Avant la révision de la loi de bioéthique, opposants et partisans de la « gestation pour autrui » s'enflamment. Décryptage.

Longtemps couvé, le débat sur la légalisation de la « gestation pour autrui » (GPA) n'a jamais été autant d'actualité : alors que la loi de bioéthique de 2004 doit être révisée cette année, partisans et opposants de la légalisation des mères porteuses montent au créneau depuis un mois.
Porter l'enfant d'un autre, la pratique est vieille comme le monde. Mais depuis une vingtaine d'années, les techniques de fécondation in vitro et d'insémination artificielle rendent possible la gestation pour autrui, le fait de porter un enfant conçu en dehors de tout rapport charnel, avec les ovocytes d'une autre femme.
Interdite en France, la pratique est autorisée à l'étranger. Le couple Mennesson, dont les jumelles ont été portées par une Californienne en 2000, et n'ont toujours pas d'état civil en France, déplacent leur combat du terrain médiatique au terrain politique.
Leur appel pour la légalisation de la gestation pour autrui lancé fin mars a recueilli 300 signatures, dont de nombreuses personnalités (politiques, juristes, psychanalystes, médecins…).
Face à eux, le camp des « anti », constitué à la fois de catholiques, de féministes ou de médecins, se mobilise autour de la philosophe Sylviane Agacinski qui vient de publier un ouvrage très virulent, Corps en miettes (Flammarion).

Qui est concerné ?
Les couples ayant des problèmes de fertilité n'ont pas tous recours à la gestation pour autrui, loin de là. Il ne s'agit que de ceux dont la femme n'a pas d'utérus et dont c'est la seule solution (hormis l'adoption, dont on connait les difficulté) d'avoir un enfant. En tous cas dans les pays où la GPA est autorisée, car des pratiques sauvages se développent notamment en Inde où il est possible de se « faire faire un bébé » pour 10 000 euros.
La mère porteuse se fait implanter l'embryon du couple géniteur (les ovocytes de la mère naturelle, ou d'une donneuse anonyme si la mère n'en a pas, ayant été fécondées in vitro par le sperme du père) et ne fait alors que « prêter » son utérus le temps de la grossesse (ou louer dans le pire des cas).
En France chaque année, on estime que 30 000 couples ont recours à l'assistance médicale à la procréation, mais seulement une centaine auraient recours à la gestation par autrui. Les experts chiffrent couramment à un millier le nombre d'enfants en France nés de cette technique.

Que se passe-t-il à l'étranger ?
Si la majorité des pays n'a pas légiféré explicitement sur cette pratique, interdite en Allemagne, Espagne, Suisse, Finlande, Italie, ceux qui l'autorisent sont de plus en plus nombreux.
Ont explicitement légalisé la gestation pour autrui une partie des états américains, le Canada, la Nouvelle Zélande, le Brésil, l'Afrique du Sud, l'Inde, certains états australiens, Israël, l'Ukraine, l'Argentine, la Russie, l'Ukraine, la Géorgie…
Autour de nous, les Pays-Bas et la Belgique ne l'interdisent pas. L'Angleterre et la Grèce ont autorisé la gestation par autrui -pour mieux l'encadrer. 
Que dit la loi française ?
Depuis 1994, l'article 16-7 du code civil dispose que : « toute convention portant sur la procréation ou la gestation pour le compte d'autrui est nulle ». La mère porteuse est seule reconnue comme mère biologique. C'est ce qui est arrivé aux parents Mennesson, qui tentent depuis presque dix ans de faire reconnaître la filiation de leurs enfants, par la jurisprudence et par la loi.

Que dit le juge ?
L'odyssée judiciaire des parents Mennesson révèle le malaise qui traverse la société. Sylvie Mennesson raconte :
« Depuis notre retour des Etats-Unis, on a été traités comme des criminels. Poursuivis au pénal, on a gagné en première instance : en octobre 2007, la filiation de nos enfants a été reconnue.
Puis le parquet a fait appel, et la Cour de cassation a cassé cet appel en décembre. On retourne devant la cour d'appel pour rejuger sur le fond. La balle est désormais dans le camp du législateur. »
Les juges ont tantôt évoqué « l'intérêt supérieur des enfants » pour reconnaître leur filiation, tantôt le « trouble à l'ordre public international » que constituerait l'annulation de celle-ci. Au final, ils se sont refilé la patate chaude et risquent d'être pris de court par un changement de la loi.

Pourquoi le débat ressurgit maintenant ?
Les lois de bioéthique étant rendues caduques par l'évolution de la science, le Sénat a planché l'an dernier sur le sujet de la « maternité pour autrui ». Michèle André, sénatrice PS et rapporteuse du texte témoigne :
« La majorité des parlementaires de tous bords a estimé qu'il fallait légaliser la gestation pour autrui pour pouvoir l'encadrer et éviter les dérives. Les médecins et juges que nous avons interrogé disent au législateur de s'y mettre. »
Sur la base de ce rapport, Michèle André met le dernier coup de main à sa proposition de loi, et attend une niche pour la présenter. « Si on continue à interdire, les femmes continueront de voyager, je trouve ça très triste. D'autres pays européens ont eu le courage de se pencher sur la question », constate la sénatrice Michèle André.

Qu'en pensent les français ?
Si l'on en croit le sondage Ipsos réalisé pour Top Santé en janvier, 61% des Français sont favorables à l'autorisation des mères porteuses et 33% sont contre.
Quand la question les concerne directement, les sondées sont moins favorable : 55% ne se disent pas prêtes à recourir à une mère porteuse si elles ne pouvaient pas avoir d'enfant.
Et seulement 17% des femmes interrogées seraient prêtes à porter un enfant pour quelqu'un qu'elles ne connaissent pas (le chiffre monte à 39% s'il s'agit de « quelqu'un de très proche comme une sœur ou une amie »).

Que disent les autorités médicales ?
L'Agence de la biomédecine (créée en 2004) lancé des états généraux de la bioéthique qui s'achèveront fin juin avec la remise d'un rapport au président de la République. Chacun peut s'exprimer sur le site prévu à cet effet.
Quant à l'Académie nationale de médecine, consultée « au titre de sa mission médicale », elle a fait un rapport très prudent, estimant :
« Par la nature des problèmes qu'elle soulève, la gestation pour autrui interpelle avant tout la société et relève de la décision du législateur. »

Que disent les partisans de la légalisation ?
La secrétaire d'Etat à la Famille, Nadine Morano, détonne un peu dans son camp, et fait se dresser les cheveux sur la tête de Christine Boutin et la frange catholique de l'UMP. Franchement favorable à la légalisation depuis longtemps, Nadine Morano déclare qu'elle porterait un enfant pour sa fille.
Sur RTL la semaine dernière, elle a insisté sur sa préférence sur les « femmes porteuses » :
« La femme porte l'embryon d'un couple, et pour un couple ; elle ne donne en rien son capital génétique, elle ne fait que porter. La mère porteuse est la génitrice, la femme porteuse n'est que la gestatrice. »
Rue89 a interviewé trois des plus éminents signataires de l'appel e,n faveur de la législation en France de la gestation pour autrui, lancé par l'association Clara, et transcrit leurs arguments.
Elisabeth Roudinesco, historienne et psychanalyste : « Pas d'apocalypse »
« Il ne faut jamais avoir peur de changer les lois en fonction des changements intervenus dans la société et la science. La gestation pour autrui reste le prolongement de toutes les procréations médicalement assistées.
Depuis la fin du XIXe siècle, tout changement dans la famille fait paniquer la société : quand il y a eu le droit au divorce, l'égalité des droits devant les parents qui ont restreint l'autorité paternelle, puis l'IVG… on annonce toujours une apocalypse, qui n'a pas lieu !
L'apocalypse ce serait une humanité qui ne veut pas d'enfants. »
Serge Hefez, psychiatre psychanalyste : « Un don »
« Il faut resituer ce geste comme un don, le “don d'engendrement” (terme de la sociologue Irène Théry) qui crée des liens de solidarité. Donner quelque chose de soi que l'autre n'a pas, ce qui n'est pas répandu dans nos sociétés individualisées !
Rappelons que dans sociétés traditionnelles un enfant est moins l'objet de ses parents mais appartient à la société toute entière. Pour un enfant, savoir que l'amour de deux mères a été nécessaire pour sa naissance, c'est plutôt valorisant. »
François Olivennes, gynécologue obstétricien : « Indispensable »
« La légalisation des femmes porteuses est indispensable pour éviter les difficultés et le racket financier auxquels sont exposés les femmes qui relèvent de cette technique.
Il convient également, mais ce point doit être traité séparément, de régulariser le statut des enfants déjà conçus. La société française est a mon avis prête et la majorité des français y sont favorables. »
La psychanalyste Geneviève Delaisi de Parseval, dans une note rédigée pour la fondation Terra Nova, estime que :
« La gestation pour autrui offre une approche du lien parental moderne, tissé de la volonté de parents d'intention et de l'apport des forces procréatives de tierces personnes, le tout sur fond de projet parental, de volonté et de responsabilité éducative. »
Que disent les opposants ?
Dans son livre Corps en miettes, Sylviane Agacinski n'a pas de mots assez durs pour dénoncer ce qu'elle assimile à une « barbarie » qui fait de la femme un « outil vivant ».
Morceaux choisis :
« La mise à disposition de l'utérus féminin est une pièce indispensable au dispositif d'ensemble de la production d'enfants en laboratoire. »
La philosophe, épouse de Lionel Jospin, craint qu'une fois légalisée, cette pratique devienne « un nouveau métier, praticable à temps partiel en restant chez soi. Une aubaine pour les chômeuses, en somme. »
Elle craint un « cercle vicieux » engendré par la légalisation :
« D'un coté, l'offre de faire des bébés “autrement” rend la stérilité plus intolérable que jamais et fait exploser la “demande d'enfants”. De l'autre, cette demande pousse les médecins vers la fabrication et stimule un marché procréatif de plus en plus prospère.
Le terme de gestation permet d'occulter l'accouchement, moment de l'enfantement au sens strict, événement crucial pour l'enfant puisqu'il s'agit de sa naissance, moment dangereux pour la mère.
Ce seul usage du ventre est contraire à la dignité, même s'il n'est pas marchand, parce qu'il fait de l'existence même de l'être humain moyen au service d'autrui. »

Quels sont les points qui font le plus débat ?
La gestation pour autrui a des chances d'être légalisée cette année, mais uniquement pour les couples hétérosexuels dont la mère ne peut porter d'enfant et à condition qu'un des deux parents au moins soit le géniteur.
Mais de nombreuses questions plus ou moins délicates restent à trancher :
- Gestation ou maternité ? A priori, la loi devrait interdire à la mère porteuse de donner ses gènes, celle-ci ne fera que « prêter son utérus » le temps de la grossesse.
Mais la mère porteuse pourra-t-elle revendiquer malgré tout la maternité ? Le rapport du Sénat prévoit que la gestatrice puisse devenir la mère légale de l'enfant si elle le désire, et ce jusqu'à trois jours après l'accouchement. Quid dans ce cas des « parents intentionnels » ?
- Quelle rémunération ? Le fait de porter l'enfant d'autrui devrait être « dédommagé », mais comment sera fixé le tarif ? Peut-on évaluer « raisonnablement » ce que coûtent neuf mois de grossesse et un congé maternité, de prendre des risques pour sa santé en enfantant ?
- Contrôle ? Qui serait habilité à porter les enfants des autres et dans quel cadre ? Le Sénat prévoit que les mères porteuses aient déjà eu un enfant et ne puisse pas porter un enfant pour autrui plus d'une fois.
Couples demandeurs et mère porteuse pourrait être mis en relation par des associations agréées par l'agence de biomédecine. Auront-elles les moyens de s'assurer que tout se passe bien entre les uns et l'autre, et pour combien de temps ? On ignore aussi les conséquences psychologiques pour la mère porteuse, et pour l'enfant ainsi né.
Photo : « Ma femme enceinte » (davhor/Flickr)




















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De FabiendeMénilmontant
journaleux - blogueur | 11H13 | 18/04/2009 |
Au sujet de S Agacinski, il y a un son ici :
http://www.europe1.fr/Info/Actualite-France/Societe/Sylviane-Agacinski-denonce-le-marche-des-uterus/(gid)/217448
[recopier l'URL]
à FabiendeMénilmontant
De Mon-Al
roturière :-) | 11H21 | 18/04/2009 |
Bonjour Fabien
J'ai lu ton lien … Sylvianne Agacinski tient des propos que tenaient les féministes il y a 30 ans ( mon corps m'appartient, etc… et tu sais que je suis une d'entre elles ) mais là elle exagère : parler de mutilation ! Les mères porteuses qui le font en général, soit pour des raisons financières soit pour des raisons généreuses, sont volontaires ! Parler de mutilation ! ! ! Par contre, « “la réalité mondiale, c'est le marché des utérus”, il y a du vrai la dedans : c'est comme je le dis plus bas, devenu un business pour les femmes pauvres et seuls les gens aisés peuvent accéder à ce marché … Donc une loi encadrant tout celà est nécessaire …
à Mon-Al
De FabiendeMénilmontant
journaleux - blogueur | 13H24 | 18/04/2009 |
hello Mon-Al,
ce sujet est dans la rubrique « A débattre »
je n'ai fait qu'apporter un complément, après un fort rapide survol, voyant que l'on évoquait son bouquin sans la faire parler. après, chacun est libre d'écouter (ou pas) ses propos.
franchement, ce qu'elle dit, si tu savais ! comme dirait le Chi, ça m'en touche une sans…
bizzz
@ très plus ¡
à FabiendeMénilmontant
De Mon-Al
roturière :-) | 18H08 | 18/04/2009 |
: -))))) Qui c'est le Chi ? ? ? ? ? ?
Mais justement c'est ce qu'on fait : débattre … non ? ? ? ?
Bizzz
De Claire_Zoom
Citoyenne critique | 15H44 | 18/04/2009 |
Il y a en fait dans le monde 3 catégories de pays :
1) Ceux qui laissent faire sans réguler et sans éthique (Belgique et Inde par exemple). Il y a un risque pour certaines femmes soumises au stress financier et sans conseil indépendant à se faire exploiter par des intermédiaires peu scrupuleux. Ce risque vaut d'ailleurs pour les couples infertiles.
2) Les pays qui prohibent toute formes de gestation pour autrui, même altruiste (France, Allemagne, Italie par exemple…). Le risque d'arnaque ou d'exploitation est encore plus important car aucun recours n'est possible contre des personnes mal-intentionnées.
3) Les pays qui ont légalisé et encadré la pratique (Angleterre, Canada, USA, Grèce et bcp d'autres). Un cadre légal permet une évaluation psychologique des protagonistes et fait reposer la filiation de l'enfant sur les dispositions de la loi et non sur un rapport marchand. Dans ce contexte de consentement libre et éclairé, il est totalement faux et outrancier de parler d'exploitation ou d'esclavage. Par ailleurs, ce sont les mouvement féministes qui ont fait basculer la décision de la légalisation. Car chacun comprendra que si l'on pense qu'une femme a la capacité de décider d'avorter ou non, elle a alors également la capacité de décider ou non d'aider une autre femme en portant l'enfant d'autrui.
Ceci étant dit, je trouve lamentable de la part de S. Agacinski de toujours faire l'amalgame entre les pratiques des pays de la catégorie 1) et ceux de la catégorie 3). Car ce que propose l'Appel de l'association CLARA tout comme les Sénateurs est bien de passer en catégorie 3), et pas de retourner à un laisser faire n'importe quoi. Mais quand on veut tuer son chien, on dit qu'il a la rage…
à Claire_Zoom
De Network 23
identité perdue dans mes papiers | 16H07 | 18/04/2009 |
Le « consentement libre et éclairé », ça existe sur le papier. Dans le réel, il y a de l'argent, des rapports de pouvoir, des femmes qui ont besoin d'argent tout de suite, des illuminés, des fantasmes, etc.
Ca veut pas dire qu'il faut jeter le « consentement libre & éclairé » à la poubelle, mais faut pas non plus en faire l'alpha & l'omega de tout. Lorsque, mettons, une femme plie à tous les caprices de son mari, par intégration des règles patriarcales, ou qu'un courtisan devance les désirs de son maître, rien ne permet de dire qu'il n'y a pas « consentement libre & éclairé ». Mais tout laisse à présumer qu'il y a domination.
Le laboureur et l'artisan, pour asservis qu'ils soient,
en sont quittes en obéissant ; mais le tyran voit ceux qui l'entourent coquinant et mendiant sa faveur.
Il ne faut pas seulement qu'ils fassent ce qu'il ordonne, mais aussi qu'ils pensent ce qu'il veut et souvent même, pour le satisfaire, qu'ils préviennent ses propres désirs.
Ce n'est pas le tout de lui obéir, il faut encore lu complaire ; il faut qu'ils se rompent, se tourmentent, se tuent à traiter ses affaires, et puisqu'ils ne se plaisent qu'à son plaisir, qu'ils sacrifient leur goût au sien, qu'ils forcent leur tempérament et dépouillent leur naturel. Il faut qu'ils soient attentifs à ses paroles, à sa voix, à ses regards, à ses gestes :
que leurs yeux, leurs pieds, leurs mains soient continuellement occupés à épier ses volontés et à deviner ses pensées. »
http://www.forget-me.net/LaBoetie/servitude.pdf
à Network 23
De Claire_Zoom
Citoyenne critique | 16H16 | 18/04/2009 |
Est-ce que vous réalisez qu'en déniant le consentement libre et éclairé à la femme, vous ne faites que répêter l'idéologie pétainiste, anti-IVG et autres désastres ? Faire le bonheur des autres contre eux qu'ils disaient…
à Claire_Zoom
De Mon-Al
roturière :-) | 18H11 | 18/04/2009 |
Je partage tout à fait votre avis …
à Mon-Al
De Claire_Zoom
Citoyenne critique | 23H43 | 19/04/2009 |
Merci beaucoup ! Ca me touche ! Ce n'est pas la première fois que j'apprécie tes posts !
à Claire_Zoom
De Network 23
identité perdue dans mes papiers | 18H49 | 18/04/2009 |
Je ne dénie pas le consentement libre & éclairé à la femme, plus qu'à quiconque.
Si après vous considérez que contester une certaine conception maximaliste de ce consentement c'est faire le jeu de l'idéologie pétainiste, grand bien vous en fasse.
Je pourrai vous rétorquer que l'accepter, c'est faire le jeu du libertarianisme. Mais je doute que vous êtes libertarienne, donc j'éviterai de radicaliser le débat pour en faire une alternative pétainisme/libertarianisme, comme s'il n'y avait pas d'autres voies.
De Mon-Al
roturière :-) | 11H13 | 18/04/2009 |
►Une loi est nécessaire pour avant tout éviter les abus /
►Fixer les « dédommagements » pour éviter les « rackets ».
►Mise en rapport des couples « parents » et de la « mère porteuse » par des agences accréditées.
►Suivi psychologique de l'enfant qui doit être averti de sa naissance « hors-normes » le plus tôt possible … pour éviter des troubles qui pourraient advenir par la suite. Tout est acceptable pour un enfant à condition que tout lui soit expliqué simplement …
Le seul point positif de Sylvianne Agacinski est le fait que : « “ D'un coté, l'offre de faire des bébés ‘autrement’ rend la stérilité plus intolérable que jamais et fait exploser la ‘demande d'enfants’.. C'est vrai.
Mais sinon, une loi est indispensable car pour l'instant, seuls les couples qui en ont les moyens - ou qui s'endettent gravement - peuvent se permettre d'aller dans des pays plus ouverts … ou franchement générateurs de businesss (Ukraine, Moldavie, et autres pays défavorisés). Il vait mieux une loi pour mieux encadrer que pas de loi du tout.
à Mon-Al
De Network 23
identité perdue dans mes papiers | 14H29 | 18/04/2009 |
Bonjour Mon-Al,
je trouve frappant que la plupart des commentaires soient contre, et que l'article ait plutôt une tonalité « pour », et enfin que vous soyez pour.
Mais vous soulevez un argument de poids (outre le fait que vous prenez en compte ceux d'Agacinski, même si je pense que tous ces arguments sont légitimes) : une loi permettrait d'encadrer une pratique déjà existante, et permettrait d'éviter que ce processus se passe en Ukraine ou ailleurs.
Bref, elle permettrait une moindre exploitation, et on peut vous suivre, jusqu'à un certain point, là-dessus : n'est-ce pas préférable que la GPA se fasse en France, plutôt que de payer une femme indienne quelque centaines ou milliers de dollars ?
Mais c'est aussi courir le risque d'encourager ce procédé, en le rendant plus accessible (financièrement et en termes de distance, géographique et culturelle), et s'exposer à un véritable marché du corps en France.
Le débat reste ouvert ; -)
à Network 23
De Claire_Zoom
Citoyenne critique | 15H49 | 18/04/2009 |
« je trouve frappant que la plupart des commentaires soient contre, et que l'article ait plutôt une tonalité “ pour ”, et enfin que vous soyez pour. »
En effet, il est beaucoup plus simple de diaboliser les autres que d'essayer de les comprendre. Et la démagogie et la xénophobie sont plus des propos plus consensuels que le pragmatisme et l'analyse de fond.
En est preuve votre raisonnement, si vous supprimez votre hypothèse implicite que la GPA serait une pratique néfaste, tout le reste de votre propos s'écroule comme un chateau de cartes.
à Claire_Zoom
De Network 23
identité perdue dans mes papiers | 16H08 | 18/04/2009 |
D'une part je ne diabolise pas. D'autre part je n'ai pas d » « hypothèse implicite ». A vrai dire, je ne sais pas ce qu'il vaut mieux faire, j'essaie simplement de comprendre les enjeux du débat. Et je ne vois pas le rapport avec la démagogie ou la xénophobie.
à Network 23
De Claire_Zoom
Citoyenne critique | 16H20 | 18/04/2009 |
Je vous propose d'aller lire le rapport de l'association CLARA sur le site des états généraux de la bioéthique ou sur le site de cette association. Vous comprendrez peut-être mieux ce que je veux dire au travers de l'analyse qui est faite sur les débats que la question de la GPA a déclenché dans de nombreux pays… Qui ont quasiment tous légalisé ensuite !
à Claire_Zoom
De Network 23
identité perdue dans mes papiers | 18H52 | 18/04/2009 |
Vous me parlez du Document support de l'audition à l'assemblée nationale le 25 novembre 2008 ?
à Network 23
De Claire_Zoom
Citoyenne critique | 16H14 | 19/04/2009 |
Non, le rapport remis à l'Agence de BioMédecine dans le cadre des états généraux de la bioéthique :
http://claradoc.gpa.free.fr/doc/140.pdf
à Claire_Zoom
De Network 23
identité perdue dans mes papiers | 20H58 | 20/04/2009 |
Merci.
De steed1
prosateur à mi-temps | 11H17 | 18/04/2009 |
Encore un combat d'arrière garde ? Je vois que les cathos sont encore en première ligne. J'ai une amie qui l'a fait pour une cousine, pas pour du fric, juste par amour.
Quand bien même certaine le feraient pour du fric, où est le problème ? certaines l'assument totalement aux états unis et l'ont fait une fois, deux grand maximum. Je suis bien sur favorable à une reglementation pour ne pas qu'une femme devienne une « pondeuse » car franchement ce n'est pas un « métier » super lucratif non plus, ni super agréable. Mais il y a bien pire, non ? comme donner la possibiliter à une mamie de 70 piges d'enfanter à nouveau.
et puisça me fait doucement rigoler les féministes de première génération qui sont contre. Le vrai féminisme actuellement c'est de laisser aux femmes la plus complète liberté, pas de leurs donner des leçons de morale, elles n'en ont pas besoin.
voilà, je suis prèt pour le lynchage !
http://sentiers-battus.over-blog.com/
à steed1
De Network 23
identité perdue dans mes papiers | 13H37 | 18/04/2009 |
1° Les cathos ne sont pas forcément en première ligne. Attention à ne pas réduire ce débat à celui entre les « progressistes » et les « réacs » ! Beaucoup d'anti-libéraux sont contre, au nom du principe de non-marchandisation du corps - terme que l'article évite soigneusement, de même que les médias et ceux qui sont pour, parlant d » « indemnisation ». Agacinski n'est pas Christine Boutin.
2° Le faire pour le fric, où est le problème ? Le problème est que d'un processus central pour l'être humain, et la femme en particulier, la gestation et l'accouchement, qui a des conséquences définitives, et potentiellement fatales, on en fasse un contrat sur le marché de l'offre & de la demande.
3° Ce n'est pas non plus un combat entre les féministes de 1e génération et le « vrai féminisme », qui laisserait « aux femmes la plus complète liberté ». Les opposants à la GPA, notamment d'un point de vue anti-libéral & anti-marchandisation du corps, considèrent précisément que la liberté pour les femmes, c'est de n'être pas des usines à gestation où leur utérus est mis sur le marché.
Lynchage ? Non, pas de lynchage, je comprends tout à fait que vous puissiez être contre, et moi-même je considère qu'il s'agit d'un véritable problème, d'un dilemme.
Mais la première chose à faire, c'est d'abord d'approcher ce débat de façon honnête, sans caricaturer les véritables enjeux.
Or, si on peut considérer que le droit français doit plier au fait de la mondialisation, et qu'il faudrait dès lors encadrer ce marché plutôt que de le laisser dans l'illégalité, il ne faut pas oublier que si cela est interdit en France et dans d'autres pays européens, et légal dans les pays anglo-saxons, c'est parce que le système juridique de ces derniers admet tout à fait la possibilité de vendre son corps et les parties de son corps, etc.
Cette idéologie a un nom : c'est le libertarianisme (en bref, une sorte d » « anarchisme » capitaliste) où les individus sont « libres » de faire ce qu'ils veulent. Or je ne suis pas sûr que la femme indienne des ghettoes de Bombay qui portent un môme d'une Européenne pour 10 000 ou 2 000 ou 300 dollars soit vraiment libre de ce « contrat ».
à Network 23
De Claire_Zoom
Citoyenne critique | 16H06 | 18/04/2009 |
Vous êtes exactement la caricature que l'on peut apporter à un tel débat.
Vous trouvez une différence entre Boutin et Agacinski ? Heureux veinard ! Il faudrait que vous apportiez des arguments. Car passée l'outrance des propos, on trouve chez ses personnes une mauvaise fois et une méconnaissance totale de la pratique. Faut-il rappeler que ni Jésus Christ ni Marx ne connaissaient ce qu'allait devenir l'Assistance Médicale à la Procréation et ses enjeux ?
L'enjeu de la place de l'argent ? Tout simplement de ne pas interférer avec le consentement libre et éclairé, qui est la base de l'éthique.
La place du féminisme ? Lisez les propos d'E. Badinter et d'A. Fouques, signataires de l'appel à la légalisation de la GPA. La liberté, c'est le choix de décider par soi-même. La coercition, c'est de décider à la place des autres au nom d'une morale toute à fait subjective.
D'autre part, vous n'avez pas l'air de réaliser que la mondialisation, cela ne concerne pas seulement la libre circulations des marchandises, mais aussi celles des hommes et des idées. Le fait que vous placiez la GPA dans la catégorie des marchandises en dit long sur votre connaissance du sujet. Enfin, si vous voulez vous éclairer à la bougie (la lampe électrique est une invention US d'Edison) et refuser radio et télé (Marconi, le précurseur de ces techniques est Italien), qu'il vous en plaise, mais laissez les autres décider en âme et conscience !
Au fait, que pensez-vous de la mondialisation de l'intégrisme gràce à Benoît XVI ? Révisionnisme über alles, pas de capote mon cher, et toute autre religion abolie ?
Enfin, pour être pragmatique, la question qui est posée n'est pas de goberger le cas de la « pauvre » de Bombay (bravo pour l'ethnocentrisme dégoulinant) mais de débattre sur comment organiser la société française en matière de libertés reproductives et de responsabilités parentales.
à Claire_Zoom
De Network 23
identité perdue dans mes papiers | 16H10 | 18/04/2009 |
Merci Claire de me comparer à Benoît XVI, sans parler de l'ethnocentrisme dégoulinant. La violence de vos propos m'intrigue.
à Network 23
De Claire_Zoom
Citoyenne critique | 16H26 | 18/04/2009 |
Votre phrase qui dit que le droit français ne doit pas plier face à la mondialisation ne passe pas. C'est une antienne qui prétend que la France serait le pays le mieux disant en matière d'éthique. Les milliers de morts engendrés par le scandale du sang contaminé, les centaines de victimes de l'hormone de croissance, et enfin ces milliers d'enfants nés par GPA à l'étranger que l'on traite dans notre république comme des paria en leur refusant la reconaissance de leur filiation étrangère ET sociale, tout cela me semble inacceptable et me fait penser que la position française relève parfois du cache-sexe de la barbarie. Est-ce si difficile à comprendre ?
à Claire_Zoom
De Network 23
identité perdue dans mes papiers | 18H57 | 18/04/2009 |
Je n'ai pas dit que le droit français ne devrait pas plier face au fait de la mondialisation ; plutôt que celle-ci, en l'occurrence le fait, pour certaines femmes, qui en ont les moyens, de pouvoir aller à l'étranger trouver des mères porteuses, pose au droit le problème de savoir s'il faut, ou non, légaliser ce fait.
Or, cette question n'est pas simple : le droit ne doit pas nécessairement entériner le fait. Ca dépend des contextes. Je comprends tout à fait votre idée que l'interdiction de la GPA serait un « cache-sexe » (de la « barbarie », c'est peut-être aller un peu loin). Mais les cache-sexe ont parfois leur utilité (pour faire une - très - mauvaise comparaison, puisque le cas n'a absolument rien à voir, ce n'est pas parce que tous les Etats, ou presque, torturent, qu'il vaut mieux légaliser certaines formes de torture, afin de les réguler, plutôt que de s'en tenir à leur interdiction absolue, comme le préconise le droit international. Je sais, c'est une mauvaise comparaison, et je n'ai absolument pas l'intention de dire que ce raisonnement s'applique à la GPA).
à Network 23
De Claire_Zoom
Citoyenne critique | 15H52 | 19/04/2009 |
Je ne trouve pas abusif de parler de barbarie quand on falsifie un état civil étranger lors de sa transcription dans les registres français. Je me base sur la liste des crimes contre l'humanité qui incluent la falsification de l'identité et la séparation des familles. Quelque soit l'adjectif utilisé, reste que cette pratique est fondamentalement révoltante et indigne d'un pays qui prétend éclairer le monde en matière de démocratie.
à steed1
De Irfan
13H52 | 18/04/2009 |
Pour ma part, je suis plutôt d'accord avec vous. Même si un enfant porté par quelqu'un d'inconnu, parfois très éloigné spatialement, contre de l'argent, me semble être quelque chose de néfaste pour l'enfant et pour « l'accoucheuse », je doute que ce serait la totalité des cas, ni même la majorité.
Et que l'on puisse avoir des enfants à 70 ans me semble beaucoup plus néfaste ! Déjà, des amis qui, à 20 ans, ont des parents de 65 ou 70 ans, cela me semble toujours bizarre, et je crois qu'ils le vivent relativement mal, mais avoir une mère ou bien morte de vieillesse ou bien impotente quand on se construit de façon complexe entre 10 et 25 ans, ce n'est vraiment pas un cadeau.
En regard, apprendre que l'on a été « porté » pendant 9 mois par une étrangère ne me semble pas vraiment traumatisant.
à steed1
De Béatrice1
| 17H01 | 18/04/2009 |
« J'ai une amie qui l'a fait pour une cousine, pas pour du fric, juste par amour. »
Est-elle la mère biologique, ou bien a-t-elle subi l'implantation d'un oeuf de sa cousine déjà fécondé par le mari ou compagnon de celle-ci ? Ce sont deux cas bien différents.
Vous avez un avis drôlement tranché, et vous voyez les cathos partout. Moi qui suis une vieille féministe, qui me suis battue pour le droit à l'avortement et à ce que mon corps m'appartienne, je dois dire que je suis extrêmement partagée, car la « location de ventre » me fait vraiment frêmir. Et personne ne me fera croire que la GPA « par amour » sera la règle : en réalité, des couples riches vont louer des utérus de femmes pauvres. C'est déjà en bonne partie ce qui se passe pour l'adoption…
C'est comme la prositution (= la vente de son corps par une femme) : combien de « volontaires », combien de femmes forcées soit par les circonstances soit par un salaud ?
Il y a un endroit où on résiste encore, c'est la vente d'organe : tout le monde est d'accord pour considérer que c'est une ligne rouge. En fait, au risque de vous choquer, je ne vois pas fondamentalement la différence avec la GPA.
Qu'il y ait pire dans le monde, c'est possible, mais ce n'est vraiment pas un argument.
à Béatrice1
De Irfan
18H19 | 18/04/2009 |
« Il y a un endroit où on résiste encore, c'est la vente d'organe : tout le monde est d'accord pour considérer que c'est une ligne rouge. En fait, au risque de vous choquer, je ne vois pas fondamentalement la différence avec la GPA. »
Donc vous êtes aussi pour l'interdiction du don d'organe ? Même entre personnes de la même famille ?
à Irfan
De Network 23
identité perdue dans mes papiers | 18H59 | 18/04/2009 |
Vous ne faites pas la différence entre le don & la vente d'organes ? La législation, aussi bien française qu'américaine, la fait clairement.
Ne faites pas dire aux autres ce qu'ils n'ont jamais dit.
à Network 23
De Irfan
22H19 | 18/04/2009 |
Je crois que vous n'avez pas compris mon point : je voulais montrer qu'il était absurde et néfaste de ne pas faire la différence, justement, entre le don et la vente d'une sorte de « service de gestation ».
Ca m'apprendra à avoir essayé de faire court et simple tiens.