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Présidente de Cap21

Quand la vie politique française se résume à un combat de coqs

Le spectacle actuel de la politique française, à l'aube des européennes, est affligeant. Il s'agit d'un véritable combat d'ergots qui renvoie à une cour de récréation uniquement masculine, dans laquelle chacun des chefs de rang veut se mesurer à l'autre, de la manière la plus physique qui soit.

Alors que nous rencontrons la crise la plus grave depuis la Seconde Guerre mondiale , que notre tissu social se déchire et que nos concitoyens sont partagés entre colère et désespérance, nos médias sont polarisées sur des combats virils que se livrent des hommes dont l'ego semble avoir été rendu fou par la trajectoire et le comportement du président de la République.

Le système monarchique semble s'être propagé de telle sorte que le bipartisme souhaité par certains s'est transformé en régime binaire dans lequel le positionnement ne se fait plus pour un projet ou une politique, mais pour ou contre Sarkozy. Entre postulants héritiers et concours au meilleur opposant, un condensé de ce que l'on peut imaginer comme débat politique insignifiant nous est déversé en continu.

Cette masculinisation à outrance de la vie politique, largement due au tempérament d'un Président qui « a la banane » et n'hésitait pas du temps où il allait à la rencontre des Français à provoquer ses contradicteurs sur le mode « descends de là si tu es un homme » traduit une régression profonde non seulement du système démocratique mais de la manière de débattre comme du contenu du débat.

Les femmes du gouvernement dépendent du Prince

Ainsi, un Frédéric Lefèvre, qui adopte la technique de l'aboiement pour empêcher ses interlocuteurs de parler, occuper tout le temps et interdire toute démonstration voire la réponse aux mensonges énormes qu'il profère, illustre un comportement masculin primaire que quelques années de progrès politique avaient réussi à gommer.

Ceci explique que le débat est monopolisé par des hommes qui veulent tous, dans l'optique de 2012, montrer qu'ils ont aussi la banane (non, mais des fois ! ). Ceci explique que Ségolène Royal apparaisse d'autant plus décalée qu'elle essaye de jouer sur un autre registre mais qu'elle est bien isolée.

Sans doute, le gouvernement compte-t-il de nombreuses femmes, mais elles dépendent du Prince et ne jouent en réalité aucun rôle politique en dehors de la gestion du département ministériel qui leur a été confié et à la condition d'être dans la ligne élyséenne.

Elles ne semblent disposer d'aucune autonomie pour impulser comme elles l'entendent leur politique. Le refus de Rama Yade de se soumettre et sa relative liberté de ton l'auront fait grimper au sommet des sondages. Mais quelle sera sa punition pour avoir désobéi ?

Le sauvetage de la finance passe avant la crise climatique

Ainsi, le changement dans les règles du jeu politique et la tragédie pour la démocratie que constitue aujourd'hui l'évolution césariste du pouvoir directement liée à l'élection au suffrage universel d'un Président qui concentre en lui-même tous les pouvoirs ont produit cette régression.

Mais cette explication est-elle suffisante ? On peut se poser la question de savoir si cette violence accrue ne correspond pas aussi à un mode de traitement et d'explication de la crise.

Le sauvetage de la finance est apparu comme l'impératif absolu, les autres objectifs, à commencer par la crise climatique qui nous menace au moins autant, passant au deuxième voire au énième rang.

De même, une autre approche de la politique et de la société, un changement indispensable de paradigme, la recherche d'une coopération plutôt que d'une compétition permanente sont passés à la trappe.

Tout se passe comme si on revenait à ce qui compte vraiment : la force. Le passage en force parait être redevenu une banalité, un retour à la normale après des années d'affaiblissement. Ce comportement cache donc un sujet fondamental : le type de société et de projet que nous voulons ? Or, de cela il n'est pas question.

La féminisation de la vie politique est un impératif vital

Entre ceux qui estiment avoir tout prévu, ceux qui croient avoir toutes les explications et ceux qui ne se manifestent qu'en négatif, nous ne débattons pas du seul sujet qui vaille.

Nous sommes en train de prendre un chemin très lourd de conséquences sans que le projet qui sous-tend ces décisions ne soit débattu. Or, seul le débat projet-contre projet compte. Nous en sommes privés.

Plus que jamais, l'affirmation de la féminisation de la vie politique est un impératif vital, non par souci d'égalité mais pour changer des règles du jeu devenues d'autant plus absurdes qu'elles nous éloignent des européens, qui ne cessent du reste de fustiger le comportement de notre Président, et qu'elles sont particulièrement inadaptées à la résolution de la crise dans le sens de l'intérêt général.

72 commentaires (Pour réagir, connectez-vous)

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Portrait de dulconte

à Numerosix Portrait de Numerosix De dulconte

Mordu par un fachogarou | 16H43 | 21/04/2009 | Permalien

ben ça aurait été jospin chirac au second tour je m'abstenais….

Portrait de Numerosix

à dulconte Portrait de dulconte De Numerosix

Prisonnier dans le village global | 16H54 | 21/04/2009 | Permalien

J » vois l'genre .
Un genre parfaitement respectable, d'ailleurs ..

A lire tes post il semble que tu sois beaucoup plus fin analyste de toi même que du monde qui t'entoure ( gros con de droite ou d'ailleurs ça reste un gros c…)
Mais une telle clairvoyance à ton endroit nous permet d'espérer une bonne évolution que ta présence ici ne peut qu'accélérer…

Portrait de Utilisateur désinscrit à sa demande 2

à Al nasr al tair Portrait de Al nasr al tair De Utilisateur désinscrit à sa demande 2

nc | 16H46 | 21/04/2009 | Permalien

C'est clair… Plus le sujet m'intéresse, plus je suis pertinent…

C'est humain, que voulez-vous.

Portrait de Asse42

De Asse42

Royalais | 14H22 | 21/04/2009 | Permalien

Corinne Lepage

Je partage votre analyse. On aimerait voir plus de femmes en politique, mais plus de femme femmes. Pas de femmes qui se comportent des hommes comme Tatcher ou Morano.

Des femmes qui apportent des valeurs féminines comme l'intuition, le respect, la vision d'avenir,etc…Vous faites partie en tout cas de ces femmes dont on attend encore plus d'engagement pour se faire entendre et dénoncer ce machisme vulgaire qu'est le sarkozysme :
http://www.lepost.fr/article/2009/04/21/1504476_segolene-royal-defend-la…

Portrait de SuperAlAmAs

à Asse42 Portrait de Asse42 De SuperAlAmAs

homo sapiens sapiens qui sait qu'il... | 16H32 | 21/04/2009 | Permalien

Les femmes n'ont pas le monopole de la ( ? ) « sagesse » ; même si il est vrai qu'il manque de « vraies » femmes en politique…
Je prendrais le problème autrement, la politique actuelle se résumant à une « dite » réussite de carrière, à un prise de pouvoir, approuve un certain tri sélectif au départ qui empêche de toutes façons les femmes et les hommes posées de s'en approcher…
Je connais des femmes politiques dans ma région tout aussi violentes si pas parfois plus que les hommes, de vrais petits tyrans pour leurs semblables, n'hésitant plus à agir comme des mecs ou du moins ce qu'elles estiment être un comportement de mec en jouant virilement cette carte du non débat…
La réalité populaire, elle, est encore tout autre, je n'ai pas de chiffres pour appuyer ce que j'avance, c'est un sentiment, mais il me semble que les femmes prennent déjà une certaine revanche qu'elles ne désirent certainement pas, mais pour les jeunes générations : elles travaillent plus, puisque choissies dans les emplois dit préccaires qui se généralisent dans la classe ouvrière et augmentent leur pouvoir d'achat par rapport à leurs frères qui eux restent sur le carreaux, restent « coinçés » au quartier…
Socialement c'est pareil, à même niveau « social », elles sont beaucoup plus sollicitées pour des raisons évidentes de convoitises par les classes supérieures qui les tirent, vers le haut, pendant que leurs frères encore une fois, eux, se font refoullés à l'entrée des discothèques, etc etc…
En politique, donc, peut être, mais c'est faux pour tout le reste : beaucoup de femmes chefs d'entreprises etc etc…
Tout ca pour dire, que tout n'est pas rose pour les hommes, et que au niveau des classes moyennes les femmes ne s'en sortent pas si mal…
Il y a une réelle transformation du rapport homme/femme qui déstabilise assez bien la société ; qui est sans doute un passage obligé, par contre il me semble « bête » de croire que les femmes qui arrivent à des hauts niveaux de fonctions sont des femmes « comme les autres », la preuve en est que souvent les femmes politiques mettent en avant leur capacité au rapport de force et à leur virilité et leurs tennues Christian Dior bien sur…

Portrait de Al nasr al tair

De Al nasr al tair

16H01 | 21/04/2009 | Permalien

Brillante analyse comme d'hab de Maître Lepage.

On peut partager son positionnement politique ou pas mais on ne peut qu'être d'accord avec le constat de la situation actuelle.
Force est de constater que l'opposition la plus crédible et la plus percutante au touptisme ambiant ne se trouve pas là ou l'on s'attendrait à la trouver (PS).
Un top a Dulconte au sujet de Taubira : -)

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De SuperAlAmAs

homo sapiens sapiens qui sait qu'il... | 16H06 | 21/04/2009 | Permalien

Combat de pitbull ouais… Le coq est un animal trop noble que pour être comparé aux politichiens actuels…

Portrait de Get

De Get

Conscience libre | 16H21 | 21/04/2009 | Permalien

Madame Lepage,

En lisant cette tribune, je constate avec tristesse un double exercice devenu classique, celui de convaincre puis de décevoir.

Dans un premier temps vous réalisez une analyse, si elle n'est totalement juste, au moins bien réfléchie. La réalité politique est effectivement pauvre de débat constructif, il n'y a pas de difficulté à s'en rendre compte mais il n'est pas non plus inutile de le rappeler.

Par contre lorsque vous concluez par « Plus que jamais, l'affirmation de la féminisation de la vie politique est un impératif vital, […] dans le sens de l'intérêt général. », je me permet de crier au scandale ! ! Encore une fois un discours massacré…

Quelle tristesse d'obtenir après une analyse correcte, une conclusion sans intérêt. Je ne reprendrai pas tous les arguments discréditant votre conclusion, cela étant déjà bien fait plus haut, je me contenterai d'essayer de comprendre votre démarche.

Et j'ai beau essayer… je n'y arrive pas ! Vous êtes comme les autres, hommes, femmes, un peu des deux, ni l'un ni l'autre mais toujours orateur professionnel… Vous nous attirez avec vos mots pour mieux nous assommer avec vos idées. Vous arrivez à vous contredire dans un même texte : en critiquant ouvertement le manque de débat pour conclure sur un débat qui n'a pas lieu d'être placé là.

Avant de parler d'inégalité sexuelle comme maux de la politique du vent, peut être faut il creuser un peu l'origine des problèmes. Viennent ils de la sur-masculinisation de la politique où plutôt de l'origine commune à tous ? Je parle de ces fameuses Sciences Po, Mines et autres Polytechnique ! Ces organisations ancestrales créent à la chaîne des consciences pré-formatées, assoiffées de pouvoir, beau-parleur qui se complaisent dans tous les cercles bien-pensants, réseaux politico-patronaux ou autre association politico-médiatique (et j'en passe) et qui assassinent celui qui compte ne pas y passer avant d'entrer dans le monde bien contrôlé de la politique ! Et si ce système était en réalité la source de l'infertilité du débat politique actuel, et si les femmes, plutôt que de planer sur un débat sans fin, et si vous montriez votre plus grande humanité en commençant par pointer du doigt les choses qui « ne le doivent pas »…

Je m'égare, je rêve sans doute.

Continuez donc de vous complaire dans votre débat homme-femme plus utile que le reste des sujets politiques actuels…continuez, amenez nous des milliers de polytechniciennes et autres science-politisées, montrez nous le changement par la féminisation de la classe politique !

J'attendrai… sans aucun espoir !

Portrait de normandie

De normandie

ingénieur | 20H40 | 21/04/2009 | Permalien

Le couple personnel politique-médias est véritablement infernal à l'heure où nous parlons. Complètement dépassés par les évènements, notre président et son gouvernement, sous couvert de sang-froid, fait preuve d'un consternant manque d'imagination en matière de solutions à la crise de système que nous vivons. Nous allons au devant d'une refonte totale de nos modes de vie économiques et sociaux, dans une planète au bout du rouleau et une civilisation, faisant figure de modèle aux yeux du monde pendant quelques années, en fin de cycle. Le défi actuel que nous, avec nos élus, avons à relever est la définition des contours d'une nouvelle civilisation. Les médias, pour vendre, surfent sur le nombrilisme des élites, pendant que des millions de gens en France sont dans une difficulté économique sans nom et que la planète se meurt. Triste spectacle.

Tout est à revoir, notre relation avec notre maison terre, la manière dont nous exerçons les fonctions essentielles de la vie, dont nous utilisons, et non exploitons, les ressources mises à disposition par l'air, l'eau, la terre, la manière dont nous entreprenons, celle dont nous comptons, celle dont nous partageons les richesses créées, la manière dont nous les définissons.

Ceux qui croient encore que la sortie de crise est pour 2011 avec un plancher en 2010 se trompent lourdement. La cessation de paiement des Etats-Unis est pour cet été. En effet, l'administration américaine a engagé des milliards de dollars pour relancer l'économie, au prix d'un déficit gigantesque, affaiblissant sa monnaie et par effet de boule de neige affaiblissant les actifs chinois, principaux créanciers des Etats-Unis. Le système monétaire et financier mondial n'y résistera pas. Nous sommes sous perfusion. Les richesses captées par une minorité, non redistribuées équitablement depuis 40 ans, vont finir par se dilapider tout seule par notre civilisation, laminée par les éclatements de bulles successives. La prochaine bulle, d'ici une dizaine d'années, sera la bulle écologique, d'une autre ampleur que celle que nous vivons.

Depuis l'école de Chicago de Milton Friedmann, le système monétaire repose sur le crédit illimité pour tous les acteurs : les états, les ménages, les entreprises. Cette manière de financer les échanges nous amènent à un épuisement accéléré des ressources planétaires alors que rien nous obligeait à gérer le progrès à cette vitesse pour le profit de quelques-uns, une régression pour beaucoup. Cette méthode de financement des échanges associés à l'excès de libre échange et à l'affaiblissement des moyens des états par la baisse de la fiscalité nous a emmené dans le mur. Nous avons perdu toute notion du temps, de progrès permanent à petite dose, la faculté d'obtenir les biens et services au fil du temps, sur plusieurs générations, en épargnant sur la durée, en transmettant aux générations futures.

Les banques ne sont pas seules responsables de la crise actuelle, elles ont surfé sur un système basé sur la faiblesse des revenus du travail obligeant une grande partie du corps social à emprunter pour satisfaire des besoins de base, ce qui constitue une grossière erreur. C'est comme si une entreprise empruntait sur le long terme pour financer ses activités de court terme. Cela ferait retourner dans leurs tombes tous les experts comptables de la planète.

Une fois financés les besoins premiers par le crédit, restait à financer le reste par la baisse des prix et la production délocalisée en Chine, provoquant l'exode rural des chinois, dont on voit aujourd'hui les dégâts. La crise renvoie dans les campagnes des centaines de millions de gens qui ont perdu le savoir faire de l'agriculture vivrière. Le système tourne à l'envers.

Pourtant, il existe des systèmes sociaux performants, au Danemark en particulier, où la pauvreté n'existe pas.

John Rawls, dans la théorie de la justice, dit que les inégalités de richesses sont acceptables si celui qui est tout en bas de l'échelle est capable de financer ses besoins premiers, et la préparation de l'avenir pour sa descendance dans l'environnement et le système où il vit. Nous en sommes loin, il y a tout à faire.

Non vraiment, le discours politique et médiatique gagnerait à devenir moins léger et un peu plus sérieux pour redonner confiance. Au lieu de cela, nous allons vers une société de défiance, sécuritaire, où on met des murs entre les gens, et ou les difficultés économiques ne feront qu'aggraver ces phénomènes. Il nous est indispensable de régler d'abord la question économique pour ceux qui en ont le plus besoin. Ceci ne peut se faire qu'en construisant, comme le dit Corinne, une société basée sur la collaboration et non la compétition. Cela n'est pas qu'une affaire d'argent, mais de culture.

Dominique Bied, responsable du dossier transports et environnement à cap21 et au Modem.

Portrait de corbeau deciitre

De corbeau deciitre

Educateur spécialisé | 21H31 | 21/04/2009 | Permalien

Théodore Monot, je crois, à propos des hommes politiques, parlait de Crocodiles !

Je préférais cette comparaison !

Portrait de poltergheist atomique

De poltergheist atomique

opposant chronique a tendances rapp... | 13H32 | 23/04/2009 | Permalien

juste ca

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