Ils avaient promis de nous donner des nouvelles. La brève occupation de notre pépinière d'entreprises dans le XXe arrondissement allait-elle les aider à être mieux logés ? Le collectif des mal-logés en colère s'est fait une spécialité de ce genre d'actions coup de poing. Pour l'instant sans résultat.
Entre eux et la RIVP, filiale HLM de la mairie de Paris, c'est le dialogue de sourds. Du rendez-vous avec son directeur général, Serge Contat, rien n'est sorti de concret : « on nous a dit que 19% des gens vivant en hôtel meublé sont relogés chaque année. Nous, on constate qu'aucun des cent cas soumis depuis un an n'a avancé », explique le collectif.
Pour comprendre ce qui les met autant en colère nous sommes allés voir sur place. (Voir le diaporama)
Rendez-vous fut donc pris, dans le XIXe arrondissement où vivent beaucoup des adhérents du collectif. Dans des conditions non seulement pénibles mais illégales. Ainsi à l'hôtel meublé Le Richemont, où vivent cinq familles du collectif - « visiblement pas prioritaires pour la mairie », ironise une de ses membres.
Une maman qui élève seule ses trois enfants de 6 ans, 4 ans et neuf mois nous a ouvert la chambre où elle vit depuis cinq ans. Les lits occupent presque tout l'espace, dans un coin s'empilent les affaires de cuisine. « Le bébé empêche le grand de faire ses devoirs, nous réveille la nuit », se contente-t-elle de dire. Sur les 900 euros d'allocations qui constituent la totalité de ses revenus, 320 partent dans le règlement de la chambre. Sa demande de HLM est en souffrance, comme les autres.
Les 75 chambres de l'hôtel sont toutes occupées par des familles placées là par
les services sociaux, à des tarifs allant de 21,60 à 23,70 euros par
nuit, soit souvent 800 euros par mois dont un tiers reste en général à la charge
des occupants.
Dans le hall de l'hôtel meublé Le Richemont, une discussion s'entame avec le directeur très surpris de cette affluence (les mal-logés arrivent à quarante), et qui convient aisément de l'anormalité de la situation. Prévues pour loger deux personnes, beaucoup de chambres sont occupées par une maman et ses trois enfants. Surtout, ces familles ne sont pas censées y demeurer plus de six mois à un an, mais beaucoup y vivent depuis des années, huit ans pour l'une d'entre elles. Entre le directeur et les mal-logés, le dialogue reste courtois, mais bloqué :
- « Je suis hôtelier, mon travail ce n'est pas le relogementµ. Mon hôtel est aux normes, j'ai fait les travaux nécessaires. »
- « Si vous refusiez de loger plus de deux personnes, la mairie s'en occuperait. »
- « Mon travail n'est pas de refuser des familles, j'alerte la mairie, mais je ne suis pas les services sociaux. »
« Je fais quoi si je n'ai pas de logement ? »
Le directeur général de la RIVP, Serge Contat, admet que les demandes de logement « soumises par le collectif sont très anciennes et posent question ». En effet, admet-il, « les hôtels sociaux comme Le Richemont sont conçus pour être une étape de transition vers un logement social classique » :
« Théoriquement ces familles doivent y rester six mois, mais je fais quoi s'il n'y a pas de logement, est-il concevable de les remettre à la rue ? »
Il confirme que « la situation n'est pas bonne » mais se justifie :
« Il existe de très nombreux cas ultra prioritaires, de nature très différentes, des victimes de violence conjugale par exemple, des personnes malades… Rappelons que la RIVP accueille 1600 locataires sociaux par an sur les 7000 à 8000 attribués chaque année et qu'il y a 100 000 demandes de logement. Nous avons repris une activité de construction importante depuis 2007, d'environ 1500 logements par an pour accroitre ce chiffre. »
Et de déplorer sur le fait que « ce sont les organismes et les collectivités qui font le plus d'efforts pour résoudre ce type de situation qu'on met en cause en permanence, alors qu'autour de Paris, des communes ne font rien pour le logement social ».
A cinq dans treize mètres carrés
Si c'est sur Paris que le collectif concentre sa colère, c'est que la demande y est peut-être plus criante qu'ailleurs. Ainsi, au bord du bassin de la Villette, qui fête en grande pompe ses 200 ans, on découvre une famille de Chinois, cinq personnes dans 13 mètres carrés. Un gourbi qui suinte l'humidité et loué tout de même 371 euros mensuels, payés cash puisque la famille est sans-papiers. Un membre du collectif a loué cette même chambre en 1982 et constate qu'aucun travaux n'y a été fait :
« Les taudis ne ferment pas, et la mairie communique sur les logements sociaux qu'elle construit, mais pas sur ceux qu'elle détruit. »
Comme cette tour de quinze étages, rue du Maroc, vidée de ses habitants et bientôt détruite pour laisser place à des jardins. Devant, les membres du collectif se prennent à rêver :
« On fait les travaux nous-mêmes et on loge tout le collectif ! »
Diaporama : Audrey Cerdan.





















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De Wiecha
21H31 | 11/05/2009 |
Donc si j'ai bien suivi :
La RIVP est une société de HLM dont la Ville de Paris est propriétaire.
Le Richemont, qui gère des hôtels est est une filiale de la RIVP.
Dans ces hôtels, les familles acquittent un loyer dont une partie est prise en charge par la CAF et une autre partie par les familles elles-mêmes.
Des loyers assez exorbitants pour une seule chambre, comme dans tous les hôtels meublés, dont la Ville reconnait habituellement que leurs propriétaires sont des marchands de sommeil.
D'ailleurs les élus parisiens affirment partout qu'ils vont éradiquer les marchands de sommeil et les empêcher de faire du profit avec les hôtels.
Question : le propriétaire réel de l'hôtel étant en fin de compte la Ville de Paris, le maire va-t-il se faire la guerre à lui même ?
Les montages de société écrans ne sont manifestement pas seulement du domaine privé…
De katou5
(esclave de la mode) | 08H09 | 12/05/2009 |
Après 18 ans de sous-location, partage d'appartement, j'ai enfin
eu un bail à mon nom grâce à la RIVP. Depuis, je ne décolère pas,
quand vous voyez des personnes seules qui occupent un 4 pièces
de 80 m2 (tous les enfants sont partis), un 4 pièces sous-loué alors que le loyer est pris en charge par la CAF, et quand on s'étonne auprès de la RIVP, la réponse est « tant que le loyer est payé, on ne bouge pas », donc c'est trop facile, je me demande si la CAF serait de cet avis 10 ans x 12 mois x 600€, l'arnaque se monte quand même à 72 000€. Dans leur contrat de location,tous les bailleurs sociaux devraient faire le point avec leur locataire, au moment du passage à la retraite,et cela devrait être
obligatoire, si ils nous offrent des logements à 50% des prix du privé, ils devraient « encadrer » les locataires, pour éviter les sous-locations.
De Wiecha
09H34 | 12/05/2009 |
Bonjour
Si vous relisez l'article attentivement, vous verrez qu'une autre habitante témoigne avoir loué ce taudis…..en 1982 dans le même état…..Donc les travaux il avait largement le temps de les faire avant de louer et de relouer et de relouer, le monsieur….
Le « pauvre » propriétaire d'un gourbi sur le quai de Loire a vu la valeur de celui-ci quadrupler au moins en vingt ans. Pourquoi il vend pas ?
Parce que , quai de Loire, les prix vont encore monter les prochaines années à la vente , vu que le canal bénéficie chaque jour de nouveaux aménagements urbains.
Et, concernant les travaux pareil : il aurait rénové il y a cinq ans, il avait trente pour cent pris en charge, et seulement pour le « nécessaire ». Là il peut avoir environ 80 pour cent pour la rénovation du bâti , le nécessaire en gros, mais aussi s'inscrire dans des dispositifs loyers maitrisés, avec l'anah et la Ville : dans ce cas là, il y a également , en échange d'une location légèrement inférieure au prix du marché pendant six ans, les travaux de remise en état légers, la garantie des loyers, des déductions d'impôts et la remise en état à la sortie des locataires….
Alors les « pauvres » propriétaires….
Mais bon, effectivement c'est pas une question de « méchanceté », il fait du fric parce que les politiques d'urbanisme menées par les politiques le lui permettent point barre. Et ce que montre l'existence et la persistance de ces taudis, c'est surtout que les centaines de millions filés chaque année aux subventions aux propriétaires ne servent à rien, et qu'il y aura toujours des marchands de sommeil tant qu'il n'y aura pas de vrais logements sociaux pour ceux qui en ont besoin. Car si le sommeil n'était pas si cher , on ne pourrait pas en faire commerce….