Je suis français, résidant en Moldavie depuis des années sans aucune activité politique, mais observateur de la situation locale et intéressé par l'histoire de cet attachant pays. Autant ajouter que je fréquente des gens de toutes tendances politiques, sauf éventuellement les extrémistes de tout bord. Devant le tas d'inepties que j'ai pu lire dans la presse française, j'aimerais essayer de remettre les choses quelque peu en place.
Les troubles ont été d'une grande violence pendant 24 à 48 heures et ont entraîné la mise à sac du Parlement (fenêtres brisées, ordinateurs et mobilier jetés par les fenêtres, dossiers détruits et enfin début d'incendie). La police est intervenue un minimum et en étant manifestement sous équipée (chaussures de ville et boucliers de protection d'un autre âge).
Elle s'est contentée de cantonner la manifestation dans un petit quadrilatère du centre-ville. Ce qui m'a surpris est la faible étendue de la manifestation, qui n'a jamais débordé un quadrilatère de 100 mètres sur 400, le long de l'avenue principale et qui concernait quelques centaines de personnes.
Juste à côté, la circulation était normale et le reste de la ville vaquait à ses occupations. Toutes les universités fonctionnaient normalement et, au contraire de ce que j'ai pu lire dans certains journaux, Chisinau n'a jamais été coupée du reste du monde.
Internet et le téléphone ont toujours fonctionné (pour être franc j'ai eu une coupure de 20 minutes mais mon provider parle d'incident technique) et les sorties de la ville ont toujours été libres (d'après une douzaine de personnes qui voyagent beaucoup).
Enfin, il faut savoir que les manifestants étaient des jeunes de 18 à 25 ans, certains portant cagoule, ce qui laisse penser à une certaine préméditation.
Aucun leader de l'opposition n'est crédible
L'opposition avait appelé à manifester dès avant les élections pour protester contre les irrégularités du scrutin (irrégularités qui n'avaient pas pu avoir lieu car les élections ne s'étaient pas encore déroulées). La manifestation s'est déroulée au début dans le calme avec des drapeaux roumains déployés et quelques milliers de personnes présentes.
Le début des violences a entraîné la dispersion des manifestants pacifistes (mais tout de même un drapeau étranger comme signe de ralliement). Je ne sais pas s'il y a eu fraude, ce qui est sûr c'est que d'une part, les observateurs de l'OSCE ont déclaré qu'il n'y avait pas eu de fraudes notoires, d'autre part que personne, même l'opposition, ne doutait d'une victoire des communistes.
La raison principale est due au fait qu'aucun leader de l'opposition n'est crédible. Cette opposition d'aujourd'hui a été au pouvoir de 1992 (date de l'indépendance) à 2001 (première victoire communiste) avec comme conséquence l'effondrement économique de la Moldavie, la disparition de la monnaie (on payait avec des coupons) et une guerre pour n'avoir pas su gérer les problèmes des Russophones de Transnistrie.
Tout cela dans un climat mafieux de corruption. Depuis 2001 et sans prétendre que la corruption a disparu, on assiste au lent relèvement économique de la Moldavie (le PIB par habitant est passé de 440 euros en 2002 à 1 400 euros en 2009 soit un triplement en sept ans). Enfin les relations avec la Transnistrie se sont apaisées et on peut envisager, à terme, une réunification.
La population moldave (du moins les 35 ans et plus) sont parfaitement conscients de cela. Quant aux jeunes, ils sont victimes du rêve occidental, manipulés en ce sens par certains intérêts économiques avides de s'emparer du pouvoir.





















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De max008
francophone roumain | 12H55 | 14/04/2009 |
Monsieur Marcelin, n'en voyez pas une attaque « ad hominem », mais vu votre commentaire sur un fil précédent sur l'histoire de la Moldavie, vous devez vous intéresser davantage à son histoire.
N'étant pas sur place, je peux difficilement vous décrire ce qui s'est passé, mais, au moins, je peux tenter de savoir pourquoi.
Vous dites que l'appel de l'opposition à des manifestations, AVANT le scrutin, contre des irrégularités, n'a pas de sens, parce que le scrutin n'avait pas eu lieu.
Mais justement, le problème est ce qui s'est passé AVANT le scrutin, à savoir la préparation des listes électorale.
Je vous fait la traduction du début de l'article paru dans le grand quotidien national roumain « ZIUA » (LE JOUR) de ce mardi :
http://www.ziua.ro/display.php ? data=2009-04-14&id=251940
Principala metoda de fraudare a alegerilor de catre comunistii de la Chisinau a fost marirea artificiala a numarului de alegatori - fiind pusi pe liste morti si emigrati care au « votat » mai apoi cu comunistii. Listele de alegatori au totalizat 2.598.875 de persoane, in conditiile in care aceleasi liste numarau, in 2005, numai 2.270.668
cu drept de vot.
« La principale méthode de fraude des élections par les communistes de Chisinau a été l'augmentation artificielle du nombre des électeurs - étant inscrits sur les listes les morts et les émigrés qui ont “voté” ensuite avec les communistes. Les listes électorales ont totalisé 2.598.875 électeurs, en sachant que les mêmes listes denombraient, en 2005, seulement 2.270.668 inscrits. »
Paradoxal este faptul ca, in ultimul deceniu, Republica Moldova inregistreaza un spor demografic negativ, rata mortalitatii fiind mai mare decat cea a natalitatii. Astfel, in 2009 s-au prezentat la vot in Basarabia cu 326.207 (aproximativ 12%) de alegatori mai mult decat in anul 2005. Conform Biroului National de Statistica din Republica Moldova, tara ar fi locuita de 3,6 milioane de persoane. Incepand din 1992 nu a existat niciun fel de crestere a populatiei, astfel ca nu se explica aparitia din senin a mai mult de o treime de milion de alegatori.
« Paradoxalement est le fait que, dans le dernier decénie, la République Moldova enregistre un taux démographique négatif, le taux de mortalité dépassant le taux de natalité. Ainsi, en 2009 se sont présenté au vote en Bessarabie (Rép. Moldova) 326.207 (approx. 12%) d'électeurs en plus par rapport au 2005. Conformement au Bureau National de Statistique de La République Moldova, le pays serait habité par 3,6 millions d'habitants. Commençant avec 1992, il n'y a eu aucun accroissement de population, ainsi on n'explique pas l'apparition inattendue de plus d'un tiers de million d'électeurs. »
Il s'en suit la description d'autres méthodes (bourrage d'urnes, votes multiples en plusieurs bureaux, etc…
J''ajouterai que les correspondants de presse écrite et audiovisuelle sont expulsés (aujourd'hui même le correspondant de la TV nationale roumaine) et que l'ambassadeur de Roumanie à Chisinau et son adjoint on été déclaré » personae non grata ».
De Marcelin (auteur)
Retraité - Résident en Moldavie | 16H06 | 14/04/2009 |
Cher Monsieur'
je n'ai aucunement l'intention de polemiquer sur la regularite des elections pour la simple raison que j'ignore totalement ce qu'il en a ete. Par contre il semble que je n'ai pas ete assez clair : certains opposants protestaient contre le bourrage des urnes deux jours avant les elections …. je ne peux croire a des fraudeurs aussi stupides. En outre je repete que les observateurs internationaux les ont trouve dans l'ensemble correcte. Enfin un sondage realise une semaine avant les elections (par un institut europen) donnait 46% au PC et 30 aux 3 partis d'opposition.
Le fait que la population ne s'accroisse pas n'implique pas que le nombre d'electeurs diminue …. ce qui diminue c'est le nombre d'enfants le reste de la population vieillit et peut voter. Il faudrait un demographe etudiant la pyramide des ages.
Enfin les gens expulses (qui sont une realite) sont tous des journalistes roumains chauds partisans de la reunification …. on peut le comprendre. Aucun journaliste etranger autre que roumain n'a eu de probleme
De max008
francophone roumain | 17H50 | 14/04/2009 |
Je peux vous répondre que pour la Roumanie, y compris pour la partie de la Moldavie géographique et historique sous sa juridiction.
Pour la liberté de parole et de la presse, à mon grand étonnement, elle dépasse celle de la France actuellement (pour prendre un exemple, le vieux réflexe de jeter un regard circulaire et d'abaisser la voix quand on aborde « certains sujets » dans un lieu publique, a quasiment disparu en Roumanie mais je l'ai retrouvé en France).
Pour les biens de consommation il y a pléthore et le travail ne manque pas, surtout après le départ (définitif ou temporaire) de deux millions de roumains qui travaillent (la grande majorité) à l'ouest.
Le niveau de vie est bas, surtout à la campagne et parmi les retraités. Les nouveaux riches mettent davantage en évidence la pauvreté d'une couche de la population. Mais le niveau de vie s'améliore chaque année et les prestations sociales augmentent en qualité et quantité. Les gens se débrouillent avec une économie parallèle, non mafieuse, comme un deuxième job ou les produits alimentaires de provenance familiale.
87% des roumains sont propriétaires de leur maison ou appartement et seulement une partie ont des traites à payer pour, le crédit étant moins développé qu'en France, surtout comme mentalité.
Le problème est la corruption, présente au niveau politique national et surtout local, avec les imbrications économiques.
Les fortunes ont été ramassées surtout par ceux qui ont appartenu au système communiste et à la Securitate et qui se sont enrichis avec le démantèlement de l'économie étatique et des marchés avec l'Etat.
Les relations inter-ethniques sont assez bonnes, sauf entre les tziganes et tous les autres, dans les deux sens.