Les journalistes Web n'aiment pas être qualifiés de « forçats de l'info » ou d'« OS de l'info ». Ils n'apprécient pas plus « Pakistanais du Web » ou « journalistes low-cost ». Quant à « poulets en batterie », ils détestent. Xavier Ternisien le sait désormais.
Depuis quelques jours, l'auteur de l'enquête retentissante du Monde sur les conditions de travail des journalistes en ligne occupe toutes les conversations des rédactions Internet, Rue89 compris.
Pour voir le diaporama des rédactions web en plein écran, cliquez ici
Un portrait effrayant du journaliste Web se dessine à la lecture de cet article. Les « forçats du Net » se sont étranglés à sa lecture. Sur leurs blogs, sur Facebook ou sur Twitter, plusieurs d'entre eux répondent à Xavier Ternisien.
Eric Mettout, L'Express.fr : « Et mon cul, c'est du poulet ? »
Eric Mettout, rédacteur en chef de L'Express.fr, a été le premier poulet en batterie à réagir. Le titre donne le ton : « Et mon cul (posé à côté du télescripteur), c'est du poulet, Xavier ? » :
« Quand Xavier Ternisien parle justement des conditions de travail ou des salaires dégradés des journalistes du Web, pourquoi ne les met-il pas en regard des conditions de travail ou des salaires dégradés des journalistes tout court ?
Quand Xavier Ternisien fait justement dire à Cécile Chalançon, de 20minutes.fr, que son travail de journaliste web ne s'arrête jamais, pourquoi ne dit-il pas que, par essence, c'est le cas, ou devrait l'être, de tous les journalistes ? »
Arnaud Aubron, Rue89 : « Pas abonnés à l'AFP »
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Autre réponse rapide, celle d'Arnaud Aubron, rédacteur en chef adjoint de notre volailler :
« Prenons, au hasard, parce que c'est l'exemple que je connais le mieux, Rue89. Premier point : nous ne sommes pas abonnés à l'AFP ni à aucune agence de presse. Confirmé ou pas, aucun journaliste de Rue89 n'est donc spécialisé dans la régurgitation de l'info des autres, qui est effectivement trop souvent la règle sur le Net.
Nous avons par ailleurs fait le choix délibéré de ne pas nous lancer dans la course à l'immédiateté, mais de privilégier l'enquête au long cours et l'exclusivité.
Loin d'être un “ poulet en batterie ”, chaque journaliste de la rédaction est encouragé à contre-enquêter et à vérifier soigneusement ses informations. Un pari exigeant, qui a un coût, mais qui ne nous semble pas discutable. »
Samuel Laurent, LeFigaro.fr : « Comme un localier »
Pour Samuel Laurent, esclave au Figaro.fr, le rythme de travail d'un journaliste en ligne ne diffère pas de celui de ses confrères :
« Bien sûr, ce n'est pas le paradis.
Oui, les horaires sont contraignants, les salaires pas terribles, oui, l'info ne s'arrête jamais, oui, il faut être capable d'écrire un article en vingt minutes, de tenir une permanence un weekend, de réactualiser l'article écrit plus tôt par un confrère, d'écrire sur tous les sujets…
Tout cela est vrai. En quoi est-ce différent du travail d'un localier de presse régionale qui réalise la maquette de “sa” page dans le journal, tient des permanences et réécrit des papiers de correspondants [et gagne moins que moi] ? (…)
Personnellement, j'y vois un gage de professionnalisme. Un journaliste qui ne se tiendrait pas au courant de l'actualité, qui raccrocherait son tablier une fois sorti de sa rédaction, ne serait-il pas en faute professionnelle ? »
Dans son article, Xavier Ternisien s'étonne également de ces nouveaux journalistes que nous sommes et pour qui « la tentation est grande, une fois rentré chez soi, de reprendre son papier, de l'actualiser, de lire les commentaires des internautes, de surfer sur le Net », ou du fait que nous mélangions vie professionnelle et vie personnelle.
Mélissa Bounoua, étudiante pigiste : « Mon truc, c'est plutôt le multimédia »
Une étudiante de Sciences-po, Mélissa Bounoua, a essayé de se reconnaître dans l'article du Monde. Avec un bilan moyennement concluant - elle est toutefois jeune, blafarde, mal payée et débordée :
« L'article de Xavier Ternisien a beau dresser des traits communs à certains, il ne se contente que de les descendre. Si on a envie de bosser plus, c'est notre problème non ?
Bâtonner de la dépêche ce n'est pas le boulot que nous voulons faire, c'est juste que les rédactions ne donnent pas assez de moyens au Web…
Rester à son bureau et écrire 5 articles par jour, ça revient moins cher, c'est un fait. Mais aucun de nous n'aime ça. Me trompe-je ? Moi, mon truc c'est plutôt le multimédia vous l'aurez compris. »
Pierre France, journaliste en PQR : « Publier plus » et pas mieux
Pierre France, forçat du Web lui aussi, estime que l'article du Monde soulève l'excellente question de l'utilisation trop paresseuse du Web :
« L'ennui, c'est que les possibles de l'Internet, pour l'instant, tout le monde s'en fout et que dans les hiérarchies des grands médias, on s'attache plutôt à “publier plus” qu'à “produire mieux”.
D'une part, parce que ça coûte moins cher et que ça rapporte plus (la plupart des sites Web sont adossés à l'audience) et d'autre part, parce qu'aux commandes de ces médias, les responsables n'ont bien souvent aucune idée de ce que peut être le journalisme sur l'Internet, voire ils s'en méfient.
Donc oui, Ternisien a raison, les rédactions Web, en France, aujourd'hui, c'est globalement l'usine à dépêches et il faut le dénoncer. »
Laurent Mauriac, Rue89 : « Une course à l'actu immédiate »
Laurent Mauriac, directeur général de Rue89 (et vendeur de T-shirt), revient lui aussi sur le risque d'uniformisation de l'information dans un article publié ce jeudi :
« Ne tombons pas dans les excès de l'article sur les forçats de l'info. Beaucoup de rédactions Web développent parallèlement un journalisme original et des innovations rédactionnelles.
“Mais reconnaissons que la norme est une course à l'actu immédiate, sans recul, qui est aussi une course au meilleur placement dans Google Actu.”
Low
blogging : “Tout un tas de rédac fort différentes”
Il apparait finalement que tous les avis se rejoignent. Sur low.blogging.fr, il est surtout reproché à Xavier Ternisien une approche méprisante, un peu vieille école, du Web :
“Sous le prétexte, fort honorable de nous défendre, nous, les précaires ‘Pakistanais du web’, Xavier Ternisien discrédite le journalisme Internet dans son ensemble, mettant dans un seul et même panier Rue89, Slate, Bakchich, Nouvelobs.com et tout un tas de rédac fort différentes (et oubliant de puissants sites comme LePost et nous, les people).”
Un débat et une association pour prolonger le débat
De cette polémique émergent des initiatives positives. Mélissa Bounoua propose un débat entre forçats. Sylvain Lapoix, journaliste à Marianne2, lance le Djiin, son association pour le Développement du journalisme, de l'information et de l'innovation numérique :
“Le Web est caricaturé par tous, y compris par les médias eux-même, comme un cloaque d'où se déverseraient les insultes, les rumeurs et où se déchaîneraient les plus bas instincts démagogiques…
Le Web doit être défendu comme un support à part entière et les journalistes qui y officient comme les professionnels de l'information qu'ils sont.
Internet contient de tout et les journalistes n'y sont pas moins soucieux de la déontologie et de l'information que leurs confrères.”
Mais surtout, l'expression “forçat de l'info” prend le chemin de l'expression culte. Si les journalistes Internet s'énervent de cette caricature, ils s'en amusent aussi beaucoup. Lu sur Twitter et Facebook :
- “Je m'étonne que Ségolene Royal n'ait pas encore demandé pardon aux Pakis du web pour @xternisien…”
- “Me demande comment les forçats de l'info trouvent le temps de discuter de leurs conditions de travail.. Trop de temps libre ? ”
Sur son blog, Sylvain Lapoix invite lui à “filer la métaphore ouvrière des journalistes Web asservis”. On trouve donc :
- les bagnards du link
- les poilus du 2.0
- les gueules noires du .fr
- Germinal sur ton iPhone
Eric Mettout, qui reconnaît s'être un peu emporté dans son premier billet, maintient son premier avis mais conclut :
“On s'est bien amusé ! ”
De notre côté, nous avons demandé à nos confrères forçats, qui ont presque tous accepté, de prendre en photo leur rédaction afin que vous jugiez par vous même de l'ambiance “poulets en batterie blafards”.
Le diaporama est au début de cet article, n'hésitez pas à commenter et à nous envoyer des photos de votre rédaction si nous avons oublié de vous solliciter.





















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De LeLapin
Infopigiste | 19H14 | 28/05/2009 |
Je suis journaliste depuis 1983, actuellement pigiste dans le sud-ouest. Je bosse aussi bien pour des supports papier que web. La principale différence c'est quand même le tarif !
Pour moi les conditions de boulot sont quasiment les mêmes, on est loin de quand je téléphonais mes comptes-rendus d'assises à chaud aux sténos d'un quotidien national ! D'ailleurs ça manque ; -)
On n'est pas plus soutier de l'info sur un support que sur un autre. C'est le métier qui veut ça. Personne ne nous oblige à le pratiquer. D'ailleurs, pour mettre du beurre dans les épinards, j'ai un deuxième métier dans les nouvelles technologies.
Pourtant, comme me l'avait préconisé feu un de mes rédacs-chef préférés, j'ai gardé tout ce temps le cul propre. Et j'en suis fier.
à LeLapin
De zénon denon 84
Bonne | 19H29 | 28/05/2009 |
Bravo !
à LeLapin
De Yvon le Zébulon
L'homme d'esprit n'est jamais seul ... | 11H18 | 29/05/2009 |
…et aussi le rouleau d'impression à l'encre violette et le stencil…
° Terminé tout ça !
Quelle nostalgie ?
La même nostalgie que ceux qui s'achètent la New Beattles alors qu'ils n'ont jamais connu la coccinelle de WW.
De AlexG2008
temporaire | 19H37 | 28/05/2009 |
Ce n'est que quand il n'y a plus assez à bouffer,
que les corbeaux se mettent à se prendre de bec.
Et… « Terni sien qui mal y pense ».
De Johan Weisz StreetReporters
journaliste | 19H51 | 28/05/2009 |
De manière assez surprenante, les bagnards 2.0 gardent carrément la banane, en comparaison avec les « en sursis » du papier :
Une étude de l'ONA (Online News Association) et du Pew Project
for Excellence in Journalism de mars montre que les journalistes qui travaillent pour des supports en ligne sur Internet sont carrément plus optimistes que leurs collègues des médias traditionnels… Les journalistes en ligne estiment qu'ils sont plus épargnés par les coupes claires opérées en 2008 dans les médias.
Plus d'infos se trouvent dans le dernier AFP-Media Watch consultable ici : http://www.mediawatch.afp.com/public/Microsoft_Word__AFP_MediaWatch_Prin…
; -)
De Iv
Roboticien utopiste | 20H29 | 28/05/2009 |
Il y a aussi le fait qu'en France, travailler sur le net c'est disposer d'une indépendance de parole que peu de média ont. Peut être pour pas très longtemps : on trouvera bien moyen de classer rue89 en site de pédopornographie, en violation de droit d'auteur, ou, plus probablement, en terrorisme ultra-gauche, mais en attendant, l'indépendance des sites Web donnent à tous leurs journalistes la liberté d'un Canard Enchaîné.
De celia.f
forçat de l'info | 20H48 | 28/05/2009 |
Bonjour, cet article ne me semble pas très équilibré. A rue89, les conditions de travail sont tout à fait différentes de celles des autres sites Internet puisque vous avez pour parti pris de ne pas « bâtoner de la dépêche », mais de produire du contenu propre. Vos journalistes écrivent un papier par jour en général. En revanche, se lever à 5h du matin pour passer des heures à réécrire vaguement des dépêches à la chaîne, sans sortir - comme le font la plupart des sites d'informations en continu- oui, cela peu être un peu lobotomisant, aliénant. Et la majorité des journalistes du web en souffrent aujourd'hui ( mais on trouvera toujours des gens pour s'accomoder d'une réalité, d'un « faute de mieux »…). La tyrannie du référencement google existe bien et personne ne saurait le nier. Il faut aller vite, pour être vite référencé en premier. La relecture ? La vérification de l'information ? Dans bien des sites, cela passe après. D'ailleurs dans certaines rédactions, on relit les papiers quand ils sont déjà en ligne, une fois, vite fait. Est-ce vraiment servir le lecteur, l'information ? Ou le ventre de Google et des patrons qui ne semblent pas très au courant de ce qui se passent dans leurs rédactions. Oui, l'article du Monde dit juste aussi sur la précarité. Il y a toujours eu et il y aura toujours des stagiaires, c'est une bonne chose. Cela participe de la formation professionnelle. Mais une rédaction exigente peut-elle fonctionner avec une moitié de stagiaires, dirigés par des journalistes qui sortent eux-mêmes d'école…Encore une fois, sert-on vraiment l'information de cette façon ?
Bien sûr, le oueb, ce n'est pas que ça. C'est aussi un monde de possibles, une formidable liberté, de ton, de style, de genre. Voilà pourquoi, nous, journalistes Internet, aimons notre travail. Voilà pourquoi nous ne sommes pas des « OS ». Nous sommes libres. Mais nous aimerions être encore un peu plus libres. Pouvoir proposer plus de papiers qui diffèrent de ce que disent les dépêches, même si cela demande plus de temps. Certaines rédactions comme Rue89 ont compris qu'elles feraient la différence en proposant des articles originaux, qui demandent un peu d'enquête (un peu plus que ce papier de Zineb). La discusion est ouverte. L'idée de donner la parole à tous les journalistes web lors d'un grand débat est intérressante. Et puis, si l'expérience est du côté du papier, l'avenir et les forces vives du côté du oueb, pourquoi ne pas collaborer un peu plus. (pourquoi ne pas rééquilibrer un peu les moyens aussi. Si le web est bien l'avenir du journalisme, comme on le dit, pourquoi les groupes de presse n'investissent-ils pas un peu plus dans leurs sites…) Tout le monde en sortirait gagnant, c'est sur.
à celia.f
De Zineb Dryef
(auteur)
Rue89 | 20H56 | 28/05/2009 |
Bonsoir,
Nous sommes d'accord sur l'excellente idée d'organiser un grand débat. Voilà un point positif pour l'enquête du Monde.
Plus sérieusement, personne à Rue89 ne remet en cause ce qu'écrit X.T au sujet de la précarité des jeunes journalistes ou du travail aliénant qui leur est proposé. Personnellement, je n'aspire pas non plus à réécrire des dépêches de 5h00 à 23h00.
Ceci étant, il est regrettable que cette enquête dérive dans le lieu commun « le web, c'est dégueu ». Les errances de certaines rédactions sont ici posées comme « ce qui se passe partout sur le web ». Ce qui est faux. Plusieurs rédactions web font le pari d'un journalisme sérieux, rigoureux et non suiviste.
Quant à cet article, il s'agit d'une revue de blogs, « ce qu'en disent les journalistes » et visiblement, ils goûtent peu à la caricature qui est faite du journaliste web. La plupart reconnaissent d'ailleurs que certains points soulevés sont justes. Il suffit de lire les posts qu'ils ont écrit ou même les extraits que je cite.
z.d
à Zineb Dryef
De celia.f
forçat de l'info | 21H10 | 28/05/2009 |
je reconnnais avoir été un peu dure avec cet article, revue de blog qui assume son angle. J'avais besoin de réaffirmer qu'il existe des réalités assez différentes sur le web, comme Ru89 l'a clairement dit. Or ceux qui vivent les réalités les plus difficiles - les plus précaires - risquent gros en l'ouvrant et ce n'est pas forcément eux qu'on risque d'entendre le plus, ni dans les journaux, ni sur les blogs. Bravo pour votre boulot par ailleurs !
De Florent Latrive
Journaliste | 00H16 | 29/05/2009 |
Zineb,
imaginez-vous un journaliste web s'estimant maltraité ou « OS de l'info » le raconter publiquement sur son blog ? C'est une des fonctions du journaliste de recueillir la parole anonyme de gens ne pouvant s'exprimer publiquement car ils prendraient trop de risques à le faire. C'est la limite de l'exercice de la « revue de blogs » pour rendre compte des réactions à l'article du Monde.
Que les médias « old school » portent un regard souvent délirant et méprisant sur les journalistes web, c'est un fait regrettable. Que les conditions sociales et professionnelles des journalistes en général se dégradent et que les rédactions web servent de laboratoire de la précarité, c'est un autre fait déplorable.
Plus que tout, il est aussi juste que l'immense majorité des rédactions web adossées à des médias « historiques » privilégient l'alerte (donc le batonnage rapide de dépêche pour donner l'info) sur l'enrichissement, comme l'a notamment relevé Arnaud Aubron chez vous.
Mais ne mélangeons pas tout : l'amélioration sociale ne viendra pas comme par magie des progrès éditoriaux. Les CDI ne tomberont pas du ciel parce que soudain, comme frappés par la grâce, toutes les rédactions web se mettront à privilégier l'enrichissement, l'enquête et l'analyse sur le copier/coller de dépêches. Les deux combats doivent se mener de front et j'estime pour ma part que l'amélioration des conditions sociales dans les rédactions web peuvent être un levier important de progrès éditorial : un journaliste en CDI peut plus facilement ouvrir sa gueule et défendre le sens et la noblesse de son métier, c'est l'effet magique du statut.
Négliger ce point, c'est encourager les clichés en vigueur dans l'esprit d'une majorité de la profession et répondre au mépris du « print » par la rage du web. C'est répondre au corporatisme par un autre corporatisme. Sans se rendre compte que -même au sein des rédactions web- il y a des statuts différents, des jeux de pouvoirs, des choix contraints. Des forcats du Net et des négriers du Net (conscients ou insconscients, dans les deux cas). Et terminer comme la rédaction du Post.fr par une photo tristement paternaliste où le rédac'chef pose, souriant et une fesse sur la table, devant sa brochette de rédacteurs-heureux-d'être-là.
La photo est ici, et elle me désespère : La rédaction du Post.fr.
PS : afin d'être transparent et de pratiquer le « d'où tu parles, camarade », voici une ultrabref CV : je suis CDI à la rédaction web de Libé, avec un titre de chef de service pour la partie audiovidéo. Et donc à ce titre plutôt négrier du Net.
à Florent Latrive
De Pascal Riché
7
Rue89 | 09H07 | 29/05/2009 |
Dans la photo du Post, tout est dans le regard enamouré de la jeune journaliste au second plan !
.
J'imagine que tu as pensé à d'autres images. Je t'avoue que moi aussi..
Car j'ai comme toi mauvais esprit (pardon les forçats du Post).
Je vous suggère donc une autre autre hypothèse plus rigolote. La bande du Post.fr s'est amusée à parodier une scène de « Dr House ».
De franc parleur
anarchieevangelique.wordpress.com | 20H38 | 28/05/2009 |
Sur le net comme partout, la majorité de ceux et celles par qui se « fait » l'actualité n'ont ni les moyens d'investigation et d'indépendance requis pour « rechercher la vérité » (leur but déclaré), ni les moyens… tout court, pour la plupart.
Les journalistes, dans leur écrasante majorité, écrivent de gré ou de force où la société leur dit d'écrire,
- sinon évidemment, il y a belle lurette que la société du spectacle se serait décomposée ;
et que certains livres explosifs radicalement passés sous silence seraient lus jusque dans les lycées,
voire même dans les églises !
Journalistes, vous DÉTENEZ la parole,
alors encore un effort svp
pour SERVIR la vérité.
___________________________________
Misère (et promesses) du journalisme actuel
http://anarchieevangelique.wordpress.com/2009/05/26/misere-et-promesses-…
De Raslacouette
. | 20H46 | 28/05/2009 |
« poulets en batterie blaffards »
He ! Ho ! Ternisien ! Tu les as regardé nos poulets(te)s ? Savoureux, goûteux, élevés en plein air, labellisés et contrôlés sans cesse par une équipe de riverains gourmets.
Jaloux, va !
à Raslacouette
De hershellgordon
21H01 | 28/05/2009 |
perso…des fois j'enrage…des fois je kiffe…mais ce ne sont pas des bénits

donc respect…
à hershellgordon
De Raslacouette
. | 21H18 | 28/05/2009 |
Ben oui, et puis ce qui est bien justement, c'est qu'on peut les engueuler ! Ils ont cet « atout », contrairement à la presse papier, d'avoir un retour direct de leur taf via leurs lecteurs.
Du coup, ils sont obligés de se questionner et d'avoir un regard critique sur ce qu'ils font (ou pas).
Le dédain affiché de ce Ternisien, considérant l'info web comme un sous-média n'est pas très fair-play, ni glorieux.
(La belle soirée not » morille ! )
à Raslacouette
De Yvon le Zébulon
L'homme d'esprit n'est jamais seul ... | 08H29 | 29/05/2009 |
Bonjour messieurs dames…je ne vous connaissaient pas.
Maintenant, j'essaie sur la photo de deviner qui est qui.
° A présent, allez, au boulot !
et défendez votre beefsteak !
De Numerosix
Prisonnier dans le village global | 21H15 | 28/05/2009 |
Ouah , le corporatisme à l'envers, les journalistes du net ..
Mais pas du tout ..on est heureux comme des fous ..nos conditions de travail sont formidables..nos bureaux sont modernes et lumineux ..nos dirigeants sont tous géniaux..Je suis bien mieux payés qu'au Petit Echo de Craponne sur Arzon..J'ai carte blanche pour faire de l'investigation pointue .. Merci , Patron..
hi, hi ..
à Numerosix
De Zineb Dryef
(auteur)
Rue89 | 21H23 | 28/05/2009 |
« Nouveaux médias », on vous a dit : )
De Thierry Soulard
Forçat de l'info accro au net | 22H02 | 28/05/2009 |
Perso, j'ai trouvé la levée de bouclier assez étonnante. Ok, y'a des mots durs dans l'article, mais tous sont censés être des citations, me semble t-il.
Pour le reste, Xavier Ternisien a fait une enquête globalement honnête. Il ne parle pas de la qualité des médias web, il parle des conditions de travail qui prédominent dans ces médias. Et il pose les bonnes questions, je trouve.
Certains journalistes web ne se sont pas reconnus dans le portrait. D'autres si : j'ai une copine qui a mailé l'article à tout ses contacts, avec en objet « A ceux qui se demandent encore ce que je fais comme métier… »
De dm69
Programmeur | 22H34 | 28/05/2009 |
Pas mieux. Je ne vois pas de mépris dans l'article, seulement une inquiétude quant à ce que l'on demande à ces jeunes journalistes. Plus de rapidité, plus de pression… Syndrome de Stockholm ?
C'est assez rigolo quand même, de constater que ces journalistes sont des gens comme les autres, ayant les mêmes réactions épidermiques quand on écrit sur eux que celles qu'ont leurs sujets, et qu'ils ne comprennent pas toujours. Paranoïa globale.
Quand j'étais photojournaliste il y a maintenant bien longtemps (10 ans : -) j'en avais déjà ras la casquette d'être pris à partie sans arrêt par des gens que j'avais eu le malheur d'inclure dans le cadre d'une image, sans qu'ils ne sachent précisément pourquoi ils y étaient opposés. Le problème, d'après ce que l'on me dit, a encore empiré depuis.
Bientôt, plus personne ne pourra écrire quoi que ce soit sur personne, ni en bien ni en mal, sans déclencher a priori des tirs de barrage. Plus d'images (c'est déjà bien engagé), plus d'interviews, plus rien.
Allez, j'exagère, mais bon, un peu de recul et de modération, que diable. Et franchement, le coup du « je ne vois pas pourquoi on m'empêcherait de travailler plus longtemps… » ça me fait beaucoup rire. Droit social à la carte pour tous ! Paiement des heures sup facultatif (oui, bon, c'est déjà comme ça).
Reparlons-en avec les mêmes dans 10 ou 15 ans.
Alez, il est tard, pépé va dormir.
De Pchaudard
Directeur de projet | 23H53 | 28/05/2009 |
Les réactions des journalistes à cet article me font sourire.
Ils sont étonnés, choqués, en désaccords, font remonter des inexactitudes, etc…
Mais je dirais que c'est le lot de la très grande majorité des articles de médias.
Sauf qu'ici l'expert dans le domaine est journaliste et non économiste, politique, sportif, etc…
Les réactions sont donc plus médiatisées.
Depuis longtemps je me dis que lorsqu'on connait un domaine, on est « étonné » des erreurs des journalistes.
Mais ce qui me perturbe le plus, ce sont les erreurs que l'on ne remarque pas, car on ne maitrise pas le sujet … et comme c'est le cas pour une très grande majorité des sujets, ça fait peur !
à Pchaudard
De Arnaud Aubron
Rue89 | 10H03 | 29/05/2009 |
Je vous l'accorde. Et c'est bien la raison pour laquelle nous accordons tant d'importance aux commentaires, auxquels nous tentons de répondondre et que nous sélectionnons amoureusement.
Ainsi, toute personne ne se reconnaissant pas dans un article de Rue89 est la bienvenue pour venir s'en expliquer, raconter d'autres aspects qui auraient échappé aux journalistes. Faisant de nos articles un work in progress à plusieurs mains.
Et depuis deux ans, vous ne vous privez pas de cette possibilité. C'est l'info qui en sort gagnante.
à Arnaud Aubron
De Pchaudard
Directeur de projet | 17H02 | 29/05/2009 |
Effectivement la notion de participation héritée des blogs est intéressante, car elle étoffe et peut faire évoluer l'article.
Mais cela est très théorique, car je ferais la même critique que pour un blog. Le rapport de force entre l'article et les commentaires est trop déséquilibré. Je préfère le principe des forums sur cet aspect là.
L'article et son auteur ont une place « trop » ( ? ) importante.
Les commentaires sont noyés entre eux par leur nombre.
Et l'anonymat permet parfois des réponses « médiocres », même si Rue 89 est plus épargné que d'autres sites jusqu'à maintenant.
Par contre, je n'ai pas de solution miracle pour qualifier les commentaires et rééquilibrer le rapport de force.
Pourquoi ne pas proposer une synthèse des échanges, comme une suite à l'article après un laps de temps d'échanges ? ?
De La Voix de son Maître
Pas dans la cuisse de Jupiter. | 00H29 | 29/05/2009 |
Comparer lePoint.fr et Rue89 n'a aucun sens du point de vue de la nature de leurs investigations respectives. L'info proposée n'est pas la même, les méthodes non plus. L'un répond à un soucis de vitesse et d'immédiateté, l'autre à un journalisme de fond et de proximité avec le lecteur, lui-même en interaction avec le journaliste.
Et didon, y sont classes les locaux de médipart, ça me donnerait presque envie d'être un poulet de batterie.
à La Voix de son Maître
De Arnaud Aubron
Rue89 | 10H04 | 29/05/2009 |
Je vous suis sur les locaux de Médiapart. Je les avais vus à la télé : très très classe.
De Oeillet rouge
rêve générale | 23H17 | 29/05/2009 |
J'ai arrêté le métier de journaliste à l'âge de 43 ans - 15 ans d'exercice - car je gagnais trois fois moins à la pige qu'en rédaction en CDI ou en CDD plusieurs années auparavant.
Mon parcours a été le suivant : j'ai travaillé en radio à Paris en CDI pendant 5 ans en début de carrière puis licenciement, puis en presse écrite (quotidien national, vulgarisation scientifique notamment) pendant 10 ans, nombreux CDD, et un peu en TV (CDD) en régions, parcours du combattant pour se faire une « place »… pour finir à la pige, payée au feuillet pour plusieurs supports papier…
J'ai entendu ce matin pour la première fois de ma vie sur France-Inter, une émission qui parlait de la condition des journalistes pigistes. Quel évènement ! En fait cette condition se dégrade depuis des années et beaucoup depuis sont allés rejoindre l'ANPE. La profession est gravement touchée par le chômage.
Un journaliste témoignait qu'il travaillait souvent aujourd'hui pour une rémunération ne dépassant pas 20 € le feuillet alors que quand j'ai arrêté en 2003, j'étais payée 40 à 45 € le feuillet (le problème est que je n'avais pas assez de feuillets dans le mois.)
Le problème du journaliste pigiste est qu'il est de moins en moins payé pour le temps d'enquête. Dans une rédaction, le temps de réflexion, de recherche et du croisement des informations est réellement pris en compte dans le salaire (le mien en CDI était de 7.000 Francs au départ (1988) et de 11.000 F à l'arrivée (1994).
(Environ 2.000 F de moins qu'un homme journaliste en moyenne).
Mais les jeunes ont une telle envie de parvenir à exercer ce métier que beaucoup acceptent des rémunérations à la baisse par rapport à leurs aînés de la part de patrons qui ne se gènent pas pour les précariser…
Je parle ici bien sûr des journalistes qui ne sont pas des présentateurs vedettes ou éditoralistes de grands journaux.
A la pige, les patrons de presse considèrent que c'est le temps de rédaction qui fait l'objet de la rémunération et pas le reste. Donc si vous voulez faire du bon boulot d'investigation, c'est à vos frais ! A ce compte-là, il arrive un moment où on fait ce métier sèrieusement pour des clopinettes ou des trognons de pommes si vous préférez.
En plus on n'a pas les avantages salariaux, d'ancienneté, sociaux et même professionnels (comme l'accès à certaines sources), etc… qu'ont les journalistes embauchés en CDI dans une rédaction, sans compter le suivi des dossiers qui est beaucoup plus difficile à la pige…
Bref pour moi, le vrai journalisme se fait dans une rédaction et avec des collègues avec qui discuter et échanger des informations et des idées, dans une émulation collective. La pige seul (ou seule) dans son coin et devant son ordi, c'est la mort.
Le journalisme est d'abord un travail de communication et de rencontres, l'écriture venant dans un second temps, témoignage de ce que nous avons vu, entendu, appris. Si cette alternance terrain/écriture est rompue, on ne peut plus vraiment parler à mon sens de journalisme. Je pense que cela est vrai pour tous les supports d'information.
De Gaël Monfils
Forçat du web | 01H53 | 29/05/2009 |
Eh bien s'il est un domaine dans lequel le web n'a rien à envier à la presse papier, c'est dans la rapidité du réflexe corporatiste… Les réactions promptes, biaisées et caricaturales qu'ont eu, entre autres, Rue89 et M. Mettout, m'ont laissé stupéfait.
Pour avoir bossé sur les sites web de plusieurs grands médias, c'est-à-dire ceux dont parle Ternisien, par opposition aux Bakchich, R89, Slate, etc., je peux vous dire que l'article du Monde est à peu près exactement conforme à ce que j'ai pu y vivre.
Pour l'anecdote, j'ai entendu dire qu'à RTL, on n'appelle pas les journalistes du web « les Pakistanais de l'info », mais plus simplement « les Chinois ». Encore mieux.
De FO le dire
Nantes | 06H05 | 29/05/2009 |
Très étonnée d'apprendre que la Rue c'est people, moi qui n'apprécie pas le people …
à FO le dire
De Arnaud Aubron
Rue89 | 10H16 | 29/05/2009 |
La Rue c'est people ? Que voulez-vous dire par là ?
De Yvon le Zébulon
L'homme d'esprit n'est jamais seul ... | 06H39 | 29/05/2009 |
Tout à fait naturel que ces gens de presse écrite vous jalousent…
car c'est bien de jalousie qu'il s'agit !
Vous au moins, journalistes du Web, ne fonctionnez pas avec l'épée de damoclès que constituerait un appel téléphonique d'un des sbires du pouvoir, car vous ne vous exposez pas en kiosques.
° Les chutes des ventes des quotidiens et de certains hebdo vous sont en partie imputable, et ces messieurs le savent bien !
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Persdonnellement, j'aimerais beaucoup travailler chez vous si j'en avais la compétence…mais en aucun cas je ne me sens tenté par une quelconque collaboration avec les collaborateurs du pouvoir.