Polémique 18/04/2009 à 19h20

Les pardons de Ségolène Royal ou le comique de répétition

Pierre Haski | Cofondateur Rue89


Ségolène Royal à la Maison de la chimie, à Paris, en juin (Audrey Cerdan/Rue89)

La première fois, ça m'a agacé, mais sans plus. Aujourd'hui, je me demande vraiment quelle mouche l'a piquée. Je parle de Ségolène Royal et de sa manie de demander pardon à chaque fois que Nicolas Sarkozy offense quelqu'un. Je ne sais pas pour vous, mais je ne me reconnais pas dans ces excuses à répétition.

Rappel des épisodes précédents. Le 7 avril, à Dakar, l'ancienne candidate à la présidence de la République a demandé « pardon, pardon », pour le discours prononcé en 2007 par Nicolas Sarkozy dans la capitale sénégalaise et qui avait choqué de nombreux Africains. Des paroles, a ajouté Ségolène Royal, « qui n'engagent ni la France, ni les Français ».

Ce discours de Ségolène Royal a suscité une tempête de réactions hostiles, y compris la remarque insultante d'un député UMP comparant sa tenue en boubou à sa femme de ménage...

Pardon à José Luis Zapatero

Ségolène Royal a-t-elle estimé que cette polémique l'avait servie, l'avait renforcée dans sa posture préférée de rivale numéro un de Nicolas Sarkozy malgré un sondage défavorable ? Toujours est-il qu'elle a décidé de sauter sur l'occasion créée par les derniers propos polémiques attribués au chef de l'Etat, et de demander une nouvelle fois « pardon ».

Dans un communiqué, Ségolène Royal annonce qu'elle a écrit au chef du gouvernement espagnol José Luis Zapatero, pour lui demander pardon pour « les propos injurieux tenus par Nicolas Sarkozy » :

« Elle lui a assuré que ces propos n'engageaient ni la France, ni les Français. Elle a également assuré Jose Luis Zapatero de toute sa considération, en partie pour les réformes courageuses conduites en Espagne et surtout pour son attachement à réaliser ses promesses de campagne électorale, avec un comportement éthique qui devrait servir de modèle.

Ségolène Royal estime qu'exercer le mandat de président de la République impose un devoir de maîtrise de son langage et de son comportement afin de ne pas porter atteinte aux intérêts de la France. »

Il ne s'agit pas ici de savoir si les phrases attribuées à Nicolas Sarkozy sont exactes ou pas, ni même de savoir s'il a raison ou tort : la réaction de la presse étrangère est suffisamment éloquente.

Je ne comprends simplement de quel droit la présidente de Poitou-Charentes demande pardon au nom des Français, et même, d'un point de vue purement formel, pourquoi une déclaration d'un président légitimement élu pourrait ne pas « engager la France » comme elle l'écrit.

On pourrait pousser le trait plus loin. Pourquoi Ségolène Royal ne s'excuse-t-elle qu'auprès des victimes étrangères de Nicolas Sarkozy ?

Elle pourrait demander pardon à tous les Français qui n'ont pas bénéficié du bouclier fiscal, aux ouvriers de Gandrange victimes des promesses non tenues du président, aux enseignants-chercheurs qui contestent ses projets de réformes, aux marins-pécheurs victimes de quotas approuvés par le gouvernement... La liste pourrait être longue.

S'excuser ou proposer des alternatives ?

Drôle de conception du rôle d'un opposant que de s'excuser pour les paroles de celui qui a gagné les élections. N'attendrait-on pas plutôt d'une opposante qu'elle propose des alternatives, qu'elle reste sur le terrain politique ? Et non sur celui de la morale, avec ce pardon déplacé.

Dans son obsession à exister politiquement, face à Nicolas Sarkozy, face à Martine Aubry, face à François Bayrou ou même à François Hollande, Ségolène Royal a trop volontiers recours à la politique-gadget.

Ce comique de répétition du « pardon », sans doute inspiré à « Sainte Ségolène » par l'ambiance pascale, ne rend pas cette opposante plus crédible dans sa critique de la politique économique et sociale du gouvernement, c'est-à-dire ce qui importe le plus aux Français aujourd'hui.

Pas étonnant que ce soit « Papy » Jacques Chirac qui se trouve propulsé en tête des personnalités préférées des Français, comme si, à défaut de « désirs d'avenir », ou en tous cas de projet d'avenir crédible, les Français se réfugiaient dans un passé mythifié

Corrigé le 19/04/2009 à minuit. Mot manquant à la citation de Ségolène Royal ajouté.


Chimulus sur Ségolène

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  • a déménagé le 4 février 2011
    • Posté à 20h15 le 18/04/2009

    Un peu facile votre papier Pierre Hasky, bien politiquement correct, bien dans le « mouv » » de l'opinion ! ...
    Ayant eu récemment l'occasion de me rendre, plusieurs fois, à l'étranger, j« ai été littéralement sidéré par les propos tenus concernant “ notre ” président : strano (crétin) et pretenzioso (inutile de traduire) en Italie, par exemple ! L'image de la France à l'étranger est devenue déplorable ; bougez un peu M. Hasky et nous en reparlerons.
    Alors, sans être un “ fan ” de Mme Royal, je l'imagine sincère et ses “ pardons ” ne sont pas inutiles, croyez-moi !

  • eskimo
    • Posté à 20h16 le 18/04/2009
    • Internaute

    Perso je penche plutot pour l'explication de votre titre = le comique de répétition. Vues les réactions attendues des porte paroles de l'UMP je sens que l'on va bien se marrer encore quelques jours.
    Non pour la déconne on a vraiment un personnel politique au top.

    Plus sérieusement pour son discours au Sénégal pourquoi pas vus ses liens avec ce pays. Effectivement beaucoup de français ont eu honte du discours de Dakar, moi le premier, et que des dirigeants politiques prennent la peine de se désolidariser n'est pas inutile.

    Après faut il s'excuser ?
    L'excuse est paradoxale = à la fois elle reconnait la légitimité du propos présidentiel et la délégitimise en la rendant relative à ses propres opinions.

    Je pense qu'il est légitime de critiquer la position française officielle à l'étranger = nous applaudissions les américains qui en France faisaient de meme avec Bush. Nous n'abdiquons pas nos opinions passées nos frontières.

    Faut il s'en excuser ? Sarkozy est élu au suffrage universel et est l'émanation de la souveraineté nationale, laquelle est à la fois indivisible et le résultat de l'adjonction de chaque citoyen.
    Je suis donc moi meme engagé dans les propos de Sarkozy en tant qu'il est mon représentant que j'ai contribué à choisir (meme si je n'ai pas voté pour lui). Étant donc membre de cette communauté qu'il représente je suis tout à fait légitime pour m'excuser pour ses propos à l'étranger. CQFD.
    Pardon donc.

    En revanche Royal n'a pas légitimité pour s'excuser en mon nom.

  • Lucien_de_Rubempré
    • Posté à 20h30 le 18/04/2009

    Je demande pardon aux français pour les inepties proférées par Mme Royal et pour son populisme. Pardon, pardon, je prends tout sur moi : -)

  • Spiripotain
    Spiripotain
    promeneur écoutant
    • Posté à 20h33 le 18/04/2009
    • Internaute
      promeneur écoutant

    Votre position légitimiste (« Je ne comprends simplement de quel droit la présidente de Poitou-Charentes demande pardon au nom des Français, et même, d'un point de vue purement formel, pourquoi une déclaration d'un président légitimement élu pourrait ne pas “ engager la France ” comme elle l'écrit ») néglige un détail (de taille) : Sarko se moque des règles et avoue même un certain plaisir à les transgresser.
    Il vient un moment, mal défini, où il devient nécessaire de se distinguer de celui qui prétend parler en notre nom. Les insultes, les maladresses et les mensonges de Sarko font que ce moment est venu de signifier aux autres peuples que Sarko ne représente que lui-même.
    Si des voix américaines s'étaient élevées à l'époque de Bush, si elle ne s'étaient pas tues au nom du patriotisme, beaucoup d'incompréhension aurait été évitée.
    Ségolène a parfaitement raison de faire entendre une autre voix et de montrer de cette façon que tous les français ne se reconnaissent pas dans les déclarations stupides du président. Evidemment, la Droite va crier à l'anti-france. espérons que Rue 89 ne tombe pas dans le panneau !

  • Kekevara
    • Posté à 20h33 le 18/04/2009

    J'adore le premier paragraphe : « ... à chaque fois que Nicolas Sarkozy offense quelqu'un ». Euh, dans le premier cas, le « quelqu'un », comme ose dire l'auteur de l'article, ce sont juste les Africains. Trois fois rien en somme.
    Vous avez un président de la République qui tient un propos raciste ( ! ! ! Franchement, ça aurait été Bush ou Berlusconi, qu'est-ce qu'on aurait dit sur eux...) en lisant un discours que, de toute évidence, il ne comprend pas. Ca fait une petite polémique. Vous avez ensuite une personnalité politique qui s'en excuse (ce qui est tout à son honneur, parce qu'on - c'est-à-dire nous, les Français - se tape un petit peu la honte en Afrique depuis le discours de Dakar) et ça fait une grosse polémique. Cherchez l'erreur.

    Franchement, ce président, je n'en reviens toujours pas. Ca me dépasse un type pareil. Si l'on fait le compte, ça devient hallucinant : le discours de Dakar ; « Descends si t'es un homme », « Si y'en a que ça les démange », il est où Obama, il est où ? (sur la photo du G20, on aurait dit un gosse tout perdu qui cherche sa star préféré et qui s'énerve de ne pas être avec les « grands »), le discours de Latran quand il sort que l'athéisme est responsable du nazisme et du stalinisme, le discours de Latran encore quand il loue Peguy (lequel demandait qu'on fusille Jaurès), Claudel ou Bernanos (que des gens très ouverts), le je-te-pique-ton-stylo, le cirage de pompes de Kadhafi (au niveau de la honte pour le pays, on pète un score), etc, etc, etc. J'en oublie.

    La plus belle, ça reste quand même avec qu'il soit président. On avait retiré leur accréditation à des bagagistes parce qu'on les soupçonnait (sans éléments convaincants) d'être islamistes. Et notre Sarkozy : « Il vaut mieux ça que de laisser des coupables en liberté. S'ils sont innocents, ils pourront toujours se plaindre un peu ». Tu l'aimes ta démocratie ? Eh ben, regarde, je vais la faire péter, alors vote pour moi !
    Et le coup de la pédophilie et du suicide à base génétiques, c'était pas digne d'un grand théoricien raciste ça ?

    Je vous le dis, on a le meilleur président français du monde...

  • Brédala
    Brédala
    La V2 Maria ...
    • Posté à 21h08 le 18/04/2009
    • Internaute
      La V2 Maria ...

    Disons que la 1ère demande de pardon, c'était bien vu. Le discours tenu par Sarko-Guaino étant réellement imbuvable...

    Ensuite pour la 2nde...évidemment, il y a un risque d'enlisement...Vu le cas Sarko, la tâche risque d'être importante !

    On finira par lui trouver un côté bouffon du roi plus rapidement qu'un quelconque intérêt politique.

    Je demande pardon à tous les fans de Ségo...

  • caro
    caro
    délinquante avérée
    • Posté à 21h09 le 18/04/2009
    • Internaute
      délinquante avérée

    j'aime bien l'article, mais il me pose quand même un petit problème. Que Ségolène Royale s'excuse du discours de Sarko à Dakar, où elle est née, il me semble, c'est presque un peu « normal ». C'est vrai qu'elle aurait dû s'arrêter là, elle ne représente pas plus les français que son ex adversaire.
    Maintenant, devrait-elle « demander pardon à tous les Français... » ? Certainement pas et on attend encore des propositions d'alternance. On ne les voit pas, on ne les entend pas sur aucun sujet important, comme le sauvetage du service public, où il y aurait tant à dire. Mais ils ont dit oui au traité européen, et cherchent des aménagements au lieu d'innover.

    J'ai bien peur que les socialistes soient ravis de ne pas avoir à gérer la crise. Ils laissent le pays s'enfoncer.

  • desnouvellesdumonde
    • Posté à 21h30 le 18/04/2009

    Tout a fait d'accord avec cet article : Ségolène Royal n'a aucune légitimité pour demander « pardon » au nom des français.

    Elle est présidente de Poitou-Charentes : elle peut s'exprimer sans problème au nom des Picto-Charentais, qui l'on élu pour les représenter, et dire ce qu'elle veut en leur nom.

    En revanche, elle n'a actuellement aucun mandant au niveau national. Et elle n'a pas non plus de mandat lui permettant de représenter son parti politique, le PS.
    Même si dans les deux cas, ce sont des élections qu'elle a perdu de peu.

    En tant qu'opposante à la politique actuellement menée, elle peut aussi parfaitement dire « je ne suis pas du tout d'accord avec ce que dit Nicolas Sarkozy ».

    Mais « s'excuser », et de plus « au nom des français », est totalement déplacé (et faux en terme d'usage de la langue française, d'ailleurs). Elle n'a actuellement aucun mandat qui lui permette de parler au nom des Français. Et personne ne peut « s'excuser » à la place de quelqu'un d'autre.

    Ou alors, n'importe qui peut dire n'importe quoi au nom des Français : Jean-Marie Le Pen a été finaliste d'une présidentielle, qui ici lui reconnait la légitimité de s'exprimer au nom de la France ?

    Les mots sont importants, et « demander des excuses » est complètement différent de « marquer son opposition ».

  • MaxLeMans
    • Posté à 21h32 le 18/04/2009

    Perso, je pense que Ségolène Royal la joue fine. Là ou beaucoup voient des ambitions personnelles, je pense plutôt que c'est une manœuvre de déstabilisation parfaitement pensée visant très directement son rival des dernières élections.

    Une idée simple : Nicolas Sarkozy se montre présent sur tous les fronts, l'opposition critique ses actions, ce faisant renforce les idées du Président auprès des opposants de l'opposition, soit donc les membres du gouvernement qui n'ont pas beaucoup d'autre choix que de le suivre benoitement et opiner du bonnet. Rare sont les fois où Nicolas Sarkozy s'insurge des propos de l'opposition, ce sont les membres du gouvernement qui le font à sa place. L'information est dissoute en semant la confusion. Ce qui, au passage, me semble très intelligent comme méthode de la part du Président français.

    Ségolène Royal joue, me semble-t-il un peu plus finement en ne faisant pas de critique, mais au contraire en forçant Nicolas Sarkozy à endosser la responsabilité de ses propos. C'est clairement ce qu'elle fait lorsqu'elle dit que, parlant de Nicolas Sarkozy, « ces propos n'engageaient ni la France, ni les Français ».

    En attendant, j'en connais un qui doit être bien énervé, toujours soucieux d'avoir le contrôle. Pour le coup, c'est échec et mat.

  • Patinside
    • Posté à 21h33 le 18/04/2009

    Finalement, Sarko et Royal, c'est un peu boubou blanc et blanc boubou ; -)

  • Compte supprimé le 23 janvier 10
    • Posté à 23h41 le 18/04/2009

    oh vous tous lecteurs de la rue je vous demande pardon pour Mr Pierre Haski qui viens de faire ALLEGEANCE !
    quel courage quelle audace s'en prendre a la nunuche du poitou
    mais c est d un viril ça mon bon , hurler avec la meute « bon je reconnais Lefebvre fout legerement la trouille » m enfin une longue diatribe chatemite volant insidieusement au secour
    de talonnette 1er , je ne vous ferais pas l injure de vous croire stipendié non j imagine plutot une envie de se fondre dans le troupeau de rejoindre la horde et sa securité, yep a l instar des avocats beaucoup de journalistes devraient porter la robe cela permettrait de dissimuler tant d echines courbées

  • Pierre Haski
    Pierre Haski répond à Compte supprimé le 23 janvier 10
    Auteur(e) de l'article Cofondateur Rue89
    • Posté à 00h01 le 19/04/2009
      éditeur
    • Journaliste
      Cofondateur

    Cela signifie-t-il que Ségolène Royal est au-dessus de toute critique, au-dessus de tout commentaire un tant soit peu distancié, sous peine de se voir accuser de faire allégeance à Frédéric Lefebvre ? Vous êtes trop fort ! C'est du terrorisme intellectuel. Ce n'est pas parce que Frédéric Lefebvre est grossier et caricatural dans sa dénonciation de Ségolène Royal que ça doit neutraliser tout commentaire critique. On peut être contre ce qu'a dit Ségolène Royal ET contre ce que dit Frédéric Lefebvre. Sans pour autant courber l'échine. Je demande moi aussi pardon à tous ceux qui auront lu votre commentaire pour ce point de vue si réducteur, heureusement rédigé avec un peu d'humour.

  • CharlesT
    • Posté à 09h52 le 19/04/2009

    Monsieur Haski,

    Vous parlez d'agacement. Alors je me permets de vous partager le mien. Ne vous connaissant pas assez pour savoir à quoi correspond cet article, à quoi correspond vraiment cet article, je ne peux qu'imaginer, supputer, extrapoler, sous entendre ou sous tendre....

    En ceci je ne serai pas loin de votre propre interprétation.

    Que contestez-vous au travers de votre diatribe ? le fait que Ségolène Royale s'exprime ? le fait qu'elle s'exprime à un nom qui n'est pas le sien ? le fait qu'elle s'exprime sur des propos (tenus et confirmés...malgré la désinformation ambiante) ? le fait qu'elle est une perception du devoir républicain différent du votre ? le fait qu'elle utilise le mot « pardon » plutôt associé à notre culture judéo-chrétienne ?

    Je dois faire un choix : alors je dirai que vous vous exprimez au nom d'une mode qui veut que tout soit d'abord politicien et donc sans fondements réels dans l'idéologie ou dans les valeurs.

    Comme d'autres avant vous (et de plus illustres comme Jean Daniel par exemple), vous n'avez pas lu le discours de Ségolène Royal à Dakar. C'est déjà une faute journalistique dont la pauvre excuse est qu'elle est largement partagée par la profession...
    Vous auriez compris que les quelques paroles extraites (et légitimes, j'y reviendrai) s'inscrivait dans un réel travail sur la mémoire et sur l'histoire. Ce discours est en contre-point à celui de Sarkozy qui n'a pas, comme le dit Jean Daniel, deux parties qui s'équilibrent. C'est une tentative de rétablissement de l'histoire, la notre et celle de l'Afrique mais au delà l'histoire des hommes. Il est beaucoup plus brillant que tout ce que je pourrai écrire et il a été encore précisé par Sopihie bouchet Petersen :
    Lien...
    visible sur le post. Je vous invite tout simplement à commencer par le début, c'est à dire construire un argumentaire sur la réalité.

    Cette réalité que vous contestez lorsque Ségolène Royale, une nouvelle fois, s'exprime au nom de valeurs, au nom de la république du respect. Vous fustigez un soit disant comique de répétition....mais où est le comique dans votre article ou dans les propos de Ségolène Royale ? ce sont juste des mots, une accroche ? pour avoir une tribune ?

    Quand la presse dans sa grande majorité, n'est plus là pour assurer le service du contre pouvoir, de l'information, de l'enquête journalistique, qui a alors un espace suffisant pour alerter sur les dérives, fussent elles langagières, du pouvoir ?
    Pensez-vous vraiment que ce faisant, cette responsable politique ne savait pas à quoi elle s'exposait ? Elle choisit de dire, elle choisit d'exprimer au nom de toutes celles et tous ceux qui subissent, qui assistent impuissants à cette pratique inique du pouvoir. Ségolène Royale ne se veut pas ! elle est aujourd'hui la voix des africains ici, la voix de la république là et OUI Monsieur la voix des employés de Heuliez, de Grandrange ailleurs.

    Votre tribune sera lue puisqu'elle concerne Ségolène Royale....vous glissez ainsi sur la mode et sur l'actualité...mais sans argumentaire sur le fond, votre article à plus à voir avec la peopolisation du verbe que la posture que vous reprochez à votre sujet.

    En Répubique, le peuple est souverain...pourquoi devrait-il s'arrêter au bulletin qu'il met dans l'urne. Sarkozy ne représente qu'une petite partie des électeurs......sa légitimité est certes acquise de façon démocratique...mais celle de Ségolène Royale est celle du droit d'expression. Elle parle au nom de la France qui ne se reconnait pas dans les propos, dans les discours, dans les manières du président (et ils sont majoritaire très largement en France), elle parle aussi au nom d'une histoire qu'il nous faut bien regarder avant de l'interpréter, elle parle au nom de ses valeurs de respect que vous semblez ignorer pour vous même.

    Ce qui m'agace, Monsieur, c'est que des journalistes, certainement brillant par ailleurs, se fourvoient dans de tels propos sans les associer à un réel travail de fond.

    Vous vous êtes trompez si vous avez pensé que Ségolène ne faisait que de la comm. Elle se sert de la Comm pour faire savoir au plus grand nombre la grandeur de l'histoire et l'héritage...tous deux donnent des responsabilités aux dirigeants, des responsabilités et des devoirs,celle par exemple de ne rien oublier du tryptique qui fonde notre république : Liberté, égalité fraternité...pour tous !

    J'espère sans trop y croire que vous m'apporterez une réponse

  • Pierre Haski
    Pierre Haski répond à CharlesT
    Auteur(e) de l'article Cofondateur Rue89
    • Posté à 10h12 le 19/04/2009
      éditeur
    • Journaliste
      Cofondateur

    Evidemment je vais vous répondre, on répond toujours sur Rue89...

    Vous vous trompez quand vous rapprochez mon commentaire de celui de Jean Daniel. Ce dernier prenait la défense du Discours de Dakar de Nicolas Sarkozy. Ce n'est pas mon cas : j'ai trouvé ce discours ignoble et je l'ai dit en son temps. Nous avons plusieurs fois donné la parole, sur Rue89, aux détracteurs africains de ce discours.

    Ce qui m'avait fait tiquer lors du discours de Dakar de Ségolène Royal, et m'a encore plus énervé avec ce petit communiqué de samedi, et que vous confirmez dans votre réaction, c'est qu'elle décide qu'elle parle au nom des Français.

    Vous dites, elle se sert de la com'. Ce faisant elle réduit la politique à de la com, et contribue à la tirer vers le populisme. C'est drôle que vous m'accusiez de surfer sur la mode : je trouve pour ma part que c'est elle qui surfe sur les polémiques qu'elle déclenche. Le « pardon » de Dakar a marché ? J'en remets une couche avec Zapatero.

    Je ne lui ai pas sauté dessus pour Dakar car l'enjeu des rapports avec l'Afrique était trop important. Mais là, ces deux paragraphes pour demander pardon à Zapatero m'ont semblé grotesques et une initiative relevant exclusivement de la com, basée de surcroit sur des propos dont l'exactitude, ou au moins le contexte, sont sujets à débat, contrairment au discours très officiel de Sarkozy à Dakar.

    J'imagine que je ne vous ai pas convaincu, mais je pense que nous partageons le rêve d'une opposition efficace, crédible et rassembleuse contre Sarkozy. Visiblement, le compte n'y est pas, et c'est ce qui nous sépare.

  • ceddo.
    • Posté à 15h02 le 19/04/2009

    Monsieur Haski je salue votre courage et votre engagement journalistique. Et votre amour aussi pour l'Afrique, ça se voit à travers vos articles sur ce continent.

    Par contre je ne comprends pas pourquoi la France s'offusque des propos de Ségoléne à Dakar. Des propos qui n'ont non seulùent fait plaisir aux millions et des millions de dignes fils de l'Afriques, mais ont participé à rétablir la vérité historique. Sarkozy est venu à Dakar pour insulter les dignes et valeureux fils de Cheikh Anta Diop, de Nelson Mandela, de Sankara, de Lumumba etc... L'homme africain n'est pas entré dans lhistoire. Faux, mensonge et ignorance. Certains en France ont applaudi en France. Ses propos ont fait le tour du monde. L'Afrique était blessée. Il y a eu des ripostes dont leur portée médiatique s'est( arrêtée à Dakar. Ce qui prouve que ce que font les intellectuels africaines n'intéressent les médias occidentaux ( pas RUE 89, vous êtes l'exception). Donc si la brave Ségoléne Royale, donne l'opportunité à l'Afrque de se faire entendre porquoi s'en offusquer. On se réjoui de son discours « pardon » à Dakar qui a fait le tour du monde en un laps de temps, au moment ou des intelelctuels africains ont tenu des conférences,publié des ouvrages, pondu des communiqués mais de trés portée médiatique.
    Ségoléne Royale a redoré le blason africain terni par un chef d'Etat Français. Tout ce que Ségoléne Royal a dit à Dakar c'est vrai. Vous qui avez vécu en Afrique vous savez et connaissez bien l'histoire de ce continent.
    Tout ce qu'on demande aux Français et de respecter l'Afrique au lieu de jouer l'orgueuil. Si quelqu'un ne se reconnait pas de ce pardon, ça veut dire qu'il est orgueilleux et complexé de dire « Pardon ».
    Seuls les courageux peuvent dire pardon. Oui l'Afrique mérite ce nom, elle a trop subi l'injustice, et l'injure.

    Beaucoup d'Africains en voulaient à la France à cause des propos insultants et discourtois de Sarkozy. Royal a réparé ce tort et renoué le dialogue social entre Français et Africains. Don ce n'est pas une question de Républicain, c'est une question de courage.
    Je ne suis pas Français, je suis Africain, mais je sais que cette femme battante et courageuse qui a été lynchée médiatiquement lors des présidentiellles de 2007 a beaucoup raison sur les Français. Elle vous avez dit que que votre Président divise le monde.
    Pire et le boubou bleu. Quelle insulte grave pour l'Afrique si on sait qu'est ce que le boubou représente en Afrique.

    Aujourd'hui il faut instaurer un débat sérieux et sincére et respectueux avec l'Afrique, au lieu de jouer sur la fibre patriotique.

    Ce message ne s'adresse pas à vous Mr Haski, mais à tous ceux qui sont contre du Pardon de Dakar. BRAVO