A débattre 26/05/2009 à 13h07

Grippé ou enceinte, voulez-vous travailler ?

François Krug | Journaliste Rue89


Frédéric Lefèbvre à l'université d'été de l'UMP à Royan en septembre 2008 (Audrey Cerdan/Rue89).

Frédéric Lefebvre a encore frappé. Pour le député et porte-parole de l'UMP, les salariés qui le souhaiteraient doivent être autorisés à travailler à domicile pendant leurs congés maternité ou maladie. L'amendement a été rejeté, mais son auteur persiste : après tout, quand on a une jambe cassée, on a « parfaitement les facultés intellectuelles pour continuer de travailler ».

Ce serait une réforme majeure du Code du travail. Une réforme que Frédéric Lefebvre comptait mettre en œuvre via un simple amendement à la proposition de loi destinée à « faciliter le maintien et la création d'emplois », texte développant le « prêt » de salariés entre entreprises et facilitant le télétravail.

Uniquement pour les volontaires

Le télétravail ? Pour Frédéric Lefebvre, c'est justement la solution pour ces salariés contraints d'arrêter le travail par une grossesse, une mauvaise grippe ou une chute malencontreuse. A condition, précise le député UMP, que les salariés soient volontaires et qu'un médecin l'autorise. L'employeur, lui, ne pourrait pas s'opposer à ce souhait du salarié.

L'amendement de Frédéric Lefebvre permettait donc de ne plus suspendre le contrat de travail dans les cas suivants :

  • congé maladie
  • congé maternité (en maintenant une suspension réglementaire de huit semaines)
  • congé parental d'éducation
  • congé de présence parentale

« Faire travailler les morts »

La commission des Affaires sociales de l'Assemblée nationale a rejeté l'amendement lundi soir. Mais ce matin sur RTL, Frédéric Lefebvre a assuré qu'il ne renonçait pas. Il devrait donc défendre sa proposition mercredi, lors du débat dans l'Hémicycle.

Son argument : les salariés « qui sont immobilisés chez eux parce qu'ils se sont cassé la jambe » voient leurs revenus fondre alors qu'ils « ont parfaitement les facultés intellectuelles pour continuer de travailler ». (Ecouter le son)


Audio file

FrédéricLefebvreTélétravail

La proposition de Frédéric Lefebvre gêne l'UMP et fait le bonheur des syndicats en ce jour de mobilisation interprofessionnelle. Résumé du secrétaire général de Force ouvrière, Jean-Claude Mailly, lundi soir France 3 :

« Un jour, on va essayer de faire travailler les morts. »

En attendant, la proposition de Frédéric Lefebvre ne profiterait qu'à une partie des salariés : ceux qui peuvent effectivement pratiquer le télétravail. Plutôt les cadres que les ouvriers, donc.

Photo : Frédéric Lefèbvre à l'université d'été de l'UMP à Royan en septembre 2008 (Audrey Cerdan/Rue89).

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  • Ben85
    • Posté à 14h17 le 26/05/2009

    La question qu'on peut se poser est la suivante :
    Aujourd'hui, cette mesure est réservée aux volontaires, mais demain ?
    Une fois qu'on a mis le doigt dans cet engrenage (travailler quand il nous est déconseillé de le faire), peut-on être assuré qu'à l'avenir, cette mesure ne concernera QUE les volontaires ?

    Et puis cette « marche forcée » vers le « toujours plus » me pose question... Les volontaires ont-ils vraiment le choix de travailler plus, ou est-ce la conjoncture économique étouffante qui les contraint...
    Dans ce cas-là, le « choix » de travailler pendant son arrêt n'en est pas vraiment un...

  • EulChe
    • Posté à 15h29 le 26/05/2009

    Si tu n'envoies pas ton arrêt de travail, il n'existe pas... Ca m'est arrivé une fois d'être arrêté pour une entorse du genou et ça ne me semblait pas incompatible avec le boulot, surtout que ça aurait été emmerdant de ne pas y aller à ce moment là (pas vis à vis de mon patron, vis à vis de mon boulot...). J'ai gardé l'arrêt de travail dans ma poche...

    Et justement, dans les PME c'est d'autant plus facile d'avoir des arrangements de ce genre lorsque c'est nécessaire. J'ai un pote qui a bossé plusieurs semaines de chez lui alors qu'il aurait du être arrêté pour une jambe pétée justement.
    Il a coordonné ça avec son boss : lui ne voulait pas être arrêté mais ne pouvait pas se déplacer (il ne pouvait pas conduire... et lorsqu'on habite hors des grandes villes c'est vite rédhibitoire pour se déplacer) et son patron avait aussi intérêt à le voir continuer... il se sont donc arrangé et il a bossé de chez lui le temps nécessaire, sans jamais envoyer d'arrêt maladie.

    C'est sûr qu'une fois l'arrêt maladie envoyé et qu'on est pris en charge par la sécu, c'est autre chose. D'ailleurs il y a là une vraie question sur l'amendement de lefèbvre : qui paierait dans ce cas là ?

  • Albert Fulor
    • Posté à 15h51 le 26/05/2009
    • Internaute

    On devrait plutôt proposer aux salariés de travailler en permanence chez eux, la technologie le permet, ils tomberaient moins souvent malades.

    - pas de risque d'accident sur les routes, moins de stress,
    - moins de voitures (du même coup), d'où moins de pathologies liées à la pollution, une circulation plus fluide qui permettrait aux commerciaux d'arriver à l'heure à leurs rendez-vous,
    - et surtout pas de chef crétin à supporter toute la journée. C'est bien connu la structure hiérarchique et tribale de l'entreprise française infantilise et déresponsabilise les salariés, et porte atteinte à l'esprit d'initiative et donc au progrès économique.

    Des travailleurs qui restent chez eux et qui ne se ruinent pas en frais de transports, c'est plus de pouvoir d'achat.
    Tout bénef ! Ils sont nuls à l'UMP.

  • freedom
    freedom
    quand le sage montre la lune, l (...)
    • Posté à 16h23 le 26/05/2009
    • Internaute
      quand le sage montre la lune, l (...)

    Après les heures sup, travailler pendant les congés maladies et pourquoi pas pendant les vacances aussi. C'est vrai que c'est la solution pour que les chomeurs trouvent du boulot. Déja à cause des heures sup il n'y a pratiquement plus de boulot en cdd et en interim, alors proposons du boulot à ceux qui sont en congés maladie à la place de ceux qui n'en n'ont pas. Bravo ! ! ! ! ! ! !

    Et je parle en connaissance de cause, je fais souvent des remplacement en cdd de personnes en maladies ou en congés maternité. C'est tout ce que je trouve en ce moment. Alors si on m'enlève ça ! ! ! !

  • chocopops
    chocopops
    Etudiant
    • Posté à 00h22 le 27/05/2009
    • Internaute
      Etudiant

    Après avoir affirmé qu'Internet n'était pas un droit lors de la promulgation d'Hadopi, monsieur Lefebvre propose un « droit » où l'utilisation d'internet s'avère justement indispensable.
    Cherchez l'erreur...