Revue du web

Après l'article du Monde, les « forçats du Net » se rebellent

Les journalistes Web n'aiment pas être qualifiés de « forçats de l'info » ou d'« OS de l'info ». Ils n'apprécient pas plus « Pakistanais du Web » ou « journalistes low-cost ». Quant à « poulets en batterie », ils détestent. Xavier Ternisien le sait désormais.

Depuis quelques jours, l'auteur de l'enquête retentissante du Monde sur les conditions de travail des journalistes en ligne occupe toutes les conversations des rédactions Internet, Rue89 compris.

Pour voir le diaporama des rédactions web en plein écran, cliquez ici

Un portrait effrayant du journaliste Web se dessine à la lecture de cet article. Les « forçats du Net » se sont étranglés à sa lecture. Sur leurs blogs, sur Facebook ou sur Twitter, plusieurs d'entre eux répondent à Xavier Ternisien.

Eric Mettout, L'Express.fr : « Et mon cul, c'est du poulet ? »

Capture d'écran du blog d'Eric MettoutEric Mettout, rédacteur en chef de L'Express.fr, a été le premier poulet en batterie à réagir. Le titre donne le ton : « Et mon cul (posé à côté du télescripteur), c'est du poulet, Xavier ? » :

« Quand Xavier Ternisien parle justement des conditions de travail ou des salaires dégradés des journalistes du Web, pourquoi ne les met-il pas en regard des conditions de travail ou des salaires dégradés des journalistes tout court ?

Quand Xavier Ternisien fait justement dire à Cécile Chalançon, de 20minutes.fr, que son travail de journaliste web ne s'arrête jamais, pourquoi ne dit-il pas que, par essence, c'est le cas, ou devrait l'être, de tous les journalistes ? »

Arnaud Aubron, Rue89 : « Pas abonnés à l'AFP »

Pour en sourire,
un T-shirt Rue89

Après le T-shirt « Casse-toi pauv'con », le caleçon « Je suis Camille » et le mug « Promis à 50 ans, je n'aurai pas de Rolex », la boutique Rue89 accueille de nouveaux objets bientôt culte, pour les forçats de l'info ou ceux qui veulent les soutenir.

Une manière de répondre avec le sourire à l'enquête du Monde… tout en gagnant quelques euros : les journalistes de Rue89 ne sont pas des forçats et ne veulent pas le devenir. Y.G.

La boutique officielle Rue89

Autre réponse rapide, celle d'Arnaud Aubron, rédacteur en chef adjoint de notre volailler :

« Prenons, au hasard, parce que c'est l'exemple que je connais le mieux, Rue89. Premier point : nous ne sommes pas abonnés à l'AFP ni à aucune agence de presse. Confirmé ou pas, aucun journaliste de Rue89 n'est donc spécialisé dans la régurgitation de l'info des autres, qui est effectivement trop souvent la règle sur le Net.

Nous avons par ailleurs fait le choix délibéré de ne pas nous lancer dans la course à l'immédiateté, mais de privilégier l'enquête au long cours et l'exclusivité.

Loin d'être un “ poulet en batterie ”, chaque journaliste de la rédaction est encouragé à contre-enquêter et à vérifier soigneusement ses informations. Un pari exigeant, qui a un coût, mais qui ne nous semble pas discutable. »

Samuel Laurent, LeFigaro.fr : « Comme un localier »

Pour Samuel Laurent, esclave au Figaro.fr, le rythme de travail d'un journaliste en ligne ne diffère pas de celui de ses confrères :

« Bien sûr, ce n'est pas le paradis.

Oui, les horaires sont contraignants, les salaires pas terribles, oui, l'info ne s'arrête jamais, oui, il faut être capable d'écrire un article en vingt minutes, de tenir une permanence un weekend, de réactualiser l'article écrit plus tôt par un confrère, d'écrire sur tous les sujets…

Tout cela est vrai. En quoi est-ce différent du travail d'un localier de presse régionale qui réalise la maquette de “sa” page dans le journal, tient des permanences et réécrit des papiers de correspondants [et gagne moins que moi] ? (…)

Personnellement, j'y vois un gage de professionnalisme. Un journaliste qui ne se tiendrait pas au courant de l'actualité, qui raccrocherait son tablier une fois sorti de sa rédaction, ne serait-il pas en faute professionnelle ? »

Dans son article, Xavier Ternisien s'étonne également de ces nouveaux journalistes que nous sommes et pour qui « la tentation est grande, une fois rentré chez soi, de reprendre son papier, de l'actualiser, de lire les commentaires des internautes, de surfer sur le Net », ou du fait que nous mélangions vie professionnelle et vie personnelle.

Mélissa Bounoua, étudiante pigiste : « Mon truc, c'est plutôt le multimédia »

Une étudiante de Sciences-po, Mélissa Bounoua, a essayé de se reconnaître dans l'article du Monde. Avec un bilan moyennement concluant - elle est toutefois jeune, blafarde, mal payée et débordée :

« L'article de Xavier Ternisien a beau dresser des traits communs à certains, il ne se contente que de les descendre. Si on a envie de bosser plus, c'est notre problème non ?

Bâtonner de la dépêche ce n'est pas le boulot que nous voulons faire, c'est juste que les rédactions ne donnent pas assez de moyens au Web…

Rester à son bureau et écrire 5 articles par jour, ça revient moins cher, c'est un fait. Mais aucun de nous n'aime ça. Me trompe-je ? Moi, mon truc c'est plutôt le multimédia vous l'aurez compris. »

Pierre France, journaliste en PQR : « Publier plus » et pas mieux

Capture d'écrant du blog "On est mal", de Pierre FrancePierre France, forçat du Web lui aussi, estime que l'article du Monde soulève l'excellente question de l'utilisation trop paresseuse du Web :

« L'ennui, c'est que les possibles de l'Internet, pour l'instant, tout le monde s'en fout et que dans les hiérarchies des grands médias, on s'attache plutôt à “publier plus” qu'à “produire mieux”.

D'une part, parce que ça coûte moins cher et que ça rapporte plus (la plupart des sites Web sont adossés à l'audience) et d'autre part, parce qu'aux commandes de ces médias, les responsables n'ont bien souvent aucune idée de ce que peut être le journalisme sur l'Internet, voire ils s'en méfient.

Donc oui, Ternisien a raison, les rédactions Web, en France, aujourd'hui, c'est globalement l'usine à dépêches et il faut le dénoncer. »

Laurent Mauriac, Rue89 : « Une course à l'actu immédiate »

Laurent Mauriac, directeur général de Rue89 (et vendeur de T-shirt), revient lui aussi sur le risque d'uniformisation de l'information dans un article publié ce jeudi :

« Ne tombons pas dans les excès de l'article sur les forçats de l'info. Beaucoup de rédactions Web développent parallèlement un journalisme original et des innovations rédactionnelles.

“Mais reconnaissons que la norme est une course à l'actu immédiate, sans recul, qui est aussi une course au meilleur placement dans Google Actu.”

Low Capture d'écran de Low Bloggingblogging : “Tout un tas de rédac fort différentes”

Il apparait finalement que tous les avis se rejoignent. Sur low.blogging.fr, il est surtout reproché à Xavier Ternisien une approche méprisante, un peu vieille école, du Web :

“Sous le prétexte, fort honorable de nous défendre, nous, les précaires ‘Pakistanais du web’, Xavier Ternisien discrédite le journalisme Internet dans son ensemble, mettant dans un seul et même panier Rue89, Slate, Bakchich, Nouvelobs.com et tout un tas de rédac fort différentes (et oubliant de puissants sites comme LePost et nous, les people).”

Un débat et une association pour prolonger le débat

De cette polémique émergent des initiatives positives. Mélissa Bounoua propose un débat entre forçats. Sylvain Lapoix, journaliste à Marianne2, lance le Djiin, son association pour le Développement du journalisme, de l'information et de l'innovation numérique :

“Le Web est caricaturé par tous, y compris par les médias eux-même, comme un cloaque d'où se déverseraient les insultes, les rumeurs et où se déchaîneraient les plus bas instincts démagogiques…

Le Web doit être défendu comme un support à part entière et les journalistes qui y officient comme les professionnels de l'information qu'ils sont.

Internet contient de tout et les journalistes n'y sont pas moins soucieux de la déontologie et de l'information que leurs confrères.”

Mais surtout, l'expression “forçat de l'info” prend le chemin de l'expression culte. Si les journalistes Internet s'énervent de cette caricature, ils s'en amusent aussi beaucoup. Lu sur Twitter et Facebook :

  • “Je m'étonne que Ségolene Royal n'ait pas encore demandé pardon aux Pakis du web pour @xternisien…”
  • “Me demande comment les forçats de l'info trouvent le temps de discuter de leurs conditions de travail.. Trop de temps libre ? ”

Sur son blog, Sylvain Lapoix invite lui à “filer la métaphore ouvrière des journalistes Web asservis”. On trouve donc :

  • les bagnards du link
  • les poilus du 2.0
  • les gueules noires du .fr
  • Germinal sur ton iPhone

Eric Mettout, qui reconnaît s'être un peu emporté dans son premier billet, maintient son premier avis mais conclut :

“On s'est bien amusé ! ”

De notre côté, nous avons demandé à nos confrères forçats, qui ont presque tous accepté, de prendre en photo leur rédaction afin que vous jugiez par vous même de l'ambiance “poulets en batterie blafards”.

Le diaporama est au début de cet article, n'hésitez pas à commenter et à nous envoyer des photos de votre rédaction si nous avons oublié de vous solliciter.

9 commentaires sélectionnés

Portrait de LeLapin

De LeLapin

Infopigiste | 19H14 | 28/05/2009 | Permalien

Je suis journaliste depuis 1983, actuellement pigiste dans le sud-ouest. Je bosse aussi bien pour des supports papier que web. La principale différence c'est quand même le tarif !
Pour moi les conditions de boulot sont quasiment les mêmes, on est loin de quand je téléphonais mes comptes-rendus d'assises à chaud aux sténos d'un quotidien national ! D'ailleurs ça manque ; -)
On n'est pas plus soutier de l'info sur un support que sur un autre. C'est le métier qui veut ça. Personne ne nous oblige à le pratiquer. D'ailleurs, pour mettre du beurre dans les épinards, j'ai un deuxième métier dans les nouvelles technologies.
Pourtant, comme me l'avait préconisé feu un de mes rédacs-chef préférés, j'ai gardé tout ce temps le cul propre. Et j'en suis fier.

Portrait de Johan Weisz StreetReporters

De Johan Weisz StreetReporters

journaliste | 19H51 | 28/05/2009 | Permalien

De manière assez surprenante, les bagnards 2.0 gardent carrément la banane, en comparaison avec les « en sursis » du papier :
Une étude de l'ONA (Online News Association) et du Pew Project
for Excellence in Journalism de mars montre que les journalistes qui travaillent pour des supports en ligne sur Internet sont carrément plus optimistes que leurs collègues des médias traditionnels… Les journalistes en ligne estiment qu'ils sont plus épargnés par les coupes claires opérées en 2008 dans les médias.
Plus d'infos se trouvent dans le dernier AFP-Media Watch consultable ici : http://www.mediawatch.afp.com/public/Microsoft_Word__AFP_MediaWatch_Prin…
 ; -)

Portrait de celia.f

De celia.f

forçat de l'info | 20H48 | 28/05/2009 | Permalien

Bonjour, cet article ne me semble pas très équilibré. A rue89, les conditions de travail sont tout à fait différentes de celles des autres sites Internet puisque vous avez pour parti pris de ne pas « bâtoner de la dépêche », mais de produire du contenu propre. Vos journalistes écrivent un papier par jour en général. En revanche, se lever à 5h du matin pour passer des heures à réécrire vaguement des dépêches à la chaîne, sans sortir - comme le font la plupart des sites d'informations en continu- oui, cela peu être un peu lobotomisant, aliénant. Et la majorité des journalistes du web en souffrent aujourd'hui ( mais on trouvera toujours des gens pour s'accomoder d'une réalité, d'un « faute de mieux »…). La tyrannie du référencement google existe bien et personne ne saurait le nier. Il faut aller vite, pour être vite référencé en premier. La relecture ? La vérification de l'information ? Dans bien des sites, cela passe après. D'ailleurs dans certaines rédactions, on relit les papiers quand ils sont déjà en ligne, une fois, vite fait. Est-ce vraiment servir le lecteur, l'information ? Ou le ventre de Google et des patrons qui ne semblent pas très au courant de ce qui se passent dans leurs rédactions. Oui, l'article du Monde dit juste aussi sur la précarité. Il y a toujours eu et il y aura toujours des stagiaires, c'est une bonne chose. Cela participe de la formation professionnelle. Mais une rédaction exigente peut-elle fonctionner avec une moitié de stagiaires, dirigés par des journalistes qui sortent eux-mêmes d'école…Encore une fois, sert-on vraiment l'information de cette façon ?
Bien sûr, le oueb, ce n'est pas que ça. C'est aussi un monde de possibles, une formidable liberté, de ton, de style, de genre. Voilà pourquoi, nous, journalistes Internet, aimons notre travail. Voilà pourquoi nous ne sommes pas des « OS ». Nous sommes libres. Mais nous aimerions être encore un peu plus libres. Pouvoir proposer plus de papiers qui diffèrent de ce que disent les dépêches, même si cela demande plus de temps. Certaines rédactions comme Rue89 ont compris qu'elles feraient la différence en proposant des articles originaux, qui demandent un peu d'enquête (un peu plus que ce papier de Zineb). La discusion est ouverte. L'idée de donner la parole à tous les journalistes web lors d'un grand débat est intérressante. Et puis, si l'expérience est du côté du papier, l'avenir et les forces vives du côté du oueb, pourquoi ne pas collaborer un peu plus. (pourquoi ne pas rééquilibrer un peu les moyens aussi. Si le web est bien l'avenir du journalisme, comme on le dit, pourquoi les groupes de presse n'investissent-ils pas un peu plus dans leurs sites…) Tout le monde en sortirait gagnant, c'est sur.

Portrait de Thierry Soulard

De Thierry Soulard

Forçat de l'info accro au net | 22H02 | 28/05/2009 | Permalien

Perso, j'ai trouvé la levée de bouclier assez étonnante. Ok, y'a des mots durs dans l'article, mais tous sont censés être des citations, me semble t-il.

Pour le reste, Xavier Ternisien a fait une enquête globalement honnête. Il ne parle pas de la qualité des médias web, il parle des conditions de travail qui prédominent dans ces médias. Et il pose les bonnes questions, je trouve.

Certains journalistes web ne se sont pas reconnus dans le portrait. D'autres si : j'ai une copine qui a mailé l'article à tout ses contacts, avec en objet « A ceux qui se demandent encore ce que je fais comme métier… »

Portrait de dm69

De dm69

Programmeur | 22H34 | 28/05/2009 | Permalien

Pas mieux. Je ne vois pas de mépris dans l'article, seulement une inquiétude quant à ce que l'on demande à ces jeunes journalistes. Plus de rapidité, plus de pression… Syndrome de Stockholm ?
C'est assez rigolo quand même, de constater que ces journalistes sont des gens comme les autres, ayant les mêmes réactions épidermiques quand on écrit sur eux que celles qu'ont leurs sujets, et qu'ils ne comprennent pas toujours. Paranoïa globale.
Quand j'étais photojournaliste il y a maintenant bien longtemps (10 ans : -) j'en avais déjà ras la casquette d'être pris à partie sans arrêt par des gens que j'avais eu le malheur d'inclure dans le cadre d'une image, sans qu'ils ne sachent précisément pourquoi ils y étaient opposés. Le problème, d'après ce que l'on me dit, a encore empiré depuis.
Bientôt, plus personne ne pourra écrire quoi que ce soit sur personne, ni en bien ni en mal, sans déclencher a priori des tirs de barrage. Plus d'images (c'est déjà bien engagé), plus d'interviews, plus rien.
Allez, j'exagère, mais bon, un peu de recul et de modération, que diable. Et franchement, le coup du « je ne vois pas pourquoi on m'empêcherait de travailler plus longtemps… » ça me fait beaucoup rire. Droit social à la carte pour tous ! Paiement des heures sup facultatif (oui, bon, c'est déjà comme ça).
Reparlons-en avec les mêmes dans 10 ou 15 ans.
Alez, il est tard, pépé va dormir.

Portrait de Florent Latrive

De Florent Latrive

Journaliste | 00H16 | 29/05/2009 | Permalien

Zineb,

imaginez-vous un journaliste web s'estimant maltraité ou « OS de l'info » le raconter publiquement sur son blog ? C'est une des fonctions du journaliste de recueillir la parole anonyme de gens ne pouvant s'exprimer publiquement car ils prendraient trop de risques à le faire. C'est la limite de l'exercice de la « revue de blogs » pour rendre compte des réactions à l'article du Monde.

Que les médias « old school » portent un regard souvent délirant et méprisant sur les journalistes web, c'est un fait regrettable. Que les conditions sociales et professionnelles des journalistes en général se dégradent et que les rédactions web servent de laboratoire de la précarité, c'est un autre fait déplorable.

Plus que tout, il est aussi juste que l'immense majorité des rédactions web adossées à des médias « historiques » privilégient l'alerte (donc le batonnage rapide de dépêche pour donner l'info) sur l'enrichissement, comme l'a notamment relevé Arnaud Aubron chez vous.

Mais ne mélangeons pas tout : l'amélioration sociale ne viendra pas comme par magie des progrès éditoriaux. Les CDI ne tomberont pas du ciel parce que soudain, comme frappés par la grâce, toutes les rédactions web se mettront à privilégier l'enrichissement, l'enquête et l'analyse sur le copier/coller de dépêches. Les deux combats doivent se mener de front et j'estime pour ma part que l'amélioration des conditions sociales dans les rédactions web peuvent être un levier important de progrès éditorial : un journaliste en CDI peut plus facilement ouvrir sa gueule et défendre le sens et la noblesse de son métier, c'est l'effet magique du statut.

Négliger ce point, c'est encourager les clichés en vigueur dans l'esprit d'une majorité de la profession et répondre au mépris du « print » par la rage du web. C'est répondre au corporatisme par un autre corporatisme. Sans se rendre compte que -même au sein des rédactions web- il y a des statuts différents, des jeux de pouvoirs, des choix contraints. Des forcats du Net et des négriers du Net (conscients ou insconscients, dans les deux cas). Et terminer comme la rédaction du Post.fr par une photo tristement paternaliste où le rédac'chef pose, souriant et une fesse sur la table, devant sa brochette de rédacteurs-heureux-d'être-là.

La photo est ici, et elle me désespère : La rédaction du Post.fr.

PS : afin d'être transparent et de pratiquer le « d'où tu parles, camarade », voici une ultrabref CV : je suis CDI à la rédaction web de Libé, avec un titre de chef de service pour la partie audiovidéo. Et donc à ce titre plutôt négrier du Net.

Portrait de Gaël Monfils

De Gaël Monfils

Forçat du web | 01H53 | 29/05/2009 | Permalien

Eh bien s'il est un domaine dans lequel le web n'a rien à envier à la presse papier, c'est dans la rapidité du réflexe corporatiste… Les réactions promptes, biaisées et caricaturales qu'ont eu, entre autres, Rue89 et M. Mettout, m'ont laissé stupéfait.

Pour avoir bossé sur les sites web de plusieurs grands médias, c'est-à-dire ceux dont parle Ternisien, par opposition aux Bakchich, R89, Slate, etc., je peux vous dire que l'article du Monde est à peu près exactement conforme à ce que j'ai pu y vivre.

Pour l'anecdote, j'ai entendu dire qu'à RTL, on n'appelle pas les journalistes du web « les Pakistanais de l'info », mais plus simplement « les Chinois ». Encore mieux.

Portrait de clarka

De clarka

journaliste | 10H15 | 29/05/2009 | Permalien

Je suis étonnée de la réaction de Rue 89, toujours prompt à dénoncer les dysfonctionnements.Moi même journaliste Web, je suis satisfaite de l'article « les forçats de l'info » qui retrace parfaitement mon quotidien. L'auteur n'accuse en aucun cas le web en général mais les grands titres papiers qui se sont déclinés sur internet. Allez-faire un tour sur le site nouvelobs, express, etc…et vous constaterez que les articles sont similaires puisqu'il s'agit de depeches AFP arrangées. Il n'ya aucun enrichissement puisque nous n'avons pas le temps de prendre des contacts, de faire des itw..Ce qui compte c'est la rapidité…Quant à la bonne parole d'Eric Mettout qu veut nous faire croire qu'un journaliste vit son métier jour et nuit, il faut arrêter de tout confondre : c'est certes vrai pour les reporters, les chroniqueurs mais certainement pas pour les journalistes comme moi qui faisons du copier-coller à longueur de journée et qui ne suivons aucun sujet.
Je trouve vraiment dommage la réaction teintée de corporatisme de plusieurs medias qui ne supportent pas qu'on regarde ce qui se passe chez. Car si être journaliste web pour un canard n'est certainement pas la panacée en terme d'épanouissement professionel (pour ma part, je ne vois pas en quoi je suis journaliste d'ailleurs), une autre question se pose : avec ce fonctionnement du journaiste sédentaire et geek, quelles informations donnons-nous aux lecteurs ? Demandez autour de vous ce qu'ils pensent de la presse même web aujourd'hui…

Portrait de Noëlle Réal

De Noëlle Réal

Avignews.com | 10H55 | 29/05/2009 | Permalien

C'est vrai, on bosse dans un grenier sous les toits d'un hôtel particulier en plein Avignon.

C'est vrai, nos journées sont longues mais pas plus que nos copains fait-diversiers du quotidien, au 2e étage, qui effectivement font leur page.

C'est vrai, on nous demande de faire de la vidéo, d'écrire, de prendre des photos mais après tout, tout ça c'est de l'info.

C'est vrai, on n'est pas super biens payés mais pas sous payés non plus.

C'est vrai, on aimerait être plus nombreux pour aller plus sur le terrain et être moins derrière nos écrans mais on a conscience aussi qu'un média émergeant se construit peu à peu.

Par contre, c'est pas vrai qu'on est blafards. Perso, je suis déjà bronzée mais ça, c'est le Sud.

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