A la une 17/05/2009 à 20h22

Facedebouc, la blague qui ne fait pas rire Facebook

François Krug | Journaliste Rue89

Facebook n'aime pas les calembours. L'avocat du réseau social en France demande la fermeture de Facedebouc, site humoristique lancé par un étudiant toulousain. Son argument : on pourrait confondre les deux marques. Vraiment ?


Le logo de Facedebouc.com (DR).

Julien Berthomieu en est encore surpris. Cet étudiant de 22 ans à l'Institut supérieur européen de gestion, à Toulouse, explique avoir reçu le 31 mars un courrier de William Kopacz, avocat spécialisé dans le droit de la propriété intellectuelle. Objet de cette lettre : Facedebouc, un blog bricolé avec un ami fin 2008 « pour rigoler ».

« Un sérieux risque de confusion »

Le blog ne propose que des photos et des textes en hommage aux boucs, « ces animaux si braves et persécutés dans l'histoire ». Mais pour Facebook, c'est un dangereux concurrent. Et un voleur.

Dans son courrier, Me Kopacz voit dans le jeu de mots « une violation des droits antérieurs » de Facebook, marque déposée depuis 2007 dans toute l'Union européenne. Et selon lui, Facedebouc est un réseau social à part entière. Comme Facebook, donc :

« Vous intervenez dans le même domaine d'activité que la société Facebook, Inc. et l'usage de la dénomination “facedebouc” crée un sérieux risque de confusion. Nous vous demandons donc de renoncer à l'enregistrement et usage des marques et noms de domaines “facedebouc.com” et “facedebouc.fr”. »

Eco89 n'a pas pu obtenir d'explications de Me Kopacz, « en déplacement » selon son cabinet, ni de Facebook, « en plein déménagement » selon son attachée de presse. Julien Berthomieu, lui, explique que son courrier à l'avocat est resté sans réponse.

Facedebouc, Fessedebouc, Fessebouc...

En anglais, « facebook » signifie « trombinoscope ». En français, le nom du réseau social alimente de nombreux calembours. Un développeur informatique a baptisé son site Fessedebouc. Et Fessebouc, lui, se présente comme « le réseau social de ceux qui en ont assez de l'américain dans leur réseau social ».

Ces noms représentent-ils vraiment un « risque de confusion » ? Facebook n'a en tout cas pris aucune précaution contre les calembours lorsqu'il a débarqué sur le marché francophone. Selon le registre des marques protégées en Europe, il a en revanche déposé des noms de domaine plus dangereux, comme TheFacebook.

Si Facebook croyait résoudre le problème avec son courrier, c'est raté. Selon son créateur, Facedebouc attire en temps normal « 150 à 200 visiteurs par jour ». Des articles dans la presse régionale ont fait grimper le trafic, qui aurait atteint un pic de 14 000 visiteurs après un reportage jeudi dans le « Six Minutes » de M6.

Un exercice de travaux pratiques

Pour l'étudiant, Facedebouc est aussi un exercice de travaux pratiques en marketing. Sur son site personnel, Webenboite, Julien Berthomieu expliquait en novembre :

« En cours d'e-business, on doit créer un projet de site commercial, avec de la vente en ligne... Je sèche un peu sur l'idée, la vente en ligne ne m'a jamais vraiment préoccupé (...). Notre groupe va donc proposer la vente de produits dérivés de Facedebouc.com. Marrant, au moins on bosse en s'amusant et le concept est vrai, on est tous un peu des moutons. »

A ce jour, Facedebouc aurait vendu « une cinquantaine » de tee-shirts prônant la « Bouc'attitude ». Ce n'est pas la seule expérience commerciale de Julien Berthomieu. L'étudiant est le co-fondateur de Wechange.fr, un site permettant d'échanger et partager des cours.

Et Julien Berthomieu insiste : il n'a rien contre Facebook. Il en est d'ailleurs membre :

« On n'a pas trop le choix par rapport à certains contacts et certains groupes. »

Mis à jour le 19/05/2009 à 13h30 : le prénom du créateur de Facedebouc est bien Julien (comme indiqué dans la première partie de l'article), et pas Jérôme (comme indiqué par erreur dans la suite de l'article).

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  • skalpa
    skalpa
    actif et militant ?
    • Posté à 20h27 le 17/05/2009
    • Internaute
      actif et militant ?

    Y'en a qui vont se prendre une fessée...

    Lien

  • Numerosix
    Numerosix
    Prisonnier dans le village (...)
    • Posté à 16h06 le 18/05/2009
    • Internaute
      Prisonnier dans le village (...)

    Je ne comprends pas pourquoi il faut protéger les marques , ce ne sont pas du tout , malheureusement , des espèces en voie de disparition...

  • imorrison
    • Posté à 06h08 le 19/05/2009

    Simple. Monsieur l'avocat est rétenu pour protèger le client Facebook. Il spécialise en propriété intellectuel et il se fait quelques heures de paie en faisant une petit récherche et en envoyant une petite lettre à l'étudiant.. et en se faisant une bonne pub tout au même temps. ..il serait con de rien faire. Les affaires de droit fonctionnent comme ça..

    L'étudiant est censé avoir peur et fermer son site. Ou, sinon, l'avocat lance un procès que l'étudiant ne veut certainement pas financer lui-même.. mais que l'avocat serait trop content de charger à son client.

    Je ne suis pas certain par rapport à la loi en France à ce sujet. Aux USA c'est claire que le site est une parodie et que même un bouc complètement con ne confondrait pas les deux sites. Aux Etats-Unis la parodie est « Fair Use » - une forme d'expression protégé par la Constitution.

    Le pire blague serait si jamais un tribunal/juge français se mettait dans le camp Facebook.

    En espèrant que M. Julien ne sert pas de bouc émissaire..