Comment raconter l'histoire des Pink Floyd, un des groupes anglais les plus célèbres du monde ? La tâche est ardue, et très délicate, d'autant plus que lorsqu'on dit « Pink Floyd », le non averti pense « The Wall ».
Cette œuvre à l'esthétique très forte et à la musique indélébile, a marqué au fer rouge la pop du début des années 80. L'Anglais Mark Blake, journaliste pour Mojo et Q, également auteur d'ouvrage sur Dylan et sur le punk, a décidé que la langue de bois n'était pas la meilleure pour décrire le phénomène Pink Floyd. Qu'il fallait se positionner coûte que coûte afin de ne pas se faire dévorer par ce groupe… comme un certain Syd Barrett l'avait fait, quelques décennies auparavant. Il s'agit ici de revenir aux sources du groupe pour mieux comprendre comment l'autorité a pu engendrer le meilleur comme le pire.
C'est à Cambridge, ville natale de Roger dit Syd Barrett, David Gilmour et Roger Waters que tout commence. L'aura universitaire de la ville met insidieusement la pression aux jeunes hommes, qui ont pour point commun un manque flagrant de présence paternelle. A la fin d'une scolarité plus ou moins réussie, chacun s'oriente comme il le peut, avec plus ou moins de conviction. Pink Floyd naît réellement en 1965, à la principale initiative de Barrett qui rejoint le groupe de Waters -et qui n'est pas un féru de flamants roses mais plutôt de musiciens de blues comme Pink Anderson et Floyd Council.
« The Piper at the Gates of Dawn » est publié en 1967, et s'impose instantanément comme une référence de musique expérimentale psychédélique. Mais la dépression profonde dans laquelle sombre Syd Barrett, due entre autres à l'abus d'acides, contribue à le rendre impossible à suivre. C'est là qu'intervient le sympathique Gilmour, appelé à la rescousse pour seconder puis remplacer son ami Barrett à la guitare, alors que celui-ci se détourne peu à peu du groupe. Jusqu'à ce qu'arrive l'irréparable -ce que Gilmour et Waters auront beaucoup de mal à oublier. Un beau soir où elle part se produire en concert, la petite équipe « oublie » d'aller chercher Syd Barrett.
Cette époque, qui ne concerne que trois années, est fondamentale. Toute l'histoire des Pink Floyd se lit à travers ce prisme. Cela, Blake l'a bien compris, et y consacre plus d'un tiers de son ouvrage. Car la culpabilité engendrée par l'exclusion, aussi nécessaire soit-elle, d'un génie tel que Barrett a rongé ses deux compatriotes de Cambridge. Cette souffrance, fortement ressentie chez Waters comme chez Gilmour, n'arrive pas à être partagée, et devient une arme dans les conflits d'autorité qui les opposeront durant les longues années à venir, les faisant se disputer le trône vacant de Barrett.
L'indicible « Atom Heart Mother » (1970), le fameux album à la vache, bouleverse toutes les données du rock. Lorsque « Dark Side Of The Moon » apparaît en 1973, le monde est prêt à recevoir le psychédélisme tantôt contemplatif, tantôt agressif, de Pink Floyd. Mais Waters détient un contrôle oppressant, Gilmour a du mal à imposer ses inspirations. Quant à Mason et Wright, ils ont renoncé à s'exprimer du point de vue créatif, tant le duel au sommet les épuise nerveusement. « Wish You Were Here » (1975) traduit ce malaise, avec le morceau éponyme évoquant clairement la difficulté des relations humaines, sans oublier le lyrique « Shine On You Crazy Diamond » dédié à un Syd Barrett définitivement terré à Cambridge. « Animals » (1977), ponctué de références à Orwell, donne la parole aux orientations anti-capitalistes de Waters, tandis que ses camarades l'accusent d'hypocrisie.
« On ne doit jamais abandonner. Il faut continuer à se battre, sinon on est fini », déclare Waters. Cette volonté de survie, cette soif de réussite et de revanche sociale, alliées à son incontestable génie, lui ont permis de faire de Pink Floyd ce qu'il est encore aujourd'hui : un groupe élémentaire du XXe siècle, sans qui beaucoup de groupes n'existeraient pas. Mais cette furieuse ténacité est aussi ce qui a provoqué la perte de vitesse de la formation, produit d'une époque bien définie qu'il n'a pas pu (ou su) dépasser. Et d'un drame dominé par le fantôme de Barrett. Les fantômes ne font jamais bon ménage avec la réussite.
Le sous-titre qu'a a choisi Blake, « L'Histoire cachée des Pink Floyd », est parfaitement justifié. Il éclaire tous les points obscurs et il y en a beaucoup. Cependant, au-delà de l'échec de l'amitié, ce n'est qu'avec le dernier des survivants que Pink Floyd disparaîtra.
► Pigs Might Fly - L'histoire cachée des Pink Floyd - Mark Blake - Ed. Tournon - 518p, 29 euros.
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De freakfeatherfall
back to the primitive - fuck all yo... | 16H58 | 26/05/2009 |
« Cette œuvre à l'esthétique très forte et à la musique indélébile, a marqué au fer rouge la pop du début des années 80 »
oui pink floyd c'est génial
mais alors la pop des années 80, quelle catastrophe…
à freakfeatherfall
De Jean-François@Carenton
06H44 | 30/05/2009 |
Sauf que, pas de bol, Pink Floyd c'est surtout le rock des années 70. Ça tient en 3..4 disques. Après, Money, tout ça, c'est un peu la planche à billets, un autre monde. Je suis resté dans celui d'avant.
De Charles Mouloud
Bras gauche de la Vénus de Millau | 17H00 | 26/05/2009 |
Syd Barrett s'est bien cramé en traversant Abbey Road.
De Chabalou
sauf erreur, je ne me trompe jamais... | 17H18 | 26/05/2009 |
bref, rien de bien nouveau derrière la « face cachée de la lune » ou « derrière le mur »…
Un peu d » « échos » pour informer peut être…
Mais n'oublions pas que « l'argent est un crime » et « un de ces jours……………. »
De El Picador
Revolutionnaire passif | 17H26 | 26/05/2009 |
Ahhhh le Floyd..
Croisement improbable entre psychédelisme et recherche d'architecture sonore..
Précurseurs, créateurs, prophètes, génies d'un XXeme siècle qui a atteint les sommets de la grâce (musicalement j'entends) avant de retomber comme un cake mal cuit dans le cloaque débilisant des années 80 (genre Indochine, euaaark).
J'ai 30 ans. Je suis nostalgique d'une époque que je n'ai pas connu..
C'est grave docteur ? ?
à El Picador
De framboise.
incognitotte | 20H59 | 26/05/2009 |
Ce n'est pas grave ! LOL
Sache que j'étais amoureuse de David Gilmour, et de Neil Young, de Hendrix, de Clapton, de Caravan, de Santana,Zappa, Higelin, et la Country… etc….
C'était assez grave aussi. Un véritable plaisir !
Tu es simplement amoureux de la MUSIQUE et ça fait du bien
à framboise.
De gévaudanais
si, finalement, criera au loup | 21H12 | 26/05/2009 |
Bonjour Framboise,
En lisant un peu plus les commentaires, je vois que Caravan est dans votre liste. Je les ai connus par « in the land of grey and pink » et les ai vus trois fois dont la première à Clermont Fd, on devait être un quinzaine dans l'amphi, trois heures de folie, pour moi le meilleur reste « For girls who grow plump in the night », in the land est ma madeleine de Proust.
à gévaudanais
De framboise.
incognitotte | 21H27 | 26/05/2009 |
Quel plaisir, franchemment, cet échange est agréable !
J'ai écouté cet album grâce à un ami écossais dans les années 70(5 ? ) et j'écoute ces vinyls encore autant de contentement et de frissons que la première fois ! (quand j'ai du temps)
Belle pochette, de surcroît !
@ plus ….
à framboise.
De framboise.
incognitotte | 21H29 | 26/05/2009 |
Tu as dû passer un moment de choix !
Cette musique est intemporelle , fluide, sensuellle !
à framboise.
De Jean-François@Carenton
08H39 | 30/05/2009 |
Et là, évidemment, tout le monde passe à côté de Soft Machine (l'album Third, le monument indépassable de notre temps). Mais je reconnais que Caravan (For Richard ! ) en live sur Pop 2 avec Patrice Blanc-Francard, en noir et blanc, ça marque une vie. A l'époque, il y avait 2 mondes totalement étanches ; les « Best » (Status Quo, etc..) et « Rock & Folk » avec les éditos de Philippe Garnier. Choisit ton camp camarade : on n'avait rien à se dire.
» Le succès même du surréalisme est pour beaucoup dans le fait que l'idéologie de cette société, dans sa face la plus moderne, a renoncé à une stricte hiérarchie des valeurs factices, mais se sert à son tour ouvertement de l'irrationnel, et des survivances surréalistes par la même occasion. »
Rapport sur la construction des situations, juin 1957.
Putain, 1/2 siècle.
Un dernier, pour la route : « L'évasion dans la littérature et l'art, la surestimation de l'importance de ces activités définies selon l'ancienne optique bourgeoise, paraissent des conceptions très répandues dans les États ouvriers d'Europe où, en réaction contre les détournements policiers d'une entreprise de détournement du monde, les intellectuels déçus en viennent à manifester une naïve indulgence pour les sous-produits, les redites d'une culture occidentale décomposée. »
Ça n'a pas pris une ride.
De 101.7
Promeneur | 17H34 | 26/05/2009 |
Dans The Wall le fantôme de Barret ne se manifeste plus.
La grande époque de créativité de ce groupe s'est arrêtée avec la fin des années 70.
Animals a sûrement été l'album qui a réuni la substance des années précédentes et ce qui devait advenir ensuite et finir avec The Wall.
Pigs, Dogs, Wish you where here sont des oeuvres fabuleuses de finesse, de rage, de force et aussi avec les deux premiers, chargés de pas mal de mystères.
Oui Barret était un génie, mais Barret s'est foutu en l'air.
Je me demande comment un tel groupe a pu continuer après sans sombrer.
à 101.7
De Bartabasco
Lisse et un. | 19H23 | 26/05/2009 |
On peut pas dire que la créativité du groupe se soit arrêté avec animals.
Avant que roger waters prenne le groupe « en main “ , c'est syd barrett qui faisait office de leader. Alors oui il s'est foutu en l'air mais c'est pas juste à cause du LSD non plus, il était surtout schyzophrène et le mélange des 2 est à déconseiller plus que fortement.
Dark side of the moon est mythique, tout comme the wall, tout comme saucerful of secrets.
Animals est un album contestaire.The wall est un album/film qui fait tourner complètement fou, il est très réussi, il est à prendre un peu ‘ à part de pink floyd mais il a quand même l'étiquette pink floyd, la guitare c'est david gilmour, c'est pas roger waters.
Sans Waters qui fait office de bouc émissaire ( je reconnais que c'est le membre que j'admire le moins ). Pas de the wall, pas de dark side of the moon ni de Animals. Le groupe serait resté purement underground et je ne le connaitrais pas.
Regardez le live à Pompei, documentez vous sur l'album concept d'après Dark side, Ecoutez les albums solos de syd barrett ( dont un solo sur dominoes fait à l'envers , merde si c'est pas un génie ! ) Ecoutez les doors. Réecoutez les paroles. Faites du vélo. Revivez votre enfance, et là vous saisirai une bonne partie du Floyd.
Oui car en fait ce groupe…. a tellement d'aspect différents qu'il est le groupe le plus intéressant au monde ( d'après moi en tout cas, ce qui fait déjà 1 personne )
à Bartabasco
De sûrderien
paresseux | 09H18 | 27/05/2009 |
j'ai eu le bonheur de voir et d'entendre le concert de pompéi ,
diffusé il y apeu par ARTE . Etrange concert , délivré dans un un amphi vide de public , en 1973 .
Le divin , s'il existe , transparaît à coup sûr dans cette musique !
Lorsqu'on reçoit cette musique magnifique , on est littéralement transcendé .
à sûrderien
De 101.7
Promeneur | 10H57 | 27/05/2009 |
Ce concert sans public on peut le télécharger ici :
http://www.mediafire.com/ ? zo1zyyeyj02
Musique forte, quelques passages ennuyeux peut-être, mais un grand moment.
à 101.7
De sûrderien
paresseux | 12H06 | 27/05/2009 |
merci pour lerenseignement
à Bartabasco
De 101.7
Promeneur | 11H06 | 27/05/2009 |
« c'est syd barrett qui faisait office de leader. Alors oui il s'est foutu en l'air mais c'est pas juste à cause du LSD non plus, »
Il en usait et abusait. Tellement qu'il ne pouvait plus jouer.
Il a du monter trop fort un jour et ne plus redescendre.
La schyzo peut venir de là aussi. J'en ai connu à cette époque qui le devenaient après trop de choses avalées, injectées ou fumées.
« Sans Waters qui fait office de bouc émissaire ( je reconnais que c'est le membre que j'admire le moins ) »
On peut admirer plus l'un que l'autre, mais ce qui faisait les Floyds c'est l'entité du groupe, chacun détenait une partie de l'âme générale, Gilmour, même en étant un excellent guitariste n'est pas Pink Floyd, pareil pour Waters ou Barret.
Je les ai vu sur scène et c'était un moment puissant, j'ai vu aussi les Who à l'époque et ça donnait aussi.
Une époque où tout était à inventer et ils ne s'en privaient pas.
Après Animals, le groupe tout en étant plus mature, plus technique n'avait plus cette envie d'underground tout simplement parce que l'expérimentation on s'en lasse une fois qu'on a baigné longtemps dedans.
« Regardez le live à Pompei, documentez vous sur l'album concept d'après Dark side, Ecoutez les albums solos de syd barrett ( dont un solo sur dominoes fait à l'envers , merde si c'est pas un génie ! ) Ecoutez les doors. Réecoutez les paroles. Faites du vélo. Revivez votre enfance, et là vous saisirai une bonne partie du Floyd. »
Mort de rire, vous êtes étudiant ?
Merci pour les conseils, mais à l'époque de tout ce que vous dites je ne l'écoutais pas cette musique, je la vivais avec mon époque et je suis bien content de ne pas être passé à côté.
Vous devriez vous renseigner sur Magma… là aussi il y avait de quoi s'ouvrir les oreilles avec un Christian Vander d'enfer à la batterie. (j'y ai même joué dessus).
à 101.7
De Bartabasco
Lisse et un. | 15H02 | 27/05/2009 |
Oui je suis un petit con qui assume ^^ mais c'est pas grave, d'ailleurs je suis très jaloux de vous qui avez connu cette période et qui l'avez vécu.
Et j'assume parler de choses que je ne connais pas parfaitement, je ne suis en aucun cas une science exacte, juste un très grand fan de pink floyd qui a découvert ce groupe tout seul ( comme un grand ? ! ) .
Pour magma j'ai regardé sur wikipedia ( qui n'est pas une science exacte non plus d'ailleurs^^ ) et ça a l'air très intéressant oui.
à 101.7
De framboise.
incognitotte | 21H01 | 26/05/2009 |
David Gilmour : un mythe aussi pour la femme que j'étais. Une idole, c'est tout c.n !
Mais tu as raison !
De le soudanais
ici et là | 17H38 | 26/05/2009 |
« Comment raconter l'histoire des Pink Floyd, un des groupes anglais les plus célèbres du monde ? “
Un des groupes les plus célèbres du monde, tout simplement…
De gévaudanais
si, finalement, criera au loup | 21H03 | 26/05/2009 |
J'avoue avoir été un fan du Floyd, mais sur leurs 33, à part un morceau c'est vrai trés bon, le reste etait d'une indigence… disons indigente. Voir Ummagumma, echoes, atom,
Puis je les ai vus à Lyon en 73 ou 74, je me suis dit qu'il fallait passer à autre chose, et ça a été Led Zepp ;
à gévaudanais
De Unknown
blasé sans rancune | 00H50 | 27/05/2009 |
Comme je vous comprend !
De clark kent
21H03 | 26/05/2009 |
chers riverains et riveraines,
Quelle est la chanson de pink floyd que vous preferez ?
Moi c'est « money » …finalement après plusieurs hesitations.
à clark kent
De framboise.
incognitotte | 21H31 | 26/05/2009 |
Les paroles, pas la musique.
Bonne nuit !
à clark kent
De framboise.
incognitotte | 21H34 | 26/05/2009 |
Vous avez un nom qui me fait penser à Stacy Kent.
Très belle voix, Stacy Kent ! ! !
A écoutez « Que reste-t-il de nos amours “ de Charles Trenet par elle, une MERVEILLE !
ciaoooo
à clark kent
De Neohive
Ex-futur livreur/chômeur | 23H07 | 26/05/2009 |
Bonne question ! !
Grrhh va être dur ! ! !
à clark kent
De Unknown
blasé sans rancune | 00H46 | 27/05/2009 |
J'apprécie votre question superman, pour ma part, j'hésiterai sans cesse jusqu'au bout, mais je pense souvent à « Run like Hell », peut-être ce côté désespéré…
à clark kent
De Gringo
| 13H56 | 27/05/2009 |
Longue hésitation itou, mais je dirais « One of these days »
à clark kent
De Bartabasco
Lisse et un. | 15H04 | 27/05/2009 |
Interstellar overdrive ex-aequo avec Let there be more light pour ma part, cher Superman.
De padiran
Chroniqueur mondain | 21H53 | 26/05/2009 |
Que Pink Floyd ne soit qu'un groupe d'hommes « ordinaires » avec leurs histoires individuelles et collectives n'est pas un scoop. Que Pink Floyd soit une groupe génial n'est pas un scoop non plus.
Encore un jounaliste qui veut se faire du fric, c'est pas un scoop
De uhmaguma
Cantonnier | 22H02 | 26/05/2009 |
Par exemple !