tchat avec Michel Vaujour 08/04/2009 à 16h41

La société du spectacle ne vous condamne-t-elle pas à devenir un « Dalaï-lama des prisons » ?


« Non, je n’incarne pas de cause, je suis ce que je suis, c’est tout. Rien d’autre. »

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  • himalove
    himalove
    ouvrier agricole
    • Posté à 16h28 le 09/04/2009
    • Internaute 56239
      ouvrier agricole

    L’univers carcéral, en particulier l’isolement et le régime réclusionnaire, en France, est bâti sur le modèle du monastère.

    Il fabrique parfois des saints, souvent des fauves et toujours des martyrs.

    Michel Foucault, dans son livre « Surveiller et Punir », en a écrit l’histoire et l’intention utopique : isoler le corps, le martyriser et réformer l’âme.

    Pour avoir vécu un emprisonnement, dans le silence des QHS, je sais qu’il existe chez le réclusionaire « quelque chose » qui lui permet d’apaiser la relation à l’inacceptable et de rester « intact ».

    La foi.

    Le condamné à mort Jacques Fesch exprime bien, dans « son repentir », ce quelque chose qui lui permet d’aller serein à la guillotine.

    Jean Genet lui a esthétisé l’enfermement et en a même tiré, peut-être ment-il lorsqu’il affirme, du plaisir.

    Pourquoi éprouvez-vous le besoin, aujourd’hui, d’expliquer à des gens qui pourraient nous renvoyer en prison comment on peut résister et survivre à de longues incarcérations ?

    Croyez-vous « honnêtement » que si vous aviez parlé comme Jean-Marc Rouillan on vous aurait laissé causé avec le public ?

    Je n’ai pas encore vu votre film mais j’ai l’impression que le mode de relation à l’autre est celui de la repentance...