Confidentiels & indiscrets

Pub refusée : Les Echos plus frileux que leurs confrères européens

publicité counterbalance

Ce lundi, plusieurs grands journaux européens ont publié la même publicité, chacun dans la langue de son pays : les lecteurs de The Guardian (Royaume-Uni), Handelsblatt (Allemagne) et La Repubblica (Italie) ont vu le « cartoon » ci-dessus, payé par une ONG luttant pour une réforme de la Banque européenne d'investissement. En France, Les Echos ont refusé de le publier.

Ce que dénonce l'ONG « CounterBallance - Réformer la Banque européenne d'investissement », c'est que cette institution communautaire accorde des prêts à des multinationales qui possèdent des comptes dans des paradis fiscaux. En choisissant ces journaux, l'ONG entendait toucher un public proche du milieu des affaires.

Mais Les Echos ont jugé utile de demander l'avis (non obligatoire) de l'ARPP, l'ex-Bureau de vérification de la publicité. Cet avis négatif, dont Eco89 a eu connaissance, ne manque pas de sel :

« Le projet sous forme de caricature est de nature à jeter le discrédit sur une Institution européenne, dont le nom est de surcroît vraisemblablement utilisé sans autorisation, ainsi que sur les entreprises multinationales qui contractent des prêts auprès d'elle, et à susciter des réactions de la part de ces derniers (sic).

En outre, en application de la loi Toubon du 4 août 1994 relative à l'emploi de la langue française, les termes “challenging the European Investment Bank” auraient dus être traduits de manière parfaitement lisible par leur équivalent français. »

« Nous suivons systématiquement les avis de l'ARPP »

On peut penser que Les Echos auraient simplement pu signaler ce dernier point à l'annonceur, qui aurait ajouté la traduction. Quoiqu'il en soit, le journal n'était pas obligé de se rendre à l'avis de l'ARPP, qui a juste une valeur consultative. Auprès de l'annonceur, la direction des Echos s'est pourtant déclarée « contrainte » de refuser cette publicité.

Corine Barella, la chargée de communication de l'ONG, n'a pas du tout compris de n'être prévenue que ce lundi matin, jour prévu de parution de la publicité, par Les Echos :

« S'ils nous l'avaient dit avant, on aurait pu publier notre publicité dans un autre journal. »

« Sauf rares exceptions, nous suivons systématiquement les avis de
l'ARPP », justifie Nicolas Wattinne, directeur général des Echos Médias,
la régie publicitaire du groupe.

Quant au délai sur la réponse : « Nous avons été victimes du pont. On est
des gens corrects, on n'a pas intérêt à jouer la montre. »

Augustin Scalbert

5 commentaires (Pour réagir, connectez-vous)

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Portrait de FabiendeMénilmontant

De FabiendeMénilmontant

journaleux - blogueur | 21H01 | 25/05/2009 | Permalien

« Sauf rares exceptions, nous suivons systématiquement les avis de l'ARPP »…
A-t-on idée du nombre (ou du pourcentage) et de la nature des avis non respectés ? Cette phrase est « un poil » faux derche.

Portrait de FabiendeMénilmontant

De FabiendeMénilmontant

journaleux - blogueur | 04H56 | 26/05/2009 | Permalien

On peut compter, peut-être, sur cet organe pour respecter l'avis de l'ARPP sur le tabac, mis en ligne en avril
http://www.arpp-pub.org/Loi-Evin.html

Et dont la presse se fait l'écho après le festival de Cannes :
http://www.commeaucinema.com/showbiz=jacques-tati-pourra-desormais-garde…

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De Gringo

| 08H36 | 26/05/2009 | Permalien

En 2 mots commençant, je ne saurai qu'ajouter :

No comment

Portrait de Keldan

De Keldan

Polytoxicomane à temps partiel | 16H00 | 26/05/2009 | Permalien

En outre, en application de la loi Toubon du 4 août 1994 relative à l'emploi de la langue française, les termes « challenging the European Investment Bank » auraient dus être traduits de manière parfaitement lisible par leur équivalent français

Ça c'est la blague du jour. J'espère que par traduction ils ne parlent pas du truc écrit en tout petit à coté d'une astérisque aussi petite, avec une traduction tellement à coté de la plaque qu'on a l'impression qu'ils ont embauché un traducteur de titre de film.

S'ils veulent, je peux leur donner une traduction du même acabit : « investissons dans l'avenir des rives européennes ».

Portrait de Budelberger

De Budelberger

Branleur (« Le champ Situation est ... | 17H50 | 26/05/2009 | Permalien

« Quoiqu'il en soit, le journal… » signifie qu'il (le journal) en est (de la jaquette ; flottante, la jaquette). On s'étonne après de les – « eux » – voir soutenir que « Je mets un billet sur la tête de celui qui fera taire ce con d'Éric Zemmour. » est une déclaration d'amour.

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