Le président Sarkozy et le sacrifice de la jeunesse
Que dira-t-on à toute cette génération de jeunes qui ne trouveront aucun débouché professionnel après leurs longues années d’études ? Comme d’habitude : « Apprentissage », comme si cette formation importante n’était que soupape de sécurité. Ou encore : « premier contrat, après un stage gratuit de deux mois ». C’est ce qu’a proposé Sarkozy. Ce n’est pas sérieux.
S’il existe une faute absolue pour tout responsable politique c’est celle du sacrifice de la jeunesse de son pays. Ce sacrifice ne se cicatrise jamais, se paye à long terme. Il n’y a qu’à voir les ravages de l’individualisme résigné au sein de la dernière génération que nous avons laissée sans aide, sans main tendue, celle de la crise de 1993. Les conséquences pour leurs intégrations professionnelles, les premiers CDI signés passés les 30 ans, la famille construite si tard, cela se paie socialement et humainement mais aussi économiquement par moins de rentrées fiscales et sociales, moins de consommation, moins de création, moins de force pour notre pays. En 1993, Sarkozy était déjà aux affaires. Il n’a pas le droit de recommencer.
S’il veut agir et agir vite, qu’il éteigne son obsession libérale qui l’avait conduit à détruire tous les dispositifs d’emplois aidés. Les emplois jeunes avaient permis en 1997 de redonner confiance à une société recroquevillée sur ses angoisses. Que faire pour ses enfants ? Les emplois-jeunes ont donné un nouvel espoir, malgré leurs imperfections, car ils donnaient de la visibilité, du temps dans un horizon économique encore incertain. C’est cela dont cette génération et leurs parents ont besoin. Pouvoir avoir la certitude de passer les trois prochaines années ! De ne pas galérer, de passer de stages en stages, sans autre débouché que le déclassement malgré leurs diplômes acquis : inventer son avenir en développant des activités non marchandes.
Alors, s’il y avait une mesure que le Président de la République devrait prendre en urgence, c’est de stopper les heures supplémentaires. Entre 2008 et 2009, le nombre d’heures supplémentaires déclarées est passé de 145 à 184 millions, soit une progression de 28%, alors que l’activité générale s’est effondrée.
Les entreprises n’ont pas eu besoin des heures sup pour faire face à un surplus d’activité mais pour remplacer des salariés. Ce dispositif a donc été utilisé pour remplacer les départs à la retraite ou volontaires, pour ne pas renouveler les CDD, voire pour permettre à l’entreprise de licencier et de demander aux salariés restants une augmentation de la charge de travail.
Ces 40 millions d’heures supplémentaires en plus correspondent à l’équivalent de 90 000 postes de travail à temps plein et le coût de cette mesure oscille entre 3 et 4 milliards d’euros (2,8 milliards d’euros d’exonérations sociales en 2008 et 900 milliards d’euros d’exonérations fiscales en 2009). Le contribuable paye donc pour détruire des emplois et creuser les déficits sociaux ! Ne serait-il pas plus utile de récupérer ces 3 milliards et de réinstaurer ces emplois aidés en direction des jeunes de notre pays ? 3 milliards, c’est l’équivalent de 150 000 emplois jeunes et 90 000 emplois privés. C’est 240 000 familles qui pousseraient un « ouf » de soulagement, dont celles de 150 000 jeunes qui pourraient engager leurs forces et leurs enthousiasmes dans les associations qui ne savent plus comment répondre à toutes les sollicitations d’une société qui se désagrège. A situation de crise exceptionnelle, réponse exceptionnelle.
Nous aurons d’autres chantiers devant nous pour reconstruire une société qui reconnaît à chacun sa place, son histoire, son avenir : de l’allocation autonomie en passant par le tutorat réel, les contrats insertion efficaces, l’accès à la santé, les logements étudiants et jeunes en formation construits et financées par la suppression des niches fiscales logement ou par la taxation des grosses successions... Tout cela sera à faire. Mais l’urgence commande de protéger les jeunes.
Le président Sarkozy n’a pas le droit de répondre à cette génération par le mépris. Parce que c’est l’avenir de la France qu’il méprisera.
Marylise Lebranchu, députée du Finistère,
et Gwenegan Bui, bureau national PS, candidat aux Européennes
- 8987 visites
- 128 réactions









0

« Union Européenne » pourrie… confisquée par des Fonctionnaires qui se goinfrent de fric à nos dépends…
Sait-on que le traitement de base du Président de la Banque Centrale Européenne serait de 345 252 euros par an, celle du vice-Président de 295 920 euros et celle des quatre autres membres du directoire de 246 588 euros chacun ? En 2009 ce serait sûrement pire… ces chiffres dateraient de 2007…
À ces sommes s’ajouteraient indemnité de résidence, indemnité pour frais de représentation, allocations scolaires, de foyer et pour enfant à charge... Dur, dur n’est-ce pas ?
Moins bien loti… le Président de la Commission gagnerait seulement 280 608 euros par an auxquels s’ajouteraient une indemnité de résidence de 42 091 euros et 16 800 euros d’indemnité de représentation… un traitement similaire à celui du Président de la Cour de justice européenne… Deux hauts pauvres !
Tous ces Fonctionnaires… de fieffés profiteurs. Ces millions d’euros qu’ils s’octroient... ce sont nos impôts !
Comptez-vous… les généreux partisans de cette Union du Fric !




Partager