tribune

La Marseillaise à l'école, cache-misère des discriminations

Dans la lettre de mission qu'il vient de faire parvenir au ministre de l'Immigration, de l'Intégration et de l'Identité nationale, Sarkozy demande à Eric Besson…

« … d'engager les actions permettant de valoriser les principes de la République et les valeurs fondamentales de notre communauté nationale (…)

(…) en renforçant la place des emblèmes et symboles de la République, des langues, de son drapeau, de son hymne, des valeurs contenues dans la devise “Liberté, égalité, fraternité” et de la Marianne qui les incarne, partout où cela s'avère nécessaire, dans les écoles et les lieux publics. »

Sans oublier, bien sûr, 27 000 expulsions à réaliser avant la fin de l'année.

L'école ou, du moins, sa haute administration, n'a pas attendu pour se plier à la volonté du chef de l'Etat dont on sait par ailleurs que les désirs sont des ordres.

Ainsi, l'académie de Créteil vient-elle, toutes affaires cessantes, d'ouvrir un portail entièrement dédié à l'apprentissage de la Marseillaise, ce que le recteur appelle une « mission fondamentale et fondatrice (…) », apprentissage qui doit « contribuer à la construction de la culture commune essentielle pour vivre ensemble ».

Mais fondatrice de quoi, au juste et comment un hymne suffirait-il pour préparer des enfants à « vivre ensemble » ?

Des paroles guerrières qui n'ont jamais fait l'unanimité en France

Après tout, si c'est une des justifications de l'école que d'intégrer un enfant à un groupe, à une collectivité, on ne voit pas pourquoi cette intégration devrait trouver son accomplissement, son achèvement dans le cadre étroitement borné et jamais défini d'une nation qui n'est jamais qu'un pointillé sur une carte, mais un pointillé générateur de peurs, de haines et de guerres.

La Marseillaise n'a jamais fait l'unanimité en France, pas seulement chez les nostalgiques de la chouannerie ou les joyeuses bandes qui la sifflent au stade de France. Même avec plus de deux siècles de recul, ces vers sinistres et ridicules mis dans la bouche d'enfants de 6 à 7 ans ont quelque chose d'indécent :

« Q'un sang impur abreuve nos sillons (…) L'étendard sanglant est levé (…) Quoi ! des cohortes étrangères feraient la loi dans nos foyers ! Tout est soldat pour vous combattre. S'ils tombent, nos jeunes héros, la terre en produira de nouveaux. »

Par quelle perversion peut-on justifier l'apprentissage forcé par de tout jeunes enfants de telles obscénités alors que tous les jours, des enfants meurent de la guerre ?

Gênés aux entournures par la rhétorique brutale et guerrière de l'hymne national, ses défenseurs cherchent à s'en sortir par de doctes exégèses ou de savantes analyses philologiques et historiques se référant à l'époque révolutionnaire. Ainsi pour le rectorat de Créteil :

« Enseigner l'hymne national est indissociable de l'enseignement de son histoire pour comprendre que ce chant est d'abord un hymne à la République et à la liberté.

Repoussé par l'Empire, puis la Restauration, ce chant est fondamentalement un chant de défense de la République et de ses valeurs(…)

C'est justement pour éviter un apprentissage décontextualisé, et donc porteur de contresens et d'interprétations erronées, que les programmes insistent sur l'inscription de cet hymne dans son contexte historique. »

La Marseillaise, c'est la Terreur, pas la déclaration des droits de l'homme

Contresens et interprétation erronée dans lesquels l'Education nationale se jette pourtant tête baissée avec une approche partielle et partiale d'un épisode historique, parfaitement illégitime lorsque l'on touche aux programmes scolaires.

En effet, faire semblant d'oublier que la Marseillaise n'est nullement contemporaine de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen ou de l'abolition des privilèges mais bien de la Terreur, de la guillotine et de la guerre, débouche sur une grossière confusion historique.

Plus précisément, chercher à faire d'un événement du passé un mythe fondateur conduit à élaborer une histoire officielle, une histoire d'Etat, déconnectée des faits : quel historien aujourd'hui, oserait se livrer à une interprétation univoque de la Révolution française, qui négligerait l'imposante recherche historiographique sur cette période ?

Faire une place à part à la Révolution, refuser de la soumettre au questionnement, à la critique légitime en histoire ne peut qu'embrouiller la conscience des élèves, autrement dit la manipuler.

La création d'un inénarrable délit d'« outrage aux symboles nationaux »

Mais la nation et les oripeaux symboliques dont elle s'affuble sont si peu sûrs de leurs fondements qu'il a fallu créer, pour les préserver de la critique, un inénarrable délit d'« outrage aux symboles nationaux », passible de six mois de prison et de 6 500 euros d'amende.

En donnant une nouvelle jeunesse au blasphème par lequel l'Ancien Régime prétendait protéger le catholicisme, le législateur républicain s'accroche de façon irrationnelle à un dogme, une sorte de vérité révélée qui n'a pas sa place dans une société qui s'affiche laïque et respectueuse de la liberté de conscience.

Le recteur de l'académie de Créteil oublie sans doute que le développement de l'esprit critique est une des exigences du socle commun de connaissances et de compétences intégré aux programmes scolaires :

« Les élèves devront être capables de jugement et d'esprit critique, ce qui suppose : savoir évaluer la part de subjectivité dou de partialité d'un discours (…), savoir distinguer un argument rationnel d'un argument d'autorité (…). »

Où est le rationnel et l'esprit critique lorsque la Marseillaise fait office de prière obligatoire ?

Une curieuse conception du vivre-ensemble

Si la Marseillaise a, de tout temps, fait partie des programmes scolaires, le renforcement de son apprentissage par injonctions administratives n'est d'ailleurs pas innocent.

Surtout lorsque ces injonctions proviennent d'un ministère qui, par un saisissant racourci, cumule dans ses attributions l'identité nationale, l'intégration et l'immigration, ce qui conduit, par exemple, à faire chanter la Marseillaise à des enfants au garde-à-vous alors que, dans la classe d'à côté, la police vient embarquer un petit camarade dont le seul tort est d'être sans-papiers.

Curieuse conception du » vivre ensemble »… S'il s'agit d'intégrer, comment alors justifier que plusieurs millions d'individus qui travaillent en France et contribuent à la richesse commune continuent d'être privés du plus élémentaire des droits civiques : le droit de vote ?

Comment justifier les arrestations arbitraires, le plus souvent au faciès, les rafles brutales, par exemple contre les Roms et les camps de rétention ?

L'illusion d'un égalitarisme et de valeurs communes

Dans un récent rapport, la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité (Halde) rappelle que le nombre d'emplois fermés aux étrangers s'élève à sept millions en France, l'Etat lui-même donnant le mauvais exemple en refusant d » employer les étrangers dans la majorité des entreprises publiques.

Face à une société minée en profondeur par les inégalités, les injustices, les discriminations, la célébration des symboles nationaux, en détournant l'attention de ces réalités, en donnant l'illusion d'un égalitarisme, de valeurs communes, apparaît en fait comme le cache-misère de la discrimination.

Il est de bon ton, depuis quelques années, de dénoncer le communautarisme ou les tentations de repli sur soi dont l'école serait le théâtre, pour y opposer une sorte d'universalisme prétendument républicain.

On peut douter que l'exaltation de la nation -qui n'est à vrai dire qu'une autre forme de communautarisme- ou les incantations solennelles soient la réponse la plus appropriée. La Marseillaise n'a sa place dans l'enseignement que comme un objet d'étude parmi d'autres, pas de vénération.

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Portrait de kestiontoi

De kestiontoi

travailleur forcé | 17H58 | 19/04/2009 | Permalien

« On peut douter que l'exaltation de la nation -qui n'est à vrai dire qu'une autre forme de communautarisme »

L'exaltaton de la nation n'a-t-elle pas régulièrement débouchée sur des guerres ?
Que penser de l'exaltation de la nation dans une économie qui se mondialise ?
Que penser de l'exaltation de la nation face aux problèmes écologiques ?
Que penser de l'exaltation de la nation face aux inégalités de tout genre ? ……

Portrait de PIT LE CHIEN

à kestiontoi Portrait de kestiontoi De PIT LE CHIEN

20H47 | 19/04/2009 | Permalien

LIBERTE, EGALITE, FRATERNITE.
Allez ! Sarkozy, Allez ! Besson, Allez ! Boutin, et les autres… chiche ! !

Portrait de Naradamuni

à PIT LE CHIEN Portrait de PIT LE CHIEN De Naradamuni

sans | 09H38 | 20/04/2009 | Permalien

Plaçons plutôt et appliquons rigoureusement le principe d'Égalité et de Fraternité, avant le principe de Liberté, considérant très justement que les deux entraîne l'autre mais pas l'inverse…

Égalité, Fraternité, Liberté !
Aurais-je blasphémé ?

Or, sous ses ordres et ses missions
D'inculcation et de confort maton
Un jour victime, un jour bourreau

Un autre jour sauveur, la vocation !

Libéré d'enseigner à coup de talon
Quand le bénéfice est l'étalon
Le barbelé entre en fonction

Marcher au pas devient leçon
Lever drapeau chanter canons
Annihiler les sauvageons

– Ou,

Pour tous les enfants de la terre
Chantons amour et liberté.
Contre toutes les haines et les guerres
L'étendard d'espoir est levé
L'étendard de justice et de paix

Rassemblons nos forces, notre courage
Pour vaincre la misère et la peur
Que règnent au fond de nos coeurs
L'amitié la joie et le partage

(Refrain)
La flamme qui nous éclaire
Traverse les frontières
Partons, partons, amis, solidaires
Marchons vers la lumière

La Marseillaise - Graeme Allwright

Voir « Lettre adressée à Monsieur le Président de la République, Nicolas Sarkozy », par Graeme Allwright et Sylvie Dien le 27 février 2008.
http://www.mga.asso.fr/

Portrait de Pictulo

De Pictulo

17H59 | 19/04/2009 | Permalien

Pour un président qui se targue de lutter contre les conservatismes, voilà une mesure qui ne sent pas la fleur fraîche. Mais c'est ça, le paradoxe Sarkozy : célébrer la nation française et insulter le chef d'état voisin.

Portrait de 101.7

De 101.7

Promeneur | 18H13 | 19/04/2009 | Permalien

Pour inculquer les bonnes manières il faut d'abord montrer l'exemple et que ça vienne « d'en haut ».

En ce moment les exemples visibles à propos de LIBERTE EGALITE FRATERNITE paraissent bien ambigus.

LIBERTE, une vieille poule qui perd ses plumes de jour en jour.

EGALITE, parlez-en à mon cheval ça lui fera pousser les oreilles.
L'égalité des chances entre ceux qui naissent dans les cimetières de la citoyenneté que sont les barres d'immeubles pourris et ceux qui naissent la Rolex en diamant du côté de Neuilly a du plomb dans l'aile.

FRATERNITE, On n'est pas rendu… d'un côté le bouclier fiscal et les remboursements de centaines de milliers d'euros à des gens qui n'ont plus de place pour les stocker et de l'autre on resquille sur les remboursements sécu avec les franchises médicales.

Dans ce pays il faut être né riche et en bonne santé plutôt que pauvre, malade et enfant de sans-papier.

Alors après ça, la Marseillaise… d'accord mais quand tout le reste aura été réglé.

Portrait de Schtroumpf perplexe

à 101.7 Portrait de 101.7 De Schtroumpf perplexe

physicien | 19H47 | 19/04/2009 | Permalien

Vous dites : « FRATERNITE, On n'est pas rendu… d'un côté le bouclier fiscal et les remboursements de centaines de milliers d'euros à des gens qui n'ont plus de place pour les stocker et de l'autre on resquille sur les remboursements sécu avec les franchises médicales. »

Mais oui, pour N. Sarkozy, c'est la fraternité. En effet, son frère Guillaume Sarkozy est entrepreneur, et il a été vice président du MEDEF. C'est de la fraternité au sens le plus littéral, et je le concède, le plus mesquin, du terme.

Portrait de Lemmy_Nothor

à 101.7 Portrait de 101.7 De Lemmy_Nothor

En cavale, the one that got away... | 09H53 | 20/04/2009 | Permalien

Depoussierons la Marseillaise…..

Portrait de moi entre autres

à 101.7 Portrait de 101.7 De moi entre autres

enseignante | 10H08 | 20/04/2009 | Permalien

encore un enseignant qui « rale » et grogne. n'en avons-nous pas assez de cette image « historiquement » contestataire ?
peut-être serait-il temps de prendre les propositions et autres ordonnances qui nous sont faites et mettre notre énergie à les appliquer le plus intelligemment possible (car en embrassant la fonction publique, nous devenons agents de l'état, et un agent il applique, non ? )
pour le cas précis de la marseillaise, je ne suis pas historienne et donc ne m'aventurerai pas sur ce terrain ; mais il me semble qu'on peut voir dans son enseignement un moyen supplémentaire d'inculquer aux enfants un sentiment d'appartenance à un groupe, la nation. et pourquoi devrions-nous rougir d'appartenir à notre pays ? je pense qu'il est bon de se sentir de quelquepart, d'une communauté, d'une famille et prenez tous ces mots au sens le plus large possible. soyons honnetes, toutes les valeurs éclatent, les limites « physiques » (le village, le pays, la famille parentale, les amis, les classes d'ages, …) se dissolvent dans un tout, les vieux se croient jeunes, les jeunes voudraient être déjà vieux, on voyage dans le monde entier… bon sang les psys en tout genre ne nous disent-ils pas que nos enfants manquent de repères ?
c'est pourquoi il me semble que la marseillaise qui est si HORRIBLE…. peut avoir sa place dans les apprentissages scolaires, et même que cet apprentissage comme n'importe quel autre peut être pédagogique et « bienveillant » (les enseignants ne sont-ils pas des professionnels intelligents, là pour aider les citoyens de demain à grandir et apprendre ? ) il me semble que justement c'est en apprenant aux enfant les symboles de notre république que nous les rendrons citoyens respectueux d'eux même de notre pays et du reste du monde, justement ainsi que pourra se développer chez eux un sentiment d'appartenance à leur pays et au monde, justement ainsi en accompagnant pédagogiquement et en la restituant dans son contexte historique l'annonement des paroles si DURES …. de la marseillaise que nous pourront une fois de plus contribuer à éveiller et aiguiser leur esprit critique…..
par ailleur la violence sus-citée est-elle plus « dangereuse » que toute celle véhiculée par la vie elle-même et par nos moyens de communications auquels beaucoup d'enfant sont abandonnés par leur famille même, et qui elle est beaucoup plus concrète (les enfants ne fonctionnent-ils pas au présent ? )
les enseignants ne sont -ils pas autre chose que des « machines à contestation » des poupées qui disent non avant même d'essayer…. j'en ai assez d'être associée à cette idée, et d'autres également.
une seule « bonne » réflexion face à cet « article d'un enseignant blogueur, merci collègue je m'étais posé la question de l » enseignement tant controversé de la marseillaise, sans vraiment avoir recherché ma réponse… c'est fait.

Portrait de Bernard Girard

à moi entre autres Portrait de moi entre autres De Bernard Girard (auteur)

Enseignant blogueur | 18H31 | 20/04/2009 | Permalien

« Sentiment d'appartenance à un groupe », dites-vous. Certes mais quel groupe ? Pourquoi faudrait-il se donner tant de mal pour intégrer un élève à une collectivité nommée « nation » qui n'existe que dans l'imaginaire de ceux qui veulent y croire ? Personne n'a jamais pu définir une nation autrement qu'en incantation. Pour ce qui me concerne, je n'ai jamais compris pourquoi il faudrait limiter le sentiment d'appartenance d'un enfant, son sens des responsabilités à un territoire délimité artificiellement par un pointillé sur une carte.

Portrait de leo s

à Bernard Girard Portrait de Bernard Girard De leo s

noyaudecondensationdanslanébuleused... | 21H14 | 20/04/2009 | Permalien

« Pour ce qui me concerne, je n'ai jamais compris… »

sur ce coup ta pensée est concise et vise au plus juste

Portrait de lerian

à Bernard Girard Portrait de Bernard Girard De lerian

Ingénieur | 12H27 | 21/04/2009 | Permalien

Votre vision est louable. Je la qualifierais d'Utopique sans aucune forme d'ironie.

Seulement, vous abordez le problème de l'identité. Si on ne se revendique pas d'être français, on se revendiquera d'être autre chose : chrétien, musulman, blanc caucasien, noir, etc.

Il me semble que c'est propre à la nature humaine, inévitable : on cherche à vivre en communauté, en société et il faut bien donner un nom à celle-ci, définir des « dénominateurs communs ». Or le dénominateur commun « république laïque française » semble être celui qui a assuré avec succès le « vivre ensemble » depuis fort longtemps.
C'est ce qu'on a trouvé de plus proche de votre vision utopique.

On peut le remettre en question et l'adapter - et encore ça se discute. Mais si vous éliminez ce dénominateur, alors les gens en trouveront PLUSIEURS autres qui finiront probablement par s'affronter.
Ca s'appellera la guerre civile …

Portrait de moi entre autres

à Bernard Girard Portrait de Bernard Girard De moi entre autres

enseignante | 14H36 | 21/04/2009 | Permalien

pitié ! ne me faites pas croire que vous regardez le monde « par le petit bout de la lorgnette » !
appartenir à un village, une région, un pays, … au monde est bien au delà d'une simple question de pointillés. il n'est dans mon propos nullement question de limiter mais d'ouvrir, mais peut être n'ai-je pas donné cette impression. ouvrir l'esprit des enfants à eux-même, leur donner des racines, les encrer dans une histoire des tradition pour mieux les « projetter ensuite vers les autres et l'ailleurs. il ne s'agit pas comme je le disais dans mon précédent propos d'annoner “bêtement”, pardon.
voyez le mot nation au sens humain et non territorial.

Portrait de vinz13

De vinz13 37135

bisounours gauchiste | 18H19 | 19/04/2009 | Permalien

Je rappelle seulement que Louise Michel, à qui l'on ne peut reprocher une dérive droitière (mais une dérive guerrière peut être…), militait pour que la Marseillaise devienne l'hymne français, et l'enseignait mêmes aux enfants dont elle avait la charge. Il est vrai qu'a cette époque, il fallait encore lutter contre les royalistes (le spectre de la contre-révolution étant encore bien présent), et ancrer la république dans les esprits Français. Cela peut paraître contradictoire avec les engagements anarchistes de Louise Michel, mais c'est pourtant le cas.
Ce qu'il faut comprendre quand on parle de la Marseillaise, c'est que lorsque elle est définitivement adoptée comme hymne national de la République Française, elle fait partie d'un ensemble visant à crée une véritable mythologie républicaine. Une mythologie dont n'est pas exclue, mais au contraire revendiqué, la violence. La Marseillaise n'est, n'as jamais été, et ne s'est jamais voulue être un chant consensuel. C'est un chant partisan et même pourrait on dire propagandiste. Et pour autant, loin de faire l'unanimité, c'est pourtant l'un des hymnes les plus connu à travers le monde.

Portrait de jyeden

à vinz13 Portrait de vinz13 De jyeden

khmer vert ( age des caverne, pierr... | 18H28 | 19/04/2009 | Permalien

je ne connaissais pas cette épisode de Louise Michel
mais évidement avant la Commune l » Internationale n'existait pas
et les jours d'insurection, et bien c'est La Marseillaise qui venait naturellement et spontanément aux lèvres des insurgés

en 1917 à st petersbourg on ne chantait pas l'internationale mais bien la marseillaise. Le chant révolutionnaire par excelence

quand aux refrains « aux armes citoyens ! ! ! ! » est ce que ça ne nous vient pas tout naturellement lorsqu'on nous apprenons presque journellement que ce gouvernement de canailles réduit nos libertés ou notre protection sociale ?

Portrait de vinz13

à jyeden Portrait de jyeden De vinz13 37135

bisounours gauchiste | 18H36 | 19/04/2009 | Permalien

Michel Ragon « Georges et Louise », aux éditions Albin Michel, à propos de la longue relation épistolaire entre Louise Michel et Georges Clemenceau, deux personnalité aux engagements et aux vies (de plus en plus) radicalement opposés, et pourtant si proches. Un des plus justes et des plus beaux portrait qu'on ai pu faire de cette femme exceptionnelle.

Portrait de jyeden

à vinz13 Portrait de vinz13 De jyeden

khmer vert ( age des caverne, pierr... | 18H39 | 19/04/2009 | Permalien

et Clemenceau qui disait « la révolution ça se prend en bloc » ( je cite de mémoire)
donc avec les soldats de l'an II, La Marseillaise, le régicide….
et les massacres de septembre (en plus)
je ne savais pas que Ragon avait sorti un bouqui sur Louise

Portrait de Maximillien Robespierre

à jyeden Portrait de jyeden De Maximillien Robespierre

Chomeur Fatigué | 19H43 | 19/04/2009 | Permalien

« La Révolution est un bloc »
C'est la phrase exacte mais j'hésite entre Le Tigre et Michelet
Quelqu'un sait ? Clémenceau il me semble mais pas sur quand même.

Portrait de jyeden

à Maximillien Robespierre Portrait de Maximillien Robespierre De jyeden

khmer vert ( age des caverne, pierr... | 20H17 | 19/04/2009 | Permalien

non c'est Clemenceau, pour ça, aucun doute

Portrait de pene-r

à vinz13 Portrait de vinz13 De pene-r

20H00 | 19/04/2009 | Permalien

Eh bien cher enseignants (es) enseignez la marseillaisse au travers de Louise Michel, il en restera toujours quelque chose et le chef sera content : -D

Portrait de Bernard Girard

à vinz13 Portrait de vinz13 De Bernard Girard (auteur)

Enseignant blogueur | 18H36 | 20/04/2009 | Permalien

On est bien d'accord : la Marseillaise est un chant historique qui peut être étudié comme tel. La notion d'hymne national, avec l'adhésion irraisonnée qu'il suppose, va quand même bien au-delà.

Portrait de leo s

à Bernard Girard Portrait de Bernard Girard De leo s

noyaudecondensationdanslanébuleused... | 21H16 | 20/04/2009 | Permalien

« un chant historique “

c'est quoi ce concept ?
peux-tu préciser,
donner d'autres exemples ?

Portrait de lerian

à leo s Portrait de leo s De lerian

Ingénieur | 13H55 | 21/04/2009 | Permalien

OUI l'histoire est sanglante.

OUI l'histoire est une série de massacres et n'a pu être écrite que par les vainqueurs.

OUI, il n'y a pas que du bon dans la révolution française, un grand nombre de bouchers ont trouvé là la justification d'exprimer leur violence et leur haine des riches et des nobles - qui n'étaient pas tous des despotes.

Mais l'histoire est l'histoire. C'est l'ensemble des pas et de faux pas qui nous ont amenés là où nous sommes.

Nous avons pour devoir de ne pas l'oublier, de l'examiner en faisant l'effort de porter nos jugement en tenant compte d'un contexte passé, de reconnaitre ce qu'il y a d'héroïque et de lâche dans ses récits.
Nous avons un devoir d'esprit critique.

Mais il n'y a rien de moral là dedans. Tous les peuples ont leur histoire avec ses passages infâmes et ses passages glorieux. Nous compris.

Alors, OUI, les paroles de la Marseillaise sont violentes. Elles évoquent un passage violent de notre histoire. C'est passionnant comme un récit de la mythologie grecque, c'est intéressant d'en parler aux enfants.

Comme ça, s'ils se retrouvent d'aventure à chanter la Marseillaise sur un stade de foot (comme des débiles) ils sauront peut être échapper aux tentations extrémistes et nationalistes et la considèreront comme une partie de leur culture, au même titre que « à la claire fontaine » ou « les Misérables ». On ne prétend pas résumer la France à la Marseillaise.

Portrait de vinz13

De vinz13 37135

bisounours gauchiste | 18H28 | 19/04/2009 | Permalien

Pour exemple, le nettement plus poétique, et « consensuel » hymne national grec, n'est pas non plus totalement dénué de connotation guerrière

Je te reconnais au tranchant
de ton glaive redoutable ;
Je te reconnais à ce regard rapide
Dont tu mesures la terre.

Sortie des ossements
Sacrés des Hellènes,
Et forte de ton antique énergie,
Je te salue, je te salue, ô Liberté ! (× 3)

Il faut bien avouer cela dit, c'est beaucoup plus beau que la Marseillaise.

Portrait de Numerosix

De Numerosix

Prisonnier dans le village global | 18H41 | 19/04/2009 | Permalien

Chanter ou ne pas chanter la Marseillaise , that is the question ?

-Docteur, c'est terrible, je me fous complètement qu'on la chante ou qu'on la siffle la Marseillaise dont les paroles me sont par ailleurs totalement indifférentes et ne m'ont fait faire absolument aucun cauchemar dans le vivre ensemble quand j'étais petit ..

-Hé, hé C'est pourtant fondamental, mon p'tit gars …

legende

http://www.deezer.com/track/884543

Portrait de Lemmy_Nothor

à Numerosix Portrait de Numerosix De Lemmy_Nothor

En cavale, the one that got away... | 10H31 | 20/04/2009 | Permalien

Dans les écoles surement qu'ils prefereraient ceci….

ou celle-ci…. ; -)

Portrait de Yvon le Zébulon

De Yvon le Zébulon

Retraité | 18H35 | 19/04/2009 | Permalien

Renforcer les valeurs de la République contenues dans sa devise…

LIBERTE - EGALITE - FRATERNITE
Voilà qui conviendra à tout le monde, surtout en ces temps de vaches maigres et d'égoïmes forcenés.

Pour la Marseillaise, il serait parfait qu'on en conserve la symphonie, mais qu'on en modifie le texte particulièrement gore.

Portrait de Numerosix

à Yvon le Zébulon Portrait de Yvon le Zébulon De Numerosix

Prisonnier dans le village global | 18H52 | 19/04/2009 | Permalien

Ha , je l'attendais celle la . La Marseillaise bisounours pour pas traumatiser gnié p'tits gnienfants ..

Allons enfants de la matrie
le vivre ensemble, nous a appelés
pour nous tous, de la bisouterie
a profusion nous devons donner
a profusion nous devons donner..

Portrait de Yvon le Zébulon

à Numerosix Portrait de Numerosix De Yvon le Zébulon

Retraité | 20H50 | 19/04/2009 | Permalien

Numérosix, tu me fais rigoler (pour de vrai) avec ton entame…

« Ha, je l'attendais celle là » (et tes petits gnienfants)

¤ Tu n'auras pas de mal à admettre que les paroles de la Marseillaise ne sont guère plus de notre sièce, au moment où les armes ne vont plus au combat « la fleur au fusil » dans des taxis de la Marne réquisitionnnés…
…mais font leur guerre derrière un pupitre électronique ou dans un blindé - avion - navire…bien décidés à ne pas se faire avoir.

* Le sang impur qui qui nourrit nos sillons…
Nous n'avons même plus de sillons au sens ou on l'entendait jadis.

Portrait de Numerosix

à Yvon le Zébulon Portrait de Yvon le Zébulon De Numerosix

Prisonnier dans le village global | 21H31 | 19/04/2009 | Permalien

Pour moi , c'est juste du folklore , comme par exemple « j'ai vu le loup, le renard et la belette », pas besoin de s'exciter la dessus

( Du FOLKLORE ! ! .la MARSEILLAISE ! SACRILÈGE ! ) .

Merci de ton humour concernant mes vacheries gentilles, Yvon ..

Portrait de maintenant-et-ici

De maintenant-et-ici

journaliste | 18H37 | 19/04/2009 | Permalien

Apprendre la Marseillaise à l'école ? Chevènement, en 1984, alors ministre de l'Education Nationale, nous avait déjà fait le coup ! ! ! ! Une idée vraiment neuve… et vraiment opérante ? ? ? ?

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