Polémique

Quand Benoît XVI écrivait bien dans une revue facho (2)

Textes à l'appui, Rue89 confirme que le cardinal Ratzinger a sciemment publié un article dans une revue d'extrême droite autrichienne.

Le cardinal Ratzinger au Vatican en 2005 (Reuters)

(De Vienne) Notre précédent article affirmant que Benoît XVI avait écrit dans une revue autrichienne d'extrême droite soutenant le négationnisme en 1998, alors qu'il était encore cardinal, a suscité une belle polémique. Certains lecteurs ont mis en cause nos informations et nous ont accusés de nous « acharner sur le pape ». Voici donc nos réponses aux principales interrogations des riverains.

Benoît XVI a-t-il bien « écrit » dans Die Aula ?

La première polémique a porté sur le titre de notre article, certains riverains estimant que le cardinal Ratzinger n'avait pas « écrit » dans une revue facho, voire qu'il n'aurait même pas donné son accord à cette publication, qui aurait pu se faire à son insue.

Or, le futur pape savait parfaitement que ses réflexions philosophiques allaient être publiées dans cette revue et quelle en était la nature. Dans son édition datée du 16 mars, l'hebdomadaire allemand de référence « Der Spiegel » fait la lumière sur les conditions de parution.

Le 18 septembre 1997, un journaliste de la revue Die Aula, Gerhoch Reisegger, demande par écrit officiellement au cardinal « l'autorisation de reproduction » (« Abdruckerlaubnis ») d'un texte précédemment publié dans la revue catholique « Communio » en 1995.

Le 30 septembre 1997, le secrétaire du cardinal Ratzinger, Josef Clemens, donne une réponse sans équivoque sur l'assentiment de son patron :

« Très cher M. Reisegger ! En rapport à votre aimable courrier du 18 septembre 1997, je suis autorisé, sur ordre de M. le cardinal Ratzinger, à vous informer que ce dernier est d'accord pour que son texte, “Libertés et vérités” (Communio 24, pages 526-542), soit reproduit dans le mensuel Aula de la Freiheitlichen Akademikerverbände Österreichs. »

L'extrait du courrier expédié par le secrétaire du cardinal Ratzinger (Der Spiegel)

Cliquez sur l'image pour télécharger la page

Le cardinal Ratzinger était donc bien conscient d'apporter son nom et son autorité à cette revue, et a donc accepté d'y « écrire ».

Le secrétaire a-t-il pu décider seul de cette parution ?

En plus de dix ans, les services du cardinal, puis du Pape, n'ont pas contesté avoir donné cette autorisation de reproduction. Elle est signée depuis la cité du Vatican. Die Aula, aujourd'hui encore, revendique sur sa page d'accueil la participation de son plus célèbre contributeur et vend le hors série en ligne.

Le diocèse de Vienne avait affirmé dans un premier temps que le cardinal Ratzinger n'aurait jamais donné son autorisation pour une publication dans Die Aula. Ce qui prouve bien que l'Eglise a pleinement conscience du caractère problématique d'une telle collaboration. Depuis la publication de la lettre avec son nom en entête dans Der Spiegel, il y a bientôt un mois, elle n'a plus commenté cette affaire.

Le cardinal pouvait-il ignorer le soutien au négationnisme et au pangermaniste de la revue ?

Dans la réponse favorable du secrétaire Josef Clemens à Die Aula, il est précisé que cette revue est entre les mains des « Freiheitlichen Akademikerverbände Österreichs ».

En effet, depuis 1952, Die Aula est, plus ou moins suivant les périodes, le magazine de soutien au parti FPÖ (« Freiheitliche Partei Österreichs », « Parti autrichien de la liberté ») de feu Jörg Haider, aujourd'hui mené par Heinz-Christian Strache.

Les « Freiheitlichen Akademikerverbände Österreichs », « Congrégations académiques de la liberté » sont des associations regroupant les sympathisants du FPÖ au niveau des Länder, régions d'Autriche. Heinz-Christian Strache et Jörg Haider ont commencé à militer dans leur jeunesse dans ces congrégations. La réponse du cardinal fait donc clairement référence aux mouvements d'extrême droite autrichiens.

Rue89 a retrouvé l'original d'un numéro de Die Aula qui, à l'été 1994, avait fait connaître cette revue dans le monde germanique. Un article, publié en page 15, réhabilitait le négationniste Walter Lüftl, un homme ayant dû démissionner de son poste de président de la chambre nationale autrichienne des ingénieurs (« Bundesingenieurskammer »), pour avoir mis en doute l'existence des chambres à gaz dans la revue d'un groupuscule néonazi allemand dénommé « Halt ».

Les propos tenus en 1994 dans l'article pro-Lüftl, signé Hans Moser, étaient tels que Jörg Haider avait dû, suite aux pressions de la classe politique, prendre officiellement ses distances avec Die Aula. Par une série d'arguments, l'auteur nie la réalité de la tentative d'extermination des juifs :

 » Le gazage de masse ne peut pas avoir eu lieu. »

« Sans le scandale provoqué par le lobby de l'Holocauste, le travail de Lüftl ne serait pas connu des seuls “leaders d'opinion”, mais du monde entier. “

‘Sans la plainte, la justice autrichienne ne s'en serait pas mêlée.’

Dans ‘Die Aula’, de tels propos ne sont pas exceptionnels. En 1998, des propos néonazis de réhabilitation du IIIe Reich y ont été tenus. En 1993, la revue a nié que le constat de l'inégalité des races soit du racisme. En 1992, c'est la loi interdisant les propos révisionnistes qui a été prise pour cible.

Les propos de Ratzinger étaient-ils eux-mêmes problématiques ?

Certains riverains se sont enfin émus que le texte de Benoît XVI soit qualifié par Rue89 de ‘charge virulente contre les libertés individuelles et le système démocratique’.

La page d'intro du texte de Ratzinger dans "Die Aula"Un riverain a mis en lien une copie du texte ‘Libertés et vérités’, traduit en anglais. Or ce texte n'est pas exactement celui qui est initialement paru en allemand. Les titres des chapitres, par exemple, ne sont pas les mêmes.

L'ensemble du texte est une réflexion sur la démocratie et la liberté, avec des vues très conservatrices. Comme le montre cet extrait d'un chapitre intitulé ‘Critique de la démocratie’ (titre qui ne figure plus dans la version anglaise), page 90 :

‘Il est assez courant et répandu d'avoir le sentiment que la démocratie n'est pas encore la bonne forme de liberté. La critique marxiste de la démocratie ne peut pas tout simplement être mise de côté : à quel point les élections sont-elles libres ?

Jusqu'où va la volonté par certains de manipuler l'opinion publique à travers la publicité, donc à travers le capital ? N'existe-il-pas une oligarchie qui décide ce qui est moderne et doit servir d'exemple, de ce qu'un homme éclairé doit penser ?

La cruauté de cette oligarchie, ses possibilités d'expression publique, sont connues depuis longtemps. Qui veut s'y opposer est ennemi de la liberté, parce qu'il handicape la liberté d'expression.’

Dès sa parution, la contribution a été considérée contre extrémiste par le DÖW, le centre d'archive autrichien qui surveille les réseaux d'extrême droite. Ce centre est un organisme public, financé par l'Etat autrichien et la ville de Vienne. Le DÖW a considéré que, dans son contexte, le texte de Ratzinger encourageait les ennemis de la démocratie dans leur combat dans la déligitimisation des institutions.

D'ailleurs, les autres contributeurs du hors-série sur les 150 ans de la révolution allemande de 1848 sont tous des personnalités d'extrême droite, qui, à l'époque, militaient contre les lois anti-nazis mises en place lors du retour à l'indépendance et à la souveraineté de l'Autriche en 1955.

Contributeurs du hors-série de la revue "Die Aula"

Par exemple, Karl Richter a été de 1991 à 1997 rédacteur en chef de la revue allemande nostalgique du IIIe Reich Nation Europa. Le directeur de la publication, Otto Scrinzi, est un ancien membre du parti allemand néonazi NDP. Et jusque dans le hors-série lui-même, Jürgen Schwab dénonce la démocratie comme une ‘ dictature d'opinion ’. Il se positionne clairement comme étant contre les lois interdisant les propos négationnistes.

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Portrait de Arnaud Aubron

à shillom Portrait de shillom De Arnaud Aubron

Rue89 | 17H29 | 10/04/2009 | Permalien

Très bonne question à laquelle il faudrait ajouter un élément toutefois :

« Peut on diffuser un texte n'importe où pour faire passer une réflexion à un maximum de personnes LORSQUE L'ON EST UN PERSONNAGE PUBLIQUE REPRESENTANT UNE INSTITUTION ? »

Entendant bien que ce « n'importe où » est en l'occurrence une revue révisionniste. Encore une fois, l'Eglise autrichienne elle-même a dans un premier temps déclaré que jamais le futur pape n'aurait accepté une chose pareille. Avant d'être démentie par la lettre du secrétaire de Ratzinger. Ce qui prouve bien que même aux yeux de l'Eglise, publier dans cette revue est une faute.

Portrait de eudemon

à shillom Portrait de shillom De eudemon

intello-précaire | 18H32 | 10/04/2009 | Permalien

1. Le texte n'a pas besoin de le dire expressément, B16 n'est pas ignare au point de proposer un retour brutal à l'Ancien Régime qui aurait pour conséquence de réduire sa carrière à néant. C'est pour cela qu'il écrit ses textes dans un format spécial (cf. Léo Strauss : « la persécution ou l'art d'écrire), un format critique où l'on peut citer des auteurs neutres sous tout rapport (Marx ça ne mange pas de pain et en plus ça fait gaucho).

2. Un “procès d'intention” : B16 ne pensait certainement pas que quelqu'un allait trifouiller dans les revues d'extrême droite et sortir son article. Son texte de toute façon reprend une doctrine réactionnaire qui en soit ne pose pas de problème. Le problème il est dans le choix de la revue, cela signale simplement que B16 opte pour une position radicale. Publier dans une revue ce n'est pas neutre. On sait tous que le Figaro est à droite, que libération est à gauche, on n'écrit pas dans une revue uniquement pour être publié, on le fait aussi pour souligner sa proximité avec un certain nombre de valeurs. C'est en quelque sorte un moyen pas cher de faire de la politique sans aller à l'encontre de la célèbre neutralité axiologique. Autrement dit : regarder mon article est scientifiquement neutre, mais le simple fait d'être dans cette revue signale que je suis d'extrême droite.

3. Que veut vraiment B16. La dictature ? Non, bien sûr, ça n'a aucun sens. Il veut simplement le retour au monde des anciens, au monde hiérarchisé où l'Eglise disciplinait les pensées. Ce monde où la bible était un ouvrage interdit et où seule l'Eglise disposait du droit de le lire.
Ce monde qu'Henri Irénée Marrou décrit comme totalitaire. Pour ceux qui seraient choqués par ce rapprochement Eglise/totalitarisme, je rappellerai que c'est un historien catholique français, Henri-Irénée MARROU, qui a intitulé un de ses livres “L'Empire chrétien, état totalitaire”.
Un régime, quel régime : il s'en fout l'Eglise peut accepter tous les régimes excepté le régime démocratique et laïc. C'est pour cette raison qu'il critique tout ce qui peut renvoyer au régime démocratique. Pas besoin de parler d'alternative. Il suffit juste de supprimer la démocratie (comme régime et surtout comme fait de société).
Ainsi l'Homme n'est pas libre s'il n'est pas guidé par le berger…

4. Ce texte n'a pas vocation à passer entre toutes les mains : il ne s'adresse qu'à une communauté ésotérique de savants. Une élite intellectuelle capable de comprendre les enjeux politiques et sociaux du texte.
Dans de mauvaises mains, il ne fait que nourrir la haine contre la démocratie car il sera forcément compris à l'envers (c'est d'ailleurs son objectif ultime). Cynique !

5. Juger du texte c'est comme juger une copie de mathématique sans jamais avoir fait de math auparavant. C'est ridicule…

Portrait de Thierryb75

à eudemon Portrait de eudemon De Thierryb75

10H53 | 11/04/2009 | Permalien

mais oui bien sûr….

1) la super source déchirée émanant des milieux d'extrème droite ne me convainct pas…Reste à prouver qu'il y a véritablement eu un accord donné par le SEKRETARIAT , trés cher sur ordre du cardinal….Vraiment quelle source.

2) z'ont content s'ils ont trouvé un seul exemple, et tout pourri, en tant d'années nos petits inquisiteurs archivistes. Alors vite vite il a fallu l'habiller le monter et trouver matière. Comme il n'y a rien de néo-nazi ( nazisme= le plus grand système d'esclavagisme dans l'histoire moderne avec le marxisme) on se rabbat sur n'importe quoi d'autre….c'est vraiment pas de bol il n'y a rien de facho dans le texte.

Une grosse daube cette histoire qui n'a d'ailleurs été repris par personne en allemagne ou en france.

Portrait de Naradamuni

à eudemon Portrait de eudemon De Naradamuni

sans | 15H45 | 10/04/2009 | Permalien

La démocratie est un régime neuf ?

Socrate doit bien se marrer… ! ! !

Portrait de Unstern

à Naradamuni Portrait de Naradamuni De Unstern

19H21 | 10/04/2009 | Permalien

@ Naradamuni

C'est plutôt vous qui nous feriez marrer. La « démocratie » athénienne n'accordait aucun droit politique :
• aux femmes
• aux esclaves
• aux hommes qui, bien que vivant à Athènes, n'avaient pas la citoyenneté (on les appelait les métèques μετοίχοι).

Tu parles d'une « démocratie » !

P.-S. Quant à Socrate, ça a dû d'autant moins le faire marrer que c'est précisément ce régime « démocratique » qui l'a condamné à mort, sous prétexte d'idéologie non conforme.

Et si (un jour) vous ouvriez un livre d'histoire ?

Portrait de Naradamuni

à Unstern Portrait de Unstern De Naradamuni

sans | 08H31 | 11/04/2009 | Permalien

Parce que vous avez quels droits démocratiques VOUS ?
Celui de voter et qui vous conduisent immanquablement à élire vous-mêmes des tyrans et à cristalliser des castes politiciennes qui confisquent progressivement tous les pouvoirs ?

Quant à ouvrir des livres d'histoires j'ai attendu que vous me le conseilliez, hi hi !

Je relevai simplement « le régime neuf » que serai la démocratie selon @ shillom

Je n'ai jamais dit que la démocratie athénienne était le modèle parfait !

Quant à appeler le régime actuel « démocratie » c'est prendre les peuples pour des cons, ni plus ni moins !

Le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes se joue aux moments où l'on écrit ou modifie la Constitution.

Nous sommes, depuis longtemps, trop nombreux pour gérer directement les affaires de la Cité : nous avons donc besoin d'être représentés et de mettre en place des pouvoirs.

Mais ces pouvoirs sont, par essence, très dangereux pour nous tous.

QUI donc écrit le texte supérieur qui définit les pouvoirs et leurs limites ?

QUI met en place les rouages des indispensables contre-pouvoirs ?
– Depuis la nuit des temps, ce sont les hommes au pouvoir, ou les hommes candidats au pouvoir, qui se chargent d'écrire eux-mêmes les règles du pouvoir.

Ceci est un vice majeur qui rend impossible l'honnêteté dans ce texte fondateur de la Cité.

En effet, « ces hommes politiques professionnels », qu'ils soient actuellement au pouvoir ou même seulement candidats au pouvoir, sont juges et parties dans le processus constituant, ce qui les conduit naturellement à tricher et à mettre en place des contrôles factices ou à refuser aux citoyens les moyens de résister les plus importants, notamment entre deux élections.

Par exemple, ils vont trouver tous les défauts au référendum d'initiative populaire pour mettre leur propre pouvoir à l'abri du contrôle direct des citoyens, au lieu de défendre l'intérêt général.
(Voir ce qu'ils ont fait du résultat du dernier référendum pour le traité de Lisbonne ! ! ! )
Autres exemples importants : ils vont s'arranger pour ne prévoir ni le décompte ni les effets des votes blancs qui permettraient aux électeurs de refuser simplement tous les candidats en présence, et encore moins le mandat impératif qui permettrait de contrôler que les élus ont bien respecté leurs promesses électorales.

Ils vont autoriser le cumul des mandats et leur renouvellement indéfini, alors qu'on sait que le pouvoir corrompt et qu'il faut donc le faire tourner souvent, comme une indispensable hygiène démocratique.

Etc.

Jamais les hommes au pouvoir n'écriront eux-mêmes les règles dont nous avons besoin, c'est facile à comprendre et à prévoir. Non : c'est à nous, simplement, de les tenir à l'écart de cette phase dangereuse avant de remettre notre sort entre leurs mains.

On peut considérer ce « vice de construction » (laisser les hommes au pouvoir écrire eux-mêmes les limites de leur propre pouvoir) comme un défaut de jeunesse de la démocratie, mais suffisamment grave pour bloquer toute évolution significative. Les citoyens peuvent être négligents sur tout, mais ils ne devraient pas l'être sur ce point décisif :

L'assemblée Constituante ne devrait donc comporter aucun parlementaire, ministre ou juge, actuel ou prochain, parmi ses membres ayant droit de vote.

Par ailleurs, ceux qui ont écrit et voté la Constitution doivent absolument être inéligibles pour longtemps.

L'idée d'un « Parlement Constituant » est donc un suicide démocratique (pour les citoyens).

Cette réflexion est essentielle — absolument stratégique à tout point de vue : stratégique pour les citoyens d'un côté, et stratégique pour les partis, de l'autre — et elle vaut, à mon avis, pour tous les peuples du monde.

Et elle domine largement les clivages gauche droite : tous les citoyens ont un intérêt majeur à se protéger contre les abus de pouvoir.

Et de ce point de vue, nos divisions gauche droite (légitimes dans d'autres contextes) nous affaiblissent alors que, sur ce point cardinal, nous devrions nous réunir temporairement pour être forts et imposer à nos représentants, de quelque bord qu'ils soient, le droit essentiel de définir nous-mêmes, sans eux, les pouvoirs que nous leur déléguons.

Par ailleurs, puisque c'est la Constitution qui établit les pouvoirs des représentants du peuple (Parlement, Gouvernement, Juges), à l'évidence, il devrait donc également être rigoureusement interdit à ces représentants de changer eux-mêmes la moindre ligne de la Constitution :

Ni les parlementaires, ni les juges ne peuvent transformer le texte fondamental qui établit leur propre pouvoir : seul le peuple lui-même, directement, par référendum, peut modifier les institutions (qui sont les siennes, il ne faut pas l'oublier).

Aucune révision de la Constitution, si légère soit-elle, ne devrait donc pouvoir être validée sans référendum.

Et si un jour vous approfondissiez le sujet de la « Démocratie » ?
http://etienne.chouard.free.fr/Europe/Bonne_Constitution_Guerison_Democr…

-La représentation populaire conçoit l'art de gouverner comme un élevage de singes. L. Daste « Intellectuel anthropocrate »

Aujourd'hui ce sont les commissions d'investiture de Droite et de Gauche qui désignent à tous, tous les niveaux de « prétendus représentants du peuple » ce qui viole les articles 3 et 4 de la Constitution :
« La souveraineté nationale appartient au peuple qui l » exerce par ses représentants et par la voie du référendum. Aucune section du peuple ni aucun individu ne peut s » en attribuer l » exercice.(…) ».

« Dans les États qui juxtaposent à la puissance législative des Chambres la possibilité de demandes populaires de référendums, c'est le peuple qui monte au rang suprême par l'acquisition du pouvoir de prononcer le rejet ou l'adoption définitive des décisions parlementaires. Du coup le Parlement se trouve ramené au rang de simple autorité : il ne représente plus la volonté générale que pour chercher et proposer l'expression qu'ils convient de donner à celle-ci ; il ne remplit ainsi qu'office de fonctionnaire. Le véritable souverain c'est alors le peuple. » (Extrait de « La démocratie locale et le référendum »

Bonne lecture, il n'y a pas que les livres d'histoire ! !

Portrait de Au sud de nul part

à eudemon Portrait de eudemon De Au sud de nul part

Situation | 17H05 | 10/04/2009 | Permalien

Bonjour eudemon

Ce vous dites est globalement vrai, bien qu'un texte ait un contenu. Le journaliste qui rapporte ce texte du pape « rame » pour trouver quelque chose dans ce dernier qui relèverait du faschisme. Il évoque un conservatisme, ce qui est évidemment plus que probable, bien que ce conservatisme n'apparaisse pas « immédiatement » par la seule lecture des extraits qui ont été choisis à cet effet. C'est donc un second article pour le moins maladroit, ou très incomplet.

Cependant, je me permets de vous rappeler que l'école de Francfort a connu trois périodes ; la critique de la démocratie lors de la première période était plutôt une critique de la culture et de la raison instrumentale dans le système capitaliste. La raison devenue instrumentale est encore celle qui prévaut de nos jours, du moins est-ce mon avis.
Adorno était impitoyable avec la sociale-démocratie Allemande, qu'il jugeait comme une traîtrise, pour le dire vite. Habermas, plus tardivement, passe quant à lui pour un modéré. De même il y a une grande différence entre un livre de Marcuse et un livre de Axel Honneth. Mais, il est bien exact que malgré ces divergences philosophiques, ces différences d'époque, l'Ecole de Francfort a toujours eu pour ennemi majeur le faschisme ou ce qui pouvait s'y apparenter. La récente polémique qui a eu lieu il y a quelques années en Allemagne et qui a concerné, entre autres, Habermas et Peter Sloterdijck, en est une illustration. Le « cas » Heidegger en une autre.

Factotum

Portrait de Arnaud Aubron

à Xa_chan Portrait de Xa_chan De Arnaud Aubron

Rue89 | 15H18 | 10/04/2009 | Permalien

Donc, d'après la « dictature sympathique », on n'a même pas le droit de critiquer la démocratie ?

Vous nous avez mal lu (à dessein j'en ai peur). Le titre dit « Quand le pape écrivait bien dans une revue “facho” “

Notre problème porte donc moins sur le fond de ce que le pape a écrit (même si nous n'approuvons pas, mais c'est un autre problème) que sur le fait qu'il l'ait sciemment écrit dans cette revue extrêmiste.

Un problème que l'Eglise elle-même a reconnu, puisque, comme l'explique Blaise dans l'article, elle a d'abord nié que le Pape ait pu faire une telle chose, avant de se murer dans le silence après la publication du mail de son secrétaire. CQFD.

Portrait de Joli grain de sable

à Arnaud Aubron Portrait de Arnaud Aubron De Joli grain de sable

ni loup ni mouton | 16H22 | 10/04/2009 | Permalien

il n'a pas « écrit dans cette revue », l'Eglise a seulement accepté que ce texte soit reproduit… Ce n'est pas en répétant très très très longtemps une erreur qu'elle devient une vérité (quoique…)

Portrait de Unstern

à Joli grain de sable Portrait de Joli grain de sable De Unstern

19H33 | 10/04/2009 | Permalien

@ Joli grain de sable

Accepter qu'un texte qu'on a écrit (antérieurement) soit republié dans une revue d'extrême-droite, quand on est le nº 3 ou 4 de l'Église catholique romaine, c'est en soi (et sans aller chercher plus loin) une faute gravissime.

Ça va comme ça ? On vous a suffisamment écrasé les points sur les i ? Ou bien (plus probablement) allez-vous continuer à faire celui qui ne comprend pas et se cache derrière son petit doigt ?

S'imaginer (comme vous le faites) qu'on résout un problème en niant son existence, ça s'appelle une conduite de déni. Et ça confirme que les partisans inconditionnels du Saint-Siège n'ont jamais brillé par leur maturité ou leur indépendance intellectuelles.

C'est d'ailleurs assez logique, s'agissant d'un pouvoir qui s'autoproclame infaillible et procède par énoncés dogmatiques.

 : -))

Portrait de Xa_chan

à Arnaud Aubron Portrait de Arnaud Aubron De Xa_chan

(nippon ni mauvais) | 08H55 | 11/04/2009 | Permalien

« Vous nous avez mal lu (à dessein j'en ai peur). »

Mouarf, toujours sympa, les procès d'intention. Et puis, là, cher Arnaud Aubron, vous êtes ridicule : vous avez pris « dictature sympathique » pour vous ? Ben fallait pas. Un chouïa de réflexion vous aurait révélé que ma « dictature sympathique » s'adresse à tous ces intolérants, ces ayatollahs de la pensée unique qui ne supportent pas qu'on critique la démocratie. Maintenant, si vous vous considérez comme faisant partie de ces personnes, mes excuses : le terme s'applique alors à vous.

Et vous persistez avec le pape qui « écrit » dans une revue facho. Non, il n'ECRIT pas dans une revue facho, il y a été publié. ce n'est pas la même chose. Les mots ont un sens, comme vous le faisait remarquer un riverain plus bas dans les colonnes de ces commentaires, et en tant que journalistes, profession que je respecte au plus haut point, vous devriez le savoir.

Cela n'enlève rien à la teneur des propos de Benoit XVI, ni à ses actions ou à sa personnalité, mais ce n'est tout de même pas la même chose.

Portrait de Hippopotable

à Xa_chan Portrait de Xa_chan De Hippopotable

Honnête homme | 15H19 | 10/04/2009 | Permalien

Xa-Chan
Ce que tu dis est juste, j'ai pensé la même chose en lisant l'extrait. Mais cela appelle deux remarques :
- d'abord, le contexte. Accepter la publication dans ce canard d'extrème-doite, c'est accepter que ce texte soit mis au service d'une idéologie en particulier. Et donc légitimer cette idéologie (Ratzinger était tout de même cardinal à l'époque, ce n'est pas rien)
- sur le fond : c'est une chose (louable) de critiquer le fonctionnement d'une démocratie en particulier et de ses institutions, c'en est une autre de critiquer la démocratie comme principe de gouvernement, ce que semble faire ce texte.

Portrait de shillom

à Xa_chan Portrait de Xa_chan De shillom

15H44 | 10/04/2009 | Permalien

Exactement ce que je pensais. La citation est plutôt philosophique en l'occurence, et porte sur les pouvoirs cachés de la démocratie.

Personnellement, ça fait belle lurette que je considère que la seule trace de démocratie dans le système actuel est le droit de vote. Une mascarade quoi, si l'on considère que les états sont au final à la solde des marchands.

Pour moi la question devient alors : « Peut on diffuser un texte n'importe où pour faire passer une réflexion à un maximum de personnes ? »

Portrait de Naradamuni

à shillom Portrait de shillom De Naradamuni

sans | 15H51 | 10/04/2009 | Permalien

Le droit de vote n'a rien de démocratique dans le sens qu'il crée une élite, une aristocratie ! ! !
Lélection est fondamentalement aristocratique, seul le tirage au sort est démocratique.

Démocratie élection = trahison

L'élection est aujourd'hui communément présentée, aux enfants comme aux adultes, comme le seul moyen « démocratique » de désigner nos représentants : les parlementaires, les ministres et les juges sont les trois pouvoirs classiques. (Aujourd'hui, il faudrait sans doute ajouter les médias d'information à la liste des pouvoirs à contrôler, comme les autres, dans l'intérêt général).

En prenant le temps de lire sur ce sujet, on découvre le grossier mensonge que constitue cette association « démocratie=élections » : (Platon, Aristote, Montesquieu, Rousseau, Tocqueville, Kant, Marx, Castoriadis, Rancière, etc.)

Mais depuis 200 ans, les politiciens professionnels (et leurs complices, souvent involontaires sans doute : professeurs, journalistes, notables…) ont fait disparaître cette réalité (gênante pour eux) pourtant reconnue et longuement décrite depuis 2 500 ans : l'élection est dangereuse pour les citoyens car elle permet à une caste politicienne de prendre le pouvoir, de le garder et d'en abuser au profit du groupe dominant.

Depuis mon enfance, je croyais ce qu'on m'avait tant rabâché, sans y réfléchir, comme on croit en une religion, je croyais que le suffrage universel était consubstantiel de la démocratie.

Le débat sur le TCE m'a fort opportunément enfin conduit à LIRE, lire beaucoup, et je découvre à cinquante ans une imposture politique généralisée, de la même ampleur, peut-être, que l'imposture spirituelle des religions.

http://etienne.chouard.free.fr/forum/viewtopic.php ? id=20

Portrait de William la révolte

à Xa_chan Portrait de Xa_chan De William la révolte

17H54 | 10/04/2009 | Permalien

Moi aussi, je me suis posé les mêmes questions que toi en lisant l'extrait du texte que publie Rue 89. En quoi c'est facho de critiquer la démocratie ? Je ne suis en rien facho, plutôt à son opposé, mais en ce qui me concerne la démocratie telle qu'elle s'exerce en France ne me convient pas du tout. D'ailleurs, je me demande si on peut parler de démocratie, plutôt d'oligarchie telle qu'elle est dénoncé dans le texte. Et ce n'est qu'un début à mon avis. L'oligarchie va se renforcer et avec elle l'État policier.
Quant au pape, sûr que c'est un facho. L'Église régresse, mais elle suit la tendance générale actuelle. Nous avons fait un grand bond… en arrière.

Portrait de antonh

à Xa_chan Portrait de Xa_chan De antonh

curieux | 21H03 | 11/04/2009 | Permalien

un vieil anarchiste m'a dit un jour : « tu sais, démocratie, ça peut aussi s'écrire avec 2 s… ».
et je suis pour renverser cette democrassie…

Portrait de Athos10

De Athos10

14H03 | 10/04/2009 | Permalien

Petite demande d'enquête à Rue89.

Dans sa quête de partage, de justice et de valeurs, combien le Vatican à t'il perdu dans la crise des subprimes ? Même question pour les églises nationales et en particulier américaine.

Intéressant comme prisme non ?

Portrait de pablico

De pablico

14H04 | 10/04/2009 | Permalien

on y échappe pas… à la mauvaise ombre..

Portrait de Rifchavon

De Rifchavon

Cadre | 14H11 | 10/04/2009 | Permalien

XVI… ca me rappelle vaguement un 21 janvier 1793… Attention BeuBeu ce chiffre semble attirer les lames aiguisees…

Portrait de survivant

De survivant

14H18 | 10/04/2009 | Permalien

Le plus inquiétant c'est que ces propos négationnistes ont été rappelés au parlement européen avec le vieux chef fn et sarkozy a été nommé chanoine de latran avec le pape. Le nouvel ordre mondial serait-il sur le point de nous tramer un régime fasciste mondial ou le nouvel ennemi à exterminer serait les musulmans, les démocrates, les contestataires ?

Portrait de Un compte supprime

De Un compte supprime

nc | 14H21 | 10/04/2009 | Permalien

On ne peut pas lui donner tort quand il ecrit ce qui suit, apres c'est une question de perspective.

« Il est assez courant et répandu d'avoir le sentiment que la démocratie n'est pas encore la bonne forme de liberté. La critique marxiste de la démocratie ne peut pas tout simplement être mise de côté : à quel point les élections sont-elles libres ?

“ Jusqu'où va la volonté par certains de manipuler l'opinion publique à travers la publicité, donc à travers le capital ? N'existe-il-pas une oligarchie qui décide ce qui est moderne et doit servir d'exemple, de ce qu'un homme éclairé doit penser ?

‘ La cruauté de cette oligarchie, ses possibilités d'expression publique, sont connues depuis longtemps. Qui veut s'y opposer est ennemi de la liberté, parce qu'il handicape la liberté d'expression. ’

Portrait de Tyrian

De Tyrian

Informaticien | 14H31 | 10/04/2009 | Permalien

Franchement d'accord. Je ne suis vraiment pas fan de l'Eglise et du pape. Mais la partie de son texte qui est citée n'a rien de choquant. Le problème de la démagogie ou de la constitution de pseudo-élite dirigeante (ce qui revient à l'oligarchie) sont réellement des problèmes des démocraties actuelles. Nous avons des démonstrations chez nous et tout autour.

Portrait de Bugmenot

à Un compte supprime Portrait de Un compte supprime De Bugmenot

Retraité des études | 14H33 | 10/04/2009 | Permalien

Parfaitement d'accord avec Xa_Chan.

Portrait de Albufera

à Un compte supprime Portrait de Un compte supprime De Albufera

Observateur. | 14H41 | 10/04/2009 | Permalien

Cette oligarchie dénoncée par Benoît XVI ressemble étonnamment au Vatican et à sa façon de fonctionner qui n » a rien à envier au centralisme démocratique et aux régimes politiques les plus sinistres, le Vatican ayant même réussi le tour de force d » interdire aux femmes d » appartenir aux instances dirigeantes tout en faisant des leçons de morales à nos démocraties soit-disant corrompues…

Portrait de Tyrian

à Albufera Portrait de Albufera De Tyrian

Informaticien | 15H06 | 10/04/2009 | Permalien

Nier nos problèmes en pointant ceux des autres n'est pas non plus une bonne idée. Oui le Vatican est corrompue. Mais la démocratie française n'est pas en bien meilleur état.

Portrait de AC-89

à Un compte supprime Portrait de Un compte supprime De AC-89

15H14 | 10/04/2009 | Permalien

Tout à fait, ces interrogations sont proches de celles de Chomsky qui n'est ni réac ni négationniste.

Portrait de Jaycib

De Jaycib

Désagrégé de l'Université | 14H30 | 10/04/2009 | Permalien

Dont acte, Pascal. Cela dit, vous auriez sans doute pu trouver un extrait plus probant de l'article de Ratzinger (j'espère qu'il y en a un ! ). En effet, je ne crois pas être en désaccord avec les trois paragraphes que vous citez, et notamment :

« Jusqu'où va la volonté par certains de manipuler l'opinion publique à travers la publicité, donc à travers le capital ? N'existe-il-pas une oligarchie qui décide ce qui est moderne et doit servir d'exemple, de ce qu'un homme éclairé doit penser ?

“ La cruauté de cette oligarchie, ses possibilités d'expression publique, sont connues depuis longtemps. Qui veut s'y opposer est ennemi de la liberté, parce qu'il handicape la liberté d'expression. ”

On objectera que Ratzinger instrumentalisme habilement le marxisme pour essayer de discréditer le libéralisme économique et politique, son objectif personnel étant de revenir au statu quo ante (= avant le libéralisme). Il n'en reste pas moins que, sur le fond, la tentative d'instauration d'une dictature d'une opinion manipulée et du politiquement correct existe réellement sous le capitalisme (du moins à son stade actuel). Les années Bush nous en donnent un triste exemple.

Il faudrait pouvoir attaquer dans la pensée de Ratzinger ce qu'il y a de directement critiquable, pas un passage ambigu seyant à toute forme de critique du libéralisme.

Portrait de Quinine

à Jaycib Portrait de Jaycib De Quinine

traducteur et amoureux des chats | 15H04 | 10/04/2009 | Permalien

Salut, Jaycib,
Je serais assez — voire beaucoup — de ton avis. Simplement, je ne pense pas qu'un partisan d'une démocratie authentique (c'est-à-dire, aux antipodes de l'ersatz de régime démocratique que nous connaissons) aurait choisi une revue d'extrême droite pour exprimer ce genre de constatations, aussi fondées et pertinentes soient-elles.

Portrait de Jaycib

à Quinine Portrait de Quinine De Jaycib

Désagrégé de l'Université | 15H58 | 10/04/2009 | Permalien

Salut, Quinine

Je suis d'accord avec toi. Mon « Dont acte » d'entame.est censé indiquer que je ne crois plus à un simple « guilt by association », contrairement à ce que j'avais pensé après la publication du premier article sur cette question.

Portrait de Arnaud Aubron

à Jaycib Portrait de Jaycib De Arnaud Aubron

Rue89 | 15H27 | 10/04/2009 | Permalien

Encore une fois, le problème porte moins sur le texte que sur le contexte. Le futur savait parfaitement que son texte serait utilisé par d'authentiques extrêmistes pour appuyer leurs démonstrations. Et il leur a donné son accord. C'est là le problème.

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