« Les anti-OGM, pas accessibles à des arguments rationnels »
Dans « Sauvez les OGM », Jean-Claude Jaillette accuse les écologistes de diaboliser un progrès qui a déjà « fait ses preuves ».

Il est des sujets sur lesquels on sait d’avance qu’on ne fera pas plaisir à ses lecteurs... Pourtant, en interviewant Jean-Claude Jaillette, auteur de « Sauvez les OGM », on a l’impression de faire avancer le débat, en refusant de tenir pour acquis que la culture des organismes génétiquement modifiés serait forcément nuisible à la santé et à l’environnement.
Le journaliste de Marianne est un spécialiste des questions agroalimentaires, déjà auteur d’un ouvrage sur la malbouffe et d’un autre sur la vache folle. Lorsqu’il était à Libération en 1996, il avait participé au basculement des consciences dans l’irrationnel avec ce titre, « Alerte au soja fou ».
Depuis, le succès de toutes les informations relatives au danger des OGM ne se dément pas.
Pour preuve le livre et le documentaire de Marie-Monique Robin « Le Monde selon Monsanto », vendu à 200 000 exemplaires et traduit dans plusieurs langues, qui selon Jayette « livre au public ce qu’il a envie d’entendre » à coups d’« amalgames, raccourcis scientifiques, diabolisation, victimisation des scientifiques anti-OGM ».
Un terme qui provoque le « dégoût »
Pour lui, renoncer aux OGM, c’est un refuser le progrès scientifique, alors que l’agriculture est déjà incapable de nourrir la planète et que personne ne sait comment cela se passera quand, vers 2050, il y aura 9 milliards de bouches sur terre.
Une méfiance vis-à-vis de la science qui remonte à Hiroshima, s’est poursuivie en France avec l’affaire du sang contaminé et celle de la vache folle, au point que « le seul énoncé d’organisme génétiquement modifié provoque le dégoût » et que « les scientifiques renoncent à s’exprimer sur le sujet au risque de passer pour des vendus ».
Si Jean-Claude Jaillette a écrit ce livre, préfacé par le généticien Axel Kahn, c’est pour dire « halte aux guerres de religion » et pour donner la parole à tous ces scientifiques « indignés par le déni de débat démocratique ». Il en est certain, c’est d’ailleurs un propos « fondamentalement écologique ». (Voir la vidéo)
L’enquête quitte un moment le terrain scientifique pour nous emmener sur le champ politique et révéler qu’un « pacte » aurait discrètement été scellé entre le gouvernement et les associations écologistes :
« On parle de tout durant ce Grenelle, des autoroutes, des incinérateurs, des OGM mais surtout pas du nucléaire. (...) Une telle impasse, un tel silence se paient au prix fort. Sans détour, Nicolas Sarkozy a offert aux ONG la disparition du sol français des OGM cultivées. »
S’il n’apporte pas de preuve matérielle de ce « deal », Jean-Claude Jaillette fournit des précisions troublantes : en janvier 2008, en pleine grève de la faim du « sulfureux José Bové “, la France a activé la clause de sauvegarde sur le MON810 au motif qu’il présenterait des ‘risques sérieux’, dixit le comité d’experts installé par le gouvernement en préfiguration à une future Haute autorité sur les OGM, présidé par le sénateur UMP Jean-François Le Grand.
Or douze des quinze experts du comité en question ont protesté car ‘les mots magiques doutes sérieux’ ne figurent pas dans leur rapport”, souligne Jean-Claude Jaillette, qui pense que, le moratoire n’étant pas jusitifié scientifiquement, “le gouvernement français devra faire machine arrière et (...) les anti-OGM se retrouveront cocus du pacte élyséen”.
Oui au principe de précaution, que certains lisent “très mal”
Ce qui rassure sur les intentions de l’auteur, c’est qu’il n’est pas aussi manichéen que ceux qu’il dénonce : il n’a pas un avis uniforme sur les OGM et leurs vertus.
Si, comme l’Agence français de sécurité sanitaire des aliments (Afssa), il pense que le maïs transgénique est inoffensif, il pense en revanche que les OGM de seconde et troisième génération (dont plusieurs gènes ont été modifiés) devraient être soumis à des “autorisations de mise sur le marché ‘ comme les médicaments. Ce qui supposerait beaucoup d’études scientifiques.
Tout comme les écolos, Jean-Claude Jaillette vante les mérites du principe de précaution défini dans le code de l’environnement en 1995 mais en estimant qu’on le lit très mal’ et qu’on oublie un peu trop d’‘actualiser les connaissances en fonction des nouvelles recherches’.
► Sauvez les OGM de Jean-Claude Jaillette - éd. Hachette Littérature - 245p., 16,5€.
- Sur Rue89OGM : quand Monsanto sème la terreur
- Sur Rue89Loi OGM : que prévoit-elle exactement ?
- Sur Rue89Bové : Barnier veut « transformer le Grenelle » sur les OGM
- Sur criigen.orgOGM et aspects scientifiques sur le site du CRIIGEN
- Sur afssa.frL'avis de l'Afssa sur le MON810
- Sur gouv.frLe site interministériel sur le OGM
- Sur wikipedia.orgLa fiche wikipédia sur les OGM
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Athée
Athée
« Les anti-OGM, pas accessibles à des arguments rationnels »
En voyant le titre, je pensais trouver des exemples précis pour prouver le bien fait des OGMs. Mais en fait, il a beau causé, ce qu’il dit c’est juste du vent. J’espére que son bouquin est moins vide que cet article.
Si les OGMs sont diabolisés, Monsanto y est pour beaucoup. Pour se faire toujours plus de frics, leurs principaux OGM sont vendus avec pesticides. Les agriculteurs font de la monoculture, plus le temps passe et plus les mauvaises herbes sont nombreuses et résistantes. Résultat, les agriculteurs sont obligés de mettre toujours plus de pesticides. Pas la peine de préciser que ce pesticide pour OGM est nettement plus dangereux qu’un pesticide ordinaire. La santé des agriculteurs en prend un sacrès coup.
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Au niveau économique, c’est pas terrible. En Amérique du nord entre 1999 et 2002, 12 milliards de subvention ont été utilisés pour combler les pertes dus aux OGMs.
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Le coton Bt a lui aussi fait perdre énormément d’argent aux agriculteurs. Au Burkina Faso, dès la première année de commercialisation, le rendement a diminué de 35% par rapport au rendement des plants conventionels, alors que les pgm coûtent 4 fois plus chères. Durant la troisième année, le bétail qui mangeait ces ogm a commencé à mourrir. Après 4 ans, ces PGMs mourraient lentement les unes après les autres.
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La recherche publique essaie quant à elle de créer des variétés pour préserver notre environnement ou pour les pays pauvres.
Seul petit problème, les moyens mis en jeu sont beaucoup moins important que ceux mises en oeuvre par Monsanto. Ces variétés utiles ne sont pas commercialisées à cause de l’opinion publique défavorable.
La recherche sur le riz doré (riche en vitamine A) a débuté dans les années 90. La cause de cette recherche est « noble », en asie des populations consomment énormément de riz, le défaut de cet aliment, c’est qu’il ne contient pas de vitamine A.. La carence entraine la cécité. L’entreprise Monsanto s’est servie de ce projet humanitaire pour vendre leurs produits commerciaux,. Le béta caroténe est converti en vitamine A par le corps humain. La variété de riz créée contient 35 microgramme de béta carotène par gramme de riz. L’Homme a besoin d’1mg de vitamine A par jour. Peut être que cette fois c’est la bonne.
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L’industrie du papier est très polluante. Pour enlever la lignine, des produits chimiques particulièrement polluant sont utilisés. Des peupliers contenant moins de lignine ont été cultivés à l’INRA. Malheureusement, tout a été détruit par les anti OGM. C’est con, car ce projet était écolo.
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Pour la lipase gastrique produite par des PGM afin de guérir les myopathes, on ferait bien mieux avec des micro organismes.
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Ce qui est dommage, c’est que tous les PGMs sont mis dans le même sac. On peut ne pas aimer Monsanto et ces produits dévastateurs, tout en soutenant d’autres projets sur les OGMs, ce n’est pas interdit.




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