Textes à l'appui, Rue89 confirme que le cardinal Ratzinger a sciemment publié un article dans une revue d'extrême droite autrichienne.

(De Vienne) Notre précédent article affirmant que Benoît XVI avait écrit dans une revue autrichienne d'extrême droite soutenant le négationnisme en 1998, alors qu'il était encore cardinal, a suscité une belle polémique. Certains lecteurs ont mis en cause nos informations et nous ont accusés de nous « acharner sur le pape ». Voici donc nos réponses aux principales interrogations des riverains.
Benoît XVI a-t-il bien « écrit » dans Die Aula ?
La première polémique a porté sur le titre de notre article, certains riverains estimant que le cardinal Ratzinger n'avait pas « écrit » dans une revue facho, voire qu'il n'aurait même pas donné son accord à cette publication, qui aurait pu se faire à son insue.
Or, le futur pape savait parfaitement que ses réflexions philosophiques allaient être publiées dans cette revue et quelle en était la nature. Dans son édition datée du 16 mars, l'hebdomadaire allemand de référence « Der Spiegel » fait la lumière sur les conditions de parution.
Le 18 septembre 1997, un journaliste de la revue Die Aula, Gerhoch Reisegger, demande par écrit officiellement au cardinal « l'autorisation de reproduction » (« Abdruckerlaubnis ») d'un texte précédemment publié dans la revue catholique « Communio » en 1995.
Le 30 septembre 1997, le secrétaire du cardinal Ratzinger, Josef Clemens, donne une réponse sans équivoque sur l'assentiment de son patron :
« Très cher M. Reisegger ! En rapport à votre aimable courrier du 18 septembre 1997, je suis autorisé, sur ordre de M. le cardinal Ratzinger, à vous informer que ce dernier est d'accord pour que son texte, “Libertés et vérités” (Communio 24, pages 526-542), soit reproduit dans le mensuel Aula de la Freiheitlichen Akademikerverbände Österreichs. »
Cliquez sur l'image pour télécharger la page
Le cardinal Ratzinger était donc bien conscient d'apporter son nom et son autorité à cette revue, et a donc accepté d'y « écrire ».
Le secrétaire a-t-il pu décider seul de cette parution ?
En plus de dix ans, les services du cardinal, puis du Pape, n'ont pas contesté avoir donné cette autorisation de reproduction. Elle est signée depuis la cité du Vatican. Die Aula, aujourd'hui encore, revendique sur sa page d'accueil la participation de son plus célèbre contributeur et vend le hors série en ligne.
Le diocèse de Vienne avait affirmé dans un premier temps que le cardinal Ratzinger n'aurait jamais donné son autorisation pour une publication dans Die Aula. Ce qui prouve bien que l'Eglise a pleinement conscience du caractère problématique d'une telle collaboration. Depuis la publication de la lettre avec son nom en entête dans Der Spiegel, il y a bientôt un mois, elle n'a plus commenté cette affaire.
Le cardinal pouvait-il ignorer le soutien au négationnisme et au pangermaniste de la revue ?
Dans la réponse favorable du secrétaire Josef Clemens à Die Aula, il est précisé que cette revue est entre les mains des « Freiheitlichen Akademikerverbände Österreichs ».
En effet, depuis 1952, Die Aula est, plus ou moins suivant les périodes, le magazine de soutien au parti FPÖ (« Freiheitliche Partei Österreichs », « Parti autrichien de la liberté ») de feu Jörg Haider, aujourd'hui mené par Heinz-Christian Strache.
Les « Freiheitlichen Akademikerverbände Österreichs », « Congrégations académiques de la liberté » sont des associations regroupant les sympathisants du FPÖ au niveau des Länder, régions d'Autriche. Heinz-Christian Strache et Jörg Haider ont commencé à militer dans leur jeunesse dans ces congrégations. La réponse du cardinal fait donc clairement référence aux mouvements d'extrême droite autrichiens.
Rue89 a retrouvé l'original d'un numéro de Die Aula qui, à l'été 1994, avait fait connaître cette revue dans le monde germanique. Un article, publié en page 15, réhabilitait le négationniste Walter Lüftl, un homme ayant dû démissionner de son poste de président de la chambre nationale autrichienne des ingénieurs (« Bundesingenieurskammer »), pour avoir mis en doute l'existence des chambres à gaz dans la revue d'un groupuscule néonazi allemand dénommé « Halt ».
Les propos tenus en 1994 dans l'article pro-Lüftl, signé Hans Moser, étaient tels que Jörg Haider avait dû, suite aux pressions de la classe politique, prendre officiellement ses distances avec Die Aula. Par une série d'arguments, l'auteur nie la réalité de la tentative d'extermination des juifs :
» Le gazage de masse ne peut pas avoir eu lieu. »
« Sans le scandale provoqué par le lobby de l'Holocauste, le travail de Lüftl ne serait pas connu des seuls “leaders d'opinion”, mais du monde entier. “
‘Sans la plainte, la justice autrichienne ne s'en serait pas mêlée.’
Dans ‘Die Aula’, de tels propos ne sont pas exceptionnels. En 1998, des propos néonazis de réhabilitation du IIIe Reich y ont été tenus. En 1993, la revue a nié que le constat de l'inégalité des races soit du racisme. En 1992, c'est la loi interdisant les propos révisionnistes qui a été prise pour cible.
Les propos de Ratzinger étaient-ils eux-mêmes problématiques ?
Certains riverains se sont enfin émus que le texte de Benoît XVI soit qualifié par Rue89 de ‘charge virulente contre les libertés individuelles et le système démocratique’.
Un riverain a mis en lien une copie du texte ‘Libertés et vérités’, traduit en anglais. Or ce texte n'est pas exactement celui qui est initialement paru en allemand. Les titres des chapitres, par exemple, ne sont pas les mêmes.
L'ensemble du texte est une réflexion sur la démocratie et la liberté, avec des vues très conservatrices. Comme le montre cet extrait d'un chapitre intitulé ‘Critique de la démocratie’ (titre qui ne figure plus dans la version anglaise), page 90 :
‘Il est assez courant et répandu d'avoir le sentiment que la démocratie n'est pas encore la bonne forme de liberté. La critique marxiste de la démocratie ne peut pas tout simplement être mise de côté : à quel point les élections sont-elles libres ?
Jusqu'où va la volonté par certains de manipuler l'opinion publique à travers la publicité, donc à travers le capital ? N'existe-il-pas une oligarchie qui décide ce qui est moderne et doit servir d'exemple, de ce qu'un homme éclairé doit penser ?
La cruauté de cette oligarchie, ses possibilités d'expression publique, sont connues depuis longtemps. Qui veut s'y opposer est ennemi de la liberté, parce qu'il handicape la liberté d'expression.’
Dès sa parution, la contribution a été considérée contre extrémiste par le DÖW, le centre d'archive autrichien qui surveille les réseaux d'extrême droite. Ce centre est un organisme public, financé par l'Etat autrichien et la ville de Vienne. Le DÖW a considéré que, dans son contexte, le texte de Ratzinger encourageait les ennemis de la démocratie dans leur combat dans la déligitimisation des institutions.
D'ailleurs, les autres contributeurs du hors-série sur les 150 ans de la révolution allemande de 1848 sont tous des personnalités d'extrême droite, qui, à l'époque, militaient contre les lois anti-nazis mises en place lors du retour à l'indépendance et à la souveraineté de l'Autriche en 1955.

Par exemple, Karl Richter a été de 1991 à 1997 rédacteur en chef de la revue allemande nostalgique du IIIe Reich Nation Europa. Le directeur de la publication, Otto Scrinzi, est un ancien membre du parti allemand néonazi NDP. Et jusque dans le hors-série lui-même, Jürgen Schwab dénonce la démocratie comme une ‘ dictature d'opinion ’. Il se positionne clairement comme étant contre les lois interdisant les propos négationnistes.

























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De Unstern
10H02 | 11/04/2009 |
@ Norton 07
Tiens, vous invoquez cette bonne vieille théorie de la conspiration quand ça vous arrange… Votre Très-Saint Père victime d'un odieux complot anticlérical…
Eh bien non. Tout simplement, l'affaire a fait « tache d'huile » sur le Net, comme tant d'autres.
C'est d'ailleurs précisément pour cette raison que l'Église catholique, et plus généralement, tous les pouvoirs conservateurs, entrent en furie dès qu'on parle d'Internet : la Toile, c'est très difficile à manipuler (même si, comme vous en ce moment, on peut y faire de l'intox).
Pourquoi ? Parce qu'une voix isolée peut y avoir autant de poids (sinon davantage) qu'une armée de propagandistes dévoués. Et ça, pour l'Église, c'est pas du jeu !
Allez, je vous laisse à votre touchante théorie du complot…
: -))
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De compte sup. à la demande du riverain 25.08
chat de garde | 15H48 | 10/04/2009 |
T'es lourd, gaetan !
PS T'as oublié « tartuffe »
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De ginkoland
Ginkologue | 17H59 | 10/04/2009 |
Avec son béret sur la photo on dirait Paul Préboist, vous ne trouvez pas ? : -)
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De marabbeh
18H09 | 10/04/2009 |
Ben justement ça ne leur a pas porté chance de tourner casaque. Ca devrait vous faire réfléchir, non ?
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De vakenat
23H45 | 11/04/2009 |
« Heureux le condamné car il est le seul à connaitre l'heure de sa mort. Il a ainsi la meilleure occasion de mettre de l'ordre dans son âme avant de mourir. »
Père Martin Torrent, aumônier général des prisons d'Espagne.
La Horca s'adressant au prêtre « Don Jacobo » avant de le faire exécuter
(La voix de La Horca (NB officier franquiste) était courtoise, impersonnelle
»…L'Eglise a toujours été notre chasse gardée.Vous n'avez peut être pas encore compris que cette guerre n'a rien de politique. C'est une qlagrade mortelle entre les pauvres et les riches. vous avez choisi le parti des pauvres. C'est une trahison contre nature que je ne puis admettre. Vous devriez savoir, Don Jacobo, que les riches sont sans merci.
José Luis De Vilallonga._ Fiesta._ grand d'Espagne, engagé à 17 ans dans l'armée franquiste…
De pedro66
informaticien bon à rien | 14H01 | 10/04/2009 |
Et alors, on le sait que c'est un extrémiste ! ! ! !
Pas juste depuis vos révélations ….
Tous les extrémistes sont des fachos, juifs, cathos, musulmans, etc….
à pedro66
De Utilisateur désinscrit à sa demande
nc | 14H42 | 10/04/2009 |
Et toi, tu es un modéré ?
à pedro66
De bleuet1
espère malgré tout | 14H47 | 10/04/2009 |
Il manque un smiley pour montrer un visage avec des yeux ronds comme des billes.
Comme pouvez-vous dire une chose pareille ?
Et Hitler, il avait une religion, peut-être ? Enfin, dans un certain sens, puisqu'il était totalement mégalo, on peut dire qu'il se vénérait lui-même. ; -))
Je vous l'accorde, il y a des extrémistes qui se réclament d'une religion, et qui se battent au nom de celle-ci. Mais c'est précisément parce que je suis croyante que je nie leur appartenance à ces religions. Par exemple : Ben Laden se dit musulman, et bien je dis qu'il a tort, car il va à l'encontre des principes fondateurs de cette religion.
Autre exemple : Bush. Il se dit chrétien, mais pour moi, quelqu'un qui part en guerre au nom de Dieu (même s'il ne le dit pas, on sait bien que c'est ce qu'il a en tête) n'a rien compris à Dieu.
Les religions, par essence, incitent les hommes à s'élever au-dessus de certains de leurs instincts, ceux qui les empêchent de vivre en bonne entente avec les autres et avec eux-mêmes.
Or, le fait de tuer est l'un de ces mauvais instincts. Je pense donc que l'extrémisme, qui souvent prône la peine de mort, est anti-religieux.
Faites également attention à votre syntaxe : vous avez l'air de mettre sur le même plan un facho avec un juif, catho, musulman.
Le terme de fachisme est l'un des plus galvaudés de l'histoire, aujourd'hui on l'emploie à tort et à travers.
Benoît XVI n'est pas la personne que je porte le plus dans mon coeur, mais il n'est certainement pas facho.
à bleuet1
De pedro66
informaticien bon à rien | 17H04 | 10/04/2009 |
« Faites également attention à votre syntaxe : vous avez l'air de mettre sur le même plan un facho avec un juif, catho, musulman. »
Vous avez bien compris ! ! !
à bleuet1
De pedro66
informaticien bon à rien | 17H06 | 10/04/2009 |
« Faites également attention à votre syntaxe : vous avez l'air de mettre sur le même plan un facho avec un juif, catho, musulman. »
Vous avez bien compris ! ! !
Mais j'aurai du écrire :
« Tous les extrémistes sont des fachos, qu'ils soient juifs, cathos, musulmans, etc…. “
Pardon .
à bleuet1
De vakenat
00H12 | 12/04/2009 |
Votre contribution m'a fait réfléchir … et ce n'est pas rien.
Benoit XVI n'est pas un facho, vous avez parfaitement raison ; un facho voudrait que tout le monde obéisse à ses Diktats, Benoit XVI se contente d'interdire aux africains ou non mais CATHOLIQUES d'utiliser le préservatif (ceux africains ou non qui ne sont pas catholiques, ils se foutent bien des états d'âme de sa papauté.et de ses ordres ») donc, si sa sainteté infaillible est suivie par ses propres troupes seul les africains ou non mais…catholiques seront en risque d'attraper le SIDA ou autre MST mais, c'est de l'eugénisme bien compris, ma chére, vive Benoit XVI qui nous débarrassera peut être enfin du SIDA mental qu'est le catholicisme.
De Lurker
Neant | 14H03 | 10/04/2009 |
J'ai une question un peu bêbête, mais je me permet tout de même. Quelle est la puissance réelle de ce type ? Si je prends un exemple recent completement sous-médiatisé, Notre Président prend le risque de bafouer les principes fondateurs de l'Etat Français en l'appelant « Mon Tres Saint Pere » plus de 20 fois en 15mn, pour quoi ?
Je veux bien que le pape soit quelqu'un d'important pour certains, mais ses sorties habituelles (capote, négationnisme, avortement, homosexualité) sont totalement a contre-sens de ce que pense l'immense majorité des gens, *y compris les catholiques*.
Concretement, si un Sarko décidait de ne plus accorder aucun crédit à ce gourou (oui, c'est subjectif), quelles en seraient les consequences, a part un peu respect pour les français (et un tas d'autres) ?
On va me dire qu'il y'a beaucoup de catholiques en France. Mais il y a aussi beaucoup de musulmans, beaucoup d'athées, d'agnostiques, que sais-je, et au dessus de tout, le respect de la laïcité. Donc sous pretexte d'une culture séculaire, on doit la courbette a quelqu'un qui n'apporte rien, sinon de la haine ? (je suppose que le Vatican a un poids economique limité, et que le respect des principes de la République devrait être placé au dessus des croyances personnelles d'un président, non ? )
à Lurker
De fidal
guide de tourisme | 14H35 | 10/04/2009 |
Le Vatican est (en valeur financiére) le 1er propriétaire foncier de la planète.
Y ajouter ses banques dites classiques ainsi que ses banques d'affaires et autres « orgasmismes » de crédits.
Bon c'est sur depuis 2-3 mois ils on du en prendre plein la tronche ; leur vertue 1ere a l'aube du 21sc. étant plutot l'usure
à18% que le prèt pour les micros crédits dans le tier monde .
Mais on va pas les plaindre non ?
Zont qu'a vendre leurs calices en or et acheter leur hosties en chine.
à Lurker
De dob
15H22 | 10/04/2009 |
la puissance réelle d'un pape dépend de son charisme auprès des populations, et ça s'arrête, à peu de choses près, là.
le problème, c'est qu'il parle au nom de toute l'Eglise catholique, qui est loin d'être d'accord avec lui. et que ses propos nuisent à l'image des chrétiens dans le monde qui se battent contre le Sida pour l'amour du christ et non pas des intégristes.
après, le fait que Sarko « fasse la courbette » au papa n'a rien à voir avec la laïcité : c'est comme Carla qui fait la révérence à la reine d'Angleterre, ça s'appelle le protocole. Et le pape incarnant, en théorie, l'Eglise catholique, ça serait prendre le risque inutile de les froisser.
Ah oui, tout ceci est bien complexe, déjàqu'en tant normal on ne sait pas exactement ce que le pape représente alors quand en plus il oblige par ses propos les cathos à se désolidariser de lui…
à dob
De Ishtar
18H02 | 10/04/2009 |
« le pape incarnant l'église catholique,ça serait prendre le risque inutile de les froisser. »
Il est loin le temps où la France était « la fille aînée de l'église ».A l'époque le Vatican était tout puissant,pouvait en agitant la menace de l'excommunication faire trembler une bonne partie des rois européens et les manants aussi d'ailleurs.Aujourd'hui,il ne reste qu'un roturier comme Sarkozy pour peut-être avoir peur d'une telle sanction.
Non j'ai beau chercher je ne vois pas où se situe le risque majeur de froisser ce pitoyable facho.Et ses écrits dans cette revue ne sont pas seuls en cause : son discours de Rastibone,ses prises de position sur le préservatif,ses excommunications intempestives de médecins pratiquant l'avortement……..etc
à Lurker
De félicité-mafoi
15H23 | 10/04/2009 |
Machin1er en fait des tonnes avec Truc16, parce qu'il est inculte, obsédé de la cordonnite et qu'il a un électorat de petits vieux à flatter (c'est comme pour les chasseurs, ils ne sont pas nombreux mais tous votent)
à Lurker
De Zadig 974
18H19 | 10/04/2009 |
Bonsoir Lurker,
Il convient de ne jamais sous-estimer autrui. Et quand celui-ci est un prélat, que dis-je, le Pape, il faut alors être prudent avant d'euphémiser le pouvoir réel de ce Prince.
Cet homme attire à lui à chacun de ses déplacement des milliers d'hommes. Chacune de ses paroles, chacun de ses silences sont entendus, répétés, interprêtés et répétés, analysés et décortiqués…
Cela ne va pas dans le sens d'une papauté guignolesque qui n'aurait aucun retentissement dans la temporalité du monde.
Le fait même que le président élu de la France lui serve du « mon très saint père » à la louche doit être pris en compte. L'électorat vieillissant français affectionne les valeurs morales chrétiennes que le Pape représente. Cet électorat a voté pour l'actuel président.
Quant à l'étranger… La Pologne est une grenouille de bénitier, l'Italie se signe à longueur de journée, l'Allemagne qui a conçue le Pape de maintenant songera sous peu à lui faire un accueil triomphal, la Belgique est une monarchie et elle n'est pas la seule dans ce cas en Europe…Alors…
D'autre part, le Pape est tout puissant pour nommer et révoquer les prélats, archevêques et évêques de France et du Monde entier. La récente affaire de la réhabilitation de l'évêque révisionniste en est une illustration. Ces mêmes évêques influent sur la vie locale de l'Eglise…eux-mêmes nomment et révoquent ceux qui sont sous leur autorité…
A terme, le visage rondouillard et sympathique des curés gauchos pourraient muer pour une austère tronche vêtue d'une soutane corbeau et coiffée du fameux béret…
De plus, les cathos de France se liguent aux Musulmans dans l'espoir (hélas fondé) de voir enfin cette loi de 1905 dépoussiérée. Plus tard, ils auront tôt fait de les larguer, mais en attendant les attaques sont sérieusement menées.
Vous comprenez donc, mon cher Lurker, que je ne suis pas de votre avis quant au réel pouvoir du Pape, tout fasciste qu'il soit.
Zadig974
à Lurker
De stephanemot
Author & Chief AtoZ Officer | 02H01 | 11/04/2009 |
Ratzinger est un dangereux fondamentaliste dont l'objectif est de detruire l'Eglise moderne de l'interieur
http://blogules.blogspot.com/2009/02/le-pape-combien-de-revisions.html
on ne peut pas comparer l'Eglise Catholiques a ses « concurrents » : son organisation pyramidale confere un pouvoir enorme a ses dirigeants avec un impact sur le terrain enorme. C'est une force politique, economique et sociale transnationale.
à Lurker
De Wayldo
dilettante | 00H52 | 12/04/2009 |
Lurker, vous reprenez la phrase attribuée à Staline : « Le Vatican, combien de divisions ? “ (blindées)
Le Pape représente une autorité morale et l'Église n'a pas à suivre toutes les modes du siècle..
Ensuite, que ses propos soient déformés,amalgamés et trafiqués par quelque mouche du coche sur un blog confidentiel français, est sans importance.
à Lurker
De alzaz
12H02 | 12/04/2009 |
Je suis tout à fait d'accord avec vous sur les principes démocratiques ET laïques mais nous sommes tous les deux dépassés : 2 vieux chnocks. Dans « Après la démocratie » Emmanuel Todds montre à quel point la planète vire au totalitarisme. Le rôle du pape fait partie du jeu et Sarko, qui n'a jamais été un parlementaire, rêve d'une place pour sa dynastie génitale dans ce nouvel ordre. D'ailleurs, sommes-nous encore une démocratie ?
http://alzaz.over-blog.com/
De Xa_chan
(nippon ni mauvais) | 14H03 | 10/04/2009 |
Donc, d'après la « dictature sympathique », on n'a même pas le droit de critiquer la démocratie ? Intéressant…
Toute personne critiquant la démocratie est donc assimilée à un « facho », à un « ennemi de la liberté ». C'est aller un peu vite en besogne, je trouve. Est-il vraiment « fasciste » de se demander « à quel point les élections sont-elles libres » ? Désolé, mais quand à la veille d'une élection présidentielle à laquelle Sarkozy est candidat je vois soudain fleurir sur un grand nombre de chaînes de TV des reportages sur la « sécurité », je me pose en effet un certain nombre de questions.
« La cruauté de cette oligarchie, ses possibilités d'expression publique, sont connues depuis longtemps. Qui veut s'y opposer est ennemi de la liberté, parce qu'il handicape la liberté d'expression. »
Ca ne vous rappellerait pas un certain personnage, à un certain poste de l'Etat, entouré de certains de ses amis, PDGs de certains grands groupes de presse ? Je dis ça, je dis rien…
Si je veux critiquer la démocratie, j'estime que c'est mon droit. Si je veux dire « je n'aime pas la démocratie actuelle parce que telle et telle chose ne me semblent pas justes, parce qu'il vaudrait mieux faire ainsi et ainsi », je ne me considère pas comme un facho.
Attention, hein, je ne suis pas en train de défendre le Pape (dont je n'ai par ailleurs strictement rien à faire, en fait, ce qu'il dit ne m'influence pas). Je n'adhère en rien aux vues politiques de Die Aula (j'aurais en plus du mal, je ne suis pas germanophone) telles que j'ai pu m'en rendre compte sur internet.
Je me pose juste la question : « la démocratie existe-t-elle vraiment si on n'a pas le droit de critiquer la démocratie ? » Je trouve que dans le cas de l'extrait mis en exergue par Rue89, le DÖW est allé un peu vite en besogne pour classer cet extrait comme « extrémiste ». Oui, c'est un point de vue très conservateur, passéiste et à mon avis outrancier par certains aspects.
Il ne me semble en revanche pas y lire un appel au renversement de la démocratie et à l'institution d'une dictature (ou d'une théocratie, dans le cas du Pape). Encore une fois, je ne fais que réagir à l'extrait présenté par Rue89.
Allez-y maintenant, vous pouvez me lyncher.
De eudemon
intello-précaire | 14H48 | 10/04/2009 |
Je vais sans doute me répéter mais le propre de la pensée et du style réactionnaire n'est pas de proposer frontalement un modèle autoritaire ou totalitaire.
Il s'agit au contraire de souligner l'inefficacité du système démocratique qui d'ailleurs ne se limite pas simplement à la procédure démocratique.
Plus précisément, la démocratie ce n'est pas simplement un régime politique mais c'est aussi un état de fait : les hommes naissent libres et égaux, ils sont donc à égalité (notamment leurs opinions se valent, c'est ce qui vous permet aujourd'hui d'exprimer à égalité votre opinion avec la mienne alors que potentiellement elle demeure inférieure ou supérieure en contenu.). La démocratie pour résumer la pensée de Tocqueville c'est donc ce qui s'oppose au monde aristocratique et hiérarchique.
La démocratie c'est donc ce qui s'oppose consubstantiellement à l'Église dans la mesure et à son modèle fondé sur un principe inégalitaire et hiérarchique.
B16 répète ainsi dans son texte une analyse peu originale d'une vieille antienne réactionnaire sur la supériorité du monde aristocratique sur le monde démocratique qui passe par une critique oligarchique de la démocratie : La démocratie est une oligarchie déguisée (c'est son propos) (et là je rajoute le non dit) ; la démocratie n'est donc pas un bon régime puisqu'elle ne peut remplir ses objets (notamment la liberté qui n'existe pas vraiment) donc autant choisir l'aristocratie, un modèle de société qui a fait ses preuves.
Donc, le sous-entendu de son discours c'est que seul le monde aristocratique (celui des meilleurs et des plus savants) est à même de gouverner, de décider, de prendre des décisions pour autrui. Autrement dit, il plaide pour un modèle aristocratique quel qu'il soit : une dictature franquiste, une dictature nazie, une dictature pinochetiste… Qu'importe à partir du moment où ce qui relève de la pensée, des idées relève du monopole de l'Église catholique et romaine.
Conclusion méfiez vous du crocodile qui dort. Et n'oubliez pas que nous vivons dans un monde Luciférien.
à eudemon
De Saturnin-julius
08H48 | 11/04/2009 |
c'est vraiment du n'importe quoi !
Manifestement, vous n'avez pas lu le texte dans son entier.
Il dit que la liberté ne peut pas fonctionner sans référence extérieure.
C'est réactionnaire pour vous cela ?
Alors vous êtes totalement nihiliste !
Pour vous le simple fait de penser qu'il y ait des choses qui ont de la valeur, par elles-mêmes, indépendamment d'un vote bricolé dans un coin, entre des gens qu'on prétend (artificiellement c'est un fait, ne serait-ce que par l'âge) égaux en tout, c'est réactionnaire ?
Vous croyez vraiment que la mécanique quantique n'aurait pas de valeur sans débat parlementaire ?
Vous me rappelez cet état américain (le Dakota du nord ? ) qui, dit-on, a voulu un jour voter une nouvelle valeur pour PI (« 3 » c'est plus simple que 3.14159…)
Si je vous comprend, le propre de la pensée réactionnaire, c'est que ça a l'air intelligent ; mais en fait ça ne l'est pas !
Alors que la pensée progressiste, ça a l'air stupide, mais en fait c'est suprêmement malin !
Je penserai à vous pour le prix Dzerjinski-Lyssenko de l'intellectuel-engagé ….
à Xa_chan
De Iv
Roboticien utopiste | 14H53 | 10/04/2009 |
En effet, je me demande du coup… Le passage cité est-il mal choisi ? Il dit en gros qu'on peut influencer une élection en influençant les médias. Ai-je manqué quelque chose ? C'est une opinion couramment défendue dans rue89 et dans un peu toutes les factions politiques d'ailleurs. C'est un problème reconnu de notre société.
Ceci dit, je n'aime pas Benoit XVI, mais il faut l'attaquer avec de vrais arguments…
à Iv
De Arnaud Aubron
Rue89 | 15H21 | 10/04/2009 |
Comme je m'explique plus bas, le problème porte moins sur le fond de ce qu'a écrit le pape, que sur l'endroit où il l'a écrit, comme le dit d'ailleurs notre titre.
à Arnaud Aubron
De Joli grain de sable
ni loup ni mouton | 16H19 | 10/04/2009 |
c'est bien ça qui est regrettable et qu'on pourrait vous reprocher justement… (à votre place, je n'en serais pas fier). D'autant qu'on a déjà dit que cet article a été écrit initialement trois ou quatre ans auparavant pour une revue catholique.
à Joli grain de sable
De sanlucar
10H54 | 11/04/2009 |
il n'empêche qu'accepter de se faire publier par une revue fasciste, excusez du peu, c'est forcément laisser entendre qu'on en partage les idées… benedictus récolte ce qu'il sème
à Xa_chan
De Pénéqué
par | 15H07 | 10/04/2009 |
Une fois, j'ai entendu quelque chose qui m'a fait sourire :
« Si les élections avaient une quelconque incidence sur une démocracie, elle devriendraient illégales. »
De eudemon
intello-précaire | 15H07 | 10/04/2009 |
La critique de la démocratie et de l'opinion publique et notamment le monopole de l'information par une petite caste aristocratique est très ancienne.
Le fait que cette analyse se retrouve dans cette revue signale seulement que B16 est plutôt favorable à la solution portée par la revue die Aula : suppression de la démocratie et instauration d'une dictature.
A l'inverse les critiques de la démocratie faite par l'école de Francfort (Adorno, Habermas…) ne risquent pas de se retrouver dans die Aula car leur critique vise avant tout à améliorer la démocratie. La démocratie est un régime neuf qui doit être amélioré chaque jour en tenant compte des critiques opportunes et non instrumentales.
CCL : même si cela fait mal de l'entendre, l'Eglise catholique ne se remet pas de l'avènement de la démocratie qu'elle a toujours rejeté avant de comprendre qu'elle ne pourrait rien contre dans la mesure où les élites politico-éconmiques y étaient opposés.
Aujourd'hui par contre ce n'est plus le cas (l'opus deï a ainsi patiemment su crée un grand réseau d'industriels, d'hommes politiques et d'intellectuels capables d'inverser la tendance) et c'est ce qui peut apparaître dangereux à long terme pour notre démocratie.
De shillom
15H43 | 10/04/2009 |
« Le fait que cette analyse se retrouve dans cette revue signale seulement que B16 est plutôt favorable à la solution portée par la revue die Aula : suppression de la démocratie et instauration d'une dictature. »
Rien ne le prouve dans le texte publié ici. Qu'on se comprenne bien, je ne défend pas le pape mais j'ai l'impression qu'on lui prête un procès d'intention. Que les arguments soient récupérés plus loin dans le texte au profit d'un régime dictatorial, peut-être, mais ça reste à prouver.
En revanche, que le journal fasco et ses lecteurs aient interprété les propos, c'est une évidence.
En gros, il me faudrait le texte du pape en français ou en anglais pour en juger.
Pour moi la question devient alors : « Peut on diffuser un texte n'importe où pour faire passer une réflexion à un maximum de personnes ? »