Les relations, ça compte : c'est, cette année, le titre que l'AIPAC, l'American Israel Public Affair Committee, l'organisation la plus puissante du lobby pro-israélien aux Etats-Unis, a donné à sa grande conférence qui s'est tenue à Washington début mai.
Ce rassemblement de plusieurs milliers de militants, donateurs et hommes et femmes politiques américains de tout horizon qui ont en commun un farouche soutien à la politique de l'Etat hébreu, a aussi été l'occasion de voir que quelque chose est décidément en train de changer dans la politique américaine au Proche-Orient.
Ce titre n'a pas été choisi tout à fait au hasard, la relation dont il s'agit est la « relation spéciale » qui unit les Etats-Unis et Israël depuis une quarantaine d'années.
Quatre décennies de « relation spéciale »
Les analyses divergent sur la date exacte du début de cette « relation spéciale ». Pour certains elle se met en place un peu après la Guerre des Six Jours, lors de la rencontre entre Levi Eshkol et Lyndon Johnson en octobre 1967, pour d'autres au moment du pont aérien américain en faveur de l'État hébreu en pleine Guerre de Kippour (octobre-novembre 1973).
Depuis quelques semaines, AIPAC comme le nouveau gouvernement israélien dirigé par Benjamin Netanyahou, hésitent sur les interprétations à donner à divers signes qui viennent de la maison blanche. Obama se prépare-t-il à faire pression sur Israël afin de réussir son pari de régler par des moyens diplomatiques la question iranienne et le conflit israélo-palestinien ?
C'est en tout cas ce que pensent des journalistes israéliens. « Même une tempête de neige commence par de petits flocons » écrit Yoel Marcus, dans le quotidien Haaretz.
Les messages qui indiquent que l'époque du chèque en blanc américain pour tout gouvernement israélien est révolue, sont nombreux. D'abord, l'insistance avec laquelle Hillary Clinton martèle que les Etats-Unis voient comme unique solution la création d'un État palestinien.
Ensuite, le fait que cette position a été rappelée aux délégués d'AIPAC par le vice-Président Joe Biden et le Chef de cabinet de la Maison Blanche, Rahm Emanuel. L'un comme l'autre, avaient été, souvenons nous, un peu rapidement présentés en France comme des inconditionnels d'Israël. La France aime se faire peur mais attendre les actes avant de lancer des jugements définitifs est parfois une meilleure façon de comprendre le jeu complexe qui se joue.
Netanyahu n'a pas le droit à l'erreur
Coté israélien, le rapport de force reste incertain. Benyamin Netanyahou sait qu'il n'a guère le droit à l'erreur. Après un mandat catastrophique de 1996 à 1999, où les relations avec l'Amérique de Bill Clinton avaient été exécrables, il souhaite montrer qu'il est un chef d'État qui peut faire la paix et son modèle est peut être Menahem Begin, chef historique de la droite israélienne qui avait su faire la paix avec l'Égypte, accepter la courageuse main tendue par le président Sadate et rendre l'intégralité de la péninsule du Sinaï.
Mais « Bibi » Netanyahou ne gouverne pas seul et il a un allié aussi encombrant que puissant, Avigdor Lieberman, Ministre des Affaires étrangères. Ce dernier, avec son parti Israel Beitenou, qui dispose de 15 sièges sur 120 à la Knesset ne perd pas une occasion de rappeler que le processus de paix est selon lui une perte de temps.
Lorsqu'il succède à Tzipi Livni le premier avril, il en profite pour déclarer que son pays n'est pas tenu par le processus de paix d'Annapolis, et, avant sa tournée européenne, donne un très long entretien au quotidien anglophone Jerusalem Post dans lequel il détaille ses lignes rouges qui ont fait frémir les chancelleries : contre le moindre contact, direct ou indirect, avec le Hamas, contre une solution à deux États et enfin, histoire de mettre tout le monde en confiance, il insiste sur le ras le bol que lui inspirent les « slogans » européens et américains tels que « processus de paix » et « Etat palestinien ».
Il y a des chances que Barack Obama, lors de sa rencontre avec Benyamin Netanyahou, le 18 mai à la Maison-Blanche, présente les choses comme suit : les États-Unis s'engagent à poursuivre la formule pressions-négociations sur Téhéran et assurent Israël que sa sécurité sera défendue par Washington mais, il exigera du gouvernement israélien qu'il effectue un arrêt total de la colonisation en Cisjordanie et qu'il se prononce publiquement en faveur d'une solution à deux États.
La proposition du roi de Jordanie
Un fidèle allié des États-Unis, le Roi Abdallah de Jordanie, propose un plan de paix particulièrement ambitieux et est persuadé qu'Obama en fera état au chef de gouvernement israélien. C'est la version étendue du plan de paix de la Ligue Arabe de 2002, dont la formule consiste en un retrait total d'Israël des territoires occupés depuis 1967 (Cisjordanie, Jérusalem- Est et Golan syrien) en échange d'une reconnaissance diplomatique d'Israël par les 22 pays arabes.
Dans un récent entretien au Times de Londres, Abdallah affirme que ce plan pourrait être accepté par tous les pays musulmans. Si cette démarche se confirme, il s'agirait d'une proposition de paix concernant Israël et pas moins de 57 pays.
Netanyahu saisira-t-il cette opportunité ? Difficile à dire, mais, en Israël, on commence à prendre conscience que la patience de la communauté internationale a des limites. La récente guerre de Gaza, si elle pouvait répondre dans ses premières heures à un légitime besoin pour Israël de défendre sa population des tirs du Hamas, a été un désastre humain et un terrible coup diplomatique pour Israël qui lui porte préjudice. De la colère turque, l'allié musulman le plus important, aux manifestations en Europe et à la colère du monde arabe, il apparaît qu'Israël risque un isolement durable.
Si le gouvernement israélien reste dans une logique exclusivement sécuritaire, Israël pourrait être amené à faire les même concessions dans quelques années, cette fois ci sous la menace et la pression d'un Iran nucléaire et d'un Hamas qui aura pris le pouvoir en Cisjordanie, renversant le Président Mahmoud Abbas, dont les Palestiniens se demandent bien ce qu'a apporté jusqu'à aujourd'hui sa volonté de dialogue avec Israël.




















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De Numerosix
Prisonnier dans le village global | 16H02 | 16/05/2009 |
Ouais, c'est moins pire qu'a Dresde et à Hiroshima …
Mais je ne sais pas si ça vaut mieux que d'attraper la scarlatine ..
à Numerosix
De philipp
retraité | 16H07 | 16/05/2009 |
Evitez de l'attrapper , pour la Rue d'abord, pour vous accessoirement ! !
De tasfa
humain | 15H06 | 16/05/2009 |
Pour revenir à l'article, le changement a bien eu lieu au congres de l'APAIC , où clinton et biden ont martelé devant ce lobby, proche de la droite réactionnaire américaine et israelienne, la necessité de la creation d'un etat palestinien viable.
Autre indice, obama parle d'un etat palestinien comme d'un objectif essentiel comme l'est la securité d'israel. Il est le premier president US a mettre ces 2 objectifs a pied d'égalité ( dans le discours … certes mais c'est un changement)
Et recemment un conseiller du president a déclaré, en reponse aux exigenses israeliennes sur l'iran, que s'ils voulaient aider les USA a convaincre les iraniens il fallait qu » israel s'engage sur la voie de la creation d'un etat palestinien.
Aujourd'hui c'est du donnant , donnant et la tactique de netanyahou de placer l'iran comme en tete d'affiche afin de faire oublier le sort des palestiniens n » a pas l'air de fonctionner.
à tasfa
De colyz
psy | 11H12 | 17/05/2009 |
Pas trop convainquant d'après moi la supposé tactique de netanyahou comme quoi (je vous cite) « il voudrait placer l'iran comme en tête d'affiche afin de faire oublier le sort des palestiniens ».
Je ne suis pas expert en tactique mais je me dis que les choses sont plus complexes :
répondre aux attentes des israéliens qui ont soutenu liberman est probablement aussi une des préoccupations de netanyahou (qui sont ces israéliens ? des russes ? quelle est leur situation en israël ? pourquoi ont-ils soutenu liberman ? y a-t-il aussi des revendications internes d'avoir un emploi qualifié ? …)
La politique israélienne ne se définit pas seulement par rapport à la question de la création d'un état palestinien ou à celle de sécuriser le pays contre l'iran, vous passez sous silence cette dimension très importante.
à colyz
De tasfa
humain | 12H06 | 17/05/2009 |
Je suis d'accord mais j'interviens sur un article qui traite de la relation entre netanyahou et obama et plus largement entre les USA et israel et les deux questions importantes aujourd'hui (ce ne sont pas les seules) sont l'arret de la colonisation et la poursuite des negociations avec les palestiniens et l'attitude à adopter vis à vis de l'iran.
à tasfa
De Avigdor
homo sapiens | 13H33 | 17/05/2009 |
@ tasfa….
Votre billet brille pour sa vacuité …
Vous l'Européen type de gauche et pacifiste, … prêt à toutes les bassesses pour avoir un semblant de paix ….
« Car dans tout combat, le plus puissant, même s'il est l'offensé, semble, parce qu'il peut davantage, être l'agresseur. » Salluste
« Les faits sont têtus ; quels que soient nos souhaits, nos inclinations ou les voeux de nos passions, ils ne peuvent changer l'état de fait et la preuve. »
Oh yo yo…
De Avigdor
homo sapiens | 11H33 | 17/05/2009 |
Qui connait vraiment Abbas ? ? ? ! ! ! !
Ce fourbe ….mais bon peut on reprocher à un scorpion de piquer …. oh yo yo …
Explications…
Le double-jeu d'Abbas double-face, d'une main faisant pression sur Israël pour qu'il détruise le Hamas à Gaza et, d'autre part, lançant des campagnes à travers le monde pour que les commandants militaires israéliens soient jugés par toutes sortes d'instances s'attribuant une quelconque « compétence universelle », alors même que le système juridique israélien se suffirait à lui-même en cas de « débordement », a récemment été mis en lumière par les services internes du Ministère des Affaires étrangères.
Abbas, l'intriguant manipule à sa guise la politique du « beurre et de l'argent du beurre », afin d'obtenir plus de concessions sur le plan international. Il joue sur les divers tableaux, voulant reprendre la main sur le Hamas qui lui subtilise des pouvoirs et territoires, tout en servant de soi-disant « négociations » pour pointer du doigt Israël, lorsque l'Etat hébreu renforce ses positions en assurant sa propre sécurité.
Gageons que des mesuresseront prises pour l'inciter à cesser ses manigances hypocrites…
Ce genre d'analyse sur les faits … qui dépassent l'entendement du'un doctorant lèche babouche du genre SGM ….
Un état Palestiniens ? ? ? ! ! ! , ils ne le méritent pas …
SURTOUT PAS !
Tout se mérite dans la vie …
Laissons passer une génération et peut être on verra ….
Pendant ce temps les Européens, entre autres , continueront à passer à la caisse et à engraisser les dirigeants du Fata et du Hamas ……pour avoir la paix en somme …
Partagez les richesses ….
Ah qu'on se marre …
à Avigdor
De colyz
psy | 11H47 | 17/05/2009 |
Qui connaît vraiment Avigdor ?
à colyz
De Numerosix
Prisonnier dans le village global | 11H53 | 17/05/2009 |
A vrai dire , on a pas vraiment envie de le connaitre , d'aprés ses posts ..
En vrai, je sais pas, après tout ..
à Avigdor
De SuperAlAmAs
homo sapiens sapiens qui sait qu'il... | 10H38 | 19/05/2009 |
pour résumer Abbas « ferait » comme tout le monde, en gros…
Quel suspens pour pas grand chose…
C'est vrai qu'on se marre pas mal avec tes post chacal du désert assoiffé de feu… ah ah ah
De SuperAlAmAs
homo sapiens sapiens qui sait qu'il... | 14H11 | 17/05/2009 |
LE « Lepen » juif ne doit pas être ravis de sa relation avec un métisse au deuxième prénom de Hussein…
De rrrobotom
Echec et Mat | 16H52 | 18/05/2009 |
Il s'agit là d'un article où le raisonnement est très logique,fait par un jounaliste claivoyant et perspicace. Bravo Samuel.G.M. Toutefois, pour moi du moins, le problème restera toujours ainsi : est ce que la paix arrange le gouvernement israelien oui ou non ? Il y'a beaucoup d'intéret et d'argent derrière la guerre il y'a aussi l'essai de nouvelles armes contre la population palestienne (bombe à fragmentation, à phosphore et autres armes en cours de projet), il y'a des terres à conceder etc.etc. Ceux qui ont auparavant appuyé inconditionnellement les gouvernements israéliens dans leurs politiques belligérante et surtout d'expansion sont les pires ennemis de la paix. Ces gens ont laissé à OBAMA un héritage plein de sang et d'injustice qu'il serait très difficile de faire avancer le processus de paix même d'un pas. A. Lieberman en sera le garant du non aboutissement de ce projet. en tout cas WAIT AND SEE. Tout ce que j'espère c'est que l'intéret pour tout le monde soit dans la paix.
De QuatermainMadiba
doctorant droit | 10H31 | 20/05/2009 |
C'est quoi ce post ? On part d'un article et on arrive à se lancer toute une série de liens musicaux…J'avoue que c'est plus sain que de s'envoyer des martyrs ou des obus à la face, mais ça n'apporte rien d'utile si ce n'est de pouvoir se sentir impliqué. Mais la vérité est que si cela vous tenait réellement à coeur vous auriez des débats plus élevés notamment le légume vert, le sioniste et le Sarkophile…ou sarkofan je sais pas…
Bref, un nouveau débat de faible tenue et demain encore les morts et la brimade, la souffrance d'un coté et de l'autre, encore les morts, la souffrance et l'arrogance de se sentir particulièrement différent…
Bah, c'est pas grave repartons pour 60 ans…
à QuatermainMadiba
De leconcombrevert
La vraie vérité >:-)) | 10H59 | 20/05/2009 |
Bonjour QuatermainMadiba,
puisqu'il est question de légume, je me sens visée par votre critique, ai-je raison ? Toujours est il que je ne vois aucune utilité à débattre sérieusement avec un troll bien franchouillard qui se fait « sioniste » et poste en « Avigdor » quand ca lui chante, mais que les habitués de rue89 connaissent amplement sous d'autres pseudos et toujours la meme couleur brunatre …..