Comme dans d'autres universités, le blocage a été reconduit mais la perspective d'annulation des examens fait peur.

Mardi 11 mai, une nouvelle AG des personnels de l'université Toulouse-II, plus connue sous son appellation Toulouse Le Mirail, mettait au vote la question de la poursuite de la grève.
Ambiance tendue dès l'ouverture. La première question soumise au vote concerne la présence des caméras de télé (TF1 et France 3) : la réponse est non, les journalistes congédiés, une conférence de presse est votée pour l'issue de l'AG.
La veille, après 14 semaines de grève et plus de deux mois de blocage le président de l'université, Daniel Filâtre, avait annoncé par communiqué la tenue d'examens dès le 15 juin et avait appelé à ce que les enseignants et les étudiants puissent « reprendre le contact et réinvestir [sic ! ] le campus » en proposant des cours en ligne et en version papier ainsi qu'une redéfinition d'un programme à réviser (à Bordeaux III, une AG regroupant étudiants et personnels a voté en ce sens mardi pour une « période exceptionnelle d'activités pédagogiques jusqu'à fin juin » alors que Grenoble III votait la « reprise du dispositif pédagogique »).
« Ce serait un simulacre d'examen ! »
« Une provocation » pour Daniel Welzer-Lang, professeur de sociologie et syndiqué à Sud-Education : « Ce serait un simulacre d'examen ! » Même position pour le Comité de lutte étudiant du Mirail. Comment concevoir, en 4 semaines, un programme de cours à réviser, alors même que les cours n'ont pas eu lieu (les notes du premier semestre étant toujours retenues) ? « Pédagogiquement, on n'y croit pas ! » lance une prof.
Pas de diplôme au rabais, pas de mise au pas face à la politique autiste et obstinée d'un gouvernement qui joue le pourrissement à un mois des Européennes. « Un gouvernement de Khmers bleus ! », s'exclame un participant à l'AG.
Malgré les tensions palpables au cours des quelques trois heures de débats et de votes, tous sont pourtant d'accord sur un point : la loi LRU de la ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche Valérie Pécresse, le décret de réforme du statut des enseignants-chercheurs qui a mis le feu au poudre à l'échelle nationale en janvier et leurs corollaires (casse du CNRS et des IUFM, postes supprimés au budget 2009…) suscitent une opposition farouche et unanime.
La « crise » avait même pour beaucoup de profs du Mirail été bien gérée à son commencement, les journées de cours étant « banalisées » pour que tout le monde puisse se rendre aux manifs. Mais le blocage depuis le 4 mars a lassé une partie des troupes et les modalités d'action pour la poursuite du mouvement sont plus que jamais loin de créer l'unanimité.
« On n'a pas le droit d'abandonner les étudiants maintenant ! ».
Le Snesup prône la validation automatique du semestre, la FSU s'y oppose farouchement. Sur les quelque 200 membres du personnel présents à l'AG d'hier (sur 1900 dont 1100 enseignants et enseignants-chercheurs) rares sont ceux qui ont pointé ouvertement et assez courageusement, il faut bien le dire, le désarroi, l'inquiétude, d'étudiants qui sans ce semestre ne pourront pas s'inscrire à des concours, qui ne peuvent pas financièrement allonger leurs études d'une année.
Pas très politiquement correct de souhaiter la reprise des cours et la tenue d'exams sans être taxé rapidement de soutien au pouvoir en place. Le dialogue est vite court-circuité : « Si la validation automatique passe [ce à quoi le Rectorat devrait néanmoins s'opposer] je démissionne du CA. »
Plusieurs autres profs m'ont exprimée clairement leur lassitude, leur envie de tout lâcher, de postuler dans une autre fac… Hélène Giraudo, chargée de recherche CNRS me confiait :
« Depuis deux ans que je suis en poste au Mirail, je ne peux pas bosser sereinement, la Maison de la recherche est régulièrement évacuée, je n'arrive pas à avoir accès à mes locaux, à mes étudiants et je publie moins (…). C'est un foyer qui sera rallumé en septembre. »
Les chiffres pour la fac du Mirail sont pourtant inquiétants et c'est là toute l'ambigüité d'un mouvement qui en voulant paradoxalement assurer la défense de l'université qu'aucun ne saurait contredire, se tire une balle dans le pied.
« Le savoir n'est pas une marchandise », on est tous d'accord, mais quid de l'image du Mirail, déjà en souffrance, quid de la démotivation, prégnante, d'un corps enseignant déjà suffisamment malmené et sous-valorisé, et de la précarisation toujours plus grandissante dans une logique plus vaste de démantèlement d'un service public de qualité ? !
Paradoxe édifiant d'un risque de discrimination sociale accrue
Pire, tout en profitant aux stratégies électoralistes de l'UMP qui fait de la question de l'université, et plus globalement de l'éducation, une stratégie électoraliste (rassurer son camp contre ces gauchistes de profs pour faire court ! ), le blocage est contre-productif pour les étudiants eux-mêmes : le Mirail, c'est près de 25 000 étudiants (dont près de 4000 étrangers qui quitteront Toulouse avant l'été ) mais c'est surtout 30% de boursiers et une fac qui enregistre une baisse de 23% d'inscriptions en deux ans, une perte sèche de 5000 étudiants depuis 1995, une fac qui, en huit ans, a connu sept blocages !
Pour la rentrée de septembre, les élèves de terminale de la région Midi-Pyrénées ayant mis Le Mirail parmi leurs trois choix post-bac sont 12% de moins qu'en mai dernier, 25 % en moins ont mis la fac en premier vœu (la journée portes ouvertes du 14 mars pour les attirer n'avait pas eu lieu pour cause de … blocage ! )
Etrange paradoxe d'un mouvement qui renforce localement (l'Institut catholique de Toulouse attire de plus en plus d'étudiants ! ) une discrimination sociale contre laquelle il lutte, pour le long terme, à l'échelle nationale.
A l'issue de l'AG, pourtant, le vote est implacable : 154 pour la poursuite de la grève jusqu'à mardi prochain, 8 abstentions, 22 ne prennent pas part au vote, 2 contre…
Jeudi, le Comité de lutte étudiant organise une « nuit universitaire » après la manif de la place du Capitole. Leur slogan : « Une fac en lutte pour une fac vivante ! » Et des profs reconduiront leurs « cours alternatifs » hors des murs de la fac, dans la ville rose (ils sont une cinquantaine à le faire depuis le 2 février).
Le mouvement entre dans sa quatorzième semaine, Valérie Pécresse, elle, fille de prof d'université, continue à afficher fièrement ses intentions sur son blog : « Changer, c'est possible ! »




















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De Colas Géranton
étudiant | 09H55 | 13/05/2009 |
« Le Snesup prône la validation automatique du semestre, la FSU s'y oppose farouchement. »
Je ne comprends pas : le SNESUP ne fait-il pas partie de la FSU ? Est-ce une erreur (en voulant dire « le SGEN s'y oppose farouchement ») ou bien l'appareil de la FSU s'oppose-t-il à l'avis de ses propres militants du SNESUP ?
à Colas Géranton
De ALLAIN JULES C@MMUNICATION
10H15 | 13/05/2009 |
Le problème c'est que les deux sont manipulés. par sui ? Personne ne le sait.
Franchement, comment peut-on valider un semestre sans qu'il n'y ait eu des cours. Quelle valeur un tel diplôme aura ?
Si au moins tout reprend, pourquoi pas décaler tout, à savoir, composer en septembre en ne prenant pas de vacances mais en suivant des cours. Mais, les profs vont-ils accepter de ne pas prendre leur vacances ?
Tout est compliqué.
http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/iran-l-incroyable-obscurant…
à ALLAIN JULES C@MMUNICATION
De bleuet1
espère malgré tout | 10H29 | 13/05/2009 |
Et que faites-vous des étudiants qui ne peuvent prétendre à une bourse et qui sont contraints de travailler tout l'été pour financer leurs études ?
Que faites-vous des étudiants étrangers non ressortissants de l'Union Européenne qui ont obtenu un visa d'études pour une année ? Souvent ils ont tout misé sur cette année, ils n'ont pas les moyens de financer une année d'études supplémentaire.
Sans compter que pour ceux qui viennent d'Afrique, ils ont parfois du mal à obtenir un visa supplémentaire, on croit qu'ils veulent s'installer définitivement en France.
Que faites-vous des étudiants qui postulent pour des masters dans d'autres facs ou qui présentent des dossiers pour des écoles ? Comme ils n'ont pas de résultats à présenter cette année, et bien on leur dit d'aller se faire voir. Ils ne peuvent pas prouver leur niveau.
Je trouve très facile de dire que les professeurs ne pourront pas renoncer à leurs deux mois de vacances. Ils sont aussi chercheurs, alors pour eux, le travail c'est toute l'année. Et puis, pour la plupart ils ont des responsabilités pédagogiques et/ou administratives au sein des universités, ce qui fait qu'ils ne chôment pas sur un seul des 12 mois de l'année.
C'est très compliqué, et il faudra peut-être en arriver là. Mais ce n'est pas une situation heureuse. Pour personne.
à ALLAIN JULES C@MMUNICATION
De syrinxart
étudiant | 10H35 | 13/05/2009 |
« Franchement, comment peut-on valider un semestre sans qu'il n'y ait eu des cours. Quelle valeur un tel diplôme aura ? »
C'est pourtant ce qu'il va se passer. Pour ma part à Avignon nous commençons a passer des examens sur des cours que nous n'avons pas eu …
Il fallait faire preuve d'un peu de discernement avant de mobiliser les foules dans une lutte acharnée pour la liberté ; LA GRÈVE ADMINISTRATIVE SUFFISAIT LARGEMENT et pouvait durer éternellement (sur plusieurs années si ils avaient voulu être efficace) mais on a privilégié une action brève et puissante en prenant le risque d'un pourrissement de la situation. Et bizarrement Pecresse qui n'est pas si conne que ça, elle, elle l'a bien compris et s'en est servie.
« Si au moins tout reprend, pourquoi pas décaler tout, à savoir, composer en septembre en ne prenant pas de vacances mais en suivant des cours. Mais, les profs vont-ils accepter de ne pas prendre leur vacances ? »
Et les étudiants dans l'histoire : variable d'ajustement … ça ne vous passe pas par la tête qu'ils pourraient peu-être avoir une vie en dehors des bancs de la fac ?
Coup de gueule : ce sont les professeurs qui ont décidé de lancer ce mouvement, qu'ils en assument les responsabilités et que se soit dit clairement : les étudiants de certaines université ONT PERDU UN SEMESTRE, c'est un fait indiscutable si on est honnête deux secondes.
à syrinxart
De jma14
11H43 | 13/05/2009 |
La plupart de mes amis sont allés à la fac. Et de ce que j'ai compris de cette forme d'enseignement, c'est qu'il y avait peu de cours et beaucoup de travaille chez soit.
Alors je me pose la question suivante : « Comment se fait-il que les professeurs-grévistes n'ont pas communiqué leur cours sur format papier, afin que les étudiants grévistes ou pas, bossent un minimum chez eux ? »
C'est exactement le même principe qu'il y a avec les grèves d'ouvriers actuelles. Les syndicats la main sur le coeur nous expliquent qu'ils sont là pour protéger les Français. Alors que l'objectif premier est de négocier des indémnités plus importantes que les conventions par secteur (négociées d'ailleurs par les mêmes ! ).
Y -a t'il eu une magnifestation contre les banques ? Non
Y-a t'il eu une magnifestation des syndicats de banque contre leur dirigeant ? Non ! ! ! ! ! !
Désolé, mais je crois bien que vous avez servi de chair à canon, comme j'ai également servi à mon époque.
Ca je l'ai compris bien plus tard.
à jma14
De FabT
12H08 | 13/05/2009 |
« Comment se fait-il que les professeurs-grévistes n'ont pas communiqué leur cours sur format papier, afin que les étudiants grévistes ou pas, bossent un minimum chez eux ? »
Peut être parce qu'une grève, c'est cesser de travailler. Je ne suis pas concerné, mais a priori une grève où on arrête de travailler mais où on continue à servir le client, son employeur, etc je ne suis pas sûr qu'elle mérite de continuer à s'appeler grève…
à FabT
De prof-droite
prof | 16H47 | 13/05/2009 |
La grève c'est cesser de travailler mais aussi de recevoir son salaire ce qui n'est pas le cas des enseignants… C'est beaucoup plus facile de faire une grève qui ne pénalise que les étudiants .
à FabT
De jma14
17H00 | 13/05/2009 |
Soit on a une conscience professionnel, soit on en a pas.
Je suis désolé, mais ils n'ont défilé tous les jours. Ce qui leur a laissé du temps libre.
La moindre des choses était de passer les cours en sous main, pour ne pas pénaliser les élèves. En tout cas c'est ce que j'aurais fait.
Le diplome est une chose (et de toute façon on va leur donner) et la connaissance et la culture en est une autre. Rater un semestre sur 4 ou 5 années d'étude ce n'est pas rien.
à FabT
De Talou
22H02 | 13/05/2009 |
Bonsoir, vous travaillez dans le privé, non ?
Parce que vous parlez de « clents » ; Je pense aussi que les profs en grève solidaires de leurs « étudiants » et non pas clients*, (c'est tout l'enjeu ! …), pourraient fournir l'enseignement « en dh des heures de grève » , mais qu'en toute petite partie ! ! ! 1 heure de cours magistral = 4 à 5 heures de boulot chez soi, et contrairement à ce qu'écrivent certains, il ne suffit pas d'avoir le poly d'un cours pour connaitre ce cours, sinon, je ne vois ce que font les étudiants en Fac ni pourquoi ils s'inscrivent et suivent (en temps normal) les cours ! ! !
Ds le même ordre d'idées, c'est comme en hôpital, il est difficile de faire et suivre une grève p c que, même si vous êtes grévistes, vous ne laissez pas vos patients (et non pas « clients » ! ! ! ) sans soins, donc faire grève n'est pas toujours visible et difficilement efficace…
à jma14
De Talou
21H51 | 13/05/2009 |
C'est comme entre le producteur et le consommateur ; les deux sont b… : Mais QUI DONC EN PROFITE ? ? ? ? (on se le demande bien ! ? ! ; et plein de gens continuent d'aller à Auchan et chez Leclerc…) ;
Entre l'Etat et nous et nos désirs de manifester nos mécontentements et dénoncer les injustices, il y a les …Syndicats (et … l'UIMM ? ? ? ? ? )
À cette heure ci, je pense qu'ils (Fac de Toulouse) ont été « gentillement » délogés par « les forces de l'Ordre » (n'est ce pas ? ).
En tout cas, moi je leur dis : Respect de tenir devant des voyous pareils.
à Talou
De jma14
11H28 | 15/05/2009 |
C'est une bataille entre voyou et voyou.
Ce conflit est politisé par l'extrème gauche.
à jma14
De Talou
21H51 | 13/05/2009 |
C'est comme entre le producteur et le consommateur ; les deux sont b… : Mais QUI DONC EN PROFITE ? ? ? ? (on se le demande bien ! ? ! ; et plein de gens continuent d'aller à Auchan et chez Leclerc…) ;
Entre l'Etat et nous et nos désirs de manifester nos mécontentements et dénoncer les injustices, il y a les …Syndicats (et … l'UIMM ? ? ? ? ? )
À cette heure ci, je pense qu'ils (Fac de Toulouse) ont été « gentillement » délogés par « les forces de l'Ordre » (n'est ce pas ? ).
En tout cas, moi je leur dis : Respect de tenir devant des voyous pareils.
à ALLAIN JULES C@MMUNICATION
De Bertile
Citoyen | 11H15 | 13/05/2009 |
Bonjour,
C'est plus compliqué que cela en a l'air. D'une part, pendant l'été, beaucoup d'étudiants travaille quand d'autres retournent dans leur pays. D'autre part tous les personnels ne sont pas en grève. Une grande partie des personnels administratifs travaillent encore, même s'ils sont d'accords avec les revendications des grévistes. Ils travaillent dans des conditions inhabituelles et précaires, donc fatiguantes. Je ne vois pas comment on pourrait leur demander de rester travailler cet été.
Décaler l'année avec des sessions d'examen en Septembre, aura aussi un impact non négligeable sur l'année suivante.
Effectivement, tout est compliqué. Merci au gouvernement de laisser pourrir cette situation (ironie ! ).Mais ne soyons pas dupe, le gouvernement veut faire le tri entre les universités. Il y arrive !
à ALLAIN JULES C@MMUNICATION
De Mrfreeze
clown | 14H18 | 13/05/2009 |
Je ne pense pas que le problème vienne des profs, mais plutôt des étudiants qui doivent travailler durant l´été (et etre exploité bien sur…) afin de se payer leur année universitaire…Arrêtons de tout mettre sur le dos des profs s´il vous plaît !
De profgryzzli
Jeune | 09H58 | 13/05/2009 |
Alors là, je suis heureux qu'enfin on parle des facs et de ce qu'il s'y passe.
Non mais sérieusement, marre du Monde, marre de TF1, FR2, FR3….
Le CNU donne environ 40 fac bloquées, combien en donne le ministère ? Entre 10 et 20…
Lille 3 est aujourd'hui encore bloquée, et cela ne bougera pas, et si cela s'arrête cette année, tout le monde sait que cela recommencera septembre prochain.
à profgryzzli
De Piouaille
Etudiant | 10H27 | 13/05/2009 |
Tout à fait d'accord point-par-point. N'oublions pas Aix-marseille 1 (campus St-Charles) qui est aussi toujours bloqué.
à profgryzzli
De Mrfreeze
clown | 14H19 | 13/05/2009 |
Moi je pense que la seule solution est la démission de notre gouvernement sourd aveugle et muet…
à profgryzzli
De nada
17H26 | 13/05/2009 |
Ils parlent de facs bloquées par des bloqueurs « arbitraires » des gauchos, des gens somme toute, sans conscience du mal que cela fait ! Pov'choux, ben non, il faut voir comment se passent les AG et combien d'étudiants restent des heures durant à débattre, des milliers ! ! ! ! quand les anti-bloqueurs ne viennent que pour voter, les feignants ! mais ils ne parlent jamais du pourquoi les blocages, du fondement de ce blocage ! Et maintenant, ils incitent à la baston, ça finira mal car la manipulation est grave et pire la nouvelle loi ! Quels crétins ceux qui crient au scandale et veulent rentrer en fac alors que c'est l'avenir de leurs enfants qui est en jeu et le leur aussi, soit dit en passant.
C'est quoi une année de perdue contre 40 ans d'esclavage ! et c'est qui ce sarko qui décrète à tout va, comme un feu de bengale dans une poudrière ? Serait-il con ?
De I.P
Flat4 | 10H02 | 13/05/2009 |
C'est compliqué ces histoires de blocages, par définition toute la fac ne peut pas s'exprimer (allez faire rentrer 25000 étudiants dans un amphi et compter les mains levées ! ), d'un autre coté c'est un des rares moyens pour avoir une visibilité médiatique.
Le souci c'est que ce gouvernement ne plie pas quand des millions de gens sont dans la rue, alors ce n'est pas un blocage des facs, même s'il reprend en septembre, qui va lui faire peur. Mettez en face de ça une opposition politique aux abonnés absents et j'ai du mal à voir quelle pourrait être l'issue de ce mouvement en dehors du pourrissement, en attendant qu'un dérapage donne un prétexte au gouvernement pour envoyer les CRS.
De bleuet1
espère malgré tout | 10H19 | 13/05/2009 |
Je connais bien le problème, je suis étudiante dans une université qui est encore bloquée (blocage reconduit hier comme dans les autres).
Nous discutons beaucoup avec nos professeurs, qui commencent tous à craquer.
En tant qu'étudiants préparant un concours, on nous envoie à l'IUFM pour avoir cours malgré le blocage de la fac. Nous sommes donc préservés de l'agitation qui y reigne. Encore que ! La semaine dernière, nous avons du évacuer rapidement. Les cours avaient repris le lundi puisque le déblocage avait été voté le jeudi, mais le mardi il y a eu à nouveau AG, qui cette fois-ci à revoté le blocage (je passe sur les conditions de ce vote, je n'ai pas envie de polémiquer). Arrivée de CRS, lacrymo et j'en passe.
Toujours est-il qu'on sent que les professeurs sont à bout. Mon professeur de linguistique est le président de l'UFR de langues vivantes, et lui qui d'habitude est d'une patience quasi infaillible, et bien il est devenu légèrement irrascible. Il vit avec son portable à côté de lui, et maintenant il y répond en cours. Une autre de mes profs est extrêmement stressée, et au moindre bruit elle est distraite et a du mal à se reconcentrer.
Pour eux, c'est une soupape de décompression de pouvoir nous faire cours, mais ils ont du mal à le faire sereinement.
Ils ressentent une immense frustration. Au début ils se sont efforcés d'encourager les étudiants à des actions intelligentes, responsables, qui donneraient une bonne image de la fac. Mais le gouvernement s'est entêté, du coup les manifestants se sont radicalisés, et maintenant ils servent les arguments contre-manifestants sur un plateau au gouvernement. Je suis entièrement d'accord avec le professeur qui a signé ce papier quand elle dit que la faculté « se tire une balle dans le pied ».
Je discutais hier avec la prof dont je parlais plus haut.
Elle me disait que l'année du CPE, elle participait au blocage, et elle avait un lien permanent avec les bloqueurs. Il y avait du dialogue. Elle-même a sa carte au PS.
Mais elle dit que cette année, ce lien s'est rompu, on est parti dans du grand n'importe quoi. Il n'y a plus de dialogue avec les bloqueurs, ils se sont retournés contre l'université.
Hier elle recevait un SMS d'une personne de l'adiministration pour lui donner des nouvelles de l'AG, qui lui disait : « ordre du jour à la Prévert ».
Les débats sont sans fin… et parfois sans fond. On est maintenant bien loin des discussions sur les revendications du départ, à présent c'est sur l'économie en général, vous allez voir que bientôt ils vont militer pour la création d'un Etat palestinien. Ca se défend, mais on est loin du compte, et du cadre.
à bleuet1
De Sam de Toulouse
assez anard | 15H29 | 13/05/2009 |
Pour être aux AG du Mirail, justement, jamais les ordres du jour et les débats n'ont étés aussi recentrés sur la lutte. Les années où la fac votait son rattachement au vénézuela d'Hugo Chavez, c'est fini. Et puis ce qu'on appelle les discussions sur « l'économie en général » c'est simplement replacer la LRU et les réformes en cours dans le cadre qui est le leur, entre autre le processus de Bologne et les politiques européennes de libéralisation.
Tous les professeurs ne sont pas en train de craquer, certains craquent comme certains étudiants craquent mais la généralisation est le meilleur ennemie de la réalité.
Enfin, quand toutes les actions « intelligents, responsables » ne servent à rien parce que l'adversaire qu'on a en face est plus rigide, determiné et coriace, voire dangeureux, qu'à l'habitude, la lutte doit aussi revetir des formes plus dures. Sinon ça revient à abdiquer. Peut être que certains ne sont pas près à subir le coût d'une lutte plus dure, mais qu'on ne vienne pas nous dire que c'est contre productif et qu'autre chose aurait marché. Autre chose n'auarit pas marché. C'est pour ça qu'on se radicalise. En en assumant, pour ma part, les dégâts, car une lutte dure ne se fait pas sans prendre des coups. Personellement, alors que je bosse pour gagner en partie ma croûte, tout l'été et au long de l'année, je n'ai pas envie de devoir attendre 10 ans pour valider mon master. Mais j'ai encore moins envie de laisser sacrifier, même en m'en plaignant, le principe de facs ouvertes à tous.
De guyome
10H44 | 13/05/2009 |
J'ai été étudiant Toulouse(INSA, école d'ingé en maths) et y ai donné des cours, ma copine à étudier au Mirail (sciences de l'éducation) et sur les trois ans qu'on y a vécu, chaque année a connu une période de grêves de plus d'un mois (CPE, LRU,…).
Même si la fac est notoirement marquée très à gauche (les université d'été d'Attac y on lieu par exemple), l'ensemble des revendications sont tout à fait justes. Dans son ensemble, et a part quelques point (BU), la fac est exsangue et dépassée.
l'administratif est totalement dans les choux : mes vacations ont été payer plus de 6 mois après et mon bulletin de paye est arrivé un ans plus tard. Les locaux ne ressemblent plus à rien : couloirs non éclairé, câbles à nus, murs décrépis, etc… Matériel pédagogique inexistant : je me souvient d'un cours sur le cinéma (j'y était aller avec ma copine sans pourtant être inscrit au Mirail, et sans le moindre matériel de notes) où la prof était inaudible faute à un micro cassé (de longue date). À l'inverse, l'INSA, pourtant sous le statut d'université, dispose de bien plus de matériel pour bien moins d'élève (2000 contre largement plus 30000). Je sais même pas si la comparaison à un sens.
Sans parler de la recherche (je fait une thèse en Norvège), les études au Mirail sont incroyablement sélectives (c'est une des meilleur fac d'espagnol en France, par exemple) et qui pour les plus endurants débouche sur ne allocation qui dépasse de quelque euros le SMIC. Et ce n'est rien par rapport aux locaux des labos de recherche.
Je comprend que l'ensemble de l'université se sente marginalisée et parce que chaque réforme tape encore plus sur une fac plus que précarisée. D'autant plus que, visiblement, tout le monde s'en fou. Alors, oui. ceux qui le peuvent fuit la Fac, mais est-ce à cause des bloquage ou des réforme qui tue petit à petit ces universités ?
à guyome
De Cataphractaire
Asen | 13H13 | 13/05/2009 |
« Même si la fac est notoirement marquée très à gauche (…), l'ensemble des revendications sont tout à fait justes. »
Cette phrase ressemble à un pléonasme.
De marie 75
10H44 | 13/05/2009 |
des news hors circuit officiel :
cf site fabula : Prochaines manifestations :
Mercredi 13 mai :
Nice : La ronde des obstinées version niçoise est invitée ce mercredi 13 mai de 17h à 21h sur la place Masséna à Nice.
Amiens : Opération « Champs des morts » + diff. rdv 11h Macu - 11h30 place Gambetta
Clermont Ferrand : place de Jaude 12h-14h : ronde des obstinés.
Grenoble : « Ronde des obstinés, pour la défense du service public et de l'emploi » 13h-15h (UJF au DLST pour Exposciences) suivi d'une action coup de poing à 15h (RDV 14h30 DLST-UJF) puis 19h-23h (Notre Dame)Limoges : Ronde des obstinés, 18 heures et 19 heures place de la Motte Nancy : La ronde des obstinés Place Stanislas 16h-19h
Orléans : 8H00 : blocage de l'ISTE (proche du CNRS) - 11H00 : rendez-vous en GMP pour la non-tenue des examens (IUT).
Strasbourg : 11h30-13h, La Ronde des lecteurs obstinés. Nous invitons toute la population à se rendre chaque jour,ou le plus souvent possible, à partir de mardi 14 place Kléber muni d'un livre entre 11h30 et 13h.
Toulouse : La « Ronde des obstinés » à Toulouse, place du Capitole 16h-19h
Jeudi 14 mai :
Manifestations à Paris et en régions. Opérations labo morts et blocage des services administratifs.
À Caen le 14 mai : Manifest-action, départ à 14h au phénix.
À Paris : manifestation hospitalière, départ à Montparnasse à 11H30.
Le parcours déposé pour la manifestation universitaire part de Jussieu à 14 h pour aller à Matignon, avec arrêt à Sèvres Babylone.
Le Snesup-FSU, principal syndicat de l'enseignement supérieur, a appelé jeudi à manifester le 14 mai : « Nous appelons à manifester pour l'emploi, contre la précarité et contre l'ensemble de la politique universitaire du gouvernement », a dit à l'AFP Michelle Lauton, secrétaire générale adjointe du syndicat. « Le gouvernement prend seul le risque de voir les examens perturbés, le semestre et la fin de l'année universitaire remis en cause », affirme le Snesup-FSU dans un communiqué. « Les réponses récentes du gouvernement sont loin d'être à la hauteur des revendications portées par le Snesup et la communauté universitaire », ajoute le syndicat. Il demande de nouveau « l'abrogation » du décret modifiant le statut des enseignants-chercheurs, notant que la circulaire d'application « n'en fait pas un décret acceptable ». Il exige aussi « l'abandon de la réforme actuelle » de la formation des enseignants des premier et second degrés.
Une nouvelle Academic Pride (marche de tous les savoirs) serait aussi prévue jeudi 4 juin.
Voir aussi (et surtout) notre page Convergence des luttes (2) : mai 2009
Dates retenues par les organisations syndicales pour de nouveaux carnavals interprofessionnels : le mardi 26 mai, le samedi 13 juin.
Dépêche - Associated Press, 04/05/09
Syndicats : journées de mobilisation interprofessionnelles les 26 mai et 13 juin Les organisations syndicales réunies lundi soir au siège de la CFTC ont décidé d'appeler à deux nouvelles journées de mobilisation interprofessionnelles, l'une en semaine le mardi 26 mai, l'autre le samedi 13 juin, a-t-on appris de sources syndicales.
Les syndicats CGT, CFDT, FO, CFTC, CGC, FSU, UNSA et Solidaires, étaient réunis lundi à Paris depuis 17h, une réunion qui se poursuivait peu après 21h30, a-t-on constaté sur place. Si les syndicats sont tombés d'accord pour appeler à des manifestations dans toute la France le 13 juin, les discussions semblaient plus longues quant aux modalités d'organisation de la mobilisation du 26 mai.
AP
De Chmed
duc spé | 10H45 | 13/05/2009 |
Le pire dans tout cela, c'est que la presse (je parle surtout télévision et grande radio, les médias les plus entendus de la population) ne relaie que très la grogne des universités…
Alors que ce qui se passe est GRAVE, et que nous nous battons une fois de plus pour nos droits… Le gouvernement a réussi, il a gagné puisque la plupart des universités ont repris le chemin du boulot : la peur de perdre une année entière fait reculer les étudiants et universitaires.
Le président a tout, ne l'oublions pas… La télé, c'est lui, les radios, c'est lui… Il fait ce qu'il veut. Et quand je vois que l'UMP est en tete dans les sondages pour les européennes… En même tps, le seul parti capable de lutter contre ché gros cons d'l'UMP, c'est euh… comment s'appelle déjà… Ah ! Oui ! Le PS…
à Chmed
De lilialbazar
travailleure sociale à Toulouse | 15H23 | 13/05/2009 |
perdre une année universitaire ce n'est pas une peur, c'est une réalité ; qui peut se payer ça ? en tout cas, ras le bol de ne pas trouver de solutions depuis x années c'est le bordel à la fac du mirail. pourquoi ? pour rendre service au gouvernement ? la fac coule et je comprends que les étudiants s'en détournent. est-ce ce que veulent les grévistes démocrates qui empêchent les étudiants de s'instruire ? la fac du mirail c'est fini, qui a gagné à votre avis ? qui a perdu les étudiants et leurs parents qui paient chers une année de cauchemar. croyez vous que les filles de pécresse vont à la fac du mirail ? marre de ce désastre annoncé depuis des années. et ceux qui parlent pour les autres en disant qu'une année ce n'est rien, ne vous gênez pas pour donner le smic à tous ceux qui ont un logement à payer etc pour l'année ; c'est voter aux élections qui peut changer les choses. c'est le sarkozysme qui plait aux français, faut il encore en plus que le peuple soit privé d'université. amusez vous à me répondre que je fais le jeu de la droite et je vous envoie mes crédits à rembourser.
De supprimé à la demande du riverain 13 mai
.... | 11H07 | 13/05/2009 |
Madame la Professeure, est-il vrai que depuis le début du conflit, ce sont les sciences « molles », plus ou moins bidon, qui font grève ?
à supprimé à la demande du riverain 13 mai
De ginkoland
Ginkologue | 11H35 | 13/05/2009 |
Pour tenir de tels propos vous devez être adepte des drogues dures !
à ginkoland
De supprimé à la demande du riverain 13 mai
.... | 12H38 | 13/05/2009 |
Non, ma religion me l'interdit. Pour ce qui est des joints, je ne connais que les joints de dilatation, les joints de culasse ou les joints de robinet…
à supprimé à la demande du riverain 13 mai
De Disciple ressucité
Tiens, il pleut. | 12H38 | 13/05/2009 |
Est fâché, l'énergumène,
Avec les sciences humaines.
La science doit être dure,
Pour mériter l'imprimatur.