
Alors que le projet de loi Hadopi sera examiné à nouveau à l'Assemblée nationale le 29 avril, sur Internet, les inconditionnels du piratage s'organisent. Astuces et recettes pour continuer de télécharger en toute illégalité s'échangent de blog en blog.
Des centaines de pages répertorient ainsi consciencieusement les alternatives au peer-to-peer. Illégales, ces pratiques ne mettent pas les internautes contrevenants à l'abri de poursuites, mais elles leurs permettent de moins s'exposer aux radars de la future Haute autorité pour la diffusion des oeuvres et la protection des droits sur Internet (Hadopi).
Une adresse IP aux Seychelles
Pour repérer les pirates, le dispositif Hadopi se base sur les adresses IP des ordinateurs. Dans ses « dix antidotes anti-Hadopi », Linux Manua explique comment masquer en quelques clics son identité : « Pourquoi ne prendriez-vous pas une adresse IP du Canada, des Seychelles, de Chine, ou d'ailleurs, en passant par un serveur proxy gratuit anonyme ? »
Passer par ce type de serveur revient à utiliser une fausse carte d'identité. L'adresse IP de votre ordinateur est remplacée par celle du serveur localisé à l'étranger, ce qui rend beaucoup plus difficile votre identification. Inconvénient : la connexion risque d'être sérieusement ralentie.
Pour certains blogueurs, le plus simple est alors d'utiliser la connexion Internet de son voisin. L'UFC-Que Choisir en a fait la démonstration, pirater un réseau Wifi est à la portée de n'importe quel apprenti hacker. Le blogueur Puppet Master imagine le scénario :
« Ainsi, bien au chaud, le voisin, souriant et qui vous propose de descendre vos poubelles, utilise votre connexion Internet au travers de votre Wifi pour télécharger en toute impunité. Lorsque la commission Hadopi constatera l'infraction, elle identifiera le coupable au moyen de l'adresse IP, la votre. »
De son côté, Bluetouff estime qu'il n'est pas forcement utile de chercher à masquer son adresse IP. Selon le blogueur, l'offre légale propose d'ores et déjà des solutions qui mettent les pirates à l'abri de tout risques. Il explique qu'une « opération à la portée d'un enfant de 5 ans » permet de pirater en toute sérénité les vidéos ou musiques disponibles en streaming (avec cette technique, le fichier se charge pendant la lecture) en les conservant ad vitam aeternam sur son ordinateur.
Piratage à volonté pour 5 euros par mois
Direct download, peer to peer crypté, newsgroup ou VPN : blog CrashDump propose une revue « des méthodes pour tromper la loi Hadopi ». Il explique que toutes ces méthodes sont légales, du moment qu'elles ne sont pas utilisées pas télécharger des fichiers protégés par un copyright. Cependant, excepté le direct download, ces services, souvent payants, permettent de crypter les échanges. Il devient très difficile pour les autorités de mettre en cause les contrevenants.
Au début du mois, les Suédois de Pirate Bay lançaient IPREDator, un réseau VPN sur abonnement de 5 euros par mois. Pour CrashDump, c'est la nouvelle solution grand public de piratage :
« Toutes vos communications Internet seront chiffrées et transiteront par les serveurs de The Pirate Bay. Du coup, la milice d'Hadopi ne pourra pas savoir ce que vous faites sur le Net, puisque votre IP sera celle du serveur VPN distant..
Imparable, en sachant que The Pirate Bay ne stockera aucune donnée de connexion sur l'outil, et que les lois de leur pays ne leur imposent rien de la sorte. »
Récemment condamné par la justice suédoise, le collectif de pirates annonçait déjà plus de 100 000 inscrits. Le site n'a pas pour autant cessé de fonctionner. Des serveurs délocalisés aux Pays-Bas sont pour le moment hors d'atteinte de la justice suédoise.
Pour Kysban, il n'est pas réaliste de penser pouvoir empêcher totalement le téléchargement illégal. Il estime que le développement de ces solutions de piratage payantes montre les limites du projet de loi Hadopi et se prononce pour la licence globale :
« Avec ce type de service, ne touche-t-on pas subitement à un point plus problématique de la “piraterie” organisée sur Internet ? En effet, on constate que les internautes seraient prêts à payer un abonnement mensuel pour télécharger à volonté. »
Manifestation de soutien aux responsables de The Pirate Bay à Stockholm le 18 avril (Scanpix Sweden/Reuters)
























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De Fabrice Epelboin
ReadWriteWeb France | 21H27 | 23/04/2009 |
C'est une course folle qui s'annonce, avec un peu de chances, cette loi sera totalement inutile avant même d'être votée !
Elle ne servira jamais à coincer le moindre pirate ! LOL
Par contre, on pourra toujours s'en servir pour surveiller les internautes, filtrer l'internet, bloquer le wifi gratuit que l'on trouve déja dans certaines capitales européennes…
Bref, on aura beau être rapide, on va prendre beaucoup de retard : -(
De Tekhyla
Eudémoniste Contemporain | 13H22 | 24/04/2009 |
Un bon logiciel de cryptage de données / P2P privé est « Waste ! ».
Pour vous donner un ordre d'idée il propose de pouvoir crypter les données échangées avec une clef supérieure à ce qui est autorisé en France (512 bits si mes souvenirs sont exacts). Waste ! permet d'avoir une clef 4 fois supérieure. (Attention si vous cryptez à ce point vos données l'armée par contre va venir vous taper sur les doigts…)
Ainsi je défie quiconque d'utiliser les logs FAI pour savoir ce qu'il se passe sur mon réseau.
Le Wifi est un réel problème avec Hadopi car il est impossible de vraiment protéger de façon sûre le wifi.
Je vois mal dans ce cas comment cela pourrait servir de base pour une quelconque condamnation sauf à se retourner contre le fai qui ne permet pas de sécuriser sa connexion…. Je pense donc que cette application aveugle de cette future loi sera surtout une source de tracas pour les FAI, qui auront donc une obligation de résultat sur la sécurisation de leur outil.(HADOPI sera adoptée les gars ne vous faites pas d'illusions, nous sommes en dictature je vous le rappelle cf : décret sur les université pour prendre l'exemple le plus récent).
De plus je doute qu'à force d'essayer de passer en force plutôt que de chercher un modèle économique moins unilatéral devrait dégouter beaucoup de gens qui achètent et qui téléchargent.
Personnellement j'achète pas mal et dans le cas d'un passage en force de la loi, ils ne verront plus l'ombre d'un centime de mon compte en banque.
Trop bons trop cons….
De joshuadu34
infirmier | 13H34 | 24/04/2009 |
les clés wifi se crackent en quelques minutes (même la plus coriace des clés ne tiens pas 10 minutes)… Je l'ai prouvé la semaine dernière à un voisin qui m'affirmait que son wifi était hyper protégé (bien plus, en fait, que ce que ne demande la future loi, c'est à dire niveau pro…)
Chrono en main, 8 minutes après l'installation sur le clavier, je surfai sur son IP…
Et le plus marrant, dans cette histoire, c'est avec les connexions « publique » (bibliothèque, …). Idem, crack boum et hue dada, c'est parti mon kiki !
Z'avaient bien pensé à restreindre l'accès, mais un petit tour par le Canada, et voilà le blocage contourné sur un réseau public !
Tout ça pour dire que leur loi, pondue par des bureaucrates plus interessés par l'effet d'annonce que par une technique dont ils ne connaissent rien, est une c…rie sans nom ! ! !
De Danielle29
18H53 | 24/04/2009 |
Même si la loi hadopi était votée, le décret adopté récemment par la commission européenne sur le piratage est en contradiction totale avec celui de la loi hadopi, et rendra probablement celle-ci caduque.
Pour la commission européenne, on ne peut supprimer la connexion internet d'un citoyen sans passer par la voie judiciaire, laquelle doit apporter la preuve de la culpabilité de l'incriminé.
Avec hadopi, supprimer la connexion internet d'un citoyen est un simple acte administratif, et c'est à l'incriminé de faire la preuve de son innocence.
D'un côté, un texte qui respecte les règles démocratiques, de l'autre, un abus de pouvoir (encore ! )
De bobdevaise
19H17 | 24/04/2009 |
j'ai relevé dans un courrier des lecteurs une remarque judicieuse : lorsque nous enregistrions la musique sur nos cassettes audio ,étions nous aussi d'affreux délinquants pirates ?