Le presse-pub 17/05/2009 à 15h20

« Rien n'est vrai dans les pubs de bouffe ! »

Le presse-pub | Tout sur la pub


Publicité pour le beurre - Vintage Ad #727 : It’s Not Parkay (Jbcurio/Flickr).

Un steak irrésistible, une glace parfaite, une magnifique bière glacée... les publicités alimentaires rendent les produits tellement attrayants qu’ils peuvent donner l’eau à la bouche au premier regard. Comment construit-on ces mirages de goût ? Rencontre avec Bruno Comtesse, photographe de publicité. Parmi ses employeurs (Bic, Les Echos, SNCF, Playstation...) figurent d’importantes sociétés de l’industrie alimentaire, telles que McDonald’s et Heineken.

Le presse-pub : Comment faire passer le goût à travers l’image ?

Bruno Comtesse : C’est très dur puisque la gourmandise, on n’a pas tous la même ! C’est pour ça qu’il y a des codes. Dans l’image publicitaire, et encore plus dans la bouffe, on suit des « briefs » assez précis, c’est-à-dire que les publicitaires font des tonnes de sondages avant de lancer une campagne. Le but de ces sondages est de comprendre les goûts du public pour faire à ce que leurs produits y correspondent. Le client a son idée d’un aliment savoureux et appétissant, il faut que la pub lui donne envie !

A travers quels outils parvient-on à une image « appétissante » ?

Le photographe s’entoure de stylistes culinaires, qui sont vraiment au point sur tous les codes. Tout est fait pour mettre en valeur le produit. Le choix de l’endroit est très important, ensuite il faut définir un style (rustique, design...). De toute façon, dès qu’on parle d’alimentation souvent tout est faux.

La glace n’est pas de la glace, la bière non-plus, le steak est cuit au chalumeau... c’est l’extérieur qui compte ! On rajoute des choses à la bière pour la faire mousser, pour la rendre onctueuse, on mélange des blancs d’œufs... C’est aussi une question de couleur : la couleur de la bière n’est pas forcément celle qu’on a en tête. Je me rappelle avoir fait une campagne de glaces et c’était de la pâte à modeler...

Mais n’est-ce pas un mensonge ?

La publicité n’est pas un reportage sur la nouriture. La pub représente toujours le mieux possible, mais je pense qu’un gars qui achète une glace au supermarché ne s’attend pas, en ouvrant la cellophane au dessus, à trouver une glace artisanale avec une chantilly super fraîche ! C’est un peu la même chose que pour les fringues : si vous allez chez Zara acheter une chemise à vingt euros, vous ne vous attendez à une chemise à cinq-cents !

Paolo Bosonin et Emanuele Marzari

Photo : publicité pour le beurre - Vintage Ad #727 : It’s Not Parkay (Jbcurio/Flickr).

Aller plus loin
  • 4861 visites
  • 30 réactions
Vous devez être connecté pour commenter : or inscrivez-vous
  • Lemmy_Nothor
    Lemmy_Nothor
    - Gone fishing !
    • Posté à 17h36 le 17/05/2009
    • Internaute 12434
      - Gone fishing !

    Je vous arrête tout de suite....j’ai même pas tout lu jusqu’au bout, je me suis arrêté à partir du moment ou vous avez dit que ....

    On rajoute des choses à la bière pour la faire mousser, pour la rendre onctueuse, on mélange des blancs d’œufs… C’est aussi une question de couleur : la couleur de la bière n’est pas forcément celle qu’on a en tête. Je me rappelle avoir fait une campagne de glaces et c’était de la pâte à modeler…

    J’ai travaillé sur plus de deux cents pubs de bières, et JAMAIS il ne fut ajouté quoique ce soit au produit.....du reste sous la legislation américaine et canadienne, c’est parfaitement illégal.....j’ajouterai même qu’un fabricant de bière qui possède plusieurs sortes de bières n’a pas le droit d’en faire passer une pour une autre, sous pretexte que la couleur est plus jolie à l’écran......si c’est comme ça qu’on travaille en Europe, c’est bien triste.

  • nemo3637
    nemo3637
    Déchoukeur
    • Posté à 18h10 le 17/05/2009
    • Internaute 44521
      Déchoukeur

    L’une des conséquences du marketing et de la consommation de masse est la dénaturation du goût chez la plupart des individus. C’est encore plus flagrant en Amérique du Nord.
    Il y a quelques années nous avions fait l’expérience avec un restaurateur qui avait invité les élèves de ma classe (« la semaine du goût »). Au dessert était servi un crème aux fraises sous deux formes : l’une était faite avec de vraies fraises - bien mures et naturellement sucrée- l’autre était préparée avec un arôme de fraise. Répétons que la teneur en sucre était la même de part et d’autre. Que croyez-vous qu’il arriva ? Les enfants préférèrent la crème faite avec l’arôme chimique de fraise... C’était ça de la fraise, comme dans les pots standardisés que l’on mange à la maison !
    Même chose dans les Antilles françaises où les enfants ont certes la chance de manger des pommes. Mais il ne connaissent plus les saveurs, ni même les noms, de nombre de fruits et légumes poussant sur place, délaissés.
    Moi, quand je ne mange du munster que lorsque je vais en Alsace. Et le reste du temps je survis comme je peux, en n’écoutant surtout pas la pub.

  • A déménagé le 27-01-2012
    • Posté à 22h25 le 17/05/2009
    • Internaute 19993
      nc

    Et sur ce « front » là, par contre, je n’avais pas abdiqué

    +1 mes parents ont fait pareil…
    Maintenant je les remercie de tout cœur ! les concombres du jardin, le pâté fait avec maman (contre mon gré, moi je voulais jouer à l’ordi hein) sont parmi mes plus beaux souvenirs d’enfance…