LCP ? Mais si, vous savez, La Chaîne parlementaire qui suit et analyse en continu les travaux de l'Assemblée nationale sur le câble, le satellite et la TNT. Malgré une audience inférieure à 0,5% de parts de marché, Nicolas Sarkozy a décidé de peser sur la nomination de son président. Objectif atteint ce mercredi avec la désignation de Gérard Leclerc, jusque-là chef du service politique de France 3.
Nulle surprise donc. Quand l'Elysée a décidé, les jeux sont rapidement faits et aussi vite connus de tous. Car, comme l'écrivait Le Monde mardi, Gérard Leclerc bénéficiait « sans ambiguïté des faveurs de Nicolas Sarkozy ». Allégation à laquelle Bernard Accoyer, le président de l'Assemblée nationale à qui revient la tâche de nommer le président de La Chaîne parlementaire pour trois ans, avait immédiatement réagi dans un communiqué :
« Je ferai mon choix en mon âme et conscience, à l'abri de toute pression et en toute indépendance. »
Un choix effectué ce mercredi. Pour la preuve d'indépendance, il faudra repasser. Le président de la chambre basse avait pourtant mis et respecté les formes, mais ce sont ces mêmes formes qui l'ont trahi. Explications.
Contre le vote du comité de sélection
Trois autres candidats ont été auditionnés : le président sortant Richard Michel, l'ex-directeur de l'information de France 24 Ulysse Gosset, ainsi que le journaliste politique de France 3 Dominique Martinaud. Et un comité de sélection, composé de douze députés représentant les quatre groupes politique de l'Assemblée nationale, avait été mis en place.
Le 3 mai, ledit comité se réunit, procède à des auditions et sélectionne deux noms : Gérard Leclerc et Richard Michel. Tout se déroule alors parfaitement pour que Bernard Accoyer satisfasse les exigences du locataire de l'Elysée. Sauf que le comité (dont un membre était absent) décide d'assortir sa sélection d'un vote : huit voix en faveur du président sortant, trois seulement pour le protégé du Palais.
Heureusement pour le président de l'Assemblée nationale, la décision du comité de sélection n'est que consultative. Il peut s'assoir dessus, sans déplaire -bien au contraire- à l'Elysée. Ce qu'il a fait. Ou une nouvelle démonstration du peu de considération du pouvoir exécutif pour son pendant législatif.
« On sait tous que ce sera notre prochain président »
Bernard Accoyer peut alléguer le contraire, les faits sont là. D'autant que Le Monde soulignait également que le président sortant de La Chaîne parlementaire pouvait se targuer d'un bon bilan :
« En trois ans, selon l'étude annuelle réalisée par Médiamétrie, l'audience moyenne cumulée par semaine de la chaîne est passée de 2,5 millions à 17,5 millions de téléspectateurs. »
Dans la rédaction de Rue89 aussi, les rumeurs de pressions de l'Elysée pour appuyer la candidature du chef du service politique de France 3 avaient circulé. Précisément au moment de la convocation de deux journalistes de Rue89 par la Police judiciaire, le 1er avril, pour la diffusion de « la vidéo off de Nicolas Sarkozy », le 19 juin sur le plateau du « 19/20 » de France 3. Un cadre de LCP nous confiait :
« C'est marrant parce que Gérard Leclerc, le journaliste que Nicolas Sarkozy tutoie, on sait tous que ce sera notre prochain président car il a le soutien de l'Elysée… »
« J'avais protesté quand on l'avait mis au placard »
Effectivement, dans la vidéo publiée par Rue89, non seulement le chef de l'Etat tutoie le journaliste qui allait l'interviewer, mais explique en outre en quoi sa récente mise à l'écart l'avait peiné :
« Ça fait plaisir de voir M. Leclerc à l'antenne. Tu es resté combien de temps au placard ? (…) J'avais protesté quand on l'avait mis au placard. » (Voir la vidéo à 3'31'')
Les mots choisis aujourd'hui par Gérard Leclerc pour se défendre prennent une toute autre tournure, avec le rappel de cet épisode. Dans un droit de réponse adressé au Monde, le journaliste réfute avoir eu les faveurs de l'Elysée :
« Pas le moindre élément ne vient étayer cette allégation. Dans tous les postes de responsabilité que j'ai occupés depuis 1985 à France 2 et France 3, notamment comme rédacteur en chef des services économique et politique, je pense avoir fait preuve de ma totale indépendance à l'égard de tous les pouvoirs. »




















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De E. GARNERET
Graphiste | 17H34 | 13/05/2009 |
Gérard Leclerc, demi-frère de Julien Clerc, lui-même très proche professionnellement de la femme de notre président, vous explique que seules ses compétences ont compté, alors croyez le !
De the bird
étudiant | 18H10 | 13/05/2009 |
Ca me sidère cette histoire ! ! ! ! Je n'ai pas de mot assez fort !
Il devient infernal notre cher président à force de mettre en place tous ses pions appartenant à son premier cercle d'ami.
Non seulement c'est critique pour la démocratie, parce qu'il possède des droits de vétos plus ou moins admis un peu partout. Il fout tellement la trouille à tout le monde que plus personne ne va oser moufter sur son dos.
Il est très malin. Contrairement à Berlusconi qui possède carrément les médias, lui, il procède par cooptation. Si on y réfléchi bien c'est pas con du tout. C'est juste un pouvoir qu'il s'octroie indirectement.
Et alors le deuxième point noir qui est tout bleu pour lui, c'est qu'une fois qu'il aura enfin quitté l'élysé, il va y avoir toute une clic de people qui vont lui être redevable. Géniale, une rente à vie quasi assuré, qui dit mieux. Sachant quand même que ses potes c'est pas n'importe qui !
Je voudrais rester poli, mais moi franchement ça me fait ****** !
De Pictulo
18H23 | 13/05/2009 |
Y'a mon garagiste qui cherche un mécano, si l'Elysée a une préférence… Ah, et puis y'a Madame Musquin du 3ème qui voudrait qu'on lui trouve quelqu'un pour sortir son chat. Allo Nico ?
De ...- - -...
assis | 19H29 | 13/05/2009 |
Et LCP ce n'est pas un placard ? Doré peut être, mais un placard quand même, non ?
Enfin j'dis ça, j'dis rien, la télé ce n'est pas ma tasse de thé et je suis pas équipé.
De elisa33
21H07 | 13/05/2009 |
Sarkozy, sa télé, ses amis…Disgrâce du tandem PPDA-Namias, arrivée de Laurence Ferrari au 20 heures, coup de pouce à Patrick Sabatier, intervention pour trouver une émission à Daniella Lumbroso : l'Elysée n'en finit pas de peser sur le PAF.
Dans « Canal Sarkozy », dont Le Nouvel Observateur publie cette semaine, en exclusivité, des bonnes feuilles, les deux journalistes Frédéric Gerschel et Renaud Saint-Cricq racontent comment Nicolas Sarkozy se mêle de tout, y compris de trouver une case horaire sur au fils de son grand ami Johnny Hallyday.
Extrait de « Canal Sarkozy »
Le duo (ndlr : David Hallyday et son associé Cyril Viguier) (…) vise une case sur France 2 le samedi après-midi. (…) L'actionnaire Sarkozy a réclamé qu'on reçoive le duo de producteurs. Un minimum, peste Johnny Hallyday, la star des Français, qui s'active beaucoup dans les coulisses pour son fiston. Il a appelé l'Élysée pour parler de DHCV (ndlr : la société de production de David Hallyday) au chef de l'État. Sarkozy lui est redevable, pense-t-il : pendant la campagne présidentielle, Johnny, Laeticia et David se sont encartés à l'UMP. Leur soutien public pour le candidat de la droite a été sans faille durant des mois. Il est temps de renvoyer l'ascenseur….
http://teleobs.nouvelobs.com/rubriques/focus/articles/sarkozy-sa-tele-se…
De leo s
noyaudecondensationdanslanébuleused... | 21H48 | 13/05/2009 |
arrête ton char Leclerc !