TRIBUNE

Sarkozy, Berlusconi : que faire face aux néo-droitiers ?

On a beau savoir que tous les chemins mènent à Rome, il est des moments où l'on est peu pressé d'y arriver. Nicolas Sarkozy semble mener en France la même stratégie que Silvio Berlusconi en Italie. Les dissemblances existent : Nicolas Sarkozy est un politicien professionnel, Silvio Berlusconi est un homme d'affaires jadis proche du PSI de Craxi.

Les ressemblances aussi : Nicolas Sarkozy a aspiré l'électorat du FN, Berlusconi a totalement digéré l'appareil du MSI, le parti néo-fasciste italien…

En vérité, la question principale face aux phénomènes néo-droitiers que représentent Sarkozy, ou Berlusconi, c'est celle de la réplique à organiser à gauche : quelle analyse de la société ? Quelle stratégie pour les forces de progrès ?

Les récents événements du Port du Rhin à Strasbourg, où la police se fit si discrète, démontrent que l'on souhaiterait cantonner la contestation du régime aux sphères extrémistes des pseudo « autonomes ». Le piège est grossier, mais il peut fonctionner.

Le régime s'adjoint les services d'anciens socialistes, de personnalités « d'ouverture », à l'apparence de bons samaritains comme Monsieur Hirsch ou des pros de la « tchatche » comme Madame Amara. La majorité internalise les débats économiques et sociaux - « pour ou contre les stock-options », « pour ou contre le bouclier fiscal », « pour ou contre l'adoption par des couples gays » « pour ou contre la discrimination positive » - et vous incite à choisir votre membre du gouvernement préféré : Madame Boutin ou Madame Morano, Monsieur Sabeg ou Madame Amara, etc.

Il parviendra sans doute à trouver dans quelque journal jadis satirique un supplétif capable de mettre hors d'état de nuire les Didier Porte et autre Stéphane Guillon… Berlusconisation et sarkozysation se ressemblent. Leur secret espoir est la constitution à gauche d'un « Parti démocrate » « à l'américaine » voué au dessèchement et leur permettant d'asseoir pour quelques décennies leur hégémonie d'un côté comme de l'autre des Alpes…

Bâtir un projet véritablement républicain et socialiste

Les résultats de Sardaigne ont permis de prendre conscience du danger : le Parti de Walter Veltroni y fut défait dans des proportions inouïes dans cette province italienne.

La gauche a deux solutions. Elle peut former une coalition de « centre-gauche », calquée sur le modèle Veltroni, soucieuse de ne « pas s'opposer systématiquement », hostile à « l'anti-sarkozysme pavlovien » et de facto otage d'une extrême gauche et d'une ultra-gauche démagogiques et coupées des réalités.

Cette stratégie-là romprait avec l'idée socialiste, se méfierait inévitablement de l'idée républicaine, mêlerait bons sentiments et atlantisme raisonnable, libéralisme économique et discrimination positive. Elle ne permettrait pas de reconquérir les classes populaires mais serait probablement incarnée, entre autres, par Messieurs Bayrou ou Cohn-Bendit…

Ce serait une opposition par défaut, un gouvernement du moindre mal. A rebours de cette stratégie-là, il y aurait tout simplement celle qui consisterait à s'adresser prioritairement aux classes populaires et à bâtir un projet véritablement républicain et socialiste, de gauche, visant à transformer la société dans un sens égalitaire.

Elle viserait moins à critiquer le style déplorable du Président Sarkozy qu'à établir un système social plus égalitaire, à lutter contre l'obsession de la rentabilité financière de court terme, à établir sur le plan international un autre système économique… Cette stratégie résoudrait la question de l'extrême gauche et permettrait d'unifier toutes les familles de gauche.

Penser la société pour créer une alliance capable de battre la droite, voilà l'urgence. La gauche a deux attitudes possibles : soit elle ne choisit pas et se contente de suppléer la droitisation de la société continuant à fantasmer sur les solutions dites « démocrates », soit elle renoue avec ce qui fait l'essence du socialisme : l'analyse et la critique pour établir un projet véritablement républicain et socialiste.

Du choix ou du non-choix dont nous serons collectivement responsable dépend l'avenir de la société française. Peut-être est-ce même Eric Besson qui fut le premier à résumer ce risque en s'exclamant à Dijon pour l'entre deux tours de 2007 : « Forza Nicolas »…

110 commentaires (Pour réagir, connectez-vous)

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Portrait de karlM

De karlM

14H45 | 14/04/2009 | Permalien

« Penser la société pour créer une alliance capable de battre la droite »….C'est déjà fait dans les régions, les grandes villes et vous en faites quoi ?

Avec des valls, charasse et cie, avec votre obéissance aux lois sarkozienne, vous êtes du côté des élites frileuses qui bloquent nos sociétés pour leurs profit.
Vous n'avez pas vu l'urgence sociale et environnementale qui impose de changer de modèle de développement.

Portrait de palmer

De palmer

passant | 14H51 | 14/04/2009 | Permalien

« néo » ?
Pourquoi « néo » ?
Qu'a-t-elle de « nouveau » cette droite ?

Ce qu'elle a de nouveau c'est sans doute qu'il s'agit du nouvel habillage sémantique de l'extrême droite qu'on ne peut nommer en ces termes politiquement incorrects. Une extrême droite souriante (sur les photos de presse) et policée, résolument moderne et aseptisée, enfin décomplexée car tout à fait conquérante et seule à décider de tout puisque durablement aux commandes de dictatures parfaitement huilées.

Néo-fascistes et néo-pétainistes s'y trouvent d'ailleurs assez confortablement installés.

Portrait de mamane

à palmer Portrait de palmer De mamane

Ingénieur | 15H04 | 14/04/2009 | Permalien

totalement d'accord !

et je dirai meme plus.

Un racisme qui vient d'en haut :
http://lmsi.net/spip.php ? article94

Soutien du président Sarkozy à l'OAS :
http://www.indigenes-republique.fr/article.php3 ? id_article=515

Portrait de FabiendeMénilmontant

à mamane Portrait de mamane De FabiendeMénilmontant

journaleux - blogueur | 21H15 | 14/04/2009 | Permalien

Depuis ce rassemblement parisien du 26 mars 2008 :
http://menilmontant.numeriblog.fr/mon_weblog/2008/03/hommage-aux-man.htm…
il y en a eu un autre en 2009, avec une prise de position de certains élus parisiens. Et une messe à Saint-Nicolas du Chardonnet :
http://www.nationspresse.info/ ? p=33896

L'appel à la commémo était là :
http://clan-r.org/portail/Commemoration-du-26-mars-sous-l
…et le compte-rendu officiel ici :
http://www.clan-r.org/portail/26-mars-sous-l-arc-de-triomphe-a

Les démissions au Haut-conseil ne sont que foutaises d'extrémistes pas assez extrêmes…

Portrait de pablico

à palmer Portrait de palmer De pablico

16H35 | 14/04/2009 | Permalien

qui pensait que le libéralisme était mort ? ?
qui pensait que l'on entrait dans une nouvelle société ?
qui pensait que la crise allait assainir les choses ?

cette crise affirme le libéralisme, on le voit tous les jours avec le soit disant assainissement économique de l'industrie, et ses fermetures d'industries bien de chez nous….et de ses sacrifiés sur l'hôtel du profit que l'on appelle les « chômeurs ».

Mais pour eux pas de résurrection dans les 3 jours…pour ces crucifiés économiques.
contrairement à la légende, ils vont faire plus de 12 stations dans les agences de l'anpe, mais après le sacrifice…

Portrait de Cinsault

à palmer Portrait de palmer De Cinsault

Graine de rosé | 16H50 | 14/04/2009 | Permalien

Cette droite, populiste dans le discours, au profit des rentiers dans les actes, n'a effectivement rien de nouveau.
« Paléo-droite » correspondrait mieux à l'exercice du pouvoir par sarkozy ou berlusconi.

Portrait de Bardamu

De Bardamu

difficile | 14H51 | 14/04/2009 | Permalien

Désarroi intéressant.

j'en retiens ce passage : « bâtir un projet véritablement républicain et socialiste, de gauche, visant à transformer la société dans un sens égalitaire.

Elle viserait moins à critiquer le style déplorable du Président Sarkozy qu'à établir un système social plus égalitaire […] »

C'est cela la différence entre la gauche et la droite, une quesiton de priorité, de hiérarchie entre deux valeurs fondamentales : la liberté ou l'égalité.

Si je préfère la liberté à l'égalité, je suis de droite, si je préfère l'égalité à la liberté, je suis de gauche.

On n'en sort pas.

Le problème pour la gauche, c'est que c'est la tendance à la liberté qui finit toujours par l'emporter, contre toutes les tendances égalitaires. Il faudrait essayer de penser ça pour regonfler un peu cette « idée socialiste » assez introuvable dont parle le texte… Sinon, words, words, words…

Portrait de Utilisateur désinscrit à sa demande

à Bardamu Portrait de Bardamu De Utilisateur désinscrit à sa demande

nc | 16H25 | 14/04/2009 | Permalien

Tiens, ça sent le ver de vase, soudain…

Portrait de marc44

à Bardamu Portrait de Bardamu De marc44

16H28 | 14/04/2009 | Permalien

Les réponses à tout cela sont dans le livre de Jacques Généreux « Le socialiste néomoderne », et sous l'angle historique, dans le livre de Vincent Peillon « La révolution française…. ». Il y est montré en grand détail et de manière très convaincante en quoi égalité et liberté sont des valeurs qui ne vont pas dans des sens opposés, bien au contraire.

Les gens qui s'interrogent ne trouveront généralement pas leurs réponses dans les journaux, mais s'ils veulent bien lire des livres….

Portrait de Bardamu

à marc44 Portrait de marc44 De Bardamu

difficile | 18H25 | 14/04/2009 | Permalien

C'est une plaisanterie.

Les livres de Généreux et Peillon sont certes des tentatives intéressantes pour revivifier le socialisme, mais à aucun moment ils ne réussissent à dépasser la tension - constitutive du clivage droite-gauche - entre liberté et égalité.

Merci de me conseiller de lire des livres.

Je n'y avais jamais pensé.

Portrait de leo s

à Bardamu Portrait de Bardamu De leo s

noyaudecondensationdanslanébuleused... | 19H33 | 14/04/2009 | Permalien

Ballot celui qui ne sait que
liberté et égalité vont ensemble.

Parle-en dans ton bar Damu.

Portrait de Bardamu

à leo s Portrait de leo s De Bardamu

difficile | 20H51 | 14/04/2009 | Permalien

Eh non, les « tarentules de l'égalitarisme » comme disait Nietzsche seront toujours des ennemies de la liberté.

Je sais, c'est dur à admettre.

Portrait de leo s

à Bardamu Portrait de Bardamu De leo s

noyaudecondensationdanslanébuleused... | 22H51 | 14/04/2009 | Permalien

Confondre égalitarisme et égalité, est signe , pour le moins de triste imbécillité.

Portrait de Gotch

à Bardamu Portrait de Bardamu De Gotch

ancien ouvrier de la banque | 04H10 | 15/04/2009 | Permalien

L'égalité est le fondement sur lequel peuvent se développer les libertés. Mais si les deux notions sont inséparables, l'égalité est la plus importante.

Elle est la base de l'Ubuntu, elle était le ciment des soviets de Bakounine, qui furent écrasés par Lénine.

Portrait de SuperAlAmAs

à Bardamu Portrait de Bardamu De SuperAlAmAs

homo sapiens sapiens qui sait qu'il... | 17H10 | 15/04/2009 | Permalien

La liberté de l'homme blanc faut il préciser, car au final ces conversations qui pourtant ont un sens « mondial » , reste très franco-française dans une France qui est déjà un état européen, donc, on est loin de parler tous au même niveau de débat, quand on imagine que certains politichiens pensent que la politique est parisienne, y'a pas d'quoi rire, et nous reste plus qu'à parier que ce dialogue de sourd dans un language de muet basé sur des observations d'aveugles ne s'engluera pas dans un nationalisme obsolète, avec ses vieilles odeurs de Vichy…
Quand à Nietzsche, un des « éloquents » ( peut être ) mais fou docil au service des élites fervantes de raison et d'eugénisme ; les moeurs évoluent et les mythes s'enterrent, cela n'est plus une source fiable, tel la clique à Darwin et à Galton chez qui on peut deviner aisément une culture plus totalitaire que libérale ! Si vous avez voulu dire que N* était un libérale ou un libertaire, ou un défenseur des ou de La liberté, c'est dur à admettre mais votre interpretation de N* ( comme Naboléon ) sent les camps et le gaz…

Portrait de Au sud de nul part

à SuperAlAmAs Portrait de SuperAlAmAs De Au sud de nul part

Situation | 13H30 | 16/04/2009 | Permalien

N'importe quoi…

Portrait de Saheyus

à Bardamu Portrait de Bardamu De Saheyus

Rêveur invétéré | 10H05 | 15/04/2009 | Permalien

Alors la droite serait la liberté et la gauche l'égalité ? Essayons donc d'imaginer ce que serait une société totalement de droite, c'est à dire totalement libre et sans aucune égalité.

Dans cette société, logiquement, certains auraient tous le pouvoir et les autres aucun (cela rappelle-t-il quelque chose à certains ? ). Donc, ceux qui n'ont aucun pouvoir auraient la liberté de faire tout ce qu'ils veulent : c'est à dire rien. A quoi bon la liberté quand on ne peut décider de rien, pas même de sa propre vie, de son propre mode de pensée ? Car ceux qui ont tout le pouvoir, de leur côté, auraient aussi la liberté de faire tout ce qu'ils veulent : c'est à dire tout. Y compris diffuser leurs idées de 1H du matin à minuit, se prétendre représentants du peuple, ou affirmer que parce qu'ils ont lancé une entreprise, ils peuvent jouer avec comme bon leur semble.
Conclusion : La liberté est directement conditionnée par l'égalité. Et certains sont plus égaux que d'autres.

Imaginons à côté une société terrible, affreuse, sans pitié, où tout le monde serait (dieu quelle horreur ! ) égaux. Que ne pourrait-on pas faire ?
On n'aurait pas le droit de rabaisser les autres, sans quoi on ne serait plus égaux, on n'aurait pas non plus le droit d'amasser des milliards, de tricher avec la justice, d'avoir des parents qui nous transmettent tout (argent, éducation, relations…), on ne pourrait pas davantage se déclarer chef, leader, président, toujours pour la même raison : on ne serait plus égaux. Terrible destin pour l'humanité, en effet.
J'admets volontiers que les milliardaires ne pourraient plus acheter de yachts. Plus personne ne le pourrait en fait ; aucun particulier, en tout cas. On n'aurait plus grande utilité des voitures de luxe à plusieurs centaines de milliers d'euros, car si tout le monde était égaux il faudrait économiser 10 ans pour s'en acheter une ; hors il est bien connu que ces bestioles, ça se collectionne. Bref, tout le monde aurait un misérable salaire moyen de 2500 euros net par mois (calcul parfaitement raisonnable basé sur le PIB, en prenant en compte tous les systèmes de la sécurité social, et l'entretien de toutes les infrastructures). Salaire avec lequel on ne peut strictement rien faire : aucune résidence secondaire sur les plages protégées, aucune compte bancaire en Suisse, aucun hôtel privé, aucun guiness book des plus grandes fortunes, aucune collection de squelettes de dinosaures ou de Picasso (encore que c'est démodé, paraît-il), on ne pourrait même plus posséder sa propre multinationale.

En un mot comme en 100, dans cette société tyrannique, les riches ne pourraient plus se demander quoi faire de leur argent. Parce que ceux qui prétendent que la droite c'est la liberté ne comprennent pas que l'égalité, c'est donner les mêmes possibilités à tout le monde (sans quoi on ne serait, de fait, plus égaux).
Hors, si on donne les mêmes possibilités à tout le monde, les 20% de notre société qui possèdent 63,9% du patrimoine ne pourraient plus faire tout ce qu'ils font actuellement. Cela je l'admets. Simplement, si on poursuit le raisonnement, il apparaît comme probable que les 80% restant de la population auront, eux, de plus larges possibilités.

Dernier mot à tous ceux qui s'imaginent que la droite, c'est la liberté : qui est traditionnellement opposé à l'avortement, au divorce, qui prône la répression comme seul moyen de sauver l'humanité dépravée, qui s'oppose à l'immigration, c'est à dire à la liberté de vivre où l'on veut ? La gauche, ou la droite ?

Portrait de Bardamu

à Saheyus Portrait de Saheyus De Bardamu

difficile | 12H31 | 15/04/2009 | Permalien

Vous m'avez mal lu, j'ai écrit, pardon de me citer : « C'est cela la différence entre la gauche et la droite, une quesiton de priorité, de hiérarchie entre deux valeurs fondamentales : la liberté ou l'égalité. »

Il est évident que liberté et égalité sont deux valeurs fondamentales, et qu'il n'est pas question d'en abandonner complètement une au profit de l'autre mais de les hiérarchiser.

Quant aux ravages de l'égalitarisme, « tyrannie de la majorité », stérilisation de l'initiative individuelle, répression de tous les « déviants », décapitation de tout individu qui dépasse la taille moyenne, le sanglant échec du communisme est là pour nous les rappeler.

Sinon, effectivement, vous avez raison de le rappeler, l'idée d'une immigration absolument sans contrôle est une idée ultralibérale.

Portrait de leo s

à Bardamu Portrait de Bardamu De leo s

noyaudecondensationdanslanébuleused... | 13H33 | 15/04/2009 | Permalien

http://multitudes.samizdat.net/Sur-Le-maitre-ignorant

tu as là cher Damu
un article de fond
de Rancière
qui va te permettre de différencier les concepts
et d'avancer ainsi sur le chemin de la sagesse.

Portrait de Bardamu

à leo s Portrait de leo s De Bardamu

difficile | 14H44 | 15/04/2009 | Permalien

Rancière a surtout en vue de penser l'égalité et l'inégalité dans le cadre de la relation maître-élève.

Mais c'est amusant, parce que justement, on peut lire cet article très intéressant comme une critique féroce de l'« égalitarisme », en tant qu'« institutionalisation » de l'égalité !

Rancière conclut superbement : « L'égalité est fondamentale et absente, elle est actuelle et intempestive , toujours remise à l'initiative des individus et des groupes qui , contre le cours ordinaire des choses, prennent le risque de la vérifier , d'inventer les formes , individuelles ou collectives , de sa vérification . “

‘L'initiative des individus’…

Quelle meilleure façon de dire que l'idée d'égalité se fonde en dernier ressort sur… la liberté des individus ! Remise ainsi au premier plan, comme de juste.

Et certainement pas sur un système.

Portrait de leo s

à Bardamu Portrait de Bardamu De leo s

noyaudecondensationdanslanébuleused... | 21H33 | 15/04/2009 | Permalien

« Quelle meilleure façon de dire que l'idée d'égalité se fonde en dernier ressort sur… la liberté des individus ! »

Ben tu vois que tu finis par comprendre.

Mais comme en poésie
(Rancière est aussi l'auteur de « La politique des poètes ou pourquoi des poètes en temps de désespoir »)
il faut relire plusieur fois le texte pour en tirer la substantifique moelle.

allez courage, ça peut le faire.

Portrait de leo s

à Bardamu Portrait de Bardamu De leo s

noyaudecondensationdanslanébuleused... | 21H37 | 15/04/2009 | Permalien

« Si je préfère la liberté à l'égalité, je suis de droite, si je préfère l'égalité à la liberté, je suis de gauche. »
disais-tu le 14 à 15h51

et le 15 à 15h54
tu en es à
« l'idée d'égalité se fonde en dernier ressort sur… la liberté des individus ! »

la maïeutique est une belle invention n'est ce pas Damu ?

Portrait de Saheyus

à Bardamu Portrait de Bardamu De Saheyus

Rêveur invétéré | 14H27 | 15/04/2009 | Permalien

Je pense au contraire vous avoir fort bien compris. D'où ma conclusion qui est la suite : la liberté découle directement de l'égalité. C'est une conclusion inévitable dès lors que l'on sait que dans notre société, certains ont tous les droits.
Et je vous défie de trouver une seule mesure pouvant améliorer les libertés dans notre pays qui ne soit pas liée à l'égalité, et qui ressemble un tant soit peu à quelque mesure de droite que ce soit.

De ce fait, il n'y a pas à faire de hiérarchie. Liberté et égalité sont imbriquées, que dis-je ! elles sont similaires. Vous voulez les hiérarchiser… c'est bien là là faille de votre raisonnement, et l'erreur fondamentale que commettent tous ces gens qui s'imaginent que les gens doivent nécessairement être « évalués », « classés », qu'il en qui sont « supérieurs » à d'autres. Et cette perversion va si loin que la frénésie de la hiérarchie et de l'élitisme prétend même classer les valeurs.
Il n'existe pas de hiérarchie naturelle des choses et des êtres. C'est une évidence difficilement admissible pour ceux dont tous les efforts tendent à prouver qu'ils méritent la place et les pouvoirs qu'ils ont usurpés.

Tyrannie de la majorité ? La belle expression que voila. Qu'elle est effrayante, cette tyrannie de la majorité, quand on sait que le monde humain (à de très rares exceptions près) vit depuis toujours dans la tyrannie de la minorité. Vous croyez vraiment que cette « tyrannie de la majorité » s'est jamais exercée ? Pendant les élections, 51% peut l'emporter sur 49%, il est vrai, mais c'est sans compter sur plusieurs éléments essentiels :
- L'abstention a remporté toutes les dernières élections, en terme des voix
- Le principe même de l'élection est biaisée, truquée, car la politique ne se définit pas par des personnes, mais par des idées. Par conséquent, on ne devrait jamais élire que des idées, et jamais des personnes (ou, pire encore peut-être, des groupes)
- Les options données sont impropre à l'expression de sa volonté ; oui et non ne constituent pas un choix, la pensée humaine s'exprime 90% du temps en « Oui mais… », si, peut-être, dans les circonstances suivantes…
- Les choix qui sont donnés ne correspondent à aucune réalité, car ils découlent d'un système de castes

Vous pensez que la majorité a imposé sa tyrannie en URSS ? C'est faire un affront à l'Histoire que de penser cela ! Les apparatchiks Russes, vous connaissez probablement ? Déjà, un péché originel a été commis lorsque Lénine, s'imaginant leader de la Révolution (alors que le communisme, de par sa nature même, ne peut accepter aucun leader), a décidé d'ignorer les premières élections et de s'imposer. Par la suite, et plus encore sous Staline, le pouvoir a été personnalisé de façon extrême. Le sovietisme est fascisme fort banal, il n'a rien à voir avec le communisme. Si vous voulez discuter de sociétés s'approchant du communisme, discutons plutôt de la commune de Paris, des Adamites, de certaines tribus qui ne prennent aucune décision tant que tout le monde n'est pas d'accord.
Là sont les véritables ébauches du communisme. Et toutes ont connu une fin sanglante, cela est vrai. Mais je vous laisse deviner à cause de qui.

« répression de tous les “ déviants ” »

De tous les déviants à quoi ? Le communisme n'est pas croyant, il n'a pas de bible qui dicterait que l'hétérosexualité est et doit être la normalité, il n'a pas d'Eglise qui proclamerait que sa foi est la vraie foi. Le communisme, c'est la mort des vieux systèmes : l'Etat, l'Argent, l'Eglise, l'Armée. Ce sont ces systèmes qui dictent la normalité.
Au-dehors de cela, il n'est que deux évidences. Les différences naturelles sont… naturelles. Pourquoi lutterait-on contre elles ? Ce sont ces vieux systèmes que j'ai évoqués qui veulent dévier, étendre ou réduire au silence ces différences, selon leur bon plaisir. Ainsi l'Etat déclare que certains, prétendument plus intelligents que les autres, méritent d'avoir mille fois plus de pouvoir que les pauvres idiots. Mais la nature n'a jamais fait un humain mille fois plus intelligent qu'un autre. Ainsi l'Argent déclare que la fortune se transmet. Mais jamais la nature n'a fait d'un enfant la copie exacte de son père. Ainsi l'Eglise prétend que telle ou telle pratique sexuelle est anormale. Mais la nature en fait parfois un composant classique de l'existence. Enfin l'Armée présente un bon exemple de suppression des individualités avec ses fichus uniformes. Mais il n'y a pas deux animaux qui aient exactement le même pelage.

Ainsi va la folie humaine.
Quant à votre remarque sur l'immigration, je ne sais trop comment la prendre, elle me laisse perplexe. Tout ce que je sais de la migration, c'est que l'humanité n'a pas de frontières.

Portrait de Bardamu

à Saheyus Portrait de Saheyus De Bardamu

difficile | 15H00 | 15/04/2009 | Permalien

Ne fantasmez pas sur l'idée de « hiérarchie »… je voulais simplement dire que le souci de liberté, pour moi, passe avant celui d'égalité. Ce qui signe une attitude, une posture intellectuelle « de droite », pour simplifier.

Le libéralisme repose sur une idée très simple, souvent rappelée par Pierre Manent : les sociétés où les libertés individuelles sont les plus étendues sont les plus efficaces.

La « tyrannie de la majorité » est une expression de Tocqueville qui pointe très bien le risque qui guette toute démocratie : le triomphe de la démagogie.

Vous me parlez d'un communisme idéal qui n'a jamais existé. C'est trop facile. Si un fasciste vous disait qu'il existe un fascisme idéal qui a été dévoyé par Mussolini, que lui répondriez-vous ? Eh bien comme moi : quand je parle du fascisme, c'et du fascisme réel, quand je parle du communisme, c'est du communisme réel, qui, partout et toujours s'est traduit par des fleuves de sang et des monceaux de cadavres. Toujours au nom de l'intérêt commun. C'est par souci d'égalité que les khmers rouges tuaient les intellectuels qui avaient le tort de lire des livres ou de parler une langue étrangère.

Pour le reste, je vous le répète : l'égalitarisme est liberticide. De même que le libéralisme est inégalitaire.

On peut toujours ratiociner à l'infini en montrant qu'il n'y a pas de liberté sans égalité ou d'égalité sans liberté, certes.

Restent, à mon sens, deux postures fondamentales devant la vie.

Portrait de Saheyus

à Bardamu Portrait de Bardamu De Saheyus

Rêveur invétéré | 17H14 | 15/04/2009 | Permalien

« les sociétés où les libertés individuelles sont les plus étendues sont les plus efficaces. »

Mais rien ne prouve qu'elles sont les plus heureuses. Le taux de consommation d'antidépresseurs tend même à prouver l'inverse.

« La “ tyrannie de la majorité ” est une expression de Tocqueville qui pointe très bien le risque qui guette toute démocratie : le triomphe de la démagogie. »

Et tenter de faire un amalgame entre majorité et démagogie est une manœuvre de sophiste. La démagogie signifie « mener le peuple ». On en revient toujours au même problème, au fait que les « meneurs », les « leaders » ne devraient même pas exister. Par ailleurs, le démagogue n'est pas seulement quelqu'un qui guide le peuple (déjà une vanité en soit), c'est aussi quelqu'un qui le trompe.
La démagogie est donc bel et bien la tyrannie d'une minorité qui trompe la majorité.

« Vous me parlez d'un communisme idéal qui n'a jamais existé. »

La commune de Paris n'a jamais existé ? tiens donc ! et de même pour les adamites ou ces tribus dont je parle ? Je vous trouve bien méprisant, de dire que cela n'a « pas existé » sous je ne sais trop quels prétextes.
Et à votre fasciste, je ferais une réponse toute simple, compréhensible même pour quelqu'un doté d'un QI d'une huître : Mussolini n'a pas pu dénaturer la fascisme, puisqu'il l'a inventé. Le mot même de fascisme vient des faisceaux de combats, son unité paramilitaire. De plus, les fascistes se caractérisent par leur admiration de Mussolini et/ou d'Hitler. Les fascistes sont des idolâtres par nature, puisque l'idéologie du « duce » est essentiel à leur survie et à leur reproduction.

Le communisme, au contraire, existait bien avant Lénine. Il existait même avant Marx. Il a existé dans des communautés distantes de milliers de kilomètres, qui n'avaient même pas conscience de l'existence les unes des autres. Le communisme, c'est le partage, la solidarité, l'égalité, si vous préférez. C'est une notion vieille comme l'humanité, pas une quelconque idéologie politique.
Du concept de communisme découlent, mais c'est seulement un second mouvement, diverses idéologies. Communisme marxiste, communisme anarchiste, communisme écologiste… mais tous ont des points communs que l'on ne trouve nul part dans le prétendu « communisme » soviétique.
Et, de même que le communisme est la mère de bien des idées politiques (y compris la démocratie, bien mal appliquée dans nos pays), l'élitisme est son pendant, et a eu de nombreux enfants terribles.

« l'égalitarisme est liberticide »

C'est vrai, mais presque personne ne comprend le véritable sens de l'égalitarisme. Et personne ne comprend que l'égalitarisme est appliqué quotidiennement dans notre société libérale, et avec une ferveur extrême par les tenants de la droite. L'égalitarisme, c'est l'illusion de l'égalité par l'identité, c'est l'uniforme, c'est la Nation, c'est un système publique mitraillé de toutes parts à côté d'un système privé chouchouté. C'est quand un politicien dit « Nous sommes tous égaux devant la loi en France », et que ça nous fait bien marrer.
Considérer que personne ne mérite de gagner dix fois plus que quelqu'un d'autre, ça n'est pas de l'égalitarisme. Juste un retour aux réalités.

Portrait de Bardamu

à Saheyus Portrait de Saheyus De Bardamu

difficile | 20H47 | 15/04/2009 | Permalien

La démagogie consiste à dire au peuple ce qu'il a envie d'entendre et à se rallier toujours au point de vue majoritaire. c'est donc une forme de tyrannie de la majorité, je ne vois pas comment en sortir.

On peut très bien soutenir que Mussolini a dévoyé le fascisme, même s'il l'a créé.

Le général Bonaparte exaltait bien les valeurs de la République avant de devenir Napoléon !

Du reste, je n'ai pris cet exemple, caricatural, que pour vous montrer combien toujours se référer à un communisme totalement imaginaire que l'on dédouane des atrocités du communisme réel est un pur et simple sophisme de justification.

Si vous vous réclamez de la Commune de Paris, je vous conseille d'en étudier l'histoire, et vous verrez que les Communards n'ont pas été avares d'exactions sanglantes, et qu'en faire de paisibles idéalistes est assez ridicule.

Portrait de Saheyus

à Bardamu Portrait de Bardamu De Saheyus

Rêveur invétéré | 21H45 | 15/04/2009 | Permalien

 » On peut très bien soutenir que Mussolini a dévoyé le fascisme, même s'il l'a créé.

Le général Bonaparte exaltait bien les valeurs de la République avant de devenir Napoléon ! »


Et, donc, pour vous, l'inventeur de la République, c'est Napoléon ? Moi qui croyait que le concept remontait à Platon !
De surcroît, s'il est possible de dire que Napoléon, à une époque de sa vie, était quelqu'un de vaguement honorable, et a connu un certain revirement provoqué par son avidité de puissance, Mussolini a toujours été tel qu'on le connaît (exception faite de sa jeunesse, mais à l'époque il n'avait aucun pouvoir et ne se disait pas encore fasciste). Bref, le duce a été une enflure de sa prise de pouvoir à sa mort.

« La démagogie consiste à dire au peuple ce qu'il a envie d'entendre »

Vous, je ne sais pas, mais moi j'aimerai bien entendre parler d'abolition du capitalisme, de répartition des richesse, de sauvegarde des emplois, de juste emploi des recettes publiques, de maintien de la sécurité sociale, et j'en passe.
Et je ne crois pas être une exception. Si parler de ça, c'est être populiste, alors je le serais volontiers.

Concernant la Commune de Paris, j'ai beau cherché, je ne trouve pas de bilan satisfaisant concernant les morts causés par les communards avant la semaine sanglante. Si vous en avez, ça m'intéresse.
Quoi qu'il en soit, difficile d'être paisible quand on est assiégé. Il faut comparer ce qui est comparable.

Portrait de SuperAlAmAs

à Bardamu Portrait de Bardamu De SuperAlAmAs

homo sapiens sapiens qui sait qu'il... | 17H20 | 15/04/2009 | Permalien

Ouais et les autres, le centre, l'extrême droite et gauche se partagerait la fraternité pour résumer simplement ?

Cela n'est pas d'un manque d'effort du peuple si l'équilibre entre ces deux valeurs fondamentales s'est transformé en « opposition », ces des hommes rêvant de pouvoir qui ont séparé ces deux principes qui ne fonctionne qu'ensemble pour se les approprier et nous perdre à jamais dans la confusion politique pendant que les barons voleurs et les iniciés se servent de nous comme de la chaire à canon économique !
« le sanglant échec », pfff, tjrs le même refrain, on en est plus là, on connait les erreurs de ceux qui on dit porter le communisme sans respecter ses bases même, soit, maintenant, le sang versé : tout le monde en a sur les mains, alors ces réflexions moissies, quasi arbitraires ajrd'h, qui en gros commencent à sentir le renfermer, ne feront en aucun cas avancer un projet politique qui ressemble au peuple, dans le mesure ou il y a bcp de bonnes choses à prendre et à apprendre du communisme pour aller vers le bien commun !

Portrait de mamane

De mamane

Ingénieur | 14H59 | 14/04/2009 | Permalien

l'avenir de la gauche est à droite si je comprend votre conclusion.

Mais mon cher Mr, au cas où les rudiments de logique vous échappe, la gauche une fois à droite c'est la droite non ?

C'est typiquement le genre de texte et d'idées, surgelées et vendues en barquettes de prémachés façon père dodue, qui me font dire si l'UMP est la droite décompléxé (de quoi d'ailleurs ? il faut se rappeler que Miterrand a participé à la montée du FN pour nuire à la droite), le PS est la droite compléxé.

Avec ce genre d'idée et de « pensée », sous réserve que ce terme soit applicable, Sarkozy, berlusconi, etc… ont de beau jours devant eux

Portrait de mamane

De mamane

Ingénieur | 15H00 | 14/04/2009 | Permalien

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