De mémoire de blouse blanche, on n'avait jamais vu ça. Du brancardier au professeur de médecine en passant par les aides-soignantes et les internes, tout le personnel hospitalier a battu le pavé parisien ce mardi, uni dans la même opposition à la loi Bachelot.
Ils étaient 8000 à 20 000 personnes selon les estimations et plus de 50% de grévistes à l'Assistance Publique-Hôpitaux de Paris, à dénoncer en vrac le risque d'un « hôpital-entreprise ». Mais qu'est-ce qui les anime vraiment alors que la « tarification à l'activité » est en vigueur depuis 2004 et que la loi Bachelot arrive au Sénat le 11 mai pour une dernière lecture ?
La dernière fois qu'Alain Boissonnas, professeur à l'hôpital Paul-Brousse de Villejuif, a manifesté c'était en 1968. Il se souvient. (voir la vidéo)
Des revendications corporatistes ?
« Si les médecins, qui ne sont pas franchement de gauche, descendent dans la rue, c'est qu'il y a un vrai problème », assure Frédéric Caux, dermatologue à l'hôpital Avicenne (Bobigny). Après quinze ans à gauche, il a voté Sarkozy et le « regrette ». Voici ce qui lui fait peur aujourd'hui :
« On était dirigé par des fonctionnaires, on sera sous les ordres de PDG, qui n'auront que des lignes comptables en tête et seront jugés sur leurs résultats financiers. »
La loi Bachelot veut modifier la gouvernance des hôpitaux en laissant aux directeurs tout pouvoir de gestion. En fait, les médecins sont vexés de ne plus être maîtres chez eux. Même si le Sénat a promis mardi qu'il amendrait le texte pour trouver un terrain d'entente. Emmanuel Tiret, chef de service à Saint-Antoine à Paris, reconnaît qu'en l'état actuel du texte :
« On aura voix au chapitre, mais le directeur pourra passer outre notre avis. S'il est intelligent, il nous entendra, mais en cas de conflit il aura le dernier mot. »
Les directeurs d'hôpitaux, nommés par les Agences régionales de santé, ne sont pas totalement sourds aux questions médicales. Comme l'explique Florence Cymbalista, chef de service en hématologie et biologie à Avicenne :
« Beaucoup d'administratifs nous ont apporté un soutien discret. Mais c'est eux qui serviront de fusible s'ils ne remplissent pas les objectifs ». (Voir la vidéo)
Le service public en danger ?
On entend beaucoup parler dans la manif de « sélection des patients », et d'« alignement sur le privé », mais est-ce vraiment ce que prévoit la loi Bachelot ? En fait, les médecins interrogés reconnaissent que « dire non à des malades n'est pas imaginable », mais ils prévoient « des embouteillages », comme aux Etats-Unis.
Les médecins subissent déjà la tarification à l'activité, dite T2A,
qui assigne aux hôpitaux des moyens en fonction de leur activité au
lieu d'enveloppes globales, mais précise Christian Jacquot, néphrologue à l'hôpital Georges Pompidou (Paris) :
« Jusque-là, on arrivait à contourner, on dépensait et puis on demandait une
révision du budget en cours d'année. A partir de cette année, la T2A
est totalement en vigueur, et dans mon hôpital, on nous demande
d'économiser 6 millions d'euros. On a déjà supprimé des postes non
médicaux, mais il va falloir baisser les moyens des médecins. » (Voir la vidéo)
Une médecine soumise à la rentabilité ?
A entendre les médecins se plaindre, on se demande parfois s'ils ne noircissent pas le tableau. La loi Bachelot vise à un équilibre financier des hôpitaux, or les médecins sont descendus dans la rue pour dire que, par définition, la santé coûte cher, surtout avec une population qui vieillit.
Tous les grands praticiens interrogés admettent qu'ils bénéficient d'une « liberté inégalée » dans un système de santé « parmi les meilleurs du monde ». Leur carrière est tellement intéressante que, même « trois fois moins payé » que dans le privé, ils restent à l'hôpital.
Des budgets d'hôpitaux qui devront être équilibrés, est-ce si absurde ? Christian Jacquot explique juste qu'on ne peut « aligner les tarifs du public sur ceux du privé d'ici 2012 puisque par définition l'hôpital ne prend pas en charge les mêmes pathologies, il recueille ce qui est le plus lourd à traiter humainement et matériellement ».
Les médecins auraient-ils mis du temps à se rendre compte que la tarification à l'activité était ingérable ? « On a mis un peu de temps à se réveiller », confesse Christian Jacquot.
Peut-être, comme l'explique Patricia Raulin, technicienne de laboratoire à l'hôpital de la Salpétrière (Paris), parce que cette fois « on touche au pouvoir des médecins ». (Voir la vidéo).




















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De Annie
20H09 | 28/04/2009 |
Effectivement, si je reviens 30 ans en arrière, je n'ai jamais vu les médecins se mobiliser pour des causes qui ne les concernaient pas directement, même lorsque la qualité des soins était en cause. Mais se voir assimiler au personnel subalterne a été un repoussoir plus efficace que toute autre considération. J'espère qu'il n'est pas trop tard pour empêcher les hôpitaux d'être gérés comme des entreprises, surtout comme il est évoqué dans l'article ils doivent traiter des pathologiques beaucoup plus lourdes que dans le privé. La culture du résultat n'a rien à faire avec la santé.
à Annie
De Au sud de nul part
Situation | 04H09 | 29/04/2009 |
Bonsoir : votre message est formidable :
« Effectivement, si je reviens 30 ans en arrière, je n'ai jamais vu les médecins se mobiliser pour des causes qui ne les concernaient pas directement, même lorsque la qualité des soins était en cause. Mais se voir assimiler au personnel subalterne a été un repoussoir plus efficace que toute autre considération »
Eh….oui.
En france, ce qui fait bouger n'est pas l'interêt général (ça c'est le baratin….) mais c'est le fait de se sentir « assimiler au personnel subalterne “ : ça c'est terrible, c'est le drame bourgeois. Le drame de voir une belle hiérarchie trembler.
Factotum
à Au sud de nul part
De Iv
Roboticien utopiste | 09H39 | 29/04/2009 |
Je me souviens de grêves fréquentes d'urgentistes dénonçant justement des qualités de soin déclinantes.
à Iv
De pomme1
??? | 17H21 | 30/04/2009 |
… avec comme résultat assez étrange que les chirurgiens étaient moins bien rémunérés que les anesthésistes et autres urgentistes… Enfin on peut maintenant bien rigoler et le Peilloux est remplacé par un B Debré ou un Grimaldi. Et l'on peut mesurer le taux de suffisance, d'incompétence, d'ignorance, de vulgarité et de bêtises de ces 2 riens existentiels et de leurs copains.
De Danielle29
20H09 | 28/04/2009 |
La santé n'est pas un produit commercial, les malades ne sont pas des clients, les hôpitaux ne sont pas des entreprises à but lucratif… Tout au moins pas encore, mais en passe de le devenir si nous laissons faire. C'est une conception de l'humanité et du lien social qui est en jeu.
à Danielle29
De Patate
20H47 | 28/04/2009 |
Malheureusement les médecins sont des libéraux pour la plupart, et la santé, un marché juteux.
Alors chiche, on salarie les médecins ?
à Patate
De leo s
noyaudecondensationdanslanébuleused... | 21H11 | 28/04/2009 |
Patate
t'oublies qu'il existe des personnes qui ont
la
VO-CA-TION
enseigner, soigner…c'est leur truc
yapas que le fric dans la vie se disent-ils ,patate.
à leo s
De Au sud de nul part
Situation | 03H38 | 29/04/2009 |
à leo s
De Patate
08H18 | 29/04/2009 |
Je sais bien qu'il n'y a pas que le fric, surtout pour ceux qui en ont, mais je suis assez vieux pour savoir que ceux qui n'ont pas la vocation savent très bien utiliser ceux qui l'ont et en tirer eux même profit.
Il suffit de voir qui travaille la nuit dans les hopitaux …
Allez jeter un oeil sur le rapport http://lesrapports.ladocumentationfrancaise.fr/BRP/094000043/0000.pdf, le sytème a l'air profondément inégalitaire.
à Patate
De BFA
21H20 | 28/04/2009 |
Les médecins des hôpitaux sont salariés.
à Patate
De zenobie79
citoyenne | 23H09 | 28/04/2009 |
Mais les médecins hospitaliers qui ont manifesté aujourd'hui sont salariés de l'hôpital public et certains comme moi depuis plus de 20 ans ! ! sans jamais avoir eu aucune activité libérale au sein de l'hôpital.
Alors, non, on ne peut pas laisser dire que ce mouvement est fait pour défendre les prébendes des « mandarins ».
Nombreux sont les médecins hospitaliers qui n'ont pas d'activité privée à l'hôpital et sont très soucieux de l'évolution qu'ils subodorent du caractère « public » de l'hôpital du futur (proche).
Nous savons à quel point certaines fractions de la population sont fragilisées (par la crise, les conditions économiques en voie de dégradation) et à quel point cela peut retentir sur leur santé.
N'oublions pas que la tuberculose a commencé à régresser dès la fin du XIXè siècle, devant l'amélioration des conditions de vie, de nourriture et d'hygiène, bien avant la mise au point du BCG. N'oublions pas non plus qu'elle est en cours de résurgence jusque dans nos sociétés dites développées en raison de la régression des conditions de vie d'une partie de la population.
Ensuite, un autre commentaire a bien raison : la santé ne se réduit pas au système de soins, lequel ne se réduit d'ailleurs pas à l'hôpital, loin s'en faut.
Alors, de grâce, évitons les raccourcis hâtifs et les opinions toutes faites (et mal faites).
Dans la manifestation d'aujourd'hui, la majorité des médecins défendaient bel et bien le caractère « public », c'est-à-dire « au service de tout public » de l'hôpital actuel.
à Patate
De knocklezout
généraliste | 00H46 | 29/04/2009 |
Et bien oui , chiche ! C « est vrai que je commence à en avoir assez marre depuis 30 ans de bosser au moins 65 h par semaine ( sans compter les gardes de nuit et de WE ) et d » être obligé de prendre de moins en moins de congés ( maxi 3 semaines / an ) car on ne trouve plus de remplaçants pour venir bosser autant dans nos fonds de campagne désertifiés depuis déjà bien des années…Et quand je m » absente , cela surcharge encore plus mes rares collègues à l » entour …Je pense de plus en plus que je suis un vieux con dinosaure pour avoir encore des scrupules dans ce joli monde d » actionnaires . Vivement
les 40 heures ( je ne demande même pas les 35 …) et les 5 semaines de congés payés, la retraite à 61 ans et non pas au minimum 65 ( si la caisse prétendûment autonome de retraite des médecins français OBLIGATOIRE , en réalité dirigée totalement par le ministère des finances avec le brio que l » on sait n » a pas explosé d » ici là ). Et bien oui , chiche ! Mais je vous dis tout de suite que cela ne va pas être très drôle pour tout le monde et vous pouvez tout de suite doubler les postes de travail . Je ne pense pas du tout que l » état envisage un seul instant cette éventualité qui lui coûterait beaucoup plus cher alors qu » à force de règlementations de plus en plus dirigistes et pointilleuses , le systême sécu parvient peu à peu à fixer l » exercice de la médecine ( les fameuses recommandations de la haute autorité de santé et autres règles de bonne conduite devenant progressivement opposables financièrement ) comme n'importe quel patron privé fixe le travail de ses employés , méconnaissant ainsi que l » exercice de la médecine n » est pas la mise en oeuvre d » une technique . Hormis quelques spécialités d » exercice plutôt luxueux ( avec dépassements constants ) , il y a déjà quelques temps que l » exercice du médecin généraliste conventionné de base de campagne n » a plus rien de libéral …
Bises à Asperge ( private joke..)
à knocklezout
De Au sud de nul part
Situation | 02H03 | 29/04/2009 |
Oui…vous êtes médecin….et ma grand mère est cardiologue.
Quelle bêtise pour les médecins qui se battent pour faire leur métier.
Factotum
à knocklezout
De Tokani
Oldmole | 02H13 | 30/04/2009 |
LE SYSTEME BRITANIQUE SEMBLE BIEN PLUS CONFORTABLE POUR LES GÉNÉRALISYES ET MOINS CHER POUR LA SOCIETÉ
POURQUOI NE PAS S'EN INSPIRER ?
à Patate
De Di
mère déchlorurée (papotable) | 08H47 | 29/04/2009 |
Si vous leur donnez le salaire (et les responsabilités ! ) d'un présentateur TV, d'un joueur de foot, je crois qu'ils seront très contents. (Et les indemnités de départ d'un PDG peut être, s'ils arrivent à couler l'hosto ou à rater toutes leurs opérations ? )
De ZonZon la MouChe
ni dieu ni maître ! | 20H29 | 28/04/2009 |
Ils ont voté pour lui, ils l'ont voulu, ils l'ont eu (dans le cul)

Cette france 53 % de français l'ont voulue, pensaient ils à cela ? Dans trois ans ils voteront à nouveau pour le même. Les cons.
à ZonZon la MouChe
De Au sud de nul part
Situation | 04H13 | 29/04/2009 |
Toi grand intelllilllligent : sommet :
Les cons : c'est les autres
Moi : pas être les autres donc moi intelligent.
Donc super : moi dans le bien pur.
yeah.
factotum
à Au sud de nul part
De blablablaetblablabli
patati et patata | 04H49 | 29/04/2009 |
Pourquoi cette ironie ? doit je déduire que vous faite
partie des 53% ? si c'est oui par conséquent vous ètes un c..n ! !
à Au sud de nul part
De didier1
retraité | 16H41 | 29/04/2009 |
vous en êtes un autre…….
De du_rhum_des_femmes
(pascontent) | 20H48 | 28/04/2009 |
On est face à un gouvernement qui arrive à mettre dans la rue des gens pas tout à fait habitués à manifester, et surtout à manifester ensemble : Dati avec les avocats et magistrats, Pecresse avec les profs de fac (même ceux de droit ! ) et les étudiants, aujourd'hui Bachelot avec tout le personnel médical des hopitaux.
Et les millions de manifestants dans la rue lors des manifs de janvier et mars…
Faut quand même apprécier la performance.
Mais en fait ça change quoi tout ça ?
De ninaneux
retraité | 20H48 | 28/04/2009 |
Comme l'éducation nationale, maintenant c'est l'hôpital qui est deux vitesse, une pour la France d'en Haut, deuxio, l'autre pour la France d'en bas, et après l'on me dira que je ne veux pas réformer la France ! ! Réformer comme cela ?
Vous ne pouvez pas faire une journée de grève tous ensemble et générale, la, peut être que le gouvernement changera ! !
Ce Président n'est pas digne de la France, multipliant mensonges, contradictions et insultes, il faudra bien un jour » s'en débarrasser » pour redonner une image plus exos ive de notre représentation nationale.
Résistons, renversons ce gouvernement et ce Président roi.
Résistons, gardons notre confiance pour l'avenir avec des hommes et des femmes qui auront l'honneur des couleurs de la France.
PS
En cas de problèmes de maladie, optique, dentaire, etc .. chaque élu est remboursé 100% de la caisse de la SS ?
Et quand ces « messieurs dames » sont malades leur prise en charges est automatiquement dans les grands hôpitaux (hôpitaux militaires) de Paris et des meilleurs chirurgiens, alors le peuple qu'est ce qu'ils en ont à faire…..
à ninaneux
De Au sud de nul part
Situation | 02H07 | 29/04/2009 |
Bonsoir monsiieur. Vous avez du vivre au paradis.
L'hôpital est a X vitesse(ssss) depuis au moins 20 ans…..
Vous l'ignoriez ?
Ou est-ce qu'auparavant cele ne vous gênait pas trop…….. ?
Vous voulez des exemples ? ( j'en une petite trentaine sous le coude…..(…)
Factotum
à Au sud de nul part
De labuse
médecin | 07H44 | 29/04/2009 |
Salut,
Je veux bien quelques exemples
à labuse
De k-you
pseudophilanthropophobe soupçonneus... | 08H49 | 29/04/2009 |
Moi aussi
à Au sud de nul part
De didier1
retraité | 16H43 | 29/04/2009 |
Les exemples ! les exemples !
à Au sud de nul part
De Valparaiso-Cerro-alegre
PISCOLOGUE | 18H31 | 29/04/2009 |
Moi aussi !
à ninaneux
De ninas
retraitée | 13H00 | 29/04/2009 |
Attention la réforme Bachelot est un sacandale car elle touche la couche de la population la plus pauvre supprimer des lits comme elle faît c'est donner à gagner plus aux cliniques privées qui elles reviennent plus chères que les hôpitaux publics car n'oublions pas que c'est la sécuriité sociale qui paie et un médecin du privé a un coût plus important qu'un médecin du public alors on va supprimer des petits hôpitaux et le temps qu'il faudra pour arriver dans un grand plus éloigné nous serons déjà au paradis il faut pas se leurrer on fait passer des amendements avec 10 députés à la chambre des députés à 4 heures du matin ça s'appelle un coup tordu et c'est inadmisible en démocratie ! je soutiens les médecins car ce sont eux qui nous soignent pas les directeurs eux c'est pour des excercices comptables et nous sommes des patients et pas de la marchandise il faudrait mettre une fin à ce gouvernement qui nous ment et qui nous fout dans la mouisse !
à ninas
De Choukryl
Noctambule | 17H04 | 29/04/2009 |
La Secu rembourse tout le monde sur la même base. Les dépassements du privé sont remboursés par les mutuelles (ou le patient).
Donc globalement les structures privées reviennent moins cher à l'état puisqu'elles se financent elles mêmes sur leurs bénéfices.
Par contre effectivement elles reviennent plus cher pour le patient.
à Choukryl
De momo1
19H13 | 29/04/2009 |
ete vous certain de vos dire,apparament vous n avez pas suivi le directeur de la secu de nante qui fesait la chasse aux abus et a ete remercie car il fesait son travail.
le monde il est gentil,le monde il est beau.
encore un qui se fait depouiller ,et lorsqu il sortira ca carte de secu,cmu on lui dira vous avez pas suivie les informations maintenant c est la carte bleu qui faut sortire ,mais mes cotissations ont servi a quoi et bien a passez la porte.
De olympe blogueuse
blogueuse | 20H51 | 28/04/2009 |
les directeurs d'hopitaux ne font pas le boulot des médecins, pourquoi lesmédecins feraient ils celui des gestionnaires ?