    Bayrou, les jeunes, ils leurs fout des baffes !

  • Badboys
    • Posté à 23h43 le 28/05/2009
    • Internaute

    Finalement et à bien y réfléchir, je ne suis pas persuadé de l'inexorabilité du fossé intergénérationnel entre vieux et jeune décrit par cet article.

    En effet, la majorité des vieilles gens de notre pays possèdent des enfants et petits enfants qu'ils aiment et adorent et pour lesquels, ils sacrifient souvent beaucoup de leur amour et de leur force.

    Le véritable problème est la médiatisation à outrance et souvent mensongère des actes isolés de certains paumés de notre pays.

    L'autre véritable problème reste la connivence malsaine existante entre le pouvoir exécutif et les médias traditionnels qui trichent allègrement sur l'information diffusée auprès des personnes qui ne possèdent souvent pas d'autres moyens de s'informer que la télévision ou des journaux régionaux qui prennent un « malsain » plaisir à terroriser des électeurs âgés et bourrés de bonne volonté pour infléchir leur choix des urnes.

    Souvent la jeunesse comprend cette connivence et tend à rechercher l'information contradictoire pour éviter les influences et disposer d'avis divers et variés pour se forger une opinion qui soit la plus éclectique et indépendante possible.

    La méconnaissance des nouveaux moyens d'information (Internet) d'une part et la médiocrité des accès Internet dans les régions qui n'ont pas fait le choix de prioriser cette technologie d'avenir chez les personnes âgées en particulier d'autre part entraine aujourd'hui cette situation dramatique à un point insoupçonné et l'utilisation de la naïveté et de la dépendance de nos « vieux » par des médias traditionnels complices m'apparait absolument odieuse.

    A des fins de stratégie personnelle et individuelle, le pouvoir exécutif depuis mai 2007 ne fait pas preuve d'un comportement citoyen. Il se comporte comme ses patrons-voyou à vouloir s'attirer par des mensonges les voix des plus faibles pour atteindre des objectifs qui ne profitent pas à l'ensemble des citoyens français mais exclusivement à une caste d'oligarques qui m'apparait de jours en jours comme une imposture républicaine !

    Les mesures prises par sarko aujourd'hui vont entrainer des dommages collatéraux d'une gravité incontrôlable qui vont entrainer une suspicion intergénérationnelle que les citoyens français ne méritaient pas.

    Je suis désolé de cette situation, je suis tellement triste qu'on en arrive à cette extrémité.

    Favoriser une rivalité entre catégories socio-professionnelles, je veux bien, favoriser une rivalité entre les salariés bénéficiant des régimes généraux et régimes spéciaux, bon… passe encore puisque c'est la marque de fabrique du président et par voie de conséquence de son gouvernement, favoriser la rivalité entre citoyens des quartiers sensibles et citoyens des quartiers favorisés, je m'en fous puisque souvent les français vivent dans des quartiers hors des médias mais vraiment, favoriser un conflit intergénérationnel, j'estime que c'est la plus grande honte de cette drôle de république que l'empereur imposteur, grâce à certains médias traditionnels complices ont permis de légitimer et qui nous explose en pleine figure aujourd'hui, aux vues des décisions prises quotidiennement par des imposteurs de la République.

    Je suis dégouté parce que les personnes âgées méritent quand même plus de respect… Dans la qualité et la neutralité des informations qui leurs sont quotidiennement dispensées.

  • mémère solidaire
    • Posté à 23h52 le 28/05/2009
    • Internaute
      XX

    Et encore, si le livre vert que prépare Hirsch sur la jeunesse pouvait déboucher sur quelque chose de tangible et courageux pour les jeunes, ce serait toujours mieux que rien, mais jusqu'à présent, il s'agit essentiellement d'une opération « rideau de fumée » qui permet de maintenir les quelques institutions représentatives de la jeunesse hors de la rue jusqu'aux vacances.
    Les jeunes, les lycéens réclament depuis des années un service d'orientation scolaire digne de ce nom, pour vraiment les aider à construire leur avenir. Personne ne se souvient que c'est Sarkozy qui a permis que cela ne se fasse pas, lorsqu'il a capitulé devant les profs de la FSU en annulant la décentralisation des co-psys lorsqu'il était à l'Intérieur (et exfiltré pendant une semaine au ministère de l'Education pour sortir Ferry de la mouise et des manifs).
    (phase déprime totale : Les jeunes ils auront les prisons et c'est déjà beaucoup, non ? Et puis ça fait deux orientations scolaires possibles : prisonnier et gardien, alors de quoi ils se plaignent ? )
    Dégoutée

    Après c'est l'été, mais à la rentrée, ....

  • artman
    artman
    indépendant
    • Posté à 00h06 le 29/05/2009
    • Internaute
      indépendant

    Il est clair que c'est la politique prioritaire menée depuis plusieurs mois. Cela signe comme un abandon, une défaite. On sent là une course éperdue, une fuite en avant. Tout est orienté dans ce sens. La mise en exergue de la violence (manifestations, séquestrations, bandes), la mise à l'index des jeunes, pire des enfants ( ! ), l'amendement bidon de Lefebvre sur le travail à domicile pendant les arrêts de travail (censé flatter les plus réactionnaires, d'autant plus s'ils ne sont plus en activité). Tout cela pour effrayer puis rassurer les seniors, donc conforter leur vote.
    Le sondage que vous citez est celui des intentions de vote du 2ème tour en 2007. Le plus fiable est cependant celui de sortie des urnes : Lien
    61% des plus de 60 ans, 68% des plus de 70ans. Et c'est 1/3 de l'électorat...

    Il faut bien se rendre compte d'une chose : il s'agit là d'un élément central et essentiel de la vie politique aujourd'hui et demain. La population aura encore vieilli en 2012 (je veux dire que les seniors seront encore plus nombreux). Ce qui signifie que les jeunes pèseront de moins en moins électoralement au fil des années et que la droite UMP ne sera à priori plus battue par la gauche PS.

    D'où la réflexion majeure que nous devrions nous poser : la seule issue est celle qui consiste à ramener des électeurs « allergiques » à la gauche PS (comme il y a des « allergiques à la droite UMP, dont je suis), à les ramener donc vers un vote plus modéré. Et cette solution c'est un centre gauche ou centre droit qui réunira assez d'électeurs communs aux deux bords. A ce jour je n'en connais qu'un seul représentant, qui aurait d'ailleurs fait échouer NS s'il était arrivé au 2ème tour.

    Et si 2012 par malheur nous réservait un scénario semblable à celui de 2007, la déstructuration sociale causée par la politique de NS pourrait bien amener une nouvelle donne dans quelques années, sous la forme de tensions inter-générationnelles... Un conflit jeunes/vieux, mais nettement moins bon enfant que celui de 68. Celui-là, rappelez vous, a été “liquidé”...