Les huits squatteurs du 69 rue de Sèvres, à Paris, dont Rue89 s'est déjà fait l'écho, ont manifesté jeudi après-midi pour demander au préfet de la région Ile-de-France la réquisition de l'immeuble qu'ils occupent. Menacés d'expulsion depuis l'été dernier, ils grillent ici leur dernière cartouche. Jean-Marc, un des occupants, explique :
« C'est notre dernière chance. Le préfet a toutes les cartes en main, il lui reste juste à signer la demande de réquisition. »
Petit rappel des faits : en avril 2008, huit étudiants et jeunes actifs précaires réquisitionnent un immeuble inoccupé depuis dix ans, situé au 69 rue de Sèvres, dans le très chic VIe arrondissement de Paris. La propriétaire des lieux, millionnaire et habitant en Belgique, a toujours refusé de vendre ou même de négocier avec la mairie. Elle porte pourtant plainte.
En août 2008, le tribunal lui donne raison et condamne les huits squatteurs à
verser 18 000 euros d'indemnités d'occupation et 6 000 euros par mois de présence supplémentaire. La somme se monte à présent à 66 000 euros. La propriétaire veut également poursuivre les jeunes gens pour immobilisation de son bien et dégradation.
Impossible pour les occupants, disposant de très faibles ressources, de payer une telle somme. Pour se sortir de l'impasse, ils tentent de convaincre le préfet d'Ile-de-France, Daniel Canepa, d'exiger la réquisition de l'immeuble. Leur méthode : aller dormir devant la préfecture. Munis d'un lit à roulette et d'un stylo géant, ils ont lancé l'opération jeudi après-midi avec Jeudi noir, collectif de lutte contre le mal logement (voir la vidéo).
Bloqués par la police, les huit occupants et la cinquantaine de manifestants qui les accompagnent ne peuvent atteindre la préfecture. Le cortège s'immobilise finalement boulevard des Invalides. Parmi les soutiens, l'activiste évêque monseigneur Gaillot :
« C'est un scandale, on ferme l'avenir à ces jeunes gens, on les empêche de s'insérer dans la société. C'est une injustice que l'immeuble ne soit pas déjà réquisitionné. Il faut inverser la situation : que ces jeunes ne soient plus hors la loi et que ce soit la propriétaire qui le devienne. »
René Dutrey, élu des Verts dans le XIVe arrondissement de Paris et président de l'association départementale d'information sur le logement (Adil), également présent lors de la manifestation, détaille :
« Il y a, à Paris, entre 40 000 et 50 000 logements vides, soit 500 000 m2. Le département de Paris dépense 7 millions d'euros par an dans des chambres d'hôtels, pour loger les personnes dans le besoin. Pourtant, il suffirait d'appliquer la loi. »
Selon la loi, à Paris c'est au préfet de région que revient la décision de réquisitionner un logement vacant. La ville de Paris a par ailleurs appuyé cette demande, sans néanmoins avoir de pouvoir de décision.
A l'issue de la manifestation, les services de la préfecture ont assuré que les occupants du 69 rue de Sèvres seraient reçus la semaine prochaine par le préfet.




















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De PIT LE CHIEN
19H02 | 23/04/2009 |
Application de la Loi de Réquisition !
Non aux expulsions !
SO LI DA RI TE ! !
De PhiPoePsy
Etudiant à Strasbourg | 19H51 | 23/04/2009 |
« Il reste bien, pris dans le maillage métropolitain,
quelques fragments de ville et quelques résidus de
campagne. Mais le vivace, lui, a pris ses quartiers
dans les lieux de relégation. Le paradoxe veut que
les endroits les plus apparemment inhabitables
soient les seuls à être encore habités en quelque
façon. Une vieille baraque squattée aura toujours
l'air plus peuplée que ces appartements de stan-
ding où l'on ne peut que poser ses meubles et per-
fectionner la déco en attendant le prochain
déménagement. » (in « L'insurrection qui vient », extrait du « Quatrième cercle »)
à PhiPoePsy
De PIT LE CHIEN
20H26 | 23/04/2009 |
Editions LA FABRIQUE.
Merci.
à PIT LE CHIEN
De zénon denon 84
Bonne | 18H48 | 24/04/2009 |
et à euros 7 euros 50 _
De franc parleur
anarchieevangelique.wordpress.com | 05H37 | 24/04/2009 |
Actions innovantes, actions parlantes.
Vive le Printemps en désobéissance :
http://anarchieevangelique.wordpress.com/2009/02/16/le-retour-de-la-deso…
Vive la non violence active radicale :
http://whiteblocks.wordpress.com/
De greeneyes
Félin fatigué | 08H25 | 24/04/2009 |
Et s'il s'agissait d'une histoire de gros sous ?
La taxe sur les logements vacants, instaurée en 1999, est de, pour l'immeuble concerné, de 15% de sa valeur locative.
Si la réquisition est décidée, adieu les 15% de ? ? ? , je vous laisse imaginer la valeur locative d'un immeuble situé près du Bon Marché.
Pour les non parisiens, c'est un quartier ultra chic, bobo branché, et les pipoles font leurs courses à la Grande Epicerie (la plus chère de Paris, mais on y trouve le quasi introuvable ailleurs).
A l'origine cette taxe était censé pousser les propriétaires à louer ou vendre leurs biens. Et si, en fin de compte, notre très cher etat préférait que ces logements restent vides afin d'encaisser des gros sous ? Pourtant, un logement loué légalement permet d'encaisser des impôts locaux. Le montant de ces derniers serait-il inférieur à la taxe sur les logements vacants ?
Si par hasard un lecteur de Rue 89 a plus d'infos sur le sujet (par exemple s'il travaille aux Impôts -y'a pas de honte, faut bien manger), ce serait bien qu'il nous les fasse partager.
De Yago
09H10 | 24/04/2009 |
Manifester au grand jour ? Quelle idée.
De Orageon
Rejeton cyclonique | 09H36 | 24/04/2009 |
Si on autorise ces expulsions, alors on accrédite le fait que potentiellement, une centaine de millionnaires/milliardaires peuvent acheter les logements d'un quartier entier de paris (ou d'une autre ville) sans les occuper pendant 10 ans, créant un quartier fantôme complet…
C'est complètement scandaleux. La loi existe, ces gens ont besoin d'un logement, et les villes ont besoins d'habitants ! Réquisition immédiate ! Je ne suis pas pour punir les propriétaires, mais par contre il faut une très bonne raison pour s'opposer à la réquisition quand les gens en face en ont cruellement besoin et que le logement n'a pas d'habitant.
C'est pas parce que cette milliardaire paie la ville super cher pour ses impôts, que les commerces de proximité en profitent : si il n'y a aucun habitant pour faire tourner l'économie du quartier, la ville peut être riche mais déserte, non ?
De Keldan
Polytoxicomane à temps partiel | 13H37 | 24/04/2009 |
La solution totalement efficace pour que tout le monde ait un toit : abattre les sans abris : D
De Erminethrude
Psychohistorien | 13H47 | 24/04/2009 |
J'apporte mon soutien à ces personnes. je souhaite qu'elles aient gain de cause
De Mandoline
demain peut-être... | 14H31 | 24/04/2009 |
A bas les riches oisifs ! Qu'on les condamnent ! La lutte des classes c'est pas pour les chiens !
à Mandoline
De guerzit
Incomprenant majeur | 15H30 | 24/04/2009 |
« La lutte des classes c'est pas pour les chiens ! »
Ahahahah ! ! ! Elle est bien rigolote cette phrase. Merci. J'ai bien ri…
De Jacques Neyrat
Architecte chomeur | 15H25 | 25/04/2009 |
On peut soutenir ces jeunes en allant sur leur blog :
http://sevres.jeudi-noir.org/
ou en faisant un don,
http://etudier-sans-precarite.aiderenligne.fr/donner/Soutien-Aux-Habitan…