Pourquoi ça marche 05/05/2009 à 21h36

« La Princesse de Clèves » enfin star grâce à Sarkozy

Victor Joanin | Journaliste


Nicolas Sarkozy s’est moqué, enseignants et intellectuels ont répliqué, « La Princesse de Clèves » a ressuscité. Le classique écrit en 1678 par Madame de La Fayette se vend comme des petits pains.

A la polémique créée par les déclarations successives du chef de l’Etat ont succédé de nombreuses réactions militantes : un « Sarkothon » pour réconcilier Nicolas Sarkozy avec la littérature, des lectures marathon un peu partout en France, et même des badges « Je lis la princesse de Clèves » mis à disposition des visiteurs du dernier Salon du livre -ses initiateurs de l’assocation du Motif ont d’ailleurs été rapidement débordés par leur succès.

La princesse crève le plafond

Chez Hatier, ses ventes ont augmenté de 22% en 2007 et de 40% en 2008. L’année 2009 qui a également bien commencé chez Folio, où « La Princesse de Clèves » s’est vendue à 5 500 exemplaires depuis janvier, contre 2 840 l’année dernière à la même époque. Elles ont carrément doublé au Livre de poche l’année dernière, atteignant les 20 000 exemplaires vendus, et l’éditeur prévoit une année 2009 encore plus fastueuse.

« Il y a eu un véritable effet prescripteur après les déclarations de Nicolas Sarkozy, s’enthousiasme-t-on au service de presse. Que les motivations soient militantes ou pas, peu importe : si ça donne envie de lire ce livre, tant mieux ! »

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  • kk
    kk
    au vert
    • Posté à 23h10 le 05/05/2009
    • Internaute 13480
      au vert

    J’ai pour ma part perdu ou prêté à vie le mien.
    J’aime Prévert et ne connaissais pas votre citation ; je serai votre deuxième top

  • Mon-Al
    Mon-Al
    roturière : -)
    • Posté à 23h18 le 05/05/2009
    • Internaute 24219
      roturière : -)

    Et moi je serai votre troisième car la citation me plait ... quant à « La princesse de Clèves » que j’ai lue à 15-16 ans, comme tout le monde (en principe) je n’ai pas trop accroché : trop mièvre, peut-être ! !

    • egide
      egide répond à Mon-Al
      Littéral
      • Posté à 23h54 le 05/05/2009
      • Internaute 45067
        Littéral

      Mièvre, la princesse de Clèves !

      À 15 ou 16 ans, on lit quelques pages du roman de Marie-Madeleine de La Fayette.
      Au mieux.

      Mièvre, cette expérience d’écriture aux extrêmes !

      Mièvre, l’indicible qui prend sens au fil des pages pour devenir criant par ce non-écrit qui se précise dangereusement jusqu’à la dernière phrase !

      Mièvre, cette maitrise de la langue du pouvoir par une femme qu’on édite en plein XVII ème siècle et qui revient sur l’histoire même qui voit le français devenir la langue de la Justice qui prédomine sur le Jus Eclesiae !

      Mièvre, cette femme qui quitte la Cour pour vivre librement en son domaine faute qu’on la reconnaisse comme Sujet !

      Tiens, je me tais et me retire !

       
      • Mon-Al
        Mon-Al répond à egide
        roturière : -)
        • Posté à 00h01 le 06/05/2009
        • Internaute 24219
          roturière : -)

        Je l’ai trouvé mièvre à 15-16 ans ... probablement que je jujerais autrement maintenant ...

        Mais vous êtes trop cultivé pour moi ... je baisse la tête et accepte bien volontiers la leçon ! ! ! !

        • marie 75
          marie 75 répond à Mon-Al
          • Posté à 09h37 le 06/05/2009
          • Internaute 3563

          Ouvrage considéré comme 1er roman de la littérature Fse...
          On n’y peut rien si Toto Sarko, Girophare du non-intellectualisme UMP, ait cru bon de faire « une tirade » sur ce livre.
          La Princesse de Clèves fait partie - quoi qu’en dise ce petit monsieur - de la culture française.

          La princesse de Clèves, en soi, n’est que le symbole de l’arrogance inculte du Rolexé de l’Elysée.
          Les textes de la Bruni sont-ils supérieurs à ceux de Madame de Lafayette ?

          Quant au critique littéraire qui se prend pour l’horloge parlante, mièvre .... répète-t-il....
          On le paye bien pour cette analyse médiatisée ?
          Qu’il relise la carte du tendre et revienne à la plume.

        • egide
          egide répond à Mon-Al
          Littéral
          • Posté à 09h41 le 06/05/2009
          • Internaute 45067
            Littéral

          Alors je vous pardonne.

          Vous me dites trop cultivé !
          Mais ma culture est un tonneau des danaïdes
          telle qu’ont les lecteurs maladifs et ceux qui
          fréquentent énervés les expositions d’art en
          évitant surtout de lire les panneaux didactiques
          et se moquent bien de se munir de ces affreux
          bavards d’écouteurs.

          Nous prenons égoïstement des plaisirs insignes
          non à accumuler des savoirs mais seulement à
          flatter des goûts infâmes à lire et à comprendre,
          à voir et à discerner parmi des couleurs les signes
          des intimités, à entendre des émotions qui nous
          transportent on ne sait où, à admirer le jeu fascinant
          et tellement mensonger des personnes si vivantes
          du spectacle et qui nous bernent avec un aplomb !

          Et pendant ce temps là, s’il n’y a foule énorme et
          guichets fermés, le président de de la République
          s’emmerde au parterre de tous les spectacles et
          les livres lui rappellent trop les devoirs de toute
          charge. Lourde, la charge.

          HI HAN !
          HI HAN !
          HI HAN !

      • jexiste
        jexiste répond à egide
        si, si
        • Posté à 00h02 le 06/05/2009
        • Internaute 53099
          si, si

        Mais non, restez, je l’avais lu d’une traite et ne l’ai pas trouvé mièvre, moi.

      • Autist Preaching
        Autist Preaching répond à egide
        Bourioul
        • Posté à 22h24 le 06/05/2009
        • Internaute 75415
          Bourioul

        Totalement d’accord.
        La scène de la rencontre entre la princesse de Clèves et Nemours est l’un des plus beaux récits de rencontre amoureuse que j’ai lu. Tout y est : la subjectivité des regards fuyants de l’un et de l’autre, la pression de la cour autour des deux personnages, l’inéluctabilité d’un amour qui se dessine au premier regard... et ce jeu de séduction dans le dialogue qui suit, dans lequel aucun des deux amants ne veut tomber le masque...
        Pour un roman du 17ème, c’est d’une modernité folle, et ce fut l’un de mes premiers « frissons littéraires ».

        • jexiste
          jexiste répond à Autist Preaching
          si, si
          • Posté à 00h02 le 07/05/2009
          • Internaute 53099
            si, si

          De quelle modernité parlez-vous ?

          A une époque où la société tend à imposer aux femmes de se comporter dès le plus jeune âge comme des femelles bonobo, la Princesse de Clèves devient tellement subversive que certains réclament à cor et à cri sa mise au pilori - ou au pilon.

          • Autist Preaching
            Autist Preaching répond à jexiste
            Bourioul
            • Posté à 07h07 le 07/05/2009
            • Internaute 75415
              Bourioul

            Par modernité, j’entends la façon dont les romans parlaient d’amour à l’époque et celle toute nouvelle dont Mme de la Fayette se sert pour dépeindre les sentiments de ses personnages. Les sentiments ne sont pas contrastés et caricaturaux.

            La Princesse de Clèves mis au pilori ? Par qui ? Et pourquoi ? J’avoue ne pas bien comprendre. Si ce sont les quelques commentaires désobligeants sur ce post dont il s’agit, je ne suis pas très inquiet...

            • jexiste
              jexiste répond à Autist Preaching
              si, si
              • Posté à 14h00 le 07/05/2009
              • Internaute 53099
                si, si

              Les soixante-huitards ne l’ont jamais aimée, elle leur casse leur baraque. C’est une femme libre. Libre de ressentir, penser, s’autodéterminer. A 15 ans, comme d’autres j’imagine, je trouvais ça moi aussi parfaitement naturel. Je n’avais pas encore réalisé à quel point mon éducation était éloignée du modèle dominant. Je ne savais même pas que dans le même temps le journal des grands penseurs de gauche, les seuls, les vrais, faisait l’apologie de la pédophilie. Je ne savais pas non plus qu’une « vraie » femme est complètement pétée à la coke et se fait sauter tous les jours par un régiment de tarés... Nos grands penseurs travaillaient d’arrache-pied à l’avènement d’une société où tous les hommes, enfin égaux, auraient exactement les mêmes chances de consommer les femmes de leur choix...

              • Autist Preaching
                Autist Preaching répond à jexiste
                Bourioul
                • Posté à 19h33 le 07/05/2009
                • Internaute 75415
                  Bourioul

                jexiste,
                quand je te (je me permets de te tutoyer) lis, on se rapproche plus de Houellebecq que de Mme de Sévigné.
                Je ne suis pas sûr qu’il faille opposer le « modèle féminin » représenté par la Princesse de Clèves à celui issu de 1968, tout simplement parce que cela n’a pas grand chose à voir, selon moi...

                Je pense également que ces deux courants peuvent coexister (heureusement !) parce qu’ils ne traitent pas du même sujet, les écrivains « soixante-huitards » s’attachant au sexe, alors que Sévigné parle davantage des sentiments.

                • jexiste
                  jexiste répond à Autist Preaching
                  si, si
                  • Posté à 22h29 le 07/05/2009
                  • Internaute 53099
                    si, si

                  Je ne donne pas dans l’exercice de style. En fait, là j’ai tellement envie de HURLER que je ne sais pas où trouver la sérénité d’esprit nécessaire pour exprimer correctement, calmement et complètement tout ce que j’aurais à dire sur ce sujet.

                  Je ne parle pas de modèles féminins différents, encore moins à opposer, mais de tendances sociétales.

                  La Princesse de Clèves fait les choix qui lui conviennent en son âme et conscience parce qu’elle vit dans un monde qui lui accorde âme et conscience.

                  Ce n’est plus le cas de femmes vouées à n’être qu’objets de consommation ou esclaves sexuelles.

                  Plus généralement, on comprend bien que le « modèle » que pourrait constituer la Princesse de Clèves n’est plus l’exemple à suivre lorsqu’est envisagé ou programmé le retour à l’esclavage de la majeure partie de la population.

      • nemo3637
        nemo3637 répond à egide
        Déchoukeur
        • Posté à 03h45 le 07/05/2009
        • Internaute 44521
          Déchoukeur

        Ah oui, c’est très fort « La Princesse de Clèves ».
        A lire quand on est jeune et con - et qu’on ne comprend pas grand chose à la vie - et à relire avec nostalgie quand on est vieux et con.

      11 autres commentaires
  • muticompte b
    • Posté à 00h56 le 06/05/2009
    • Internaute 78784
      bbb

    Je l’ai lu sous la contrainte, il fallait en faire des résumés à chaque leçon de français, impossible de passer au travers.

    Cependant, je n’ai pas adhéré. Trop d’une autre époque : et pourtant c’était un livre assez scandaleux quelque part.. A notre époque plus le temps de disséquer ainsi toutes ses émotions !

    L’amour, c’est plus du harsard.. nous sommes dans une société formatée.. L’amour présidentiel l’est autant que le reste !
    Convenances, arrangements.. l’amour, la passion, la folie.. l’embrasement des sens, leur satisfaction...
    Ce vers quoi nous devrions tous tendre !

    • jexiste
      jexiste répond à muticompte b
      si, si
      • Posté à 14h36 le 06/05/2009
      • Internaute 53099
        si, si

      Je l’ai lu hors contexte scolaire. Je lisais beaucoup. De toutes époques, tous lieux, et tous styles.

  • obey-
    obey-
     : -\
    • Posté à 00h21 le 06/05/2009
    • Internaute 66286
       : -\

    Si ca peut mettre du plomb dans la tete a certains cons, ca peut etre interessant.

    Je doute que certains cons de banlieue le lisent.... enfin ceux qui savent lire.

    • muticompte b
      muticompte b répond à obey-
      bbb
      • Posté à 01h00 le 06/05/2009
      • Internaute 78784
        bbb

      « certains cons de banlieue » ? ségrégationnisme.

      Désolée, mais ces « cons de banlieue » aimeraient peut être qu’on les initie aux belles lettres, ils ne demanderaient peut être que cela. Ce sont peut être des gens qui ont tiré une boule noire à la loterie de la chance.

      Ce n’est pas parce qu’on est de banlieue qu’on est « con ».. il y en a même à Paris 8e ou 16e, même à Neuilly.

      Qui fait que nous naissons dans tel berceau plutôt que dans un autre ?
      Vous vous croyez moins con que les autres « obey » ? Qui vous y autorise, qui vous le permet ?

    • leo s
      leo s répond à obey-
      (...)
      • Posté à 09h18 le 06/05/2009
      • Internaute 73621
        (...)

      du plomb dans la tete a certains cons...

      Reste calme Ebahi.
      Ne vas pas jusqu’au suicide.

    • heretok
      heretok répond à obey-
      citoyen hors-service
      • Posté à 13h51 le 06/05/2009
      • Internaute 62306
        citoyen hors-service

      On murmure dans certains cercles (de droite) qu’ils mangeraient aussi leurs enfants..

    • jexiste
      jexiste répond à obey-
      si, si
      • Posté à 16h49 le 06/05/2009
      • Internaute 53099
        si, si

      Si c’est à l’objet de cet article que vous pensez, je doute moi aussi qu’il en ait même entendu parler :

      Lien

      Mais dans la magistrature non plus, on ne lit pas beaucoup...

    • Ishtar
      Ishtar répond à obey-
       ? ?
      • Posté à 17h32 le 06/05/2009
      • Internaute 26226
         ? ?

      « Je doute que certains cons de banlieue le lisent....enfin ceux qui savent lire. »

      Ma voisine qui ne vis pas en banlieue n’a jamais lu la Princesse de Clèves,ni aucun autre livre d’ailleurs.Je connais en outre une personne qui a vécu en banlieue il y a peu et qui dévore toutes sortes de bouquins.J’ai eu souvent l’occasion de m’apercevoir que les gens cultivés sont parfois là où on les attend le moins.

      Quelle est ce genre de réflexion suffisante et ....imbécile ?

    • I.P
      I.P répond à obey-
      Il manque Hulk en baskets
      • Posté à 19h44 le 06/05/2009
      • Internaute 25391
        Il manque Hulk en baskets


      Je doute que certains cons de banlieue le lisent…. enfin ceux qui savent lire.

      Change de pseudo Eric Zemmour, on t’a démasqué.

  • Rezonor
    Rezonor
    Collectif
    • Posté à 02h19 le 06/05/2009
    • Internaute 63987
      Collectif

    Pour ceux qui désirent compléter leur panoplie de Clèvistes endurcis, à noter l’intéressante adaptation (prémonitoire ?), qu’en a donné Christophe Honoré dans son film « La belle personne ».

    Images bouleversantes de Léa Seydoux incarnant la liberté féminine en train de se découvrir telle face au désir d’autrui.

    Chantal Newirth y règne sur un second rôle qui fait écarquiller les yeux au spectateur se demandant combien de temps elle a bien pu matronner un estaminet pour s’y mouvoir avec une telle aisance.

    Le film et le livre éclairent mutuellement leurs libertés respectives, tous les acteurs dirigé par Honoré semblent bénéficier de la grâce spéciale de madame de La Fayette.

    Alors tremble celui qui brigue l’empire, car il redoute les perspectives découvertes par ces plaisirs décrits ou filmés.

  • marie 75
    • Posté à 09h28 le 06/05/2009
    • Internaute 3563

    PECRESSE et LE GOUVERNEMENT NE REPONDENT PAS DEPUIS 14 SEMAINES !

    Le blocage des universités : des problèmes immédiats ... et des questions de fond (cf tageblatt)

    Les étudiants de l’université de la Sorbonne (Paris I et Paris IV) ont reconduit hier leur grève

    Les universités françaises, du moins les nombreuses qui sont affectées par le blocage des cours décidé par la plupart des syndicats enseignants et plusieurs organisations étudiantes, sont entrées lundi dans leur quatorzième semaine de blocage partiel ou total. / De notre correspondant Bernard Brigouleix, Paris

    Le dernier sondage est sans appel : seuls 4 pour cent des étudiants sont favorables à la suppression des examens de fin d’année universitaire ; et parmi la masse considérable de ceux qui s’y opposent, 51 pour cent demandent même que ces épreuves soient „maintenues dans leur forme habituelle« , contre 32 pour cent qui estiment que, compte tenu des circonstances, elles devraient être „simplifiées“.
    Mais beaucoup de présidents des universités bloquées, considèrent d’ores et déjà que l’échéance normale ne pourra être respectée.
    Et certains sont prêts à donner leur démission si une validation générale de l’année sans examen leur était imposée. Des bagarres ont opposé ces derniers temps les étudiants d’abord soucieux de travailler à ceux qui leur reprochent de ne pas voir plus loin que leurs propres échéances immédiates.
    C’est peu dire, donc, que le ton monte parallèlement à la peur d’avoir perdu une précieuse année, sans aucune certitude d’arracher finalement au gouvernement l’abandon d’une réforme qui ne mobilise aucunement le reste de l’opinion. Comme le notait ces derniers jours, désabusé, un important responsable syndical ouvrier : „Nous, on est contre, bien sûr ; mais allez dire aux gens qui sont à sept heures du matin dans leur train de banlieue pour aller faire leur journée à l’usine que les étudiants, et leurs professeurs qui n’enseignent pas plus de quelques heures par semaine, sont très malheureux ! Bonne chance ...‘
    Dans ce bras-de-fer où le gouvernement, et singulièrement la ministre chargée des Universités, Valérie Pécresse, semblent pour l’instant dépassés, ne sachant ni rétablir la liberté d’enseigner demandée par le plus grand nombre, ni faire les concessions intelligentes qui permettraient aux contestataires de sortir de l’impasse la tête haute, la droite, sentant à tort ou à raison tourner le vent de la contestation, cherche désormais à diaboliser celle-ci.
    Ce qui est frappant dans la crise que traversent actuellement les Universités françaises, c’est que le débat originel, qui avait toute sa raison d’être et que le gouvernement aurait d’ailleurs gagné à engager avant de présenter son projet plutôt que de devoir en gérer a posteriori les retombées les plus incertaines, est totalement oublié. Comme s’il ne s’agissait plus que de conduire, ou de contrer une vaste opération d’opposition de terrain à la politique de Sarkozy. Mais on a parfois l’impression d’avoir un peu perdu de vue sur quoi portait à l’origine le débat sur la réforme de l’Université française. Quatre dossiers principaux sont en fait au coeur du litige.

    Les quatreprincipaux litiges

    Le plus médiatisé est celui qui est connu sous le nom, passablement obscur aux profanes, de „mastérisation. Il s’agit en fait, au nom de la revalorisation du métier d’enseignant, d’imposer à ceux qui se présenteront à un concours de recrutement de professeurs d’être titulaires, non plus d’une simple licence (soit un niveau dit Bac+3), mais d’un master (donc de niveau Bac+5), en échange d’une meilleure rémunération des enseignants dès le début de leur carrière, et pour correspondre en gros aux normes européennes. Les programmes des masters en question sont encore dans les limbes pour l’instant, ce qui irrite et inquiète les postulants potentiels.
    Deuxième pierre d’achoppement : le statut des enseignants-chercheurs. Signe que le gouvernement n’était pas très à l’aise sur le sujet, le décret en est à sa troisième version. L’idée qui a exaspéré les intéressés est qu’ils pourraient être conduits à faire des heures supplémentaires, moyennant rémunération adéquate bien entendu : ils redoutent de voir leur salaire global servir de variable d’ajustement lorsque les crédits de leurs universités respectives seront en baisse. Et aussi de faire l’objet d’une gestion personnalisée des carrières, les critères de quantité se substituant à ceux de la qualité.
    Au-delà se pose aussi la question budgétaire globale. Les crédits de l’Enseignement supérieur ont été augmenté cette année. Mais le gouvernement a annoncé quelque chose qui pouvait sembler en totale contradiction : la suppression de plusieurs centaines de postes. En fait, le ministère a présenté la chose comme un redéploiement des moyens, non une réduction de voilure ; mais c’est bien ainsi que les syndicats universitaires ont perçu la réforme : „On va donner de moins en moins d’argent à l’Université, assurent-ils, même si – pour l’instant – la réalité est (légèrement) inverse.
    Enfin, le mouvement de grogne actuelle est aussi l’occasion de remettre en cause une loi qui a pourtant été votée, à l’époque sans drame si ce n’est sans opposition, il y a presque deux ans : celle qui prévoyait l’autonomie des universités. Là aussi, il s’agissait dans une large mesure d’imiter ce qui se fait un peu partout dans le monde ; mais cette démarche – que l’on réclamait pourtant déjà en ... mai 1968 ! – est en fait terriblement contraire à la mentalité de la Fonction publique à la française, fondée sur la péréquation territoriale entre communautés et régions riches et pauvres, et sur l’unicité des carrières. La crainte est grande de voir se développer une Université à deux vitesses, pour ne pas dire quatre ou cinq.
    A quoi certains répondent que c’est déjà très largement le cas. D’abord à l’intérieur même du système des facultés : qui peut croire sérieusement que toutes soient à égalité réelle, non certes de statut, cela au moins reste une réalité, mais de niveau et d’attractivité – pour les enseignants les plus brillants, pour les meilleurs étudiants ... et pour leurs futurs recruteurs ? Et puis, et l’on touche sans doute là à l’une des causes très profondes du malaise universitaire français, il y a, à côté de ces facultés si souvent en grève, pas très bien équipées, en manque de prestige et de débouchés, les mythiques „Grandes écoles : Normale Supérieure, Polytechnique, ENA, Sciences-Po’ ...

    Les mythiques„Grandes écoles

    Au-delà de cette crise immédiate, qui a déjà derrière elle plus de trois mois de troubles et à laquelle trop de Français ne s’intéressent guère, faute de comprendre qu’elle concerne l’avenir de plusieurs générations dont celle de leurs enfants, il y a cette poignante nostalgie d’une époque où la Sorbonne et quelques autres facultés, point nécessairement parisiennes d’ailleurs, régnaient sur l’Europe des clercs.
    Aujourd’hui, chaque classement mondial qui paraît dans les journaux achève d’enfoncer, au palmarès des nations, l’Université française – quitte à oublier qu’elle reste, pour tout l’essentiel, gratuite et de bon niveau. Et qu’elle a dû faire face avant d’autres, dans le respect de la norme républicaine, à l’explosion démographique qui n’affectera jamais tout à fait de la même façon ni Oxford, ni Yale ... Même si les Allemands, les Japonais, les Italiens ont su, semble-t-il, maîtriser mieux cette quadrature du cercle.
    Ces considérations générales ne peuvent faire oublier les problèmes particuliers, et très prégnants, très urgents, auxquels se trouvent aujourd’hui confrontés, et le gouvernement, et les étudiants, et leurs maîtres. Mais on gagnerait certainement, de part et d’autre de cette ligne de tranchées qui sépare le pouvoir et les contestataires, à replacer la crise actuelle dans la perspective de ce mouvement ancien et lent, mais terriblement fort.

    • Marie-Sophie Keller
      Marie-Sophie Keller répond à marie 75
      Ex-Rue89 mais toujours fan
      • Posté à 10h15 le 06/05/2009
      • Internaute 26936
        Ex-Rue89 mais toujours fan

      Marie75, auriez-vous l’obligeance de cesser d’écrire des commentaires hors sujet de quinze kilomètres à chaque fois ? Ça ne rend pas les fils de commentaires très digestes... Vous auriez pu résumer celui-ci et le noter sous le bilan des deux ans de Sarkozy, ça aurait été plus logique. Mais si vous préférez continuer à être « dépubliée » une fois sur deux, c’est votre choix.
      Bonne journée !

    • nemo3637
      nemo3637 répond à marie 75
      Déchoukeur
      • Posté à 03h53 le 07/05/2009
      • Internaute 44521
        Déchoukeur

      Glouk. J’étouffe. Retirez l’entonnoir !

    • Autist Preaching
      Autist Preaching répond à marie 75
      Bourioul
      • Posté à 19h43 le 07/05/2009
      • Internaute 75415
        Bourioul

      Marie 75,
      serait-il possible de parler tranquillement du sujet proposé sans dévier de façon grossière sur un thème qui n’a aucun rapport avec l’article de départ ?
      On disserte assez peu souvent de littérature pour que, quand ça arrive, on puisse le faire en toute sérénité et sans parasitage politicien.
      Merci.

  • Virginie Tauzin
    • Posté à 11h26 le 06/05/2009
    • Internaute 75502
      CPJ

    J’ai 26 ans et j’ai lu la Princesse de Clèves pour la première fois il y a quelques mois. A sa lecture, je n’ai pu m’empêcher de penser : « Comment aurais-je pu comprendre cet ouvrage il y a dix ans ? » La richesse de l’écriture et la puissance romantique n’auraient pas pu me bouleverser à l’époque. Il faut une certaine maturité pour en comprendre la portée, sinon on referme le bouquin et on passe à côté. Et c’est pas possible de passer à côté !

  • yoye-2000
    yoye-2000
    se leve tard et travaille mou
    • Posté à 13h52 le 06/05/2009
    • Internaute 48274
      se leve tard et travaille mou

    Arretez un peu la desinformation, RUE89, tout le monde sait que le livre « la princesse de CLève » n’a jamais que sous forme de résumé pour les « digests » à bachoter, au même titre que d’autres mythes lifféraires tels que « l’illiade » et « l’odysée », « Les souffrances du jeune Werther » « les misérables » ou « moderato cantabile »...

    Je reste persuadé que toute cette histoire est une combine marketing montée par l’éditeur en cheville à sarkozy (m’étonnerait pas que le sus dit éditeur fasse partie du groupe lagardere), afin de faire un buzz autour du titre...
    (ce que j’avais développé ici (un peu d’autopromo ne pouvant pas faire de mal) :
    Lien

    Bref, j’ai beau habituellement vomir Sarkozy, j’ai un peu du mal à voir autre chose dans cette pauvre polémique autour de la princesse de CLève qu’un gros pipeau hypocrite (car qui l’a vraiment lu, ce bouquin ?) et élitiste (ou en tout cas, qui se veut élitiste (« moi, monsieur, j’ai lu la princesse de Clève, ca vous en bouche un coin, n’est ce pas ? »))

    • jexiste
      jexiste répond à yoye-2000
      si, si
      • Posté à 15h05 le 06/05/2009
      • Internaute 53099
        si, si

      « Je reste persuadé que toute cette histoire est une combine marketing montée par l’éditeur en cheville à sarkozy... »

      Non, non, il a vraiment souffert avec la Princesse...

      Par ailleurs, comme je l’ai dit plus haut, je fais partie de ceux ou celles qui ont apprécié ce chef d’oeuvre à sa juste valeur dès l’adolescence. C’est donc possible.

    • Zineb Dryef
      Zineb Dryef répond à yoye-2000
      Journaliste Rue89
      • Posté à 15h41 le 06/05/2009
        rédacteur
      • Journaliste 24
        Journaliste

      Alors là vous êtes gonflé. En un seul commentaire, vous parvenez à :

      - Prétendre que l’histoire de Charlotte et Werther est un bidule à bachoter, prétendre pareil pour Homère et pareil pour la Princesse de Clèves.

      - Trouver élitiste de lire des classiques.

      Bravo !

    • Desiderio
      Desiderio répond à yoye-2000
      • Posté à 16h54 le 06/05/2009
      • Internaute 24791

      Quel éditeur ? Le livre est dans le domaine public et il y a plus d’un éditeur en France.

  • Keldan
    Keldan
    Now future & karpe diem
    • Posté à 14h48 le 06/05/2009
    • Internaute 5164
      Now future & karpe diem

    Super, mais la prochaine fois qu’il cite un livre, il devrait peut être en choisir un qui vaut le détour...
    Quoi que tant qu’à générer un effet de mode, mieux vaut limiter ça aux machins à l’eau de rose et épargner le reste.

  • nanouD
    nanouD
    citoyenne
    • Posté à 19h07 le 06/05/2009
    • Internaute 71941
      citoyenne

    Eh bien, il tombe à pic, cet article...
    La princesse de Clèves, je l’ai étudié et relu plusieurs fois dans ma jeunesse. Et ça m’avait plus que plu.
    J’ai envie de relire ce livre. Merci Sarko de m’y avoir fait penser !
    P.S : il n’est pas inculte, il connaissait le titre...

    • jexiste
      jexiste répond à nanouD
      si, si
      • Posté à 20h53 le 06/05/2009
      • Internaute 53099
        si, si

      « P.S : il n’est pas inculte, il connaissait le titre… »

      Oui, oui, m’enfin bon, la science infuse n’existe pas, non plus. Il a bien fallu que quelqu’un(e) le lui glisse à l’oreille ou le lui colle sous le nez. A priori, il n’a pas dit merci...

  • franc parleur
    franc parleur
    anarchieevangelique.wordpress. (...)
    • Posté à 20h59 le 06/05/2009
    • Internaute 75335
      anarchieevangelique.wordpress. (...)

    « Toutes mes résolutions sont inutiles ; je pensais hier tout ce que je pense aujourd’hui et je fais aujourd’hui le contraire de ce que je résolus hier. »
    La Princesse de Clèves

    suggestion de lecture pratique pour NS :
    ____________________________________
    Discours de la servitude volontaire
    Lien

  • jexiste
    jexiste
    si, si
    • Posté à 21h00 le 06/05/2009
    • Internaute 53099
      si, si

    Personne ne le note, mais ce succès de la Princesse de Clèves est aussi un formidable désaveu pour tous les sociologues et autres « gauchistes » qui la vouent aux gémonies comme « élitiste » et prônent le viol pour guérir de leur « maladie » les victimes de viol que cette « plaisanterie » n’a pas fait rire.

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