Certaines firmes pharmaceutiques exploitent Wikipédia pour vanter les effets de leurs médicaments et dénigrer la concurrence.

Pour le magazine Books, qui a récemment publié un dossier sur le scandale de l'industrie pharmaceutique, Mikkel Borch-Jacobsen se penche sur la façon dont certaines firmes exploitent Wikipédia pour vanter les effets de leurs médicaments et dénigrer la concurrence. L'offensive cible principalement les articles en anglais, car c'est là que se situe le gros du marché.
Naguère, un patient désireux de s'informer sur tel ou tel médicament allait consulter son pharmacien. De nos jours, son premier geste est de le googler sur Wikipédia. Cela n'a pas échappé aux départements marketing de l'industrie pharmaceutique.
Une publicité invisible, déguisée en information objective
Sous le titre »Stratégies Wikipédia pour marketeurs pharmaceutiques et médicaux européens », le site eyeforpharma.com rapporte ainsi les résultats d'une étude sur les habitudes électroniques des consommateurs, menée par Manhattan Research, firme de consulting pharmaceutique :
« Dans la mesure où un nombre croissant de consommateurs se fient à Wikipédia pour leur information médicale, il est crucial pour les marketeurs de comprendre comment ce média social influe sur leur opinion et finalement sur leurs décisions au sujet du traitement et des produits. […] même si les compagnies ne peuvent pas contrôler Wikipédia de la même manière qu'une campagne de publicité classique, cela ne veut pas dire que les messages envoyés par son truchement soient moins efficaces -au contraire, le fait que le contenu ne soit pas sponsorisé peut ajouter à la crédibilité d'une entrée. »
Wikipédia offre ainsi la possibilité d'une publicité invisible, déguisée en information objective -le rêve de tout publicitaire ! Manhattan Research donne à cet égard une série de conseils aux marketeurs pharma européens pour établir leur stratégie Wikipédia » :
- S'assurer que les marques et les produits soient représentés de façon uniforme dans toutes les entrées Wikipédia en Europe.
- Vérifier que les traitements indiqués dans les « entrées maladies » de Wikipédia soient « corrects » (autrement dit, ne soient pas ceux proposés par les compagnies concurrentes).
- « Les compagnies, lorsqu'elles surveillent et éditent des entrées Wikipédia, devraient se contenter d'assurer que celles-ci soient exactes et complètes. L'élimination sélective de contenu factuel, même si celui-ci est négatif, est susceptible de provoquer la réprobation des consommateurs et des médias. » (Autrement dit, soyez prudents.)
- « N'oubliez pas que Wikipédia est constamment mis à jour. Mettre en place un processus de surveillance permanente de Wikipédia et distribuer les tâches à cet effet peut aider à ce que les efforts soient constants ».
Les marketeurs pharma n'ont pas attendu ces bons conseils pour mettre en œuvre leurs stratégies Wikipédia. Certains se sont fait prendre la main dans le sac à cause d'un nouvel outil de recherche appelé le WikiScanner. Développé par Virgil Griffith, étudiant du California Institute of Technology, le WikiScanner permet de détecter les modifications suspectes apportées aux entrées Wikipédia par des utilisateurs dont les ordinateurs sont enregistrés sous des adresses IP appartenant à des grandes entreprises ou à des organisations comme la CIA ou le Vatican.
Pris la main dans le sac, il minimisait les effets secondaires
C'est ainsi que la compagnie pharmaceutique Abbott Laboratories a gommé, dans certains articles, des informations concernant les risques d'un médicament contre l'arthrite ou d'un médicament anti-obésité. Mieux, un blogueur britannique a découvert toute une série de modifications suspectes faites entre juillet et octobre 2006 par l'utilisateur chrisgaffneymd (« Christopher Gaffney, M.D. » ? ) à partir d'un ordinateur appartenant au géant pharmaceutique AstraZeneca. Ces modifications avaient trait notamment à la quétiapine, « antipsychotique atypique » produit par AstraZeneca sous la marque Seroquel.
Comme on le sait mieux maintenant, les antipsychotiques atypiques ne sont en réalité ni plus ni moins efficaces que les antipsychotiques de première génération et ils ont de surcroît de graves effets secondaires (prise de poids importante, diabète et accidents cardio-vasculaires).
Version originale :
« En dépit d'une recommandation générale du National Institute of Health à l'encontre de [l']usage [de la quétiapine] chez les enfants et les personnes en-dessous de 18 ans, ainsi que d'un risque connu que les adolescents prenant ce médicament “soient plus susceptibles de penser à se blesser ou à se suicider, ou d'avoir l'intention ou d'essayer de le faire”, le Seroquel est démarché de façon controversée auprès des parents d'adolescents sujets à des sautes d'humeur et irritables, dans des magazines comme Parade et TV Guide. »
Version modifiée :
« Le Seroquel est démarché de façon controversée auprès des parents d'adolescents sujets à des sautes d'humeur et irritables dans des magazines comme Parade et TV Guide. »
(Les parents ne sont pas censés savoir que leurs enfants
risquent de se suicider dans la semaine suivant la prise de quétiapine…)
Version originale :
Certains patients utilisant la quétiapine peuvent avoir un problème de prise de poids causé par la persistance de l'appétit même après les repas.
Version modifiée :
Certains patients utilisant la quétiapine peuvent avoir un problème de prise de poids causé par la persistance de l'appétit même après les repas. Toutefois, des essais cliniques déterminants ont montré que cet effet était (en moyenne) égal à 1,9kg.
Inutile de s'appesantir sur les patients devenus obèses qui échappent à la moyenne…
Version originale :
« Le syndrome neuroleptique malin et la dyskinésie tardive sont deux effets secondaires rares mais sérieux de la quétiapine. Toutefois, il semble que la quétiapine soit moins susceptible de provoquer des effets secondaires extrapyramidaux et de la dyskinésie tardive que les antipsychotiques typiques. »
Version modifiée :
« Le syndrome neuroleptique malin et la dyskinésie tardive sont deux effets secondaires rares mais sérieux des antipsychotiques atypiques. Toutefois, Seroquel est le seul antipsychotique atypique avec un profil ESEP [effets secondaires extrapyramydaux] qui ne diffère pas de celui d'un placebo. De plus, le SNM [syndrome neuroleptique malin] n'a jamais été signalé par le système [de pharmacovigilance] AERS (FDA). »
Traduction : s'il y a un problème d'effets secondaires indésirables, il ne concerne que les antipsychotiques atypiques des compagnies rivales…
Publicité négative ou redéfinition discrète des maladies
Afin d'enfoncer le clou, l'utilisateur chrisgaffneymd s'est d'ailleurs transporté sur les entrées Wikipédia consacrées aux principaux concurrents de la quiétapine pour y faire un peu de publicité négative. Dans l'article « Aripiprazole », il a ainsi rajouté que « des études récentes ont pu corréler une incidence élevée d'akathisie avec un risque accru de dyskinésie tardive ». Idem dans l'article « Rispéridone »…
Cela va plus loin : le 13 septembre 2006, il a modifié des pans entiers des entrées « Trouble bipolaire » et « Spectre bipolaire » : en redéfinissant les critères diagnostiques d'une maladie, on peut en effet augmenter considérablement les indications -et donc les ventes- d'un médicament donné.
Aux Etats-Unis, l'administration donne des autorisations de mise sur le marché pour des indications bien précises et la loi fédérale interdit aux compagnies de promouvoir leurs médicaments pour d'autres indications (« off label »). Tout le jeu des compagnies pharmaceutiques consiste donc à chercher comment convaincre le public et les médecins de la légitimité d'une telle prescription « off label », en étendant la définition de la maladie pour laquelle le médicament a été initialement autorisé.
Lorsqu'on compare la version originale de l'entrée « Trouble bipolaire » à la version modifiée par chrisgaffneymd, on voit tout de suite que l'un des objectifs principaux de ses ajouts et amendements a été de redéfinir la dépression et l'hyperactivité en trouble bipolaire caché ou mal diagnostiqué…
Wikipédia : un placement sûr
La manipulation des entrées Wikipédia par l'homme d'AstraZeneca est expressément interdite. Pourtant, la compagnie n'a pas été poursuivie pour marketing illégal. Il semble donc que la « stratégie Wikipédia » ne présente pas de grands risques pour les compagnies pharmaceutiques. Pourquoi dès lors s'interdiraient-elles d'y recourir ?
Par ailleurs, « chrisgaffneymd » a été détecté par le WikiScanner parce qu'il avait utilisé un ordinateur d'AstraZeneca. Il y a fort à parier qu'on ne l'y reprendra plus et que lui et ses collègues des autres compagnies lancent désormais leurs « stratégies Wikipédia » depuis le café Internet le plus proche. Pour un chrisgaffneymd pincé en flagrant délit, combien de marketeurs continuent aujourd'hui à réécrire Wikipédia pour promouvoir des intérêts commerciaux ? Un conseil si vous êtes malade : ne consultez surtout PAS Wikipédia !
Photo : « Addiction » (Mudkat/Flickr).


























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De icosium
05H46 | 08/04/2009 |
Je n'ai nullement besoin de « passer » par Google pour débarquer sur Wikipédia et je me méfie autant de l'un que de l'autre.
De Artasar
Apprentis | 06H35 | 08/04/2009 |
D'une part il y a un gros problème de société si des gens malades préfèrent se fier à wikipedia plutôt qu'à un pharmacien.
Mais d'autre part, nous savons très bien qu'il y a en France (entre autre) un très gros problème de lobbys Médicos-pharmaceutiques qui joue avec la vie des gens au nom du profit et de la concurrence.
Il faut rappeler qu'aujourd'hui les dissidents qui remettent en cause notre système de santé et qui le critique (mainmise des firmes pharmaceutiques sur les professionnels de la santé, vaccinations systématiques (la France est l'un des pays au monde qui vaccine le plus) mais pas nécessairement efficaces …) sont les victimes de menaces et s'exilent bien souvent à l'étranger.
De H0me_r
Penseur en activité.... | 06H39 | 08/04/2009 |
C'est exactement le même principe que la politique en France : elle manipule 90% des médias. Il appartient alors aux gens d'aller chercher leurs infos pour qu'ils se fassent leurs propres opinions !
De Numerosix
Prisonnier dans le village global | 06H49 | 08/04/2009 |
Dis leur merde aux dealers !
De papy55
prof. en province | 07H08 | 08/04/2009 |
Je crois que cela a toujours été pratiqué, autrefois par le biais des pharmaciens, eux mêmes manipulés, c'était à moindre échelle, maintenant, avec internet c'est devenu plus rapide et plus sournois et concerne des cibles plus vastes.
La manipulation est le propre de la publicité, ce genre là ne concerne malheureusement pas que les produits pharmaceutiques !
L'éducation à l'information est plus que jamais d'actualité, et dans ce domaine, ce n'est pas gagné !
De marie 75
07H54 | 08/04/2009 |
toute info sur wikipedia est à vérifier….
Ce n'est pas le gd larousse du XXème siècle, ni l'encyclo de Diderot ….
Qt à l'industrie phrma : des marchands de soupe soutenus par les pouvoirs des multinationales, fort proches du pouvoir…
Faire des rech. sur l'arche de Zoé … on n'est jamais déçu !
La presse Fse ne s'y est pas frotté, il nous faudra un gd media étranger pour débrouiller cette « joyeuse » affaire, mélangeant industrie pharma, politique and so on….
à marie 75
De RG 1710
Musicien | 08H45 | 08/04/2009 |
J'ai entendu dire que dans les écoles de journalisme, on « interdisait » d'aller sur wikipedia pour faire des articles.
à RG 1710
De marie 75
08H58 | 08/04/2009 |
RG ?
va voir zoé ! ! ! !
que du beau linge !
On attend un gd journaliste pour s'en occuper .
Wikiedia c'est du pipeau marronnier !
à RG 1710
De dodu
Ménagère surdiplomée | 19H45 | 08/04/2009 |
J'espère bien que dans les écoles de journalisme on leur apprend à rechercher sur plusieurs sources (et pas seulement internet) . Mais apparemment beaucoup de journalistes, une fois sortis de l'école , oublient ces principes.
De Brédala
Entraveuse entravée | 09H09 | 08/04/2009 |
Cet inter-activité que permet Wiki est magnifique, mais bien-sûr nous n'échappons pas au revers de la médaille…
Si au lieu de modifier et de supprimer les commentaires de Wikipédia, ils s'ajoutaient les uns aux autres, est-ce que ça serait pas mieux ?
Le lecteur pourrait ainsi se faire une idée avec toutes les différentes définitions évoquées.
Le problème étant que si les labos pharmas font dans la désinformation, d'autres trusts en font probablement aussi…
De là, à lire un jour, que les OGM et les agro-carburants sont des bienfaits pour la planète et donc pour l'humanité, et que le nuage de Tchernobyl s'est arrêté au-dessus du Rhin, il n » y a qu'un pas…
A moins que ça ne soit déjà le cas ?
De danohuiginn
ohuiginn.net | 09H54 | 08/04/2009 |
« un blogueur britannique a découvert…. »
Link, svp !
http://experimentalchimp.wordpress.com/2007/08/15/wikipedia-astrazeneca-…
http://experimentalchimp.wordpress.com/2007/08/17/astrazeneca-and-wikipe…
De einna
09H55 | 08/04/2009 |
« qui n'entend qu'une cloche, n'entend qu'un son » dit le dicton populaire. Prendre ses renseignements sur une seule source de données, c'est prendre le risque d'informations partiales et ce quelque soit le champ de recherche.
Aller sur internet pour s'informer sur les médicaments,pourquoi pas mais c'est surtout auprès de médecin prescripteur que l'info peut être demandée.
L'exemple parle des antipsychotiques, médicaments qui ne sont pas et heureusement en « libre service ». « Pourquoi me prescrivez vous celà ? quels effets ? » est une question de base à poser à son médecin et si le médecin n'y répond pas, ne pas hésiter à aller en consulter un autre. Quand les effets remarqués ne correspondent pas à l'attendu, ne pas hésiter non plus à reconsulter.
à einna
De dodu
Ménagère surdiplomée | 19H31 | 08/04/2009 |
« et si le médecin n'y répond pas, ne pas hésiter à aller en consulter un autre. “
A l'heure ou les CDAM menacent de ne plus rembourser qu'à 30% (dans l'Hérault par exemple) les patients qui s'écartent du parcours de santé (médecin traitant et son réseau de spécialistes) vous comprendrez qu'il est peut-être un peu difficile pour un certain nombre de gens de multiplier les consultations .
De annicaty
recentrage | 10H10 | 08/04/2009 |
C'est toujours très facile de se renseigner sur l'internet. Mais il faut pas oublier : C'est comme les journeaux, la télé, la radio : on ne sait souvent qui est derriere.
La seule chose de vraiment savoir quelquechose est de faire la connaissance soi-même.
Une prise de sceptisme n'a jamais porté préjudice, surtout dans les médias et chez le docteur (qui est peut-être aussi manipulé par les concernes pharmaceutiques)…
Quand-même, il me reste une confiance fondamental : il faut l'avoir pour ne pas devenir tout dépressive ou sarcastique…
De Naradamuni
sans | 10H14 | 08/04/2009 |
Si elle ne faisait que manipuler Wikipédia…
http://www.dailymotion.com/NosLibertes/video/x7n4b3_ltatpharma-1_newshtt…
http://www.youtube.com/watch ? v=VsEe7jU-W24
De Jaycib
Désagrégé de l'Université | 10H23 | 08/04/2009 |
Le détournement de Wikipedia par des entreprises pharmaceutiques est intolérable, et doit être corrigé. Toute publication sur le web devrait faire l'objet d'une « peer review » par des personnes qualifiées et indépendantes, comme n'importe quelle autre publication médicale ou pharmaceutique (sur papier). Le problème, à ce niveau, est naturellement la gratuité des informations mises en ligne par Wikipedia ou n'importe quel autre site. La liberté d'information n'est pas synonyme de qualité de l'information.
Il faut souligner que l'article de Mikkel Borch-Jacobsen ne remet pas en cause le principe de l'automédication, laquelle s'est beaucoup développée aux Etats-Unis -- le principal marché pharmaceutique dans le monde -- du fait du coût élevé (et du non remboursement) du suivi médical par des professionnels, et de la tendance ancienne des Américains à chercher des informations sur des sites ou dans des publications non contrôlés.
Or, ce qu'il faut imposer dans la pratique, c'est le contrôle de l'information par des professionnels impartiaux et le maintien du pouvoir de prescription des médecins traitants, dont il est exagéré de croire qu'ils dépendent, pour leur propre information, de médias tels que Wikipedia. En France, c'est le Vidal (= dictionnaire des produits pharmaceutiques) qui fait foi, et il en existe un équivalent de très bonne qualité aux Etats-Unis comme dans la plupart des pays dits « avancés ».
Par ailleurs, on ne soulignera jamais assez l'importance du rôle joué par les associations de patients, qui disposent, dans la grande majorité des cas, de sites propres dont les informations sont supervisées par des sommités des professions médicales, et qui peuvent le cas échéant orienter les patients vers des professionnels avertis et les mettre en garde contre des traitements auto-administrés non soumis au contrôle des « sachants ».
L'automédication (et toute obtention de renseignements par des patients ou parents imparfaitement informés) doit être découragée. En parallèle, la mise en ligne d'informations médicales par des entreprises privées à but lucratif (cf. Doctissimo, Vulgaris, etc., en France), sans être interdite, doit faire l'objet d'une surveillance étroite par les agences nationales ou internationales du médicament, et comporter la mention explicite qu'il n'existe aucun substitut à l'expérience des médecins prescripteurs, seules personnes à même de déterminer si un traitement est adapté au cas spécifique de chaque patient.
à Jaycib
De adrieng
Informaticien libre | 16H39 | 08/04/2009 |
« Or, ce qu'il faut imposer dans la pratique, c'est le contrôle de l'information par des professionnels »
N'importe quoi ! Le mouvement de wikipedia et des wiki est justement à l'opposé de votre tentative de censure.
Si vous voulez créez votre wikipedia contrôlé, allez-y ! Tout les textes de wikipedia sont librement copiable, et même vendable, rien ne vous empêche de les reprendre et de modifier les textes problématiques.
Mais de grâce, laissez-nous notre encyclopédie, avec ses défauts mais aussi ses avantages, et interrogez-vous sur l'apport réel d'un contrôle de l'information par des personnes compétentes et professionnelles.
à adrieng
De Jaycib
Désagrégé de l'Université | 10H02 | 09/04/2009 |
On trouve de tout sur Wikipedia, des textes utiles (bien qu'incomplets, c'est la loi du genre) et des textes touffus ne dépassant pas, au mieux, la recension de ce que l'on trouve dans des livres, et, au pire, des contre-sens absolus. Quand je parle de « contrôle », je ne parle pas d'interdiction, mais de responsabilisation. Comment y parvient-on ? Par une relecture émanant de gens compétents, car la QUALITE de l'information est aussi nécessaire que la liberté d'information. Liberté n'est pas licence, surtout dans des domaines où la vie/survie des lecteurs est en jeu, comme pour tout ce qui touche l'information médicale ou pharmaceutique.
à Jaycib
De adrieng
Informaticien libre | 11H55 | 09/04/2009 |
Wikipedia _est_ déjà modérée. Si vos experts ne sont pas content, ils peuvent tout à fait participer, devenir modo…
Wikipedia n'a pas vocation à être un sanctuaire du savoir. C'est plutôt un outil pour découvrir un domaine, un sujet. Approfondir se fait ailleurs, par des livres, des sites spécialisés, des associations…
J'ai l'impression qu'on a chacun une vision différente de wikipedia : vous voyez une grande cathédrale du savoir, bien entretenue, bien pensée et ordonnée ; je vois plutôt une place de marché avec de très bonnes échoppes mais aussi des vendeurs à la sauvette, une place sans arrêt en mouvement…
Pour revenir au sujet, il est bien évidemment débile et inconscient d'acheter un médicament parce qu'on l'a vu sur wikipedia… mais c'est un autre débat.
à Jaycib
De adrieng
Informaticien libre | 12H06 | 09/04/2009 |
Il est aussi à noter que wikipedia est très souvent bien plus pertinente que les encyclopédies classiques dans les domaines scientifique, particulièrement en informatique…
De plus confier la modération aux professionnels ou connaisseurs du domaine ne résout rien ; en effet ces labo sont des professionnels, ils connaissent très bien leur métier, mais la vérité leur importe peu…
Dans le même genre d'idée, doit-on confier la modération de l'article sur les OGM à Monsanto, vu que quasiment toutes les études sur ce sujet sont mener par cette entreprise ?
Parfois certaine personnes ont des points de vue très différent du consensus de la communauté scientifique (cf l'asparthame, les OGM), et confier la modération à des gens compétents dans le domaine pourrait faire passer à la trappe ces avis controversés.
à adrieng
De Jaycib
Désagrégé de l'Université | 13H04 | 09/04/2009 |
J'ai parlé de « peer review », c'est à dire d'une relecture par des pros indépendants, pas d'un contrôle envahissant. Si Wikipedia se veut simplement un « marché » sur lequel n'importe qui peut poster son avis, ses infos ne seront jamais fiables, en tout cas jamais autant que la littérature classique traitant de tel ou tel sujet. Il n'y a pas que les OGM ou l'aspartame dans la vie ! Il y a des tas de domaines, notamment la médecine, où il existe des « experts » indépendants.
Il y a peu de chances que ces experts acceptent de faire une relecture non rétribuée en sus de leur activité habituelle, car ce travail, quand il est fait sérieusement, prend beaucoup de temps. L'emploi du temps des profs de médecine, par exemple, est tellement chargé qu'on peut difficilement s'attendre à ce qu'ils participent à Wikipedia (sauf cas urgents). C'est la limite du modèle wiki, que je ne récuse pas, mais dont il faut beaucoup se méfier.
Un exemple, dans un contexte très différent : avant-hier, j'ai consulté « Révolution française » sur Wikipédia. L'article, par ailleurs rédigé sérieusement, citait dans sa bibliographie Soboul et Furet, mais les noms de Mathiez et de Georges Lefebvre, dont les travaux font autorité au moins autant, n'étaient mentionnés qu'en incidentes à des notes infrapaginales ! On imagine aisément ce qu'il adviendrait de l'auteur s'il devait soumettre son travail à un jury compétent (par ex. : de maîtrise d'histoire). Et pourtant, c'est d'évidence quelqu'un de sérieux, avec un certain souci de synthèse (souvent absent dans les articles de wiki). Il n'y a pas d'alternative à la « peer review » avant publication. C'est ce que font toutes les revues scientifiques depuis toujours.
à Jaycib
De adrieng
Informaticien libre | 13H41 | 09/04/2009 |
Sur la page « à propos » de wikipedia on trouve ceci :
« Wikipédia a pour objectif d'offrir un contenu libre, neutre et vérifiable que chacun peut éditer et améliorer. »
Il semble donc contraire à l'esprit de wikipedia de limiter l'édition de certains articles à un comité de relecture…
Je pense que le but premier de wikipedia n'est pas d'avoir un contenu fiable, mais plutôt un contenu suffisamment pertinent pour inviter le lecteur à chercher justement du contenu fiable ailleurs.
Wikipedia est très utile pour découvrir un domaine totalement inconnu, pour avoir une introduction du sujet. Mais ça s'arrête là.
Si je veux une info vraiment fiable, il faut que j'aille voir ailleurs. Par exemple c'est une hérésie de citer wikipedia comme source pour un mémoire ou un travail fait au lycée ou à l'université.
L'encyclopédie Knol, lancée par Google, dans laquelle chaque article est signé et revu par un comité de lecture, doit être plus à votre convenance je pense : ).
à adrieng
De Jaycib
Désagrégé de l'Université | 17H27 | 09/04/2009 |
Wikipédia : l'appât qui donne envie de mordre ailleurs ? Je veux bien. Mais quand l'info dispensée par Wikipédia est entachée d'erreur ou de non-savoir, on se retrouve où ? Dans l'exemple que j'ai cité plus haut, qui pourrait penser que Mathiez ou Lefebvre sont des sources fiables et/ou reconnues au sujet de la révolution française ? Toute subjectivité se traduit par un biais, mais quand on fait confiance à sa subjectivité, le biais s'accroît exponentiellement. Le regard de l'autre (le relecteur) existe pour corriger ce problème. Dans le modèle wiki, les « améliorations » qu'il est possible d'apporter se substituent à l'original plus qu'elles ne le corrigent (car il faut du génie pour bien « éditer »). A tout prendre, je préfèrerais qu'on nous livre deux ou trois textes différents sur le même sujet, disons, côte à côte, ce qui est impossible.
On arrive parfois à des situations bien étranges : un texte wiki de base entaché d'erreurs, mais des liens vers des études de détail mieux agencées. Je connais des moyens plus efficients de propager la connaissance.
à Jaycib
De adrieng
Informaticien libre | 18H04 | 09/04/2009 |
Effectivement la véracité des articles de wikipedia fait débat depuis sa création…
Vous pointez les erreurs, on peut aussi ajouter le vandalisme (supprimer une page par exemple) ou la propagande, comme en fait état le présent article. Je vous rejoint tout à fait pour dire que c'est un gros problème.
C'est pour cela qu'il y a maintenant tout les systèmes de bandeaux « controversé », « ne cite pas les sources », « peu objectif »… ainsi que certaines pages interdites à la modification ou en semi-protection, comme la page sur N. Sarkozy ou sur la révolution française.
Disons que c'est une vision optimiste, peut-être naïve, de la société : On pense que si un lecteur trouve une erreur il la corrigera pour les autres… et que le vandalisme ou la propagande restera mineur…
Il ne faut pas oublier les avantages que procure la grande liberté d'écriture : la profusion d'articles, les relectures, les traductions serons sans doute bien moindre s'il fallait sans arrêt passer par un comité de relecture.
Vu son succès wikipedia reste sans doute un bon compromis entre une liberté totale de modifier les articles et un système de vérification très strict des sources et des articles.
De YoshiL7
10H28 | 08/04/2009 |
Je crois qu'on peut dire que ce milieu n'est pas le seul à modifier Wikipédia quand ca les arrange… L'outil WikiScanner a permis de débusquer pas mal d'adresses IP et d'organismes/ogranisations ou autres qui modifiaient des articles pour leurs donner une toute autre voie que celle présentée jusque là… Rue89 avait abordé cela dans un article en 2007 : Pour Wikipédia, le Wikiscanner est « un outil formidable »

De kribi
misanthrope | 10H29 | 08/04/2009 |
Le lobby pharmaceutique est l'un des plus puissant du monde, il n'a guère de moralité pour atteindre son objectif de faire des marges toujours plus importantes. Il supprime des médicaments pourtant assez efficaces mais qui ne rapportent probablement pas assez (ex : on ne trouve plus une seule pommade anti inflammatoire pour enfants, nifluril pommade a été supprimée) , en crée d'autres souvent inefficaces mais « porteurs » (rester jeune mince et beau …), détourne massivement et honteusement certains médicaments de leurs buts premiers au profit de buts futiles mais lucratifs. C'est le cas par ex de la toxine botulique extrêmement utile pour soulager les personnes (souvent handicapées) qui souffre de spasticité. Certains enfants doivent attendre plus d'un an pour avoir une injection de toxine car les hopitaux ont de moins en moins de crédits pour ce protocole particulier et couteux, alors que n'importe quelle pétasse peut se faire injecter quand elle veut du botox ( autre formule de toxine botulique largement développée et produite par les laboratoires) pour réduire ses rides. Il est clair que le pauvre handicapé ne fait pas le poids face à la réduction de la ride …
Et je ne parle même pas des tests plus ou moins déguisés de nouveaux médicaments sur certaines populations …
Avez vous vu le film « le nouveau protocole » avec Clovis Cornillac où il est justement question de nouveaux médicaments et d'effets secondaires …
De Naradamuni
sans | 10H37 | 08/04/2009 |
http://www.dailymotion.com/vids/13227454+12578111+12330337+10391792+1445…
De Vuedechezmoi
utopiste | 11H13 | 08/04/2009 |
Wikipedia n'est rien d'autre qu'un « machin en ligne » dont le contenu n'a pas grand chose à voir avec des « vérités » supposées sur tel ou tel sujet : ce qui signifie qu'aller piocher des infos dans ce truc relève surtout de la paresse généralisée. Rien ne vaut une recherche personnelle par lectures diverses, même sur des sujets dits « sérieux ».
A savoir par ailleurs qu'à terme, qu'on le veuille ou non, internet deviendra l'unique monstrueux tuyau mondial par lequel se déversera la propagande mercantile des multinationales.
Bon courage !
De Kéké du 13
Exilé à Marseille | 13H21 | 08/04/2009 |
A noter aussi que les forums santé sont eux aussi noyautés par les groupes pharmaceutiques. On voit souvent des contributeurs vanter tel ou tel produit.
La plupart du temps c'est tellement grossier et copié/collé qu'on arrive facilement à les repérer… mais il est à parier qu'il y en a de beaucoup plus subtils.
De Keldan
Polytoxicomane à temps partiel | 15H21 | 08/04/2009 |
Le mec est doublement con…
Non seulement il croit sans réfléchir, ni recouper ses infos, ce qu'il lit sur un article sensible, sur Wikipédia comme la presse quotidienne ou les reportages télévisés.
Mais en plus il s'imagine être un grand docteur et pouvoir interpréter par lui même les données médicales. S'improviser pharmacien avec tous ses diplômes quand son référentiel intellectuel est de répondre à la moitié des questions de Foucault, ça fait vraiment pitié.
Et bien qu'il crève, qu'il serve de cobaye aux labos pharmaceutiques ! Que ses gênes ne se mélangent surtout pas au reste de l'humanité…