Entretien 07/04/2009 à 15h53

Le salaire des patrons ? « Un dérapage générationnel »



'Thinking More » (HikingArtist/Flickr).

Michel Rouger connaît le CAC 40 comme sa poche. Ancien président du Consortium de réalisation, la structure de défaisance du Crédit Lyonnais, il a observé de près le tournant des années 90 sur la rémunération des grands patrons. « Dérapages », dit-il aujourd'hui, et « phénomène générationnel » mal assumé par le Medef. Espoir ? Certains patrons en sont conscients. Entretien.

Rue89 : Que pensez-vous du débat actuel sur la rémunération des grands patrons ?



Michel Rouger (DR).

Michel Rouger :

Lorsque j'ai été nommé à la tête du CDR, je ne voulais pas siéger dans les conseils d'administration du CAC 40, où l'Etat avait des participations. J'ai fait deux exceptions : Lagardère et Bouygues. Chez le premier, je n'ai pas eu à discuter du salaire de Jean-Luc Lagardère, à cause de la forme juridique de la société. Par contre, j'ai eu à débattre du salaire de Martin Bouygues, que j'ai accepté, parce qu'il était dans le marché et parce que le groupe, c'était son argent à lui.

A l'époque [1992, ndlr], je touchais 22 000 euros par mois (260 000 euros par an) au CDR, soit l'équivalent des salaires des patrons des entreprises publiques. Et quand je suis parti, j'ai eu droit à six mois de salaire et je n'ai rien demandé de plus. Quand je vois aujourd'hui les sommes faramineuses versées aux managers (deux à trois ans de salaire en cas de départ) et qu'en plus, on leur donne du capital de l'entreprise par les stock-options... Je suis très distancié par rapport à cette façon d'être rémunéré.

Comment expliquez-vous cette évolution ?

Cela s'est fait parce qu'à un moment, on a complètement perdu la valeur de l'argent. A un moment, il a fallu faire comme les Américains. Tout part de travers au début des années 90 et sous le règne de Bill Clinton [1993-2001, ndlr]. Avec les affaires du Lyonnais, j'ai eu à traiter les affaires de la Metro Goldwyn Mayer. Au conseil de la MGM, il y avait notamment Henry Kissinger et Francis Ford Coppola. Coppola avait une vision très européenne, gauchisante. Kissinger, lui, est un opérateur international qui a une vision opérationnelle de l'économie, dans un cadre politique, même s'il a de gros besoins d'argent pour vivre (il se fait grassement payer pour donner des conférences).

Nous avons alors beaucoup discuté de ce qui s'était passé aux Etats-Unis, où l'on avait perdu le sens de l'argent. En fait, on donnait alors de l'argent un peu frelaté aux classes moyennes, par le crédit, pour leur permettre d'avoir un bon niveau de vie. Hé bien ! on a fait pareil avec les managers, dont les salaires ont explosé. Je ne suis pas sûr qu'ils aient mérité cet argent. Il y a eu des dérapages. C'est à l'actionnaire de décider, il doit mettre de l'ordre dans les salaires des gens qu'il désigne. Avec l'Etat comme actionnaire, on reviendra aux salaires que j'ai connus il y a vingt ans, sans bonus et sans stock-options.

Les patrons sont-ils conscients du débat actuel ?

Il ya trois catégories de patrons. Ceux que je côtoie, que j'aime bien et qui sont raisonnables, sont très conscients de ce débat. Ils ont tous un problème : les gens attachent à la valeur d'un homme, la valeur de l'argent qu'ils acceptent de lui donner. La notion de ce que vaut une chose et de ce qu'elle coûte n'est pas toujours en harmonie.

La deuxième catégorie, que je fréquente sans avoir des discussions particulières avec elle, a le sentiment suivant : tant qu'on voudra me payer ce prix-là, je prends. Enfin, il y a la troisième catégorie. Des gens comme Antoine Zacharias [il aurait accumulé chez Vinci 250 millions d'euros de rémunération en six ans, ndlr], sur le mode : tout ce que je peux prendre, je le fais et je pars ailleurs à l'étranger. « Take the money and run », comme dit Woody Allen.

Que pensez-vous du discours actuel de Laurence Parisot ?

Elle est écartelée entre ces trois types de patrons. Autour d'elle, il y a peu de patrons de la première catégorie, plutôt ceux de la deuxième qui, eux-mêmes, sont fortement influencés par la troisième. Dans leur génération, il y a une espèce de révolte contre l'Etat, associée à une énorme perte de confiance dans l'ensemble du système de direction du pays. Ils ne comprennent pas le message des politiques. Autour de Laurence Parisot, les gens veulent résister aux pression du politique, du type « la mode est à bouffer du banquier, et bien bouffons du banquier »...

Laurence Parisot, femme intelligente, est d'une génération où l'attitude à l'égard de l'Etat a toujours été d'une quasi hostilité. Le domaine réservé de la liberté de fixation du salaire est très générationnel. Moi, je ne suis pas prêt à voter trois millions d'euros pour une indemnité de départ de managers.

Photo : « Thinking More » (HikingArtist/Flickr).

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  • Sylvain85
    • Posté à 16h54 le 07/04/2009

    Très bonne analyse de la situation.

    Le gouvernement actuel a fait beaucoup de concession fiscale pour ces mêmes personnes qui ne croient pas en l'Etat et se glorifie de l'énormité de leur fortune. Dans le même temps, il a une communication offensive pour que le bon peuple avale la couleuvre.

    En réalité, c'est totalement inefficace. Ces personnes auront toujours l'impression de payer trop d'impôt et les gens ont un dégoût renforcé de la classe dirigeante.

    Il aurait mieux valu, améliorer le quotidien de tous et faire un effort de communication avec les plus riches pour leur faire comprendre qu'il y a des limites à tout.

  • yalienx
    • Posté à 17h21 le 07/04/2009
    • Internaute

    C'est une bonne analyse de la situation et sur le dérapage des salaires des grands patrons au cours des 20 dernières années.

    Les rémunérations actuelles sont totalement ahurissantes et ne reflètent en rien la valeur du travail des managers. Dans une certaine mesure, c'est un combat sans grand intérêt pratique pour les classes les plus modestes (ou même les classes moyennes), car une limitation des salaires des grands patrons n'aura aucune conséquence sur leur quotidien ou sur leurs salaires. Mais c'est un problème d'image, de confiance dans le système et même de réhabilitation du patronat (i.e. 99% des patrons ont des rémunérations totalement normales et acceptables, et pour certains pas meilleures que celles d'un salarié, et ils sont pourtant décrédibilisés par ces « fous furieux » qui prennent des millions ! ).

    Revenons à des choses plus réalistes. Qu'un grand patron gagne 20 à 30 k€ par mois, ça ne me paraît pas choquant. Qu'il gagne 200 à 300 k€ par mois (et bien plus pour certains), c'est parfaitement contestable !

    • Dominique52
      Dominique52 répond à yalienx
      • Posté à 18h38 le 07/04/2009

      A mon sens, au delà des sommes en jeu c'est l'écart exprimé en « nombre de fois le salaire de base » qui est choquant car il est injustifié. Et si un écart maximum était fixé c'est toute la hiérarchisation qui serait à revoir, et alors le « 1X le salaire de base » servant de mode de calcul serait probablement plus important.

      Autre chose : souvent ces salaires mirobolants sont le résultat de « performance » et on sait bien ce que cela implique et où cela nous a conduit.

      • yalienx
        yalienx répond à Dominique52
        • Posté à 19h53 le 07/04/2009
        • Internaute

        Oui, le « nombre de fois le salaire de base » peut paraître une bonne chose.

        Cela dit, je demande à voir comment une telle mesure pourrait être appliquée. Car elle risquerait de générer des inégalités.

        Par exemple, si on prend l'hypothèse d'un multiple de 20, on pourrait avoir les cas suivants :

        - dans une grande entreprise internationale, qui gagne beaucoup d'argent, le salaire minimum pourrait être par exemple de 2 000 euros, ce qui permettrait au patron de gagner 40 000 euros. En gros, le patron augmenterait ses salariés pour pouvoir gagner plus.

        - dans une petite entreprise qui gagne peu d'argent, si le patron est obligé de plafonner sa rémunération à 2 000 euros par exemple, le salaire minimum de ses salariés ne sera pas augmenté.

        Avec cette idée, j'ai peur qu'on efface les pratiques choquantes de quelques centaines de personnes pour créer des inégalités sur plusieurs millions de salariés. Alors certes l'idée paraît bonne pour tous ceux qui travaillent dans de grandes entreprises, mais ça crée un monde du travail à deux vitesses. C'est déjà un peu le cas aujourd'hui, mais l'ampleur serait bien plus importante.

        Je préférerait une idée à l'américaine (avant Reagan) : on taxe les revenus au-delà d'un certain niveau à 90%. Ca dissuade les boss de se verser des rémunérations trop fortes et ça rejaillit forcément sur le revenu des salariés, avec l'espoir d'une moins grande différence entre les salariés des grandes et des petites entreprises...

  • Dominique52
    • Posté à 18h31 le 07/04/2009

     »...A un moment, il a fallu faire comme les Américains.... »

    Tiens je retrouve l'argumentaire de Jean-Marc Sylvestre qui nous expliquait le matin sur France Inter que les patrons français étaient sous payés, et que les excès dont on commençait à peine à parler n'étaient que de la remise à niveau.....

    Certains jours je ne peux m'empêcher de penser à ce général romain ayant commis tant d'injustice par avidité qu'il fut condamné à étancher sa soif de richesse avec de l'or en fusion. De nos jours ils ne boivent plus, ils se goinfrent.

  • pablico
    pablico
    Sudoku et Nord de face
    • Posté à 19h00 le 07/04/2009
    • Internaute
      Sudoku et Nord de face

    Imaginons une équipe de foot, où un joueur ait un salaire faramineux, certains ayant un petit salaire même coquet, d'autres ne pouvant pas joindre les deux bouts..

    va-t-elle être performante cette équipe ? ?

    Y aura-t-il une cohésion, un esprit qui gagne entre eux ?

    transposons...sur nos sociétés ...

    • yalienx
      yalienx répond à pablico
      • Posté à 14h18 le 08/04/2009
      • Internaute

      C'est le cas dans la plupart des équipes de Ligue 1 en tout cas...

  • expat
    • Posté à 19h18 le 07/04/2009

    Il n'y a aucune logique dans tout ca, une entreprise ne marche pas juste avec un patron, il y toute une equipe qui la fait fonctionner, donc la masse salariale et le nom du manager devrait etre la seule chose que les actionnaires decident, et encore il y a plein de chose qu'ils ne devraient pas avoir le droit de faire.

    La remuneration du patron ne peut etre plus elevee que si elle reflete plus de travail, plus penible etc....
    Beaucoup des problemes de la societe serait absent si tout le monde recevait le meme salaire, et ne me racontez pas que comme le mannequin moyen certain de ces ventrus ne se levent pas le matin pour moins de 20 000 €, comment comptent-ils payer leurs factures ?
    Pour nous il serait sans doute aussi preferable qu'ils restent dans leur lit.

  • franc parleur
    • Posté à 20h41 le 07/04/2009

    Ce que je trouverai juste, c'est une répartition de tous les salaires entre 1500 euros net et 15 000 euros net.
    Que ce soit pour les éboueurs - que nous devrions tous être à tour de rôle au moins quelques mois dans une vie (Gandhi) - pour les politiciens, les vedettes, les journalistes, bref sans exception.

    Avec 1500 euros, on mène une vie simple mais décente.
    Avec 15000 euros, on mène une vie agréable mais décente.

    Vive la décence !
    A bas l'abus et l'avidité,
    A bas l'exploitation.

    Proposition de décence partagée :
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  • sinclair
    • Posté à 21h07 le 07/04/2009

    Ce n'est pas vraiment un dérapage mais la conséquence d'un partage des profits déséquilibré. Le profit a fait et continue a faire des progression a deux chiffres mais il était hors de question d'en faire bénéficier la base qui était et est toujours une variable d'ajustement (les délocalisations possibles y ont fortement contribues) dont on a naturellement limité l'accès aux profits. Profits qui s'est déversé sur les actionnaires puis devant l'abondance sur les plus hauts cadres, et ce sans reflexion quasi mécaniquement jusqu'à l'apoplexie. Ceci dit apparemment rien n'a change et ce n'est pas le G20 qui y a fait quelque chose sauf en apparence. Pas convaincu voir ici
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    Tout est dans l'apparence.

  • baxbrin
    • Posté à 23h17 le 07/04/2009

    Bonne analyse, à laquelle il manque pourtant le principal : l'utilisation faite pas les grands groupes de leurs bénéfices.

    Certes placements, rémunération des patrons et cadres, mais surtout des actionnaires. Du coup personnels (ceux qui font vivre le business, il faudrait s'en rappeler) et investissement passent à la trappe.

    Mais c'est tuer la poule aux oeufs d'or... mais pour réaliser il faudrait savoir envisager un terme autre que court et un horizon autre que boursier.

    Nous vivons une crise du management et des dirigeants qui s'estiment « responsables » pour palper mais qui délèguent les pertes en s'augmentant... le cas contraire.

    Et si on leur achetait un dictionnaire ? à ces ordures...

  • Xiaochob
    • Posté à 01h53 le 08/04/2009

    J'étais en train de raconter comment je crachais dans le café de mon fils de pute de patron à une époque pas si lointaine, ça date d'il y a deux ans.

    Je vais pas recommencer, je ne sais pas où est parti mon commentaire (et ça faisait plutôt quelques lignes gratinées, dommage, tant pis).

    Ce que je dis est, au poteau ces gros cochons qui s'engraissent sur nos dos, sans rien produire, en nous flanquant la frousse dès qu'ils passent dans nos bureaux (je suis employée administrative la plupart du temps) et la trouille de nous mettre à la porte, surtout dans ce temps de crise (moi, Assistante de Direction, parlant quatre langues et en apprenant la cinquième, j'occupe un emploi de sous-larbine), je DETESTE, je les DETESTE, ceux qui ne produisent RIEN tout en nous pressant comme des citrons. Et même que je ne suis pas en bout de chaîne.

    Pour des idées, pour en finir avec tous ces êtres : « ANTOLOGIE DE LA SUBVERSION CARABINEE » de Noël Godin, un régal, et plein d'idées (attention, à ne pas laisser tomber dans n'importe quelles mains)

    Et surtout, SURTOUT, un plafond à leurs « salaires ». Depuis super longtemps je dis que au délà de, disons, 5.000 €, c'est immoral.

  • YoshiL7
    • Posté à 10h14 le 08/04/2009

    Peut-etre est ce aussi une facon de se donner bonne conscience face à tout cela que de parler de « dérapage générationnel » chez le patronat...
    Lien

  • Corsaire du Peuple et de la Raison
    • Posté à 11h47 le 08/04/2009

    Pourquoi un telle hostilité à l'égard de l'état, ils sont responsables plus ou moins directement des messages d'hostilité à l'égard de l'état, à croire qu'ils sont les premières victimes de leur propre propagande !

  • phantasus
    phantasus
    pilote d'éléphants
    • Posté à 12h01 le 08/04/2009
    • Internaute
      pilote d'éléphants

    copie de la lettre du parlement américain le notre fort de ses 577 membres n'a pas percuté très fort sur la même affaire

    « Ce mois-ci, le département du Trésor a annoncé un plan d'investissement de 125 milliards de dollars provenant du budget dans 9 banques, incluant la vôtre... Selon des déclarations publiques, ces 9 banques ont dépensé ou provisionné 108 milliards de dollars en salaires ou bonus durant les neuf premiers mois de 2008, environ le même montant que l'année dernière.

    Certains experts ont suggéré qu'un pourcentage significatif de ces paiements pourrait être versé à l'occasion des bonus de fin d'année et que l'importance de ces bonus pourrait être notablement augmentée du fait de l'apport de fonds provenant des contribuables... La presse a indiqué que ces bonus pourraient excéder 6 milliards de dollars dans les entreprises recevant une assistance fédérale.

    Bien que je comprenne la nécessité de verser des salaires, je questionne la pertinence d'une diminution du capital injecté par les contribuables dans les banques pour assurer le paiement de milliards de dollars en bonus, particulièrement après l'une des pires années de performance de l'industrie financière...

    Dans le but d'aider le comité dans ses investigations, je vous demande de me faire parvenir les informations et documents suivants concernant votre société et ses filiales et affiliés :

    - pour chacune des années 2006 à 2008, le montant total des salaires et la moyenne des salaires versés ou à verser à l'ensemble de votre personnel, en indiquant séparément les salaires, les bonus (en espèces ou en titres) et les divers avantages, ainsi qu'une description des raisons motivant les modifications d'une année sur l'autre ;

    - pour ces mêmes années, le nombre des employés rémunérés, ou devant l'être, pour un montant supérieur à 500 000 $, ainsi que les mêmes renseignements que ci-dessus les concernant ;

    - pour ces mêmes années, les mêmes renseignements portant sur les 10 employés les mieux rémunérés ;

    - la documentation montrant toutes les règles applicables à la distribution des bonus aux groupes d'employés référencés sous les points 1 à 3.

    Je vous remercie de fournir ces renseignements au comité au plus tard le 10 novembre 2008. Dans la mesure où les bonus de fin d'année 2008 n'auraient pas été finalisés à cette date, vous devrez le notifier au comité dès cette détermination et compléter votre réponse en conséquence

    • yalienx
      yalienx répond à phantasus
      • Posté à 14h23 le 08/04/2009
      • Internaute

      Une différence notoire entre la France et les Etats-Unis : aux Etats-Unis, l'Etat a aidé les banques en investissant directement du cash au capital de celles-ci ou en leur accordant des subventions, dans des proportions considérables ; en France, l'Etat n'a aidé que quelques banques en investissant au capital un montant limité et a surtout essayé de fluidifier le marché du crédit en garantissant les emprunts des banques françaises sur le marché.

      Garantir les emprunts ne donne aucun droit à l'Etat français, sauf celui de percevoir une commission de garant sur les montants garantis.

      Investir au capital ou verser des subventions donne un droit de regard à l'Etat américain sur la politique de la banque.

  • stachou57
    • Posté à 11h23 le 11/04/2009
    • Internaute

    bonjour,
    l'offre et la demande c'est surtout pour les petits, les gros eux sont grassement payer même sans demande. Des patrons du cac 40 il y en beaucoup qui peuvent le faire pourtant leurs salaire augmente. Bravo, le capitalisme c'est que pour les petits pas pour les goinfres du cac 40. Pour moi ce sont des criminels rien de plus ! ! ! ! !