Les étudiants de Lyon 2 ont voté le maintien du blocage du campus des Berges du Rhône, mardi après-midi, lors d'une assemblée générale mouvementée qui a vu les anti-bloqueurs quitter l'assemblée avant même le vote.
Le blocage de l'université devrait être maintenu jusqu'au jeudi 30 avril, date de la prochaine AG. D'ici là, un vote à bulletin secret, promis par la présidence, pourrait se tenir lundi et décidé de l'avenir du mouvement. (Voir la vidéo)




















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De JM Humbert
:-) | 23H53 | 22/04/2009 |
Lettre ouverte de Michel Bernard (Paris 3) à la ministre.
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Madame la ministre,
Je lis dans la presse qu'au bout de onze semaines de grève dans les universités, vous vous préoccupez de ce qui va arriver aux étudiants en fin de semestre. Pour illustrer ce qu'est l'« autonomie » des universités, vous nous donnez des ordres : vous ne validerez pas « des semestres sans cours », nous devons rattraper nos enseignements, étaler les examens, utiliser les vacances de Pâques. Peut-être estimez-vous que, tout à notre mouvement, nous avions oublié « de penser aux étudiants et aux diplômes »…
Mais rassurez-vous, Madame la ministre : nous n'entendons pas « valider des semestres sans cours ». Nous sommes en grève : pas de cours, pas d'examens ; pas d'examens, pas de diplômes. Les conséquences ? Nous les connaissons autant que vous : les étudiants de cette année, victimes de votre obstination, ne pourront pas valider leur année. Ils devront redoubler l'année prochaine. Par conséquent, il nous sera impossible d'inscrire de nouveaux étudiants. Nous ne présiderons pas les jurys du baccalauréat. Quelques centaines de milliers d'étudiants et de bacheliers vont se souvenir avec émotion de votre passage au ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche, Madame la ministre.
Il est fini le temps des « voies de passage », des réécritures, des petits reculs, des petites astuces, des petits arrangements avec de petits syndicats. Votre mépris de notre enseignement est tel que vous ne vous êtes pas vraiment préoccupée, jusqu'à maintenant, de l'arrêt des cours dans la quasi-totalité des universités. On peut toujours rattraper, n'est-ce pas ? On peut dispenser le contenu de 13 semaines en 7 semaines, pas vrai ? Et puis ces diplômes universitaires ont tellement peu de valeur, après tout… Voilà comment vous voyez les choses, Madame la ministre : il y a eu un peu de « grogne », comme disent vos amis de TF1, et puis au final tout rentre dans l'ordre, on rallonge un peu l'année (il faut bien que ces fainéants d'enseignants-chercheurs travaillent enfin), vous faites les gros yeux et puis tout finit bien, les étudiants ont un diplôme, vaille que vaille, et votre décret passe, avec « modulation de service », « évaluation », et tout ce qui vous tient à cœur. Ouf ! On peut passer aux élections régionales. C'est que vous avez un plan de carrière à tenir.
Mais je suis désolé de vous dire que ce scénario bien huilé ne va pas pouvoir se réaliser. L'université est en grève, depuis onze semaines, jusqu'au retrait du projet de décret modifiant le statut des enseignants-chercheurs, de celui qui instaure un « contrat doctoral », du projet de « mastérisation » des concours de recrutement et jusqu'à ce qu'on annule les suppressions de postes de cette année. Et c'est une grève totale, illimitée, pas l'expression vague et fiévreuse d'« inquiétudes » ou de « incompréhensions ». Il s'agit d'un conflit social, Madame la ministre, comme en Guadeloupe ou chez Continental, un conflit que vous avez si mal géré que vous avez réussi à le « radicaliser », à l'étendre et à créer la situation très grave où nous sommes aujourd'hui : il n'y aura pas d'année universitaire 2008-2009.
Vous pensez avoir isolé une « frange » d'acharnés et pouvoir la désigner à la vindicte publique ? Vous comptez sur les congés du printemps pour casser le mouvement et faire passer votre décret en catimini devant le Conseil d'Etat ? Vous croyez avoir trouvé des alliés fidèles auprès des présidents d'université et des médias serviles qui se contentent de reproduire vos communiqués ? Vous pensez, même, que la majorité présidentielle va vous soutenir jusqu'au bout ? Erreurs, Madame la ministre, erreurs lourdes de conséquences pour l'enseignement supérieur et la recherche. Le mouvement continue, il ira jusqu'au bout de sa logique. La « ronde infinie des obstinés », cœur battant et symbole de notre refus, tourne toujours, de jour et de nuit. Elle tourne avec des étudiants, des enseignants, des personnels administratifs et techniques, des bibliothécaires, des chercheurs, et même, de plus en plus, avec nos collègues du primaire, du secondaire, avec des hospitaliers.
Il paraît que vous vous « inquiétez » pour l'année universitaire, « menacée », d'après vous, si « les cours continuent à être perturbés au retour des vacances de Pâques ». Je vous le confirme : si vous ne retirez pas rapidement et clairement tous vos projets de casse de l'université, les cours continueront à être « perturbés » et l'année universitaire est bien « menacée ». 83 universités, 724 000 étudiants et leurs familles, 58 000 enseignants-chercheurs, 55 000 BIATOSS attendent vos décisions, Madame la ministre.
Michel Bernard
Professeur des universités
Université de la Sorbonne Nouvelle – Paris 3
à JM Humbert
De Lumen
étudiante en Philosophie | 09H21 | 23/04/2009 |
Bravo pour cette belle et déterminée lettre ouverte ! Je vous approuve totalement, à la nuance près qu'il faut lutter jusqu'à l'abrogation de la LRU… Sinon, ces décrets reviendront sans cesse et nous ne pourrons pas nous mobiliser chaque année de la sorte… Nous n'avons pas le choix. Il faut lutter, maintenant, et jusqu'au bout… Obstinés, obstinés…
Ce gouvernement est irresponsable et détruit notre avenir. Nous ne pouvons pas le laisser faire. Voilà notre responsabilité !
Courage à tous ceux qui luttent ! Les enjeux sont de taille…
à Lumen
De Lumen
étudiante en Philosophie | 09H26 | 23/04/2009 |
J'ajoute qu'il faut aussi réussir à sauver nos organismes de recherche, notamment le CNRS…
De JM Humbert
:-) | 00H10 | 23/04/2009 |
*Motion AG Nancy 2*
*Pas de validation de l'année universitaire sans retrait des décrets d'ici au 15 Juin.*
« Le gouvernement continue de faire la sourde oreille aux revendications portées très largement par la communauté universitaire, sur les statuts, la formation des enseignants, les suppressions de postes, le démantèlement des organismes de recherche, la loi LRU. Nous, enseignants et/ou chercheurs de l'Université Nancy 2, réunis en Assemblée générale lundi 20 avril 2009, décidons de poursuivre notre mouvement de grève administrative (rétention des notes du premier et du second semestres, non participation aux jurys, non participation aux jurys de Bac). Si le décret sur le statut des enseignants-chercheurs et la réforme de la formation et du recrutement des enseignants n'étaient pas retirés ou annulés le 15 juin, le gouvernement nous mettrait dans l'incapacité de clôturer et de valider l'année universitaire. »
De JM Humbert
:-) | 00H21 | 23/04/2009 |
COMMUNIQUE DE LA COORDINATION NATIONALE DES UNIVERSITES :
« Oui, Madame Pécresse, il est temps de vous inquiéter ! »
Après plus de deux mois d'un mouvement inédit dans les universités françaises, Valérie Pécresse daigne enfin se préoccuper des conséquences de sa politique. Elle s'inquiète des menaces qui pèsent sur les examens et la validation de l'année universitaire.
Valérie Pécresse se préoccupe de « la crédibilité de nos universités à l'étranger et de la valeur de nos diplômes ». Nous sommes heureux d'apprendre que nos universités, si médiocres, à en croire Nicolas Sarkozy, jouissent donc néanmoins d'un certain prestige et que les diplômes qu'elles délivrent ont encore quelque valeur.
Valérie Pécresse ne veut pas que soient délivrés des diplômes dévalués ? Ce sont ses réformes qui instaurent une dévaluation généralisée des diplômes en mettant notamment en place une « masterisation » des concours de recrutement d'enseignants qui réduit leur contenu disciplinaire, repousse d'un an le droit à un salaire, et menace de précariser celles et ceux qui n'auraient pas obtenu à la fois le master et le concours.
Notre ministre se demande comment, si le mouvement perdure, le caractère national des diplômes « pourrait être préservé si tous les étudiants n'ont pas bénéficié de la même formation ». C'est précisément parce que nous voulons préserver le caractère national des diplômes que nous luttons. La mise en concurrence des universités instaurée par la LRU, la création de quelques « pôles d'excellence », de diplômes « professionnels » d'entreprise et de masters d'enseignement aux contenus variables localement ne peut en effet que mettre en péril le caractère national des diplômes.
« Il est impensable de boycotter le baccalauréat », nous dit-elle. Ce qui est impensable, c'est qu'après des mois d'actions menées par l'ensemble des acteurs de l'université, notre gouvernement n'ait toujours pas écouté nos revendications, qu'il n'ait toujours pas pris la mesure de notre détermination. Valérie Pécresse agite le spectre de la pénalisation des étudiants, au sujet des diplômes de cette année, afin de pousser l'université à abandonner la grève. Nous construisons ensemble cette lutte, enseignants-chercheurs, BIATOSS et étudiants ; c'est ensemble que nous trouverons les solutions pour qu'aucun étudiant, gréviste ou non, ne soit pénalisé.
Madame Pécresse nous parle du respect des élèves et des étudiants. Il est étonnant d'entendre parler de respect lorsque le monde de l'enseignement et de la recherche est confronté chaque jour au mépris des ministres et du Président de la République. C'est parce que nous respectons élèves et étudiants que nous luttons pour que l'université française ne repose pas sur des lois de rentabilité immédiate et pour que nos formations ne mènent pas à un avenir fait de précarité.
Elle attribue enfin la poursuite du mouvement à quelques « bandes encagoulées » et au climat de peur qui règnerait en ce moment. Lorsque nous sommes témoins des violences policières envers des grévistes pacifiques, personnels comme étudiants, nous nous demandons quel genre de climat cela peut instaurer, et qui en est responsable.
Si elle déplore les effets du mouvement, Mme Pécresse n'a plus qu'à organiser l'examen… de ses causes, cesser ses manoeuvres et retirer enfin les réformes contestées. C'est l'unique condition, non négociable, à la reprise des enseignements.
Les porte-parole de la Coordination Nationale des Universités
De JAMBON.BEURRE
"Soyons realiste , demandons l'impo... | 02H25 | 23/04/2009 |
PINPON PINPON PINPON ! ! ! ! ! ! ! ! !
De Venezuela
vit aux Pays-Bas | 07H49 | 23/04/2009 |
J'ai fait cette fac. Et j'etais souvent contre les blocages mais de toutes les facons vu qu'avec la situation economique ces diplomes ne leur serviront pas a trouver un boulot cette annee autant se battre jusqu'au bout.
à Venezuela
De Selenewebsite
Informaticien | 10H59 | 23/04/2009 |
Tout à fait d'accord. Mais le gouvernement n'a pas l'air de vouloir écouter. Il est bien trop occupé avec les propos de Sarko.
http://www.selene.fr.nf
De JM Humbert
:-) | 18H41 | 24/04/2009 |
Violences policières à Nancy à l'encontre des personnes qui attendaient le président de l'Université de Nancy 1, je vous laisse lire le témoignage à l'adresse suivante :
http://nancymobilisation.over-blog.fr/article-30628041.html
De Léo01
étudiant | 20H25 | 24/04/2009 |
Moi je suis à Lyon 3. C'est une fac de droite, mais au moins on nous y empêche pas de bosser tous les printemps.
La ministre est une idiote qui méprise les syndicats, mais les ultra bloqueurs détruisent l'université au moins autant qu'elle.
De Martineau JB
Formateur-Consultant | 12H08 | 27/04/2009 |
Les Enseignants chercheurs et des étudiants politisés ont protesté, manifesté par dogmatisme, immobilisme…..
Continuez ainsi ! ! ! Je suis Professeur dans une Ecole de commerce et grâce à vous les candidats enflent chaque année ! !
J'ai des collégues Enseignants Chercheurs dans cette Ecole qui enseignent aussi à la Fac, et veulent conserver les acquis….
Ce que je constate, c'est que les débouchés professionnels sont difficiles pour les étudiants venant des facs, alors que les étudiants des Grandes ou petites Ecoles de Commerce ou d'ingénieurs, trouvent du travail dans d'assez bonnes conditions et dans des délais tres raisonnables (Réserves sur le contexte de crise actuel ? ? ? ).
Il doit bien y avoir une ou plusieurs raisons ? ? non ? ?
L'Université continue par cette attitude irresponsable et se « tire une balle dans le pied », comme souvent.Je ne mets pas en cause le « niveau » des enseignants ni des étudiants, qui à mon avis est de bonne facture. C'est vrai que les études dans les Ecoles sont payantes, dons réservées à une élite financiére. Alors je ne comprends pas pourquoi les opposants à cette réforme « favorisent » par leurs actions les plus « riches » au détriment des moins favorisés.Pour des Universitaires intélligents c'est imcompréhensible.Mais, bon, continuez votre « combat » d'un autre âge et surtout « suicidaire » pour l'avenir.