Le rappeur Orelsan en veut à son tour à la liberté d'expression
Le controversé rappeur menace de procès les associations appelant à son boycott en raison de la violence de ses chansons.
Depuis un mois et demi, la polémique n'a pas vraiment molli à propos du rappeur Orelsan. Pour ceux qui seraient passés à côté, ce fils de profs de 25 ans prénommé Aurélien a sorti son premier opus le 16 février. Et, quelques années plus tôt, des titres plus controversés, comme « J'aime pas la Saint Valentin » ou « Sale pute », dont voici un extrait :
« Tu es juste une putain d'avaleuse de sabre, une sale catin
Un sale tapin tout ces mots doux c'était que du baratin
On s'tenait par la main on s'enlaçait on s'embrassait
On verra comment tu fais la belle avec une jambe cassée
On verra comment tu suces quand j'te déboiterai la mâchoire
T'es juste une truie tu mérites ta place à l'abattoir. »
Interviewé par l'Express fin mars, le rappeur explique « qu'il ne faut pas tout prendre au premier degré ». (Voir la vidéo)
Au début, la liberté d'expression…
C'est Valérie Létard, secrétaire d'Etat à la Solidarité, qui a dégainé la première contre ces propos « ignobles » et incitant à la haine des femmes. Suivie par un cortège d'associations (dont beaucoup de collectifs féministes mais pas seulement). La mobilisation gagne enfin du terrain quand le Printemps de Bourges annonce qu'il maintient le rappeur dans sa programmation, le 25 avril.
Pour le patron du festival, cet album serait en effet « le parfait reflet d'une génération un peu perdue et désabusée ». Oreslan recueille de nombreux soutiens sur Skyblog. D'autres sont plus inattendus, comme celui de François Bayrou, qui, interviewé par l'Express fin avril, n'y a « pas vu une apologie de la violence ». (Voir la vidéo)
D'autres réclament donc le boycott d'Orelsan, comme la ministre de la Culture, Christine Albanel, appelant de ses voeux, fin mars, « un Internet civilisé » qui passerait au tamis les clips qu'il diffuse. Des associations, comme Mix-Cités, le Planning
famillial, ou encore Pulsart, collectif d'artistes de Montreuil, en Seine-Saint-Denis, appellent également au boycott.
De son côté, le PS a protesté dans un premier communiqué du 27 mars… avant de faire volte-face dans un second communiqué du 21 avril, pour désavouer au nom de « la liberté de création » le président, socialiste, de la région Centre, qui avait sucré une partie des subventions allouées par sa collectivité au Printemps de Bourges.
« Haut parleur d'une génération décomplexée et décomplexante »
Durant la dernière semaine d'avril, à l'approche de Bourges, la controverse franchit un nouveau pallier. Une MJC de Rennes décide en effet de maintenir la programmation d'Orelsan (avec le soutien des élus socialistes locaux), vantant sur son site l'artiste comme »haut parleur d'une génération décomplexée et décomplexante ».
Mobilisation du côté des mouvements féministes et de Pulsart, qui font le déplacement au concert rennais, le 21 avril, et distribuent des tracts à l'entrée de la salle. Regain de tension : les CRS ont fini par intervenir pour que le concert ait bien lieu.
Le lendemain, l'avocat du chanteur rédigeait un courrier destiné à quatre associations, qu'il « met en demeure d'interrompre immédiatement toutes les actions de nature à porter atteinte au bon déroulement de la carrière d'Orelsan ». Rue89 s'est procuré ce courrier : une menace de poursuites judiciaires si le Planning Famillal, Mix-Cités, Pulsart et le CIDFF ne cessent leur action.
Mais le texte de l'avocat du chanteur écorne quelque peu la ligne défense de son client, qui se réfugiait jusque-là derrière sa totale liberté d'expression. Celui-ci souhaite en effet interdire à des associations de protester contre la programmation d'un artiste, voire d'imprimer des tracts, comme celui-ci :

Menacées de procès si elles refusent de se taire, les quatre associations visées n'entendent pas la mettre en veilleuse.
« On n'est pas aux Etats-Unis »
Ainsi, Pulsart continue de militer contre Orelsan « au nom d'un choix de société, parce qu'on n'est pas aux Etats-Unis où un amendement de la Constitution permet de dire tout ce qu'on veut ». Maxime Apostolo, à la tête de Puslart, réfute l'argument de la liberté artistique à tout crin :
« Chez Pulsart, nous ne sommes que des artistes, on ne nous la fait pas, dans le registre de la métaphore artistique. Ce qu'on voit, en travaillant notamment sur les relations entre les garçons et les filles dans les cités, c'est le formidable écho que des paroles comme celles-à peuvent avoir, justement parce que c'est un chanteur qui s'exprime.
“Et qu'on ne nous dise pas qu'on est bien pensant ! La bien-pensance, elle est chez Libé, le Monde, les Inrocks, ou au PS, dans cette soit-disant gauche qui se donne des frissons en laissant passer des propos porno-violents sous prétexte qu'ils sont destinés aux femmes, alors qu'on ne tolérerait pas le dixième de tout ça si cela concernait des Arabes, des Noirs, des Juifs, des Homos.”
Apprenant l'existence de ce courrier, les Verts raillent le paradoxe :
“Chacun doit être cohérent : on ne peut, pour soi-même, exiger le droit de s'exprimer en toute liberté et, ensuite, interdire aux autres de parler.”
Officiellement, Orelsan se serait engagé à dispenser son public de certaines des chansons les plus trash. Buzz aidant, les paroles au coeur de la polémique n'ont précisément jamais été aussi audibles.
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De Glam
juste ce type, vous savez ? | 18H48 | 14/05/2009 |
Dans un sketch récent, Groland comparait le cas Orelsan (tollé, censure etc) au cas Bigard (popularité, visite au pape etc).
J'invite ceux qui ne voient pas le rapport à écouter le sketch « le lâcher de salopes ».
De C. Sauvage
éditeur | 18H59 | 14/05/2009 |
« Jusqu'au sang… »
Hier soir à l'entrée du Bataclan où se produisait l'artiste sexiste plusieurs associations réunissant des femmes mais aussi des hommes avaient appelé à manifester. Tout s'est passé dans le plus grand calme mis a part quelques doigts d'honneur brandis par des spectateurs pressés d'entrer.
On devait craindre le pire car, à en croire Orelsan, tel qu'il s'était expliqué dans Les Inrockuptibles, la violence la plus extrême avait marqué la manifestation précédente à Rennes avant son concert (« Une féministe a mordu un des types de la salle jusqu'au sang. J'ai dû rester des heures enfermé dans la salle pour ne pas envenimer les choses »…) De nombreuses discussions ont opposés manifestants et spectateurs ou fans. Dans le plus grand calme.
M. le chanteur n'ayez pas peur. M. l'avocat ne vous ridiculisez pas davantage. Quant au PS, Bayrou et compagnie passez votre chemin. Vous ne savez même pas de quoi vous parlez.
De JanVanHouten
Informaticien | 19H29 | 14/05/2009 |
C'est quand même dommage cette histoire.
Orlesan est pas forcément super doué, mais c'est plus un rappeur satyrique qui fait essentiellement dans la parodie le rap sérieux. Il me semble qu'il est plus à placer à coter d'un Camini que des méchants bourrins.
Il joue des personnages losers dans la plus part de ces chansons et vise plus l'humour qu'autre chose.
Alors ouais c'est vulgaire, c'est pas fin et pas forcément réussit.
Mais il suffit de voir le clip pour constater qu'on est là face à du second degré.
De vinz13
bisounours gauchiste | 19H35 | 14/05/2009 |
Orelsan est avant tout un personnage, un personnage de crétin libidineux, dépassé par le monde qui l'entoure, paumé quoi, nourri de jeux videos, de télé, de films pornos. Un loser même pas magnifique. Le fruit d'une époque, bête sans pouvoir être méchant. Il est ces millions de jeunes qu'on dit deseuvrés parce que sans travail, ne pigeant rien aux femmes, presque incapable d'aimer, sans cesse au bord de la dépression à force de mener une vie merdique.
Combien vous en voyez des jeunes comme lui autours de vous ? Moi j'en vois des tas, tout le temps. Mes amis d'enfance, mes ancien camarades de lycées, leurs frères, des cousins. 25 ans chômeurs, sans l'ombre d'une perspective d'avenir. Leur expérience du travail ? De l'exploitation éhonté et mal payé, des contrats précaire en veux-tu en voilà. Pas de fric, pas de sortie, pas de rencontre. On se tape une turlutte sur le net en attendant.
Vous appelez ça une vie ? C'est celle que raconte Orelsan
De guyome
19H56 | 14/05/2009 |
Pour résumer, on a une chanson de rap « auto-caricatural », avec des textes machistes. Que les feministes (et d'autre) dénoncent les propos d'Orelsan : normal quand on dit n'importe quoi il faut assumer (visiblement, il a pas se rends pas tout à fait compte du machisme de la chose, mais passons…).
Suite à quoi, les politiques ont décider d'ajouter au n'importe quoi de départ. Et donne corps, à « culture subventionnée » pour les socialistes et « censure » pour l'UMP. Génial.
Comme si c'était pas encore assez débile comme ça, le jeunot menace les assos. Parce que faut pas déconner, la liberté d'expression s'est bien joli, mais faut quand même pas que ça pourrisse « la carrière d'Orelsan ».
En conclusion, soit la liberté d'expression perd, soit la liberté d'expression perd. Intéressant, comme idée.
Que les assos continuent de combattre les conneries du jeune monsieur, que les organisateurs de concerts continu de faire exactement ce qu'il veulent et que, surtout, les politiques évite les grandes déclarations. Surtout celle sur « l'internet civilisé »
De matnw
21H27 | 14/05/2009 |
J » étais a ce fameux concert de Rennes (pas pour Orelsan, mais pour le groupe de tête d'affiche Zone Libre (avec Serge Teyssot-Gay), Hamé (La Rumeur) et Casey.
D'abord, les mouvements féministe gênaient un peu l'entrée à la salle, mais ne la bloquait pas complètement (j'ai d'ailleurs pu rentré en 5 minutes. Par contre, je me suis rendu à salle assez tard parce que je ne voulais pas voir Orelsan justement et peut être que je n'étais pas le seul et peut être c'est plus pour cette raison que la salle a commencé a se remplir aussi tard.
Personnellement, je ne trouve que Orelsan n'est intéressant ni musicalement, ni textuellement.
J'en ai un peu marre de tout ce buz qui ont finalement plus servi l'« artiste » qu'autre chose.
ça m'énerve aussi de voir tout les intellectuelles et la presse bobo en faire leur cheval de bataille.
Je suis contre la censure, mais pour moi Le niveaux des textes de Orelsan ne vole pas plus haut que celui de Bigard et ne mérite donc pas autant de mobilisation
Je ne comprends pas pourquoi l'Antipode (salle subventionnée) ont décidé de le programmer en première partie de Zone Libre.
Là je me sens réellement insulté, ne plus être considéréun auditeur, mais un consomateur
De matthieudraft
newbie | 20H30 | 14/05/2009 |
Perso, j'ai vu Orelsan à Bourges. D'ailleurs, je n'avais jamais entendu parlé de la polémique avant d'etre au festival. Alors par curiosité, je suis allé voir le show.
Et bien c'etait un show plutot bon, assez drole ! Rien de bien choquant !
En tout cas, les propos ne sont pas plus « durs » que ceux de TTC ou du Klub des Loosers… et dans un registre moins second degré : 25G.
Bref, du mal à comprendre pourquoi met on une fatwa sur ce jeune garçon…
De FabiendeMénilmontant
journaleux - blogueur | 20H48 | 14/05/2009 |
Si les nanas te quittent, essaie avec un mec… lui ont répondu les femmes qui étaient hier au Bataclan :
http://arlette20.blogspot.com/2009/05/orelsan-suite.html
Ce que je ne pige pas, c'est que personne ne soit gêné par l'expression « je vais te Marie-trintigner »…
à croire que personne n'écoute ou n'a pris soin d'écouter, avant de dire du mal ou de défendre n'importe comment ce genre de conneries !
Du grand n'importe quoi.
Cent francs dans le nourrain, Brédala.
De lally
professeur | 21H18 | 14/05/2009 |
Pour votre culture personnelle, le Planning Familial fait de l'information sur la contraception dans les collèges et lycées, reçoit de plus en plus de jeunes filles victimes de violences de jeunes gens (de l'âge d'Orelsan) , jeunes gens qui trouvent très normal de frapper une fille juste parce qu'elle est une fille et donc faite pour ça.
Doit-on rappeler les engagements des associations féministes lorsque la petite Sohane a été brûlée et violée dans une tournante ? Doit-on aussi parler aussi de leur engagement en faveur des femmes battues ?
Leur constance dans le domaine social n'est plus à démontrer.
D'autant plus que le Planning Familial a failli disparaître simplement parce que l'Etat ne souhaitait plus doter cette association qui pourtant aide chaque année environ 600 000 jeunes filles et femmes.
De mon côté, femme et féministe, je propose chaque semaine depuis 3 ans dans ma ville, à des enfants de quartiers ultra défavorisés, un atelier d'arts plastiques avec en plus une aide aux devoirs où je reprends les fondamentaux de la lecture, de l'écriture, des maths. Et en fin d'année, exposition de leurs travaux durant la fête de quartier et sortie au musée.
Alors avant de brandir l'argument de la bien-pensance en parlant des féministes, je crois que vous devriez quelque peu vous informer de nos luttes.
De ker
21H30 | 14/05/2009 |
Encore un puceau qui joue au macho
De NonooStar
Informaticien | 21H51 | 14/05/2009 |
Personnellement, je dirais plutôt « La CHANSON évoque un braillard inculte car décérébré, qui appelle à massacrer une fille façon “ gang des barbares ” parce qu'elle l'a quitté. »
Orelsan a plusieurs fois indiqué que cette chanson n'était finalement qu'un exercice d'écriture, le but étant justement de retranscrire ce qu'il se passe dans la tête du « braillard inculte car décérébré » qui vient de se faire larguer.
Même si je vois bien la différence de talent entre les deux, je ne vois pas plus de raison d'accuser Orelsan d'être machiste que de censurer Nabokov pour pédophilie (si je me souviens bien, « Lolita » est écrit à la première personne, non ? ).
Mais bon… visiblement, certains ne sortent pas qu'un créateur (puisque visiblement parler d'artiste pour désigner Orelsan semble choquer) puisse retranscrire fidèlement ce qu'il se passe dans la tête de certains machos sans s'auto-censurer ou sans s'imposer d'y adjoindre un jugement moral. Bizarrement, les mêmes ne sont pas plus choqués que ça par le « Lemon Incest » de Gainsbourg. Qui a dit « deux poids, deux mesures » ?
De unpticon
passant | 22H10 | 14/05/2009 |
pourquoi ne pas s'attaquer plutôt au super productions universal et consorts tels que les pussycat dolls ou madonna qui diffusent et de manière beaucoup plus intensive une image dégradante de la femme objet sexuel. mais bon c'est plus facile de taper sur orelsan et de crier au loup.
De lally
professeur | 22H22 | 14/05/2009 |
En tant qu'artiste et prof d'arts plastiques et d'arts appliqués, demain si je décide d'appeler dans une chanson à tabasser les hommes infidèles voire les prostituer pour les salir et les réduire plus bas que terre, vous trouverez ma démarche artistique ?
Je ne le pense pas. Vous trouverez ma démarche nullement artistique mais parfaitement intolérable et violente.
Féministe, je vis en union libre, suis contre le mariage et pour la liberté sexuelle. Dans les deux sens. Ca fait partie justement de l'entente de base de mon couple. Mon compagnon peut aller voir ailleurs dès lors qu'il use d'une contraception et ne me parle jamais de ses aventures. Idem de mon côté.
10 ans de vie commune sous ce régime. Nulle séparation en vue et toujours envie de vivre ensemble. Parce que ce que nous partageons ce n'est pas juste du sexe et que notre couple a trouvé une autre raison de vivre que la possession du corps de l'autre.
Ca vous étonne ?
Je ne suis sans doute pas dans la norme des féministes de votre connaissance. Et pourtant je me revendique comme telle.
Et ça ne m'empêche pas de trouver inacceptables et odieuses les paroles d'Orelsan.
Notre état français ne subventionne ni curé ni imam, ni rabbin.
Notre état français est laïc donc sépare état des religions et des cultes.
Que l'actuel gouvernement fasse des pieds et des mains pour redonner un pouvoir aux religieux, je suis d'accord.
Il n'est qu'à lire certains décrets récents du JO et de constater la présence d'un prêtre opusien dans le ministère de Christine Boutin.
Mais merci, 1905 a encore une certaine force législative.
Nous ne sommes pas une théocratie.
De GSR
Lycéen | 22H27 | 14/05/2009 |
Les associations féministes ont donc que ça à faire… Demander le boycott d'un artiste pour une chanson qu'il a faîte il y a 3 ans, qu'il ne présente pas en concert, et qui n'est pas en album. Albanel ne connaît ni le rap, ni internet et elle parle, elle parle. Censure ? Elle aimerait bien.
Je vois d'après tous vos commentaires que vous n'avez rien compris et vous vous permettez de le juger. Vous avez déjà regardé ses clips ? C'est de la dérision à 100 % !
A l'enseignante qui dit qu'il n'a rien à faire dans le rap je me demande ce qu'elle a à y faire dans son domaine… Tout le monde aura remarqué que ses textes sont un minimum travaillé, que ça sonne bien et que c'est drôle. Il n'y a pas que le rap hardcoreundergroundanslescavesjeniquelapolicelatécicébagdad. C'est un autre style, ça change, et ça dérange.
« Les vieux y comprennent pas ce qui se passe dans la tête des jeunes, y ont pas été élevé par la télé, par la playstation. Ils comprennent pas à quel point on est fêlés y connaissent pas internet les boites les grecs les dvd »
De adrak
22H44 | 14/05/2009 |
ll n'y a rien d'humoristique dans The End ou Apocalypse Now. Jim Morrison raconte une histoire, l'histoire d'un psychotique, et bien-sûr on ne sait pas dans quelle mesure il se raconte lui-même avec ses angoisses, ses hallucinations, ses fantasmes, ses cauchemars, etc. Il alterne subtilement entre la narration à la première personne et à la troisième, pour prendre ses distances justement. Et enfin il n'y a rien de vulgaire dans la chanson ; au moment où la chanson atteint son paroxysme (« Mother, I want to… Fuck you »), l'expression crue est étouffée par les instruments de musique.
Pas d'humour donc, encore moins au second degré.
Chez Renaud, de l'humour mais pas de mysoginie. L'ironie permet de tourner en dérision l'hypocrisie, pas les femmes.
Chez Orelsan, il s'agit juste d'accumuler des expressions non seulement vulgaires mais pas drôles, d'où l'obligation d'expliquer que c'est du second degré ; certains ricanent peut-être en écoutant, mais personne ne rit.
Et désolée mais il n'y a rien de provocateur ou de non conformiste dans le fait d'insulter une femme qui t'a lâché (ou pas), puisque malheureusement se faire traiter de pute qui mérite une leçon c'est d'une triste banalité. A tel point que vous ne vous en rendez pas compte.
Si vous trouvez que Brédala et les autres ne sont que des entravées du cerveau qui ne savent pas relativiser, posez-vous les questions suivantes :
- en blaguant, avez-vous déjà traité un de vos potes de « femmelette », comme si la féminité était une faiblesse ?
- si on vous demande de quand date le suffrage universel en France, allez-vous répondre 1848 ? (Faux, il date de 1944)
- trouvez-vous normal ou peu important que dans toutes sortes de situations on demande encore aux femmes de préciser si elles sont mariées (Melle ou Mme, alors qu'au Etats-Unis on peut choisir Ms) ?
Tout cela participe de la banalisation de la discrimination des femmes dans notre société, de même que de prétendre insulter les femmes et les jeunes filles au nom de la liberté d'expression pour en finir avec le politiquement correct.
Et en banalisant, on légitime encore plus ces pratiques ancestrales. On isole encore plus les femmes qui en sont victimes : on les réduit à des emmerdeuses sans humour (pour peu qu'elles osent parler des humiliations et/ou des violences subies).
De lally
professeur | 23H00 | 14/05/2009 |
Nabokov dresse-t-il un portrait flatteur du pédophile ?
Non. C'est un homme à la dérive qu'il décrit et qui s'enfonce dans cette dérive comme dans un cloaque sans fond.
Idem chez Burgess et Kubrick. La violence n'est envisagée que comme une dérive. Elle est donc critiquée même si mise en scène avec force détails.
Orelsan plaque ses chansons sexistes sans y apporter aucun élément de critique. Non plus que d'explication.
Concernant la censure, ce n'est sans doute pas une solution idéale.
Néanmoins, lorsque des textes portent atteinte à la dignité des personnes, il parait logique qu'elle s'applique.
Récemment des concerts de néo-nazis ont été annulés. justement parce que les textes des chansons faisaient une apologie de la violence, de la haine et de la xénophobie.
Le sexisme est aussi condamnable que la xénophobie, le racisme, l'antisémitisme. Le sexisme tue chaque jour des femmes, exclut des femmes et des fillettes de l'éducation scolaire, du monde du travail, violente et abuse des femmes et des enfants simplement parce que filles, les voile, les mutile, les brûle, leur fait supporter en solo l'éducation des enfants, les tâches ménagères et la pauvreté et la précarité jusqu'à la mort simplement pour avoir désiré avoir des enfants.
Il est donc une forme de violence condamnable.
Qu'il est nécessaire de dénoncer.
De outside-closer
point de suspension | 23H19 | 14/05/2009 |
Ce qui est dingue c'est que l'article affirme qu'Orelsan s'en prend à la « liberté d'expression » de ceux qui manifestent contre lui, mais le document joint montre que ça va au-delà de la simple distribution de tracts (dont, en passant, aucune mention n'est faite dans le courrier de l'avocat) !
- Volonté d'empêcher l'accès au spectacle
- Préjudice pour les organisateurs (intervention de la police) et les spectateurs (concert raccourci)
- Violences physiques et intimidations à l'égard du personnel de la salle ainsi que des spectateurs
- Et enfin les insultes, mais ça en effet, c'est un retour de bâton compréhensible au vu de la polémique. On notera simplement que ceux qui sont choqués par un titre qui de toute façon ne fait plus partie des concerts, n'hésitent pas à recourir au même type de violence verbale. Si seulement ils en restaient là !
Je n'aime pas particulièrement Orelsan, ni le gars ni ses morceaux ne m'inspirent quoi que ce soit en vérité, mais ce genre de campagnes visant à disqualifier toute personnalité borderline ça devient vraiment fatigant. Et si on passait à autre chose ?
De NonooStar
Informaticien | 23H17 | 14/05/2009 |
Désolé, mais je crois que je n'ai pas du tout la même opinion sur Nabokov, Burgess et Kubrick (en particulier Burgess et Kubrick).
Dans Orange Mécanique, la violence n'est pas décrite comme une dérive, mais comme une jouissance. A aucun moment, le personnage d'Alex ne prend conscience du fait que la violence est moralement mauvaise. Au contraire, c'est uniquement parce que penser à la violence lui cause des souffrances physiques qu'il y renonce. Mais dès qu'il se débarrasse du conditionnement qui lui causait ces souffrances, il reprend plaisir à être violent. Et dans la dernière partie du roman (non utilisée par Kubrick), il s'imagine se calmer pour fonder une famille et trouve normal le fait que ses enfants seront pire que lui.
Pour le reste, je suis désolé d'être en désaccord avec vous. Mais même si j'estime qu'il faut dénoncer toutes les formes de préjugés (sexisme, racisme, xénophobie, etc…), j'estime que la censure n'est aucunement acceptable. Les idées, même les plus nauséabondes, doivent être combattues par d'autres idées. Censurer une idée, c'est également empêcher ses contradicteurs de s'exprimer et donc de montrer à quel point elle peut être fausse.
De kebra
Bisounours killa | 03H08 | 15/05/2009 |
Aux bonnes âmes choqués par ce gros gerboux verbal, sortez dans la rue des quartiers, écoutez la langue de la rue, la vraie. C'est hyper violent en permanence.
Quand on me dit que Zidane a pété un plomb parce que Matterazzi lui a parlé mal de sa mère, je rigole. A Marseille, des fils de pute, enculé de ta mère, la putain de ta race sont monnaies courantes, presque un tic de langage. A Strasbourg, les niards parlent de nuit grâve pour les clopes, se balance du mange tes morts à la face. Dans le 93, c'est les menaces de mort avec sévice genre je te colle dans la cave et je t'Ilan. Toujours très gore et imagé, comme le modèle gangsta et les concours de Ta Mère. Toujours sexiste, homophobe, souvent raciste ou au moins xénophobe.
Premier ou deuxième degré, ce rappeur est un miroir, un indicateur. Ce n'est pas en cassant le thermomètre que l'on soigne la fièvre. Par contre, on n'est pas obligé d'aller au concert ou de jouer ses titres. Et encore moins de faire trainer ainsi la polémique. Haters make me famous, c'est une stratégie très en vogue. Même et surtout au plus haut niveau, notre société est hyper-vulgaire, outrancière et violente.
Pourquoi Orelsan devrait-il morfler bien plus que d'autres ? Parce que c'est un faible et que la devise de l'intellingentzia est de fracasser les faibles pour ne plus avoir de temps pour s'occuper des forts. Il y en marre de l'outrage, du blasphême, de la diffamation, de la négation… c'est de la fumée pour brûler du temps et de l'attention sur des problèmes mineurs.
Il faut faire la résilience de la vérité et laisser toutes les pensées s'exprimer même diffamatoire, ordurière, insultante, mensongère, violente, haineuse. Puis vivre avec ce bordel, le marché de l'intelligence se régulera lui-même, les crédules et les cons ne seront ni plus ni moins manipulés mais on ne perdra plus de temps de cerveau disponible avec des querelles stériles. Apprendre à vivre avec et à réduire les risques et les dommages, comme pour la drogue, les putes, la fin de vie, etc. C'est une autre approche que le piquet de blocage et la censure.