
Déçues par les dix mesures annoncées par le gouvernement, dont la principale est l'interdiction du portable dans les écoles primaires, les associations représentant des riverains Priartem et Agir pour l'Environnement ont quitté la table du Grenelle des antennes-relais ce lundi. Elles nous expliquent pourquoi.
Les opérateurs de téléphonie mobile, confrontés à une opposition de plus en plus forte de la part de riverains excédés par l'installation anarchique d'antennes-relais, en appelaient au gouvernement pour qu'il règle ce problème épineux. De la multiplication des procédures judiciaires est né le Grenelle des ondes.
Une première synthèse de 57 pages nous avait pourtant laissé entrevoir des avancées.
Un départ encourageant puis un oubli
De cette synthèse transparaissaient ainsi la reconnaissance de la téléphonie mobile comme un « risque émergent » ainsi que l'existence d'une véritable incertitude scientifique, dont la traduction politique devait conduire à l'adoption de mesures de précaution.
La commercialisation ainsi que la promotion des portables explicitement destinée aux enfants devaient être proscrites. A propos des seuils d'exposition des riverains aux ondes de la téléphonie mobile était mentionnée l'application du principe Alara (« as low as reasonnably acceptable » ou « aussi basse que possible ») et qui implique la fixation d'une valeur réglementaire.
Quelques jours après la publication de cette première synthèse, les trois ministres de la Santé, de l'Ecologie et au développement de l'économie numérique oublièrent soigneusement de reprendre les avancés du Grenelle des ondes. Ce patient travail d'érosion des mesures les plus positives a amené les principales associations à claquer la porte.
Enfants : droit de posséder un portable mais pas de s'en servir
D'une interdiction de la commercialisation des portables aux enfants et adolescents de moins de douze ans, les ministres ont ainsi décidé de réduire cette interdiction au seul usage et seulement aux enfants de moins de six ans, avec de vagues promesses d'aller jusqu'à dix ans.
C'est ainsi qu'à la suite de cette mesure gouvernementale, un enfant aurait le droit d'acheter un portable mais n'aurait plus le droit de l'utiliser. Cohérence, cohérence !
Mais c'est sur les antennes-relais que les reculs ont été les plus sensibles provoquant notre décision de départ.
Une conclusion qui ressemble à l'introduction
Alors même que la très grande majorité des débats a tourné autour de cette demande, l'Etat conclut, par la voix de sa ministre de la Santé qu'au regard du faible niveau d'exposition et au regard des études internationales, il n'y aurait pas lieu de revoir les seuils d'exposition actuels –41, 58 et 61 V/m, selon les fréquences, alors que nous demandons 0,6 V/m- reprenant mot pour mot la lettre de mission du premier ministre introduisant ce Grenelle des ondes.
A quoi ont donc servi les débats si les conclusions du Grenelle ressemblent à s'y méprendre à l'introduction ? Si nous avons décidé de participer à ce Grenelle des ondes, c'est avec le secret espoir de peser sur les décisions à venir.
Force nous est de constater qu'il n'en fut rien ce qui justifie notre décision de refuser d'être plus longtemps instrumentalisés.
Ce Grenelle des ondes est donc une occasion manquée qui ne règlera pas le problème.
Nos associations appellent donc les riverains d'antennes à amplifier la mobilisation afin que les parlementaires écoutent ce que le Gouvernement n'a pas voulu entendre.
Par Stéphen Kerckhove, délégué général d'Agir pour l'Environnement et Janine Le Calvez, Présidente de Priartém





















37
(Pour réagir, connectez-vous)
à Un compte supprime
De Utilisateur désinscrit à sa demande 2
nc | 14H14 | 26/05/2009 |
Si on utilisait tout ce qu'on achète, il faudrait par décret allonger la durée des journées…
De franc parleur
anarchieevangelique.wordpress.com | 14H26 | 26/05/2009 |
Refuser de cautionner les faux accords, c'est une belle démarche.
On nous met des grenelles partout maintenant, comme aux animaux des grelots.
.
De Brédala
Entraveuse entravée | 14H42 | 26/05/2009 |
Encore un Grenelle qui tourne en onde boudin….
(…)
les trois ministres de la Santé, de l'Ecologie et au développement de l'économie numérique oublièrent soigneusement de reprendre les avancés du Grenelle des ondes. (…)
C'est que les huiles n'aimeraient pas être taxées d'entraveurs à la bonne marche de l'économie !
Vite, vite, continuons à faire comme d'habitude…
La tête dans le sable et les pieds à côté des pompes.
Bon courage aux membres de ces assoc.
Tenez-bon !
à Brédala
De Waldeck
Naufragé en Sarkoland | 14H46 | 26/05/2009 |
-« Encore un Grenelle qui tourne en onde boudin…. »
Bravo !
A Paris, dans le XVème, on dit :
-« Encore un Grenelle qui tourne en eau de Javel… »
De Lairderien
18H37 | 26/05/2009 |
Je me pose une question bête (comme moi certainement), pourquoi 3 ou même 4 réseaux concurrents, qui impliquent forcément une multiplication d'antennes anarchiques, puisque chacun doit couvrir toute la France ?
Ne serait il pas plus simple d'avoir un seul réseau nationalisé, impliquant moins d'antennes ?
Mais c'est vrai, il n'y aurait plus de concurrence ! ! !
Au fait, vous y croyez à la concurrence entre les trois réseaux existants ?
De kiki21120
sans emploi | 05H23 | 27/05/2009 |
Autrefois pour enterrer un problème on créait une commission, maintenant, c'est un grenelle ; peut-être le gouvernement veut-il enterrer le vrai grenelle, celui de 68 qui déplaît énormément au medef et à ses compagnons de route, l'UMP.
De oomu
13H23 | 27/05/2009 |
personnellement, je suis ravi que ce « grenelle » ait échoué
je n'apprécie guère que ce soit des associations qui décident d'imposer leurs propres limites arbitraires en dépit de tous les consensus scientifiques et industriels.
Surtout que leur 0,6Vm est franchement aberrant.