La presse et la crise, c'est le thème de l'entretien accordé par Michel Rocard à Lyon Capitale (entretien paru dans le numéro d'avril de Lyon Capitale). À l'heure de son départ à la retraite, le très « pédagogique » ancien Premier ministre, qui se décrit pourtant comme un « optimiste congénital et combatif », dresse un tableau bien sombre. Selon lui, la télé a tué la démocratie et la crise en sera d'autant plus longue.

Longtemps considéré comme un « chouchou » de la presse écrite, vous semblez ne pas avoir réussi à saisir le virage de la télé… Est-cela qui explique vos échecs dans la course à l'Elysée ?
Il importe très peu de considérer les jeux personnels, les jeux de carrière. Le drame c'est que la télé est devenue le média dominant pour fixer les opinions. Et la presse écrite n'a pas su résister en faisant un contrepoids suffisant. Or l'image a des caractéristiques qui ne sont pas celles du texte écrit.
L'image répugne à la complexité, demande du conflictuel, de l'affectif, du dramatique, et sûrement pas du complexe, du sociologique et de l'explicatif. L'image ne sait pas aider une pensée sur le long terme. Il faut de l'événementiel. Du coup, dans notre société, on ne réfléchit jamais à plus de quelques semaines. Et ça c'est tragique. La mort de la démocratie est là ! Mais peu importe qu'ils disent du bien ou du mal de tel ou tel homme politique, c'est un détail.
Dans ces conditions, un nouveau Rocard aurait du mal à s'imposer…
Si vous personnalisez, on ne va plus du tout se comprendre. Le champ politique maintenant par choix médiatique est voué aux gens qui présentent un fort avantage de charisme, homme ou femme. On peut appeler ça des qualités d'ordre théâtral. Tout le système est répulsif à l'idée d'examiner et de présenter les compétences, les choses faites.
C'est un drame absolu. Il est mondial. Il concerne maintenant la totalité des démocraties, et commence à toucher même les dictatures qui voudraient paraître un peu moins brutales. Le professionnalisme est disqualifié, c'est terrible ! Et c'est une des raisons qui font qu'on a du mal à sortir de la crise actuelle.
Un plan de sortie de crise présenté par un gouvernement quelconque - le Français, l'Américain, l'Anglais, l'Allemand… - sera discuté en fonction du combat de l'opposition dans le pays, du charisme du présentateur, et pas beaucoup en fonction de son efficacité potentielle. C'est effrayant.
Les états généraux de la presse peuvent-ils être utiles ?
Ils concernent uniquement la presse écrite que je sache. C'est le petit bout de la lorgnette. Aujourd'hui, ce qui est important, c'est le message de désintellectualisation de la télévision, qui change la façon de penser de nos peuples, les rend sensibles aux problèmes people et casse l'idée que le métier d'homme politique puisse être un métier sérieux. Ça devient un combat de gladiateurs dans un champ clos où l'on admire la performance sportive.
Comment la démocratie peut-elle s'en relever ?
Je ne sais pas. Mais je pense qu'elle est mortellement atteinte. Le système est mondial. Les grandes chaînes de journaux ont des journaux dans 60 pays. Le maléfique M. Murdoch ou le maléfique M. Ranck animent les débats… Ce sont ces deux hommes par exemple qui ont rendu la Grande-Bretagne xénophobe. La Grande-Bretagne a cessé d'être européenne depuis vingt-cinq ans à cause de la canonnade permanente de sa presse. On l'appelle presse bas de gamme, mais c'est elle qui fait l'état d'esprit des électeurs de manière dominante.
Ce système médiatique rend plus difficile la sortie de crise, dites-vous. Passe-t-elle avant tout par une moralisation du système ?
Le drame dans la finance vient d'une perte d'éthique, une détérioration des comportements bancaires. On l'a vu avec les subprimes, avec la tentative de vol qui consiste à cacher les créances douteuses dans des « packages » de créances moins douteuses, pour pouvoir se les vendre, ce qui a infesté tout le système bancaire mondial, alors que les subprimes étaient une crise purement américaine.
On a donc raison de parler de moralisation du système, on en a besoin. Mais ce n'est pas suffisant. Ce sont les règles du jeu elles-mêmes qui nous ont conduits à des déséquilibres insurmontables.
Moraliser la finance ne résoudra donc pas la crise ?
Cela peut aider, car la crise financière est une crise partielle et limitée. Mais malheureusement la crise tape sur des économies fatiguées et anémiées. Nous avions bien avant la crise 15% de travailleurs précaires, plus 8% de chômeurs, plus 5 à 6% de pauvres… Dans tous les pays développés, nos économies étaient déjà incapables d'offrir un travail convenable à un quart de leurs populations actives. C'est énorme ! Cela représente 45 millions de personnes aux Etats-Unis !
On a donc deux crises : à la crise économique, est venue s'ajouter une crise financière, due à autre chose. Or, de la crise économique on ne parle pas. Parce que là, l'explication de l'immoralité ne suffit pas. Il faut reconnaître que les règles du jeu étaient mauvaises. Or elles ont été mises en place par tout un consensus dans lequel il y a 15 prix Nobel, des dizaines de milliers de professeurs d'économie recrutés sur le critère de leur croyance satisfaite dans l'optimalité des marchés.
Bref tout l'appareil économique est voué à cette idée que moins l'Etat régule et mieux on se porte. C'est ça qui nous a « foutus » en l'air ! Le système capitaliste se révèle instable.
Le capitalisme a marché un temps…
Le capitalisme a environ 200 ans : c'est la réconciliation de l'économie de marché, de la société anonyme et de la machine à vapeur. Cela nous amène au XIXe siècle. Il y avait alors une crise tous les dix ans. La dernière, la plus connue, celle de 1929, a fait 40 millions de chômeurs là où il y avait le plein emploi… Et elle a fait élire Hitler. D'où la Seconde Guerre.
A la sortie, tout le monde se dit que le capitalisme est trop instable et l'on a mis en place des régulateurs : les politiques de Keynes, la sécurité sociale - qui est un énorme stabilisateur en dehors du marché - et une politique systématique de hauts salaires pour qu'il y ait une haute consommation.
Cela a marché, vous avez raison, mais uniquement un temps déterminé, de 1945 à 1971. En 1971 rentre le désordre financier suite au décrochage du dollar et de l'or, et se produit cette théorie selon laquelle il ne faut pas que les Etats interviennent car, tout équilibre de marché étant optimal, moins on administre, moins on régule, et mieux on se porte.
Une théorie folle, mais à laquelle tout le monde s'est rallié. C'est une faute intellectuelle planétaire. Elle arrangeait des gens : moins il y a de règles, plus on s'enrichit facilement. Mais toute l'administration économique de la planète a été mise en place, pensée, par des gens qui croyaient ça. La sortie de la crise économique où nous sommes, suppose un nouveau diagnostic scientifique. Pour ça, il faudra des années !
En somme, il faut écouter la gauche…
Gauche et droite n'ont plus beaucoup d'importance au regard de ces enjeux. La droite s'était ralliée très unanimement à la règle de l'optimalité des marchés. La gauche restait réticente. Quand elle était bête, on ne l'écoutait pas, c'était fréquent. Quand elle était intelligente, elle se disait keynésienne, c'est-à-dire qu'elle disait qu'il faudrait garder un minimum de régulation. Mais elle était minoritaire et n'a pas été entendue.
Nous sommes maintenant dans un drame où tout le monde cherche. La résolution du dernier G20, réuni en novembre à l'initiative de Sarkozy, est assez extraordinaire : ils ont signé au fond que les règles du jeu, au moins de la finance, étaient devenues fausses.
Pourquoi Bush a signé ? Parce qu'il était vaincu, son successeur déjà nommé et qu'il ne pouvait que suivre le consensus international. Pourquoi Sarkozy a signé ? Parce que son extrême intelligence l'a amené à comprendre, en une semaine, que toute l'économie qu'il avait apprise dans son milieu reposait sur des paradigmes erronés et que ça ne collait pas. Il a mis une semaine à l'accepter.
Mais la plume, qui l'a tenue ? Gordon Brown, un vieux travailliste ! Lui n'avait adopté que récemment les thèses ultralibérales, sous la pression de son électorat, de l'héritage de Margaret Tatcher et parce que, quand même, pendant 15 ans, on a cru que ça marchait.
Il s'est retourné et a tenu la plume pour décrire les remèdes qu'il fallait mettre en place. La résolution du G20 fait 7 ou 8 pages : c'est le plus dense, le plus précis et le meilleur des textes internationaux officiels depuis Bretton-Woods en 1944.
C'est la part d'espoir ?
Des minorités éclairées ne font pas un système. Le G20 a beaucoup parlé de la finance, c'est bien. Il n'a pas parlé d'économie encore, celle de la production, des salaires, de la distribution, de la consommation, des revenus, des profits…
Autrement dit mon pronostic sur la crise, c'est : un, elle va être longue, parce que les effets de la crise financière sur l'économie commencent à peine à se faire sentir. Nous étions en récession en 2008 pour des raisons proprement macro-économiques commencées avant. Le contrechoc de la finance sur l'économie ne s'est fait sentir qu'en décembre dernier, c'est tout récent ! Il commence, on en a pour des années.
Deux, dans la grande crise de 1929-1932 qui a fait Hitler, toutes les puissances publiques sont allées à contretemps. Toutes les décisions nationales ou internationales ont été mauvaises, ou aggravantes : Hoover aux États-Unis, Pierre Laval en France avec la déflation. C'est un avantage énorme et un optimisme formidable que la communauté internationale ait cette fois plutôt manifesté de l'intelligence que de la sottise, et que ses premières réactions aillent dans le bon sens.
Combien de temps durera la crise ?
Personne ne peut savoir. Il faut probablement deux ou trois ans pour que se reconstitue un équilibre de niveau inférieur entre une offre, une demande et une capacité de production qui tourne. Et puis qu'on redémarre.
Quel est le risque que nous encourons si nous ne parvenons pas à réformer le système ?
Un historien anglais nommé Toynbee s'était essayé à dénombrer le nombre de civilisations qu'il y avait eu dans l'histoire. Il en dénombrait 27 dont à son avis 17 ou 18 étaient déjà mortes, et dont les restantes étaient en train de fusionner dans une vaste civilisation technico-occidentale. Le déclin, cela existe. Les échecs de civilisations, cela existe dans l'histoire humaine… Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise ? Il faut qu'on y arrive, mais l'enjeu n'est pas petit.
Et qu'est devenu votre rêve d'Etats-Unis d'Europe ?
Ce rêve a été tué par l'arrivée de la Grande-Bretagne en 1972. Depuis, elle s'est toujours opposée -et toujours avec succès- à toutes les tentatives de faire émerger une Europe politique. A mon avis, il n'y en aura jamais. Il y a une majorité contre au Conseil de l'Europe actuellement.
Mais l'Europe a en commun son modèle économique et social, c'est-à-dire que la possibilité d'une réponse européenne à la crise existe. Et cela peut suffire à aider, avec les Etats-Unis s'ils acceptent, à sortir de la crise et donc à redonner une formidable identité à l'Europe. Mais l'Europe diplomatique et militaire, c'est mort.
Comment recréer une utopie européenne ?
Je suis en train de le faire en vous parlant ainsi. L'espoir c'est que l'Europe, qui a quand même le meilleur modèle économique et social, arrive non seulement à le préserver, mais à en faire la base de redémarrage d'une économie mondiale perturbée.
C'est un espoir européen fou. Mais les Français sont dans la mythologie : ils pensent qu'on ne fait de la politique que lorsque l'on parle des armées et de la diplomatie. Ce n'est pas vrai. Il va falloir s'occuper d'économie et considérer que c'est de la grande politique.
Vous avez adhéré à la SFIO en 1949, un parti qui avait alors 60 000 membres, dont selon vous « la moitié de conseillers municipaux et le reste de curieux. » Et le PS, dans quel état est-il aujourd'hui ?
Il est un peu plus gros. Il n'a que moyennement changé, mais il est toujours là, à 104 ans.
Le poids des élus locaux y est toujours très fort… Que pensez-vous de l'influence qu'exerce au PS par exemple Gérard Collomb ?
C'est une bonne chose, car ce sont des élus sérieux. On a les deux tiers des mairies de plus de 20 000 habitants. J'aime beaucoup Gérard Collomb, je lui dis bravo, parce que c'est un bon maire. Mais enfin, n'en faites pas un symbole. On a 10 000 maires de villes et de bourgs !
Le PS est-il mieux armé intellectuellement ?
Il est mieux enraciné sociologiquement. Intellectuellement, ce n'est pas sûr, car c'est un parti où le débat est mort.
Vous étiez très critique sur la gestion des 35 heures par Martine Aubry. Comment jugez-vous ses premiers pas au PS ?
Elle fait un parcours pas mal. Mais avant que le parti soit redevenu une force de proposition intellectuelle, Martine a du boulot ! Je pense qu'elle le sait, donc je ne suis pas trop pessimiste. Elle a les outils, et peut-être même les forces, pour y arriver.
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De pseudohopif
webmaster | 13H58 | 27/04/2009 |
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De PauLo anarcho-patriote
18H25 | 27/04/2009 |
Lueurs d'espoir les accents pathétiques de « repentance »…
de Monsieur Michel Rocard…
.. quand il regrette publiquement de n'avoir ni compris ni suivi, en 1962, Pierre Mendès-France dans son opposition radicale à l'élection du Président de la Vème République au suffrage universel direct !
Ç'a été « confessé » par cet ancien Premier Ministre, authentiquement socialo-gaulliste, à Monsieur Alain Finkielkraut sur France Culture le 24 février 2007 (et rediffusé par cette « chaîne de la pensée unique » le 18 août 2007 et -on ne s'en lasse pas- le 20 septembre 2008).
Intéressante… cette contrition… en toute fin d'émission de celui qui, avec nombre d'autres, est présenté comme « le dernier des mendèsistes »… et, toujours soucieux de son image historique, veut être… et se présente comme un disciple de « PMF »… un « fils de Mendès » !
Lueur d'espoir… surtout… d'entendre peut-être un jour le repentir radical, sincère et véritable de tels « socialogaullistes de renom » d'avoir non plus seulement renié PMF mais soutenu « VGE » dans ses réglementations scélérates sur… l'avortement… le regroupement familial… la sous-traitance… la T-V-A… qui ont pourri la France, la Corse et l'Outre-mer et durablement plongé dans une profonde détresse matérielle et/ou morale tant d'individus et d'entrepreneurs.
((Merci aussi et encore au même Monsieur Michel Rocard d'avoir, en cette même occasion, repris à son compte le distinguo essentiel introduit par le feu Pape Jean-Paul II entre patriotisme et nationalisme, élément fondamental du Manifeste du Collège Anarcho-Patriote.))
à pseudohopif
De Atchoom
Dessinateur d'études | 20H23 | 27/04/2009 |
je n'ai même pas envie d'aller voir les liens, tu pourrais au moins écrire un minimum sur ce que tu penses ! !
De funkystefffff
Citoyen Grolandais du côté de ma mè... | 14H15 | 27/04/2009 |
… Et Rocard, c'est la mort de la gauche.
à funkystefffff
De pablico
22H46 | 27/04/2009 |
il a bien analysé :
on vote pour un acteur, un charisme, une soit disant énergie, un physique, une homme, une femme, un homo, un hétéro, pour sa femme et la couleur de ses tailleurs..on vote pour une image, et plus pour des idées, des idéaux de vies ou de société.
il faut s'y faire…on est voué au premier degré….
fini les « second degré », où le rêve, la sensibilité, la philosophie, la réflexion, les idéaux entraient en jeux…
on touche à la lie : le premier degré…
pour éliminer : taper 1 ,
pour garder : taper 2 , ..etc etc..
la bd à remplacé le roman et les livres de fond..qui souvent sont devenus people aussi…
conclusion : l'image et l'image immédiate a remplacé la pensée…
une société qui pense impulsivement ou compulsivement, à court terme par images (5 ans au max), quel est son avenir ?
à funkystefffff
De Iv
Roboticien utopiste | 16H58 | 27/04/2009 |
Rocard est à ma connaissance le seul député Européen socialiste a avoir compris quelque chose à Internet et à son importance.
à Iv
De Waldeck
Naufragé en Sarkoland | 18H38 | 27/04/2009 |
Ce que Rocard appelle internet, c'est le Minitel…
Il est le seul homme politique que l'on appelle encore avec un Tam-Tam et qui répond avec son Bi-Bop ( de toute façon, ce n'est grave, il est sourd et on ne comprend pas ce qu'il dit….)
à Waldeck
De ApollonduRéverbère
19H26 | 27/04/2009 |
Bien dit !
Je rappelle aux amnésiques que c'est Rocard qui a demandé le contrôle d'Internet. Son rapport, celui qu'il avait remis à Royal en 2007, fait foi. Il demandait tous les contrôles que Sarkozy met en place aujourd'hui.
Vénérer Rocard pour un internaute, c'est le comble de la maladie mentale.
Dire de Rocard qu'il est un optimiste c'est n'avoir fait preuve d'aucune volonté de recherche ou n'avoir aucune idée de ce que l'optimisme signifie. Déjà il y 30 ans, Rocard était qualifié de dépressif chronique par les observateurs. On le regardait à la télé, on avait l'impression que toute la misère allait nous tomber sur le dos. Et elle nous est tombée sur le dos, aussi grâce à lui.
Avant de sortir des poncifs éculés sur l'économie, allez donc repasser les archives de l'INA. Ma mémoire est encore très fraîche le concernant. Ce type est un méphisto en puissance.
Coquin comme cochon avec Sarkozy et la droite. Rocard n'a jamais été de gauche. Sa nouvelle gauche c'est celle de Bockel.
à ApollonduRéverbère
De domino78
21H12 | 27/04/2009 |
C'est sûr que quelqu'un qui a inventé la CSG et la RDS non déductible ne doit pas être bien « dans ses godasses » et n'est pas vraiment quelqu'un de gauche.
Pour ceux qui ne connaissent pas ces choses, en voici l'explication :
Chaque salarié a en retenue sur sa fiche de paie des cotisations uniquement salariales appelées CSG (Contributions Sociales Généralisées) et RDS (Remboursement de la Dette Sociale) d'un taux total de 8 % du salaire brut (5,10 % est déductible du net imposable et 2,9 % est non déductible du net imposable).
Je ne conteste pas le principe de la CSG car elle s'applique à d'autres revenus que ceux du travail, mais c'est le fait de la non déductibilité que je trouve « fort de café ».
En effet, chaque salarié paie un impôt sur de l'argent qu'il n'a pas touché. C'est le principe de la double peine.
Exemple : salaire brut = 2000 euros, CSG-RDS non déductible (2,9%) = 58 euros.
Le salarié ne touche donc pas ces 58 euros mais le comble c'est qu'il paie l'impôt sur le revenu sur ces 58 euros car ce montant est non déductible. On paie de l'impôt sur un revenu que l'on n'a pas touché.
C'est la seule rubrique de paie dans ce cas.
Et qui est le génial inventeur de cette ineptie : Michel Rocard en personne.
à ApollonduRéverbère
De Iv
Roboticien utopiste | 09H35 | 28/04/2009 |
Si vous parlez du rapport république 2.0, relisez le, il était et est encore d'une modernité frappante. Il propose un moratoire sur les machines de vote, donner plus d'indépendance à la CNIL, revenir en arriere sur la carte d'identité électronique. S'il y a volonté de controle, je demande des citation et des références des passages. Par rapport à ce qu'il y avait en face, par rapport à ce que Sarkozy et l'UMP disaient et faisaient comme promesses vis à vis d'internet, le rapport Rocard est d'une clarté et d'une compréhension incomparable.
Rocard a été la voix la plus audible dans le combat contre les brevets logiciels, il comprend l'opportunité qu'internet offre à la politique : celle d'entendre plus distinctement les revendications populaires.
Oui, il a renvoyé dos à dos Sarko et Ségo, oui il a parlé de rendre sa carte du PS. Il est une des personnes qui auraient aimé que dans un débat audiovisuel entre deux candidats, on commente plus le son que l'image.
à ApollonduRéverbère
De pierrejcallard
www.nouvellesociete.org | 17H51 | 28/04/2009 |
Ne soyez pas ingrat avec Michel des « hiers qui chantent ». Cela dit, il n'y a pas que la télévision qui soit néfaste à la démocratie, même si elle a réussi à le devenir plus que jamais.
http://nouvellesociete.wordpress.com/2009/04/29/rocard-twitter-et-le-sub…
Pierre JC Allard
à Waldeck
De jpouille
expatrie en Angleterre | 13H21 | 28/04/2009 |
quand tu arrivera a pondre des entretiens comme celui la tu reviendras donner ton avis. C'est toujorus pareil en France, des qu'un type est bon, il passe a la trappe. T'es pas un naufrage du sarkoland, t'es un pur priduit issu de la mediocrite.
C'est ca la jeunesse d'aujourd'hui ?
à funkystefffff
De Lugi
17H15 | 27/04/2009 |
Rocard, c'est la mort de la gauche ?
Rocard, ça a toujours été une voix qui crie dans le désert mais pour quelques années d'égarements il en a des dizaines où c'était lui qui avait raison.
Comme là aujourd'hui.
Rocard, lui il traverse les déserts sans mourir et sans devenir fou. La gauche est morte sans lui, dommage qu'elle renaîtra sans lui aussi.
On en trouvera d'autre des types biens, même si il sera trop tard pour les utiliser.
à Lugi
De Valparaiso-Cerro-alegre
PISCOLOGUE | 20H01 | 27/04/2009 |
Ne vous inquiétez pas ! Je suis là.
Rocard s'est-il encore égaré ? Il fait froid dans les pôles pauvre vieux, à la retraite et qu'il ne nous emmerde plus !
à Valparaiso-Cerro-alegre
De jpouille
expatrie en Angleterre | 13H24 | 28/04/2009 |
t'as pas le niveau vieux, qu'est ce tu fais ici ? va sur TF1 si tu veux ecrire n'importe quoi neuneu
à jpouille
De Waldeck
Naufragé en Sarkoland | 13H56 | 28/04/2009 |
Cher jpouille ( la fripouille ? )
Vous me semblez bien vindicatif vis-à-vis de vos voisins riverains, faites-vous un complexe de supériorité, et pourquoi ?
Parce-que vous êtes expatrié en GB , chef d'entreprise, ou, pour ces 2 premières raisons êtes-vous en train de déprimer « grave » comme on dit de nos jours…
Reprenez un Prozac et faites des mouvements respiratoires, voila, comme ça, soufflez….
à jpouille
De Valparaiso-Cerro-alegre
PISCOLOGUE | 19H33 | 28/04/2009 |
Le niveau de quoi ?
à Lugi
De framboise92
Je refleurirai un jour ! | 07H03 | 29/04/2009 |
Merci pour se rappel.
Il fut un temps où Rocard dérangeait pour ses idées trop « socialistes » (au sens profond du teme).
Savoir ne pas l'oublier est objectif.
Cordialement.
C'est tout ce que je veux dire ;
à funkystefffff
De Atchoom
Dessinateur d'études | 20H33 | 27/04/2009 |
et vous venez de lui donner raison en quelques mots, continuez à juger juste la personne et non ce qu'il veut exprimer, vous êtes sur le bon chemin…
De timiota
(lecteur de Bernard Stiegler) | 14H25 | 27/04/2009 |
la télé est « pulsionnelle ».
Elle fait partie de la tendance « pulsionnelle » du capitalisme aujourd'hui.
Bel outil pourtant, que l'image. Mais comme un poison, la dose de ces images est trop fortes, le rythme n'en parlons pas … Le marketing, lui, ne voit que les recettes augmenter en bout de ligne. Tout va bien.
(voir les travaux de B. Stiegler, ou à plus petite échelle, « mon enfant n'est pas un coeur de cible », Philippe Desbordes, ed Actes Sud, 2006, je crois)
De blablablaetblablabli
patati et patata | 14H28 | 27/04/2009 |
Il a raison Rocard la télé ça craint ,et surtout avec toujours
les meme crétins Morandini,caoué ou kaoué ,Druker
complètement lifté,Sabatier ouais sabatier il est revenu lui,
De larue avec sa tronche de cake à 10000euros par mois.
Merci les beaufs ,en attendant Kaoué roule en porche.
.
à blablablaetblablabli
De taurus
coté soleil | 21H57 | 27/04/2009 |
Ouais , si c'est ça ton but « rouler en Porsche » la société va pas aller loin
De Pierre Serisier
Journaliste | 14H40 | 27/04/2009 |
En même temps, on n'avait pas attendu Michel pour s'en rendre compte.
Cela dit, s'il avait été candidat à une présidentielle et qu'il ne se soit pas laissé « enterrer » par Mitterrand, il aurait fait un chouette président de la République.
Michel Rocard, c'est Raymond Poulidor, le type que tout le monde adore et qui ne gagne pas. Dommage. Sincèrement
De lmartelli
Paris | 14H42 | 27/04/2009 |
Si même M. Rocard se met à parler de prix Nobel d'économie …
à lmartelli
De lmartelli
Paris | 17H45 | 27/04/2009 |
Pour info, le prix Nobel d'économie n'existe pas. Il existe une prix à la mémoire d'Alfred Nobel, qui a réussi à se faire passer pour un prix Nobel. Voir par exemple ici : http://www.monde-diplomatique.fr/2005/02/HENDERSON/11930
De Spiripotain
dilettante | 14H43 | 27/04/2009 |
Cela fait des lustres que Rocard cumule les âneries. Il confondait déjà socialisme et capitalisme, voilà qu'il ne comprend rien à la télévision ! Qu'y a-t-il d'étonnant à ce qu'il se sente largué ?
Nos pays sont plus démocratiques à l'heure de la télévision qu''ils ne l'étaient à l'heure de la radio et plus à l'heure de la radio qu'à l'heure de la seule presse écrite. Les populations sont plus informées de tout ce qui se passe dans le monde et si les politiciens ne s'y retrouvent pas c'est peut-être qu'ils préfèrent les antichambres du pouvoir et sûrement parce qu'ils ne comprennent pas ce qui se passe réellement à la télévision.
24 heures Chrono, produit par la Fox (Murdoch) en plein Bushisme est plus complexe, plus ambigu et donne plus à réfléchir qu'un discours de Sarko.
Quant aux compliment envers son nouveau patron Sarko, Rocard peut se les garder. On sait qu'il a toujours louché vers la droite…
à Spiripotain
De Alt-Z
Jeune délibéral. | 15H30 | 27/04/2009 |
Que la population dans son ensemble soit *plus* informée, certainement. Disons qu'au moins, tout un chacun dispose d'un meilleur instantané de l'actualité globale. Ce qui n'empêche pas un sacré nivellement par le bas ; le propos de Rocard me semble parfaitement fondé. Il y a un petit texte très percutant de Pierre Bourdieu là dessus, « Sur la télévision », issu d'une conférence télévisée, justement, qu'on trouve facilement via Google. Je vous le/la conseille chaudement.
La question est sans doute de savoir si Internet peut renverser la tendance. Pour le moment, on est en pleine ambivalence. Il faudra probablement quelques temps avant de pouvoir trancher si « l'effet Wikipédia » est positif ou négatif.
Mis à part ça, Rocard ferait se retourner Rocard dans sa tombe ! Et puis, comment peut-il se dire « optimiste » alors qu'il déclare mortes toutes les sources d'optimisme ? Il s'est mis à croire à la résurrection, aussi ?
à Alt-Z
De Spiripotain
dilettante | 15H43 | 27/04/2009 |
Le sentiment dominant vis à vis de la télévision, soupçonnée d'abrutir ou du moins de niveler les consciences par le bas, sévit en France depuis la fin des années 50, le début des années 60. Il a pour origine les milieux du cinéma qui voyaient fondre leurs profits sous la concurrence de la télé. Il a été reprit par la cinéphilie militante des mêmes années et des suivantes (André Bazin mis à part, un des rares à avoir analysé la télévision sans a priori et avec une parfaite pertinence) . Néanmoins, ce mépris relayé par tout ce qui représente la normalisation (ceci dit sans acrimonie) dans notre société : église, enseignants, parents d'élèves, etc…
Cette position reflète à mon sens notre incapacité à sortir d'une culture fortement hiérarchisée et méfiante à l'égard des expressions populaires.
Si vous voulez, un jour, je vous emmène chez un marchand de journaux dans une gare. On regardera la littérature qui s'y vend…
Quant à Bourdieu, son livre sur la télévision ne traite que des débats et de l'information. Il n'aborde pas la fiction, qui est justement à mon sens, le lieu où les questions idéologiques se jouent le plus librement.
Et pour finir, un mot sur Internet. Ce n'est à mon avis que la continuation de la télévision par d'autres moyens. il est d'ailleurs remarquable que les pourfendeurs de la télévision soient souvent les chantres d'internet. Le numérique lave sans doute plus blanc. Là encore je vous conseille je bien regarder ce qui s'y produit comme quantité de sites formidables (conspirationnistes, etc…)
Pour info, je vous conseille ce bouquin récent :
« Contre la télévision, tout contre » (éditions Cité du Design)
Cordialement
à Spiripotain
De adrieng
Informaticien libre | 15H53 | 27/04/2009 |
Et pour finir, un mot sur Internet. Ce n'est à mon avis que la continuation de la télévision par d'autres moyens
? ? En quoi internet est le successeur de la télé ? ?
Internet me semble parfaitement à l'opposé des médias traditionnel au contraire (liberté d'expression pour tous, participation du lecteur à l'information…)
à adrieng
De Spiripotain
dilettante | 19H49 | 27/04/2009 |
Il faut se méfier des apparences. N'y a-t-il pas plus de débat, plus de « socialisation » autour de la télé (entre soi en regardant une émission, au bistrot le lendemain ou pendant le match de foot, entre collègues après, etc…) que lorsque chacun, sur son ordinateur, commuique via un forum ou un « chat » ?