Il y avait déjà les « sept mercenaires », les « douze salopards », voici les « treize tortionnaires ». Il ne s'agit pas d'un film, mais de la liste, diffusée par le site américain Salon.com, des treize officiels américains responsables du recours à la torture dans le cadre de la « guerre contre le terrorisme ». Un élément de plus dans la formidable polémique entourant les dossiers noirs de l'ère Bush qui empoisonnent les débuts de Barack Obama.
A l'image de la France, qui a été hantée pendant des décennies par la question de la torture en Algérie, les Etats-Unis n'en sont qu'au début d'un long calvaire provoqué par cet héritage empoisonné légué par l'administration Bush.
L'échange acrimonieux cette semaine, entre Barack Obama et l'ancien vice-président Dick Cheney, autour des prisonniers de Guantanamo, ainsi que le refus des sénateurs démocrates de voter les fonds nécessaires pour fermer l'indigne camp de prisonniers situé sur l'île cubaine, montre l'ampleur des dégats.
Cette liste est intéressante, car, à côté des noms les plus connus -Bush, Cheney, Rumsfeld, Tenet…-, on trouve les petites mains obscures nécessaires dans toutes dérive totalitaire : celle des juristes qui rédigent les actes nécessaires dans ce qui se veut toujours un Etat de droit, des psychologues qui déterminent quelles tortures sont acceptables et d'autres pas… Sans eux, la façade démocratique ne tiendrait pas.
Voici, dans l'ordre donné par Marcy Wheeler sur Salon.com, ces douze hommes et une femme qui portent cette lourde responsabilité, et qui échappent, pour l'instant, à toute action en justice.
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Dick Cheney, vice-président de George W. Bush
Vice-Président des Etats-Unis pendant les deux mandats de George W. Bush (2001-2009). Avec son conseiller David Addington (lire ci-dessous), il a déterminé au lendemain du 11-Septembre que les lois internationales ne pouvaient pas empêcher les Etats-Unis de pratiquer la torture dans le cadre de leur guerre contre le terrorisme.
Cheney est soupçonné d'avir ordonné lui-même des actes de torture sur des prisonniers.
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David Addington, conseiller de Dick Cheney
Conseiller (2001-2005), puis chef de cabinet (2005-2009) du vice-président Dick Cheney. Addington a pris la tête de la croisade pour justifier le fait que le président des Etats-Unis ne pouvait pas être limité par la loi, pas même celle qui interdit la torture.
Il a créé un « Conseil de guerre » avec Jim Haynes, John Yoo, John Rizzo et Alberto Gonzales (lire ci-dessous), chargé de faire le travail légal pour permettre la torture.
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Alberto Gonzales, conseiller juridique puis ministre de la Justice
Conseiller juridique de la Maison-Blanche (2001-2005) puis Attorney General (l'équivalent du ministre de la Justice) des Etats-Unis (2005-2008), Gonzales a incarné l'« opinion légale » du Président.
A ce titre, en 2002, il a exempté des prisonniers membres d'Al Qaeda du cadre légal des Conventions de Genève, estimant que la guerre contre le terrorisme était « une autre forme de guerre ».
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James Mitchell, psychologue militaire
Psychologue militaire à la retraite, un des artisans du programme Sere (acronyme pour « Survival, Evasion, Resistance and Escape ») de l'armée américaine qui a servi de base à certaines méthodes d'interrogatoire musclé.
Avant même le feu vert légal, Mitchell a personnellement supervisé l'interrogatoire d'un membre d'Al Qaeda avec des méthodes « borderline torture » (à la limite de la torture), et a pratiqué la méthode de la simulation de noyade au-delà de ce qui était légalement prescrit.
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George Tenet, directeur de la CIA
Dirceteur de la CIA (1997 à 2004), Tenet a eu la responsabilité suprême pour le programme de capture, de détention et d'interrogatoire des membres présumés d'Al Qaeda, et devait en rendre compte personnellement au sommet de l'Exécutif. C'est sous sa responsabiité que le programme Sere a été inversé pour servir de technique d'interrogatoire.
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Condoleeza Rice, conseillère à la Sécurité nationale puis secrétaire d'Etat
Conseillère à la Sécurité nationale (2001-2005), puis secrétaire d'Etat (ministre des Affaires étrangères) de 2005 à 2009, Rice a approuvé (elle dit aujourd'hui qu'elle a « transmis l'approbation ») le premier recours à la torture contre le membre présumé d'Al Qaeda, le Saoudien d'origine palestinienne Abu Zubaydah en 2002. Ce feu vert a conduit à un usage accru de la torture contre ce prisonnier.
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John Yoo (justice)
Vice-Attorney General adjoint (2001-2003), Yoo a rédigé les premiers mémorandums établissant les règles de la torture, et déterminant les pouvoirs illimités du Président en temps de guerre. Il a aussi rédigé les textes garantissant l'impunité pour les auteurs de ces actes.
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Jay Bybee (justice)
Attorney General adjoint (2001-2003), ByBee a donné son nom à deux mémorandums sur la torture préparés par son adjoint John Yoo (voir ci-dessus). A été promu juge après avoir signé les deux documents désirés ardemment par la Maison Blanche.
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William « Jim » Haynes (Pentagone)
Conseiller juridique du département de la Défense (2001-2008), il a supervisé les bases légales des techniques d'interrogatoire des prisonniers détenus par l'armée. Il a en particulier servi d'intermédiaire entre les spécialistes du programme Sere et la CIA, qui, dès la fin 2001, s'est posé la question des interrogatoires de prisonniers d'Al Qaeda.
Haynes a délibérément ignoré les avis provenant de l'intérieur de l'institution militaire, estimant que ces techniques violaient les règles sur la torture et du traitement « humain ».
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Donald Rumsfeld, secrétaire à la Défense
Secrétaire à la défense (2001-2006), Rumsfeld a approuvé les méthodes d'interrogatoire des militaires dans les prisons d'Abu Ghraib (Irak), de Bagram (Afghanistan), et de Guantanamo (Cuba). Son feu vert a déplacé le recours à la torture de la CIA à l'armée. Un récent rapport bipartisan du Sénat américain lui attribue la responsabilité directe de l'usage de ces méthodes d'interrogatoire à Guantanamo, y compris le recours à des chiens ou à la nudité.
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John Rizzo (CIA)
Vice-Conseiller juridique de la CIA (2002-2004), puis conseiller juridique encore en poste (2004 à aujourd'hui), son nom apparait sur bon nombre de documents controversés relatifs à la torture, et même s'il a qualifié certaines méthodes d'inefficaces, il les a approuvées et a recommandé à la CIA de demander l'autorisation de les utiliser.
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Steven Bradbury (justice)
Premier Vice Attorney General adjoint (2004), puis Attorney General Adjoint (2005-2009), il a été chargé en 2005 de contrer un rapport de l'inspecteur général de la CIA estimant que les méthodes d'interrogatoire pourraient violer la Convention internationale contre la torture.
Dans ses mémorandums, il pèse le pour et le contre, mais considère ces methodes comme « nécessaires dans les cas de grave menace ».
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George W. Bush, président des Etats-Unis
Last but not least… The President of the United States himself !
George W. BUsh a initialement gardé ses distances avec les questions liées à la torture, et, selon Cheney, s'est contenté de les autoriser… Mais il en est devenu le premier défenseur et avocat, défendant, notamment en 2006 à propos du cas d'Abu Zubaydah, leur efficacité et leur nécessité. Et, selon la logique de ses principaux partisans, s'il ne s'y est pas opposé, c'est que ce n'était pas de la torture. CQFD.
On comprend mieux pourquoi Dick Cheney, cette semaine, est monté au créneau pour s'opposer à Barack Obama, dans un échange de discours assez extraordinaire et assez exemplaires de valeurs opposées : celles de la sécurité nationale par dessus tout pour l'ancien Vice-Président, contre celles d'Obama qui défend l'idée que la sécurité des Etats-Unis n'est pas incompatible avec le maintien de ses valeurs, et en particulier celles des droits de l'homme.
Là où ça se complique, c'est lorsque les démocrates cèdent aux sirènes sécuritaires, et ne trouvent pas grand intérêt à aider Obama à tenir sa première promesse de son mandat : fermer Guantanamo. Ou quand on apprend que Nancy Pelosi, la présidente démocrate de la Chambre des Représentant, avait été informée dès 2002-2003 des techiques d'interrogatoire de la CIA, et n'avait rien dit…
Ce débat est passionnant pour le monde entier, car il est évident qu'aucune démocratie n'est à l'abri d'un tel dérapage, surtout après un événement aussi traumatisant que les attentats du 11 septembre.
On lira également avec intérêt, pour alimenter ce débat, la traduction française des mémorandums sur la torture rendus publics en avril par l'administration Obama. Ils viennent d'être publiés sous le titre « Techniques d'interrogatoire à l'usage de la CIA », aux éditions des Equateurs, avec une préface de Jean-Pierre Perrin dont on extraiera la phrase suivante :
« Le combat pour découvrir l'étendue de ce continent de l'ombre ne fait d'ailleurs que commencer. Il ne sera pas facile. La publication des quatre mémorandums a d'ores et déjà suscité une violente polémique au sein de l'administration américaine. De hauts responsables de la CIA craignaient que cette décision ne suscite un dangeureux précédent.
Si Obama est passé outre, il est à craindre que la poursuite de l'enquête, au fur et à mesure qu'elle approchera les hauts responsables ayant permis à cette part d'ombre de prospérer au sein du pouvoir, se heurte à des obstacles de plus en plus élevés. (…)
Que celle-ci puisse aboutir est une nécessité absolue. Pour la démocratie bien sûr. Mais aussi, si l'on opte pour la version cynique des choses, parce que l'exigence de vérité fait partie de la guerre contre les forces obscures. »



















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De GUISCARD
Apprenti Educateur | 15H59 | 23/05/2009 |
Et tous les laquets de la Coalition, Blair en tête qui ont participé à cette guerre illégale. Tous ces dirigeants devraient être traduits devant le Tribunal Pénal International pour crimes de guerre, guerre illégale, violation de la Convention de Genève…
Même nous sommes toujours sous le règne de la loi du plus fort, rien n'a changé depuis l'Empire Romain : qui détient la force, détient la légitimité.
Le refus des sénateurs démocrates de voter la fermeture de Guantanamo marque la fin de l'idylle entre Obama et le Congrès mais surtout n'est que la première manifestation de l'évident fossé qu'il peut y avoir entre une partie du Parti Démocrate et ce jeune président trop à gauche pour « l'establishment démocrate ». Barack Obama a pris ce parti à la hussarde, qu'on se rappelle seulement la guerre de tranchées que fut la Primaire Démocrate, et les vieux antagonismes ne vont pas tarder à se réveiller.
De plus sur le sujet précis de la guerre en Irak, les démocrates (Pelosi et Clinton en tête) sont très, très mal à l'aise étant donné qu'ils ont approuvé (à de très rares exceptions près dont Obama) toute l'action du Gouvernement Bush (sauf à la fin évidemment). C'est le sujet par excellence sur lequel Obama se distingue du reste du Parti, il avait dès le départ exprimé son opposition à la guerre et son scepticisme quand aux armes de destructions massives irakiennes. Ca a été certainement le point décisif grâce auquel il a pu se faire connaître, se distinguer de Clinton et la battre finalement. Il y a 5 ans cet homme n'était que sénateur de l'etat de Chicago. Et cela ses « amis “ démocrates ne l'ont pas oubliés, et lui font payer aujourd'hui. ‘Humains, trop humains’ disait Nietzche.
à GUISCARD
De queyrie
21H01 | 23/05/2009 |
et les laquais se sont laqués au taquet.
Décidément les paranos sont en verve ce soir !
à GUISCARD
De pierrejcallard
www.nouvellesociete.org | 21H31 | 24/05/2009 |
Les USA ont besoin d'un événement cathartique de chatiment pour que le monde leur fasse a nouveau confiance. Treize (13) condamnés - de 5 a 20 ans, libérés après avoir purgé le tiers de leur peine - me semble un bon arrangement de « plea bargaining » à l'américaine. On lancera les procédures en fevrier 2010, au plus fort de la crise du chomage, pour distraire la population de ses épreuves.
http://nouvellesociete.wordpress.com/2008/03/11/143-nuremberg/
Pierre JC Allard
De Utilisateur désinscrit à sa demande 2
nc | 16H03 | 23/05/2009 |
Je n'achète pas cette histoire ; c'est de l'indignation bien sélective et bien mal dirigée.
Bush et sa clique ont délibérément menti au peuple américain et au conseil de sécurité, pour justifier leur guerre d'agression contre l'Irak.
Ils ont lancé l'armée américaine sur l'Irak, et tué des centaines de milliers de gens, majoritairement des civils.
C'est ça le crime. Alors qu'on vienne s'émouvoir du fait qu'on a torturé certains rescapés du bain de sang capturés à travers le monde par la CIA, ou en Irak et en Afghanistan par l'armée américaine, ça me paraît une diversion. Une diversion habile, mais une diversion quand même.
De toute façon, sur le fond, c'est toujours le même débat. Est-il moralement préférable de torturer un terroriste pour lui faire dire où et quand aura lieu l'attentat, ou de laisser mourir les victimes de l'attentat.
Ensuite, la torture, c'est une question de degré. On ne parle pas là de torture comme on savait les faire dans le bon vieux temps. C'est plus soft. A quel moment la pression physique et psychologique infligée à un détenu commence-t'elle à être qualifiée de torture ? Dès qu'il est porté atteinte à sa dignité ? Dès que ça le fait souffrir ?
En ce cas, la procédure pénale française rend la torture légale (conditions de garde à vue, détention préventive pour « attendrir la viande », etc…)
C'est l'arbre qui cache la forêt. N'oublions pas la forêt, qui est les centaines de milliers d'irakiens assassinés depuis 2003. Les 13 salopards, ce n'est pas à cause de la torture que je voudrais les voir trainés en justice…
à Utilisateur désinscrit à sa demande 2
De Lemmy_Nothor
The Emmett Grogan Memorial Barbecue | 16H13 | 23/05/2009 |
Mais toutes les administrations ont pratiqué la torture…..sauf qu'avant ils donnaient le boulot à des sous contracteurs…Pakistan, Amérique du Sud etc etc…..
à Lemmy_Nothor
De EulChe
Humaniste hère | 16H47 | 23/05/2009 |
Rien n'a changé de ce côté là Lemmy.
A Abu Grahib ce sont des compagnies privées de sécurité (e.g. des mercenaires) qui s'occupaient des « interrogatoires ». Et les escadrons de la mort qui ont massacré tant d'irakiens sont apparus quand Negroponte est arrivé sur place. Le même Negroponte qui était aux commandes des escadrons de la mort en Amérique centrale 20 ans plus tôt.
La différence c'est qu'au plus haut sommet de l'état la clique de Bush a donné les ordres beaucoup plus ouvertement, sans faire semblant de s'offusquer comme le faisaient leurs prédécesseurs qui ne donnaient leurs « consignes » que cachés derrière les services de renseignement.
à Utilisateur désinscrit à sa demande 2
De EulChe
Humaniste hère | 16H41 | 23/05/2009 |
Complètement d'accord avec toi.
Cependant si la torture peut permettre d'entamer une discussion sur les crimes et les responsabilités de chacun vis à vis du massacre irakien, et bien je prend…
De Green-Sky
Citoyen social-démocrate à Paris | 17H09 | 23/05/2009 |
« De toute façon, sur le fond, c'est toujours le même débat. Est-il moralement préférable de torturer un terroriste pour lui faire dire où et quand aura lieu l'attentat, ou de laisser mourir les victimes de l'attentat. »
C'est une question purement théorique. Je n'ai jamais eu connaissance d'un cas, dans le passé plus ou moins proche, où l'interrogation d'un terroriste ait permis, grâce à des méthodes « peu orthodoxes », d'obtenir des informations permettant d'éviter un attentat.
Cet argument a souvent été (et est toujours) utilisé par les Républicains pour justifier l'utilisation de la torture (ou de ce qu'ils appellent, par euphémisme, « enhanced interrogation techniques »). En réalité, ce scénario vient tout droit de Hollywood, et a été notamment repris dans une série télé (intitulée « 24 »). Mais cela a très peu de chances de se produire en réalité.
Cela dit, si même cela se produisait, il n'est absolument pas certain que la torture permette d'avoir des informations a temps. Mettez-vous 5 secondes (je ne vous en demande pas plus) dans la peau d'un terroriste, torturé par la police/les services secrets, mais aussi animé d'une haine fanatique des « infidèles » et prêt à mourir en martyr si sa mort peut tuer encore plus. Si la douleur de la torture devient telle que vous ne la supportez plus, n'auriez-vous pas tendance à donner n'importe quelle information, pour gagner du temps et permettre à vos complices de mener leur mission à bien pour faire exploser la bombe ?
(fin des 5 secondes, et excusez-moi d'avoir abusé).
à Green-Sky
De Utilisateur désinscrit à sa demande 2
nc | 18H12 | 23/05/2009 |
Si c'est le cas, pourquoi alors la pratiquer cette torture ?
Si on savait que ça ne marche pas, plus personne ne l'utiliserait, non ?
à Utilisateur désinscrit à sa demande 2
De Green-Sky
Citoyen social-démocrate à Paris | 19H20 | 23/05/2009 |
On ne l'utilise peut-être pas parce que ça marche, mais parce que ça sert d'exutoire à ceux qui l'utilisent…
Il y a suffisamment d'études qui montrent que la torture ne marche pas. Elle n'a pas permis à l'armée française de gagner la bataille d'Alger. En fait, l'être humain est surtout susceptible de dire n'importe quoi sous l'effet de la douleur. Tout ceci est bien étayé est vérifié.
Tenez, un example d'information que les Américains ont obtenue grâce au supplice de la baignoire (waterboarding) : c'est un haut cadre d'al-Qaeda, Ibn al-Sheikh al-Libi, capturé fin 2001 en Afghanistan et torturé à Bagram, qui a dit aux Américains début 2002 qu'al-Qaeda travaillait avec l'Irak de Saddam Hussein et avait en Irak des camps d'entraînement à la fabrication et l'usage d'armes chimiques.
Une information que les Républicains ont ensuite répétée ad nauseam pour justifier l'invasion de l'Irak…
à Green-Sky
De Green-Sky
Citoyen social-démocrate à Paris | 19H41 | 23/05/2009 |
D'ailleurs, à propos d'Ibn al-Sheikh al-Libi : il est mort il y a 15 jours dans une prison libyenne (comme son nom l'indique, il était libyen).
Je vous recommande particulièrement (si vous lisez l'anglais) la lecture de l'information dans le Washington Post, en ce qu'il rappelle comment il a transmis aux Américains des fausses informations.
http://www.washingtonpost.com/wp-dyn/content/article/2009/05/11/AR200905…
à Green-Sky
De Utilisateur désinscrit à sa demande 2
nc | 19H45 | 23/05/2009 |
Je ne suis pas convaincu. S'il était prouvé que c'est inutile, je ne vois pas pourquoi ces treize gugusses se seraient donné tout ce mal.
Je crois que la torture, ça dépend des gens. Pendant l'occupation, il y a des résistants qui ont parlé sous la torture. Et d'autres qui sont morts sans parler. C'est selon…
à Utilisateur désinscrit à sa demande 2
De Numerosix
Prisonnier dans le village global | 20H33 | 23/05/2009 |
à Utilisateur désinscrit à sa demande 2
De clive
20H46 | 23/05/2009 |
La torture peut être inutile pour obtenir des informations, et très utile pour faire avouer des crimes à des coupables désignés, surtout s'il ne les ont pas commis.
à Utilisateur désinscrit à sa demande 2
De Green-Sky
Citoyen social-démocrate à Paris | 21H00 | 23/05/2009 |
Oh, le problème n'est pas tant de savoir si les gens parlent, que si ce qu'ils disent est vrai, ou encore utile. Ibn al-Sheikh al-Libi a bien parlé sous la torture, mais il semble qu'il ait dit n'importe quoi.
In fine, la question est de savoir si le meilleur moyen d'obtenir des informations correctes, et utiles, est de torturer ou non. De nombreuses études faites dans les milieux militaires concluent que l'usage de la torture est contre-productif dans la majorité des cas (ces derniers mots laissent ouverts la possibilité que ça marche dans certains cas particuliers, mais la vision générale conduit à écarter ce genre de procédés - à titre de comparaison, il est rare que l'on arrive à séduire une femme en la violant, mais on ne peut pas l'exclure non plus).
Je n'arriverai sans doute pas à vous convaincre (et j'en suis désolé), mais je peux encore vous donner un lien en anglais, qui reprend le témoignage de Paul Restner, un des responsables des interrogatoires à Guantanamo. Il déclarait que la plus grande partie des informations obtenues des détenus l'a été par des méthodes d'interrogation non coercitives.
http://jurist.law.pitt.edu/paperchase/2008/02/chief-guantanamo-interroga…
à Green-Sky
De Utilisateur désinscrit à sa demande 2
nc | 21H04 | 23/05/2009 |
Mais je ne demande qu'à être convaincu. Ce que je ne comprends pas, c'est pourquoi Bush & co se seraient donné tout ce mal si c'est contre-productif.
L'hypothèse que je fais, c'est que ça doit être plus efficace quand on a le temps.
Un gars est torturé. Il finit par raconter n'importe quoi. On vérifie, on se rend compte au bout d'un moment qu'il a raconté n'importe quoi. Alors rebelotte, et ainsi de suite. Ca doit pouvoir user même les plus résistants ça non, pendant des mois et des mois…
à Utilisateur désinscrit à sa demande 2
De Green-Sky
Citoyen social-démocrate à Paris | 22H07 | 23/05/2009 |
Peut-être que Bush et son entourage se sont donné tout ce mal parce qu'ils croyaient que ça fonctionnait. Ils ont pu simplement se tromper…
Quand on voit ce que ça a donné avec Ibn al-Sheikh al-Libi, avec qui ils avaient tout le temps et qui leur a raconté des salades sur les liens entre al-Qaeda et Saddam Hussein, on peut mesurer qu'ils auraient dû y réfléchir avant.
(Là où cet exemple vous donne raison, c'est que Bush est quand même allé vérifier… ; -).
à Green-Sky
De queyrie
21H19 | 23/05/2009 |
« Elle n'a pas permis à l'armée française de gagner la bataille d'Alger »
Qui a gagné cette bataille d'après vous ?
La guerre d'Algérie a été perdue politiquement, pas militairement. A partir de 1960 le FLN n'était plus rien à Alger et l'ALN rejetée en Tunisie et au Maroc, au-delà des frontières. L'un comme l'autre était bien incapable de bouger un cil sans que nous le sachions immédiatement et que nous puissions réagir dans l'instant.
à queyrie
De Green-Sky
Citoyen social-démocrate à Paris | 21H42 | 23/05/2009 |
« Qui a gagné cette bataille d'après vous ? »
Le FLN. Politiquement s'entend, et finalement, c'est tout ce que l'histoire retient.
à Utilisateur désinscrit à sa demande 2
De Avigdor
homo sapiens | 12H31 | 25/05/2009 |
au crétin de droite…
franchement …
vous oubliez de dire que Sadam Hussein afait massacrer des civils kurdes avec du gaz, tuant femmes et enfants…
défendre un sanguinaire dictateur … bravo …
c'est quand même Bush qui a crée un début de démocratie en Irak …
les irakiens peuvent dire … merci Mr Bush de nous avoir débarrassé d'un dictateur …
vous avez été sélectionné , mais ici le critère de sélection est inversement proportionnel ….
étonnant non ? ? ? ! ! !
ne parlez pas à la place des irakiens … petit umpiste qui a toujours vécu dans la ouate …
à Avigdor
De compte sup. à la demande du riverain 25.08
chat de garde | 12H34 | 25/05/2009 |
Gazer avec des hélicos US, des composants des gaz Allemands, Ne parlez pas à la place des Irakiens, petit Frontiste qui a toujours vécu dans la ouate !
Crétin d'extrême droite !
De Lemmy_Nothor
The Emmett Grogan Memorial Barbecue | 16H49 | 23/05/2009 |
Par contre, le problème de la torture, c'est que l'info obtenue est douteuse….sous la torture j'avouerai n'importe quoi, même l'assassinat de Kennedy….des deux Kennedy, de Martin Luther King bref, qui vous voulez….
à Lemmy_Nothor
De dodu
Ménagère surdiplomée | 17H34 | 23/05/2009 |
C'est d'ailleurs une des raisons pour laquelle la torture préalable a été supprimé dans de nombreux pays d'Europe , parce qu'elle était tout à fait inefficace sur le plan de la résolution des affaires criminelles
à Lemmy_Nothor
De DBL8
Retraité | 18H48 | 23/05/2009 |
AH … c'est vous ? !
à DBL8
De Lemmy_Nothor
The Emmett Grogan Memorial Barbecue | 20H09 | 23/05/2009 |
Va falloir insister plus que ça quand même… ; -)
à Lemmy_Nothor
De Un compte supprime
nc | 04H02 | 24/05/2009 |
m'etonne pas, tu es une poule mouillee…
à Un compte supprime
De Utilisateur désinscrit à sa demande 2
nc | 04H25 | 24/05/2009 |
Dis-moi, Homère… tu es plutôt Ulysse, ou Achille ?
à Utilisateur désinscrit à sa demande 2
De Un compte supprime
nc | 09H05 | 24/05/2009 |
C'est malin.
De mauser
17H32 | 23/05/2009 |
Les grands responsables oui et alors ils ne seront pas poursuivis et ne risquent rien En plus vu leur âge et les deux défaites qu'ils traînent aux basques leurs carrières politique sont finie.
C'est juste pour dire qu'Obama lave plus blanc que Bush.
En cas de protestations trop vives attendez vous au sacrifice d'une ou deux petites mains soit des répugnants incapables de maîtriser ses démons ou le patriote qui l'a fait car c'était une obligation.
Pour qu'un grand chef soit passé en justice il n'existe qu'une solution un tribunal suite à une défaite et encor Nuremberg n'a pas convaincu et des poissons moyens y ont échappés en masse.
De thierry reboud
Fan-club à kk, carte n° 1 | 17H59 | 23/05/2009 |
Le parallèle avec la difficulté qu'a eu (et qu'a encore) la France à se dépêtrer de sa pratique de la torture me paraît tout à fait éclairant. Puisqu'il paraît que les militaires étasuniens ont étudié le film La Bataille d'Alger pour se familiariser avec la situation en Irak, j'imagine qu'il ne s'agit pour eux que d'une demi-surprise.
En revanche, lorsque je lis qu'on [y] trouve les petites mains obscures nécessaires dans toute dérive totalitaire, je ne suis plus aussi d'accord. La singularité étasunienne, c'est précisément d'avoir cherché à rendre légal ce qui, ordinairement, est recouvert d'un voile pudique de silence (le très célèbre Je ne veux rien savoir, débrouillez-vous pour…).
Je n'ai pas l'impression que les actes de torture commis par [placer ici l'institution qui convient le mieux à chacun] aient jamais été légalisés. Jusqu'alors, il n'y avait certes aucun moyen de s'opposer à la torture parce qu'elle avait cours dans des régimes d'arbitraire, et il est tout à fait certain que ceux qui la pratiquent ne le font que parce qu'ils savent qu'ils sont couverts. C'était le cas, notamment, pour les militaires français en Algérie.
Dans le cas étasunien, il me semble que la nouveauté tient précisément à ce qu'on lui donne un cadre légal. Nouveauté relative, il est vrai, puisque la chose a déjà été faite en Israël. Il n'est pas indifférent de constater qu'il s'agit bel et bien là de tentatives pour faire entrer la pratique de la torture dans le cadre démocratique, et c'est justement ce qui est grave. (Oui, je présente mes excuses à ceux qui : je tiens Israël et les Etats-Unis d'Amérique pour deux démocraties, certes exécrables, mais des démocraties tout de même).
Si je peux suggérer une lecture qui me paraît bien exposer les enjeux de cette problématique (entre autres) : Michel Terestchenko, Du bon usage de la torture ou comment les démocraties justifient l'injustifiable (Editions La Découverte), de préférence chez un vrai libraire que chez Amazon…