Les experts français consultés sur l'innocuité du bisphénol A contenu dans les plastiques alimentaires sont-ils indépendants ?

La position de la France sur la dangerosité du bisphénol A est pour le moins timide. Ce composé chimique contenu dans la plupart des biberons est en effet soupçonné de perturber le système hormonal et notamment de provoquer des cancers du sein. Une dangerosité qui a déjà provoqué des réactions outre-atlantique.
« Faudra-t-il attendre cinquante ans que la petite fille qui boit son biberon aujourd'hui déclenche un cancer du sein ? » s'alarme André Cicolella. Très déçu des engagements non tenus du Grenelle de l'environnement, ce chimiste et toxicologue, président de la commission santé des Verts, vient de lancer le Réseau environnement santé (RES) et estime qu'il est « irresponsable d'attendre d'être certain des effets sur l'homme pour prendre des mesures de protection de la population » :
« Le principe de précaution est constitutionnel, il doit s'imposer juridiquement aux agences, elles n'ont pas à l'interpréter mais à l'appliquer. »
Pourtant, la ministre de la Santé Roselyne Bachelot vient de trancher la question ce mardi devant les députés :
« Le principe de précaution ne s'applique qu'en l'absence d'études fiables. Là, les études fiables existent et concluent en l'état actuel de la science à l'innocuité [des biberons fabriqués avec ce composé chimique] ».
L'agence française reste de marbre
Les études « fiables » dont parle la ministre c'est l'avis rendu à l'automne dernier par l'Afssa. L'agence avait été saisie par la Direction générale de la santé, sur « le risque relatif au bisphénol A dans les biberons en polycarbonate susceptibles d'être chauffés au micro-ondes ».
Rappel du contexte : le gouvernement canadien venait alors d'interdire les biberons en polycarbonate fabriqués à partir de ce composé chimique, et dans l'opinion publique, l'inquiétude commençait à monter sur d'éventuels déréglements du système hormonal, voire des cancers du sein.
L'avis de l'Afssa conclut qu'il « n'y a pas de précaution d'emploi particulière » au regard des normes définies par l'Autorité Européenne de Sécurité des aliments (Efsa).
Selon le Réseau environnement santé, l'agence européenne s'appuie « sur des assertions très discutables et contraires aux bonnes pratiques en matière d'évaluation des risques ». Une partie de la littérature scientifique (lire ci-dessous) montre des effets à faible dose du BPA sur les risques de cancer, les atteintes à la reproduction, les troubles du comportement, le diabète et l'obésité.
Si lex experts de l'Afssa ont choisi de les ignorer, est-ce parce qu'ils manquent d'indépendance par rapport à l'industrie ?
L'indépendance des experts de l'Afssa « fondamentale »
Marie Favrot, directrice de l'évaluation des risques nutritionnels et sanitaires de l'Afssa déclare d'emblée : « La question des conflits d'intérêt est fondamentale pour nous ». Elle précise :
« Les déclarations publiques d'intérêt (DPI) doivent être remplies par tous les experts en début de mandat, puis elles sont mises à jour à chaque début de réunion. Si un expert a un éventuel conflit d'intérêt en particulier sur le sujet discuté, il sort de la réunion. »
Ces fameuses DPI (déclarations publiques d'intérêt), un document de 149 pages, qui n'est pas daté, est difficile à dénicher sur le site de l'Afssa. Non daté, il est aussi « illisible » estime Philippe Foucras, de l'Association pour la promotion de l'indépendance de l'info médicale, qui remarque que l'Afssa se conforme pas aux obligations qui lui sont fixées par le Code de la santé publique.
Des experts employés par l'industrie
Ces obligations légales sont notamment que les agents en question n'aient « aucun intérêt de nature à compromettre leur indépendance ». Ce ne semble pas être le cas.
Prenons la liste des membres de la commission « Matériaux au contact des denrées alimentaires » qui a rendu l'avis sur les BPA.
Pour cet expert, par exemple, la rubrique « IP » (traduire « intervention ponctuelle ») du document de 149 pages dit que le laboratoire national d'essais où il est employé peut être amené à rendre « des expertises sur des avaries relatives au conditionnement de produits alimentaires ». S'il est amené à faire du conseil pour les fabricants de BPA, il est le seul à décider de le déclarer ou pas.
Parfois, les fiches sont franchement ésotériques. Par exemple, celle-ci indique « diverses sociétés en contrat avec l'ESIEC via l'URCA ». La fiche d'un autre expert mentionne au chapitre « LD » (« lien durable ») qu'il est en contrat à durée indéterminée pour Arkema, entreprise chimique qui fabrique entre autres des plaques de polycarbonates, composées de BPA. Deux experts sur les treize de cette commission travaillent pour le CTCPA, centre technique de la conserve, qui fait notamment du conseil sur les emballages et se finance à 70% par des prestations privées.
« Ça repose sur notre honnêteté intellectuelle »
Marie Favrot détaille comment fonctionne le système de contrôle de l'Afssa :
« A chaque début de réunion, en leur âme et conscience, les experts déclarent s'ils sont en mesure de participer aux échanges. Ce n'est pas parce qu'on travaille dans une société fabriquant du plastique qu'on ne peut pas rendre un avis sur la migration du BPA. L'important est qu'en cas de conflit d'intérêt, l'expert ne soit pas impliqué dans l'évaluation collective. »
Daniel Ribera, président du comité d'expert qui a rendu l'avis sur les BPA se souvient que personne n'est sorti lors de la commission sur ce composé chimique et que les experts sont arrivés à un « consensus ».
Patron de Bio-tox, société d'expertise en risques sanitaires et environnementaux, il a d'ailleurs travaillé pour Total, « mais sur le diagnostic de la pollution des sols, rien à voir avec le BPA » et assure ne pas savoir « si Total fabrique du BPA ». Daniel Ribera est agacé qu'on le « prenne pour un vendu » et dit avoir sa « conscience tranquille ». Il avance :
« Certes, le système est auto-déclaratif, donc ça repose sur notre honnêteté intellectuelle, c'est comme ça pour tous les experts de l'Afssa. Le conflit d'intérêt est partout, partout, partout, personne n'est totalement blanc. »
Pauvreté de la recherche française
Jean-François Narbonne, toxicologue au CNRS et expert à l'Afssa, acccuse le Réseau Environnement Santé de « manipuler l'opinion ». Une fois passée la colère, il lâche ce qui est selon lui la vraie motivation derrière ces conflits d'intérêt : la « schyzophrénie française qui consiste à dire aux chercheurs soyez indépendants mais on n'a pas d'argent pour vous payer ». Du coup, les mêmes chercheurs se retrouvent à travailler pour l'industrie et à être les plus compétents pour rendre des avis pour l'Afssa.
L'Afssa reconnaît d'ailleurs que le sujet des conflits d'intérêt est particulièrement sensible pour les « matériaux contacts », du fait du manque de toxicologues travaillant dans des laboratoires exclusivement publics.
Les biberons sans BPA se vendent très bien
Aux Etats-Unis, les pressions sur les scientifiques ont beau avoir été très fortes dans le passé, témoigne Ana Soto, professeur de toxicologie à l'université de Tufts à Boston, cela n'empêche pas des Etats de commencer à prendre des mesures d'interdiction de biberons au BPA.
Là-bas comme ici, les industriels se mettent à vendre des biberons sans ce produit chimique. Après Dodie qui en propose déjà, Philips (Avent) et Beaba vont sortir des gammes sans BPA.
Chez Greenrepublic, qui commercialise les biberons Green to grow, on indique être en perpétuelle rupture de stock. « Depuis un mois, c'est notre meilleure vente », déclare un responsable, bien que le biberon « sans BPA » soit deux fois plus cher qu'un biberon en polycarbonate.
Une fois n'est pas coutume, le consommateur tire les industriels vers des pratiques prudentes.
Les alertes montent en pression
La pétition du RES pour interdire le BPA dans les plastiques alimentaires a dépassé les 13 500 signatures en à peine quinze jours et un courrier vient d'être envoyé à l'Afssa. Le Réseau Environnement Santé (RES) mentionne des chiffres inquiétants :
« Il est contraire aux bonnes pratiques en matière d'évaluation des risques de continuer de définir la dose journalière admissible (DJA) de 50
microgrammes par kilo (de poids corporel) par jour sans prendre en considération les autres données scientifiques justifiant une valeur de 5000 à 2 millions de fois plus basse. Avec une DJA basée sur ces études, la contamination des aliments et des boissons doit être
considérée comme présentant un risque pour l'ensemble de la population. »
Le RES n'est pas le seul à penser cela. Fred von Saal, chercheur à l'université du Missouri aux Etats-Unis, travaille depuis quinze ans sur les effets des BPA. Comme l'explique Stéphane Horel dans son livre « La Grande invasion » (éd. du Moment, 2008), des scientifiques observent depuis des années des effets nocifs sur les souris dès 2 mg/kg/jour. Sur 176 études scientifiques menées avec des faibles doses de BPA, 149 montrent des effets à faible dose, recense la journaliste.
Selon vom Saal, la population américaine est couramment exposée à plus de 250 mg/kg/j, soit cinq fois la dose journalière admissible retenue comme dangereuse. L'Europe est si sûre que « les effets à faible dose sur les rongeurs n'ont pas été démontrés d'une façon solide et reproductible » qu'elle a relevé la dose journalière admissible de 10 à 50 mg/kg/jour.
Même le CRIIGEN (Comité de recherche et d'information indépendantes sur le génie génétique) présidé par Corinne Lepage a estimé en février dernier qu'il « paraît dangereux aujourd'hui pour la santé humaine de continuer à utiliser le BPA en particulier dans les emballages à contact alimentaire » et que « son utilisation dans l'industrie devrait être interdite ».
Photo : « Hijal quadrupets reaching for bottles » (University of Florida Digital Collections/Flickr).




















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De ZonZon la MouChe
ni dieu ni maître ! | 12H30 | 05/04/2009 |
Bientôt ils vont interdire l'allaitement au sein pour les mères qui portent de la lingerie en nylon (contamination du téton par le polyamide)

mouarf
à ZonZon la MouChe
De DBL8
Retraité | 17H28 | 05/04/2009 |
AH… la bière « Valstar » étiquette bleu, qu'est-ce que j'ai pu charrier avec elle !
La bière pour le p'tit…
De lud
dans l'air culinaire | 11H39 | 05/04/2009 |
Des biberons en peau de chèvre et du lait pas de vache dedans voilà une bonne solution…
L'ignorance est légion au sein des industriels de l'agro-alimentaire et ce qui s'en rattache : « désolé on savait pas » pourrait-on entendre mais jamais « de toute façon on n'avait pas envie d'essayer autre chose ça coutait trop cher à produire, c'est plus simple d'empoisonner le monde avec de la merde vendue au prix fort »
Bienvenue dans ce monde merveilleux !
www.ideemag.com
De karlM 21378
11H47 | 05/04/2009 |
Les obsédés de techno-science comme l'académie des sciences sont totalement partiaux. (l'obsession des vaccins, le mercure dans les dents, les OGM)
Lire de Isabelle Stengers « Au temps des catastrophes », il est temps que le citoyen se ré approprie le savoir.
(comme la justice d'ailleurs car des jury de pro c'est du foutage de gueule voir Colonna)
à karlM
De DBL8
Retraité | 12H29 | 05/04/2009 |
D'accord… mais c'est pas gagné !
Ils ne trainent pas des pieds, ils sont encrés dans du béton armé !
Faire faire des tests par des professionnels payés par les industriels… comme pour le téléphone portable, c'est ce moquer du monde.
à DBL8
De Zeky
Curieux de tout | 17H20 | 05/04/2009 |
Les professionnels de l'agro-alimentaires que j'ai interrogé me répondent :
-l'industriel : « faut que je fasse mon beurre ! Rien n'est prouvé. »
-le scientifique : « faire des tests est compliqué et cher et il est très dur de rationaliser ce que l'on ne comprends pas encore. » (40% de ses fonds viennent des industriels)
etc…Discours sans fin ou la raison s'efface progressivement devant l'intérêt professionnel. Ils ne sont pas malhonnêtes (ceux que je connais) mais humains qui ont des traites à payer.
à Zeky
De DBL8
Retraité | 17H32 | 05/04/2009 |
« traites à payer. »
Cela n'excuse pas la compromission !
La conscience professionnel existe, l'ont-ils oublié ?
Vivre moins bien MAIS l'esprit droit & tranquille, cela est-il jeté aux orties pour un confort ?
à DBL8
De Zeky
Curieux de tout | 22H15 | 05/04/2009 |
Je suis en complet désaccord avec eux mais je décris juste ce que j'ai observé directement.
Les chercheurs ont d'ailleurs confirmé notre intoxication de l'air intérieur comme une autre menace non quantifiée : les méthodes de mesure et les seuils de toxicité sont arbitraires et discutables étant donné leur fiabilité et les connaissances des éventuels effets synergiques).
De plus ils courent réellement derrière les crédits (sauf ceux qui sont largement appuyé par des grandes industries ou l'état).
D'autres, sans être incompétents sont peu informés, ou ne trouvent pas les sujets sensibles (codex, pesticides, ogm, hormones, additifs, eau) intéressants/porteurs.
…il y a beaucoup à dire sur le sujet.
De Dol
- | 11H52 | 05/04/2009 |
Faut bien continuer à creuser le trou de la sécu pour la privatiser.
De bleuet1
espère malgré tout | 12H16 | 05/04/2009 |
Comme quoi les lobbies sont efficaces !
Effectivement, ça coûte ebaucoup moins cher aux industriels de fonctionner ainsi, mais le jour où ils n'en auront plus le droit, ça leur coûtera à peine plus cher et ils continueront d faire de magnifiques bénéfices.
Je pense que même si l'Etat ne légifère pas tout de suite, il y a aussi une question d'image de marque, et comme les fabriquants savent que les consommateurs se méfient, ils vont sans doute faire des efforts.
à bleuet1
De DBL8
Retraité | 12H33 | 05/04/2009 |
En France les consommateurs ne savent pas mettre de coté des industriels comme dans d'autre pays.
Lorsque ceux-ci le feront, c'est qu'ils ne pourront plus faire autrement par baisse des ventes car il y aura autre-chose qui remplacera et coutera moins cher, pas moins nocif, moins cher !
Qu'ont-ils fait avec l'amiante ?
Dans les années 60 il était connue que c'était nocif, il a fallut attendre presque 40 ans (en France)
à DBL8
De ganima
chomeur de longue durée furtur trav... | 13H50 | 05/04/2009 |
bonjour,
Le problème de tout les poisons et produits nocifs c'est qu'a petite dose (non répétitivent) ils peuvent etre bénéfique et employés massivement et de façon systématique en grande quantité ça tue !
C'est exactement comme les bonnes choses !
Or on inogre la toxicité des 3/4 des matériaux que l'on emploi, et en plus, j'ai toujours l'impression qu'ils prennent le peuple pour des cochons d'indes , parceque quand ils trouvent quelque chose ils en mettent de partout, on a vraiment l'impression que c'est fait exprés pour évaluer les effets en grandeur nature !
Sur quand france on a la sécu, et ça fait vivre beaucoup de monde ! (hopitaux medecin etc …) !
Donc il y a tellement de profit a empoissonner le populo, que tout le monde y trouve son compte ! et finalement personne n'ose remettre reéllement les principes de précaution qui devrait s'imposer !
J'ai perdu mon fils de la mort subite du nourrisson en 92 , alors biberons pourris ? guerre du golf ? ou autre conchonnerie !
En tous les cas, c'est sur je ne suis pas chimiste, mais l'utilisation du micro ondes , du fluor dans les biberons, des tétines au siliconne, et aujourd'hui les bibes au phénols,la stérilisation des biberons avec cahets, etc.. ;
autant d'utilisation que je me reproche aujourd'hui, parce que je ne sais pas , je ne comprends pas ce qui c'est passé et je ne suis pas la seule dans mon entourage il y en a beaucoup , et je me reprocherai pour le restant de mes jours mon ignorance et ma naiveté !
Plus jamais je ne ferais confiance aux produits nouveaux, et encore moins aux soit disant expert, plutôt passer des nuits entières à essayer de comprendre la chimie, et même faire des testes simple chez soi ! que de les écouter tous raconter leur salades à seul but de manipulation d'opinion !
En tous les cas merci rue89, pour cet article,
Salut !
à ganima
De dodu
Ménagère surdiplomée | 12H39 | 06/04/2009 |
_
De kawouede
12H17 | 05/04/2009 |
Il y a eu un communiqué des Verts français… il y a un an !
http://lesverts.fr/article.php3 ? id_article=3953
à kawouede
De FabiendeMénilmontant
journaleux - blogueur | 14H23 | 05/04/2009 |
Et Les Verts, eux, n'ont pas parlé d'interdiction au Canada.
Car dans le point que j'avais fait ici :
http://menilmontant.numeriblog.fr/mon_weblog/2009/04/bachelot-rejette-le…
lorsqu'il fallait protéger la ministre Bachelot, mais pas les enfants de France, je mettais l'accent sur les différences de précaution prises des deux côtés de l'Atlantique. Il n'y a pas, à bien lire, d'interdiction formelle.
Le RES, qui « vient d'être créé » il y a un mois (communiqué de presse du 30 avril, conférence de presse du 3 mars) a déformé un peu la page d'accueil de Santé-Canada sur laquelle Rue89 renvoie.
Merci de lire les liens sur lesquels vous renvoyez les lecteurs (à moins qu'il s'agisse d'une erreur de lien ? ).
De MortyReaper
Regard critique | 12H29 | 05/04/2009 |
En cas de doute il suffit de continuer à utiliser les biberons en verre , non ? Plu simple puisque déjà achetés pour les tous premiers mois … Pourquoi passer au plastique ?
à MortyReaper
De DBL8
Retraité | 12H35 | 05/04/2009 |
MOUAI… l'allaitement ne vous vient pas à l'esprit ?
Que je sache, il n'y a pas de contre indication, à part une allergie au lait maternelle, c'est hélas vrai pour certains enfants.
à DBL8
De Maxfrerot
13H00 | 05/04/2009 |
Bonjour l'émancipation de la femme, ton esprit !
à DBL8
De Chele
14H46 | 05/04/2009 |
> le retraité dit : l'allaitement ne vous vient pas à l'esprit ?
Pas si simple. D'abord parce que dans nos démocraties avancées, il est impossible de donner la tété pendant toute la croissance de l'enfant (plusieurs années, pas plusieurs mois ; souvenez-vous des siècles passés ou de la collègue de Linette dans Desperate Housewives qui donnait encore le sein à son fils de 5 ans pour rester mince ! ; o), ce qui fait que TOUS les bébés occidentaux passent par le biberon à un moment ou un autre, qu'ils aient tété ou non. Donc le problème de l'innocuité des plastiques se pose pour TOUS les bébés.
Ma nièce de 19 mois qui mange le midi ce que nous mangeons (en tous petits morceaux) dans sa petite assiette avec sa petite fourchette continue de prendre des biberons de lait ou d'eau plusieurs fois par jour.
Et puis, la tété n'est pas la panacée absolue pour beaucoup de raisons.
Ma sœur : plus de lait au bout de 6 semaines, comme ma mère et comme 3 de mes copines. Ceci après un charivari de pompe mécanique puis électrique pour extraire son lait du sein gauche que sa petite ne parvenait pas à téter. La dernière copine en date a été hospitalisée pour un abcès qui s'était infecté, elle a été opérée et a du cesser de nourrir son bébé. Elle a encore un drain et une infirmière vient chez elle tous les jours pour la soigner. Par dessus le marché, elle a été momentanément éloignée de son bébé pour l'opération.
Pour le confort, ce qui est un moindre mal, il faut savoir que tu es un biberon sur pattes, entièrement disponible à tout instant pour le bébé.
Tout ça sans parler de la montée de lait qui est fort douloureuse. Ma sœur qui a eu un accouchement « naturel » alors qu'une césarienne avait été prévue du fait des difficultés prévisibles pour son siège -je vous laisse imaginer le plaisir que ça a été en plus des 27 heures de contractions- m'a dit que « ça n'avait rien été » en regard de la douleur subie par la montée de lait. Et sans parler des petites joies comme les crevasses, etc.
Bref, la tété est un sacerdoce. Aucun homme se supporterait les aléas qu'elle représente dans la vie réelle. Bien trop douillets et trop égoïstes (là, je sens que je vais me faire flamer, mais je maintiens absolument).
Mais la douleur n'est même pas le problème, beaucoup de femmes en prennent leur parti parce qu'elles se disent que ce n'est qu'un très mauvais moment à passer et que c'est bon pour leur enfant.
Seulement voilà, la tété ne représente malheureusement pas une innocuité totale… Pour cela, il faudrait que la nourriture que les femmes ingèrent et l'environnement dans lequel elles vivent soient parfaitement sains, ce qui n'est plus le cas depuis longtemps.
Car le meilleur, c'est que : l'allaitement, s'il est parfait quand il s'agit de donner ses anticorps (ce n'est pas éternel, au bout d'un moment, le bébé fabrique les siens propres. Encore heureux) peut se révèler aussi particulièrement toxique. C'est le cas quand la maman a une grave maladie ou bien simplement quand elle est sous traitement médical ; il suffit de lire les documentations des médicaments : « l'allaitement maternel est conseillé lors de la prise de… ».
Par ailleurs, nous sommes tout en haut de la chaîne alimentaire. Nous concentrons dans nos organismes tout ce qui a été absorbé par les végétaux et animaux qui se sont mangés les uns les autres jusqu'à nous, pollution comprise. On s'en est rendu compte avec les inuits. La pollution remontant la chaîne alimentaire, la concentration de métaux lourds dans le lait maternel des inuits est carrément flippant.
Avec ce que nous ingérons comme saloperies, que ce soit en mangeant, en respirant, en touchant des produits industrialisés, notre lait est parfois aussi contaminé que tout ce qui existe autour de nous. Même lui ne protège pas nos enfants.
Alors plastique à risque, lait maternel qui concentre toutes les bonnes choses mais aussi toutes les saloperies que nous ingérons, lait de vache traité (traité comment, avec quels outils ? ) ?
La question est posée et ne risque pas de trouver facilement ni rapidement une réponse adéquate.
Je ne vais pas parler des légumes que nous faisons amoureusement pousser au fumier de cheval ou de champignons dans nos jardins ouvriers en pensant qu'ils sont sains sinon tout le monde va aller se pendre après avoir lu ce commentaire.
Que tout cela ne nous fasse pas baisser les bras.
Au contraire.
Et un peu de démago pour finir : Yes, we can.
Là-dessus, je vais prendre de la drogue bien toxique pour oublier dans quel monde je vis.
à Chele
De DBL8
Retraité | 17H38 | 05/04/2009 |
« un biberon sur pattes »
EH bien, voilà une opinion de la femme qui va faire bondir plus d'une !
La santé de l'enfant… cela vous dit quelque chose ?
Qu'il y ait des femmes qui ne peuvent pas pour xyz raison allaiter, c'est certain mais les autres ?
Faire un enfant n'est pas simplement baisser !
Il faut l'élever, & cela dure plus de 20 ans pour certains, & en plus « parents c'est à vie » !
à DBL8
De anini
enseignante | 21H46 | 05/04/2009 |
Vous avez bien mis « parents “ au pluriel ?
à MortyReaper
De MortyReaper
Regard critique | 12H36 | 05/04/2009 |
J'ajouterais que dans un documentaire récent, un industriel français expliquait que les matériaux sans ce produit incriminé arrivaient sur les sites de fabrication et qu'il devenait possible de fabriquer sur un nouveau protocole des biberons sans cette molécule.
Informer oui faire flipper non.
à MortyReaper
De ganima
chomeur de longue durée furtur trav... | 13H58 | 05/04/2009 |
bonjour,
On passe au plastique parcequ'ils sont plus lègers et moins chers, en tous les cas, je parle pour moi !
Je n'étais pas spécialement fortunée, quand j'ai eu mon fils, et en plus les soit disant aide de l'état quand tu as un enfant ? ? ? ? ? ? ! ! ! ! !
T'as pas vraiment interet d y compter dessus pour un ou deux enfants !
J'ai perçu le restant de mes congés maternité dû j'avais travaillé, 2 ans aprés le déces de mon fils ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ?
C'était trop je n'en avais plus besoin !
à ganima
De ganima
chomeur de longue durée furtur trav... | 14H01 | 05/04/2009 |
re ;
c'était trop tard ! j'en avais plus besoin il était mort !
De oui ben non
12H35 | 05/04/2009 |
Pourquoi faut-il attendre une interdiction de mise sur le marché pour agir. On a toutes les infos qu'on veut sur le net. Chacun doit prendre ses responsabilités.
Acheter c'est cautionner !
Les parents qui donnent ce genre de biberons à leurs enfants sont comptables de la santé future de leurs enfants.
C'est comme pour le tabac et l'alcool, le danger est loin devant alors….on se dit qu'on aura toujours le temps de voir plus tard quand la maladie sera là. Oui, mais quand elle est là, il est souvent trop tard.
De affreuxjojo
12H39 | 05/04/2009 |
L'ouvrage « Pesticides » Révélations sur un scandale français de F. Nicolino et F. Veillerette détaille scrupuleusement les liens commerciaux étroits qui unissent la majorité des expert de l'Afssa et l'industrie chimique.
J.F.Narbonne expert à l'AFSSa le reconnait explicitement dans l'article : « la “ schyzophrénie française qui consiste à dire aux chercheurs soyez indépendants mais on n'a pas d'argent pour vous payer ”. Du coup, les mêmes chercheurs se retrouvent à travailler pour l'industrie et à être les plus compétents pour rendre des avis pour l'Afssa.
C'est de cette façon que l'agriculture Française est le lus gros consommateur de pesticides, que l'amiante va faire 100 000 morts en France et que l'industrie chimique continue d'écouler ses produits les plus dangereux dans l'environnement.
De deux chose l'une. Soit le gouvernement connait ces pratiques de lobbying et ses conséquences sur la santé et les accepte délibérément pour favoriser les intérêts de l'industrie.Et cette collusion est criminelle
Soit le gouvernernent est aveugle. Et cet aveuglement est criminel
à affreuxjojo
De Network 23
identité perdue dans mes papiers | 15H43 | 05/04/2009 |
Comment le gouvernement ne pourrait-il connaître ces pratiques ?
Mais comment peut-il faire autrement, alors qu'il met de moins en moins d'argent dans la recherche et que, comme le dit justement J.-F. Narbonne, il est hypocrite de dire aux chercheurs : financez-vous par le privé, mais évitez les conflits d'intérêts.
Le même problème se pose pour les nanotechnologies, où la majorité des chercheurs sont liés à l'industrie, ou pour l'agroalimentaire, comme le Canard enchaîné le démontre semaine après semaine dans sa rubrique consacrée à ce sujet.
L'indépendance des chercheurs n'est pas seulement un principe constitutionnel reconnu, mais doit être appuyée par le financement de la recherche publique.
Tout le contraire des réformes Pécresse !
Comme quoi tout se tient… Derrida qualifiait le terrorisme & les politiques liberticides l'accompagnant de virus auto-immunitaires de la démocratie ; il est probable que cette question de la dépendance des chercheurs envers le privé soit une forme de suicide de nos sociétés.
Quant à l'amiante, celle-ci n'en finit pas de tuer ; le désamiantage complet mettra des décennies à être effectué, et nombreux sont les ouvriers travaillant dans ce domaine (y compris pour l'Etat) qui ne sont pas adéquatement protégés. Et pourtant, on connaît parfaitement les risques.
à affreuxjojo
De Shamash
Ingénieur agro | 00H10 | 06/04/2009 |
L'agiculture française utilise beaucoup de pesticide parce que c'est une agriculture intensive (contrairement à l'agricultre américaine qui bénéficie de grand espace).
Ca n'a rien à voir avec l'indépendance des experts.
Quand à comparer à l'amiante… Est ce que ça a seulement un sens de débattre et de porter le soupçon de cette manière ?
C'est un peu comme si dans un procès, l'avocat disait : « mon client est innocent pour telle et telle raison », à quoi tu répliquais : « Ouais ! Enfin souvenez-vous qu'hier c'était un assassin qui était assis là ! »
a+
De Pignouf27
Addict | 12H44 | 05/04/2009 |
L'Afssa est aussi l'agence qui a donné un avis favorable à la culture du maïs OGM MON810, sur la base d'un rapport tenu SECRET ! ! Soit en totale contradiction avec le principe d'une démonstration scientifique … (http://www.france-info.com/spip.php ? article274382&theme=29&sous_theme=31).
L'indépendance des scientifiques est un enjeux de santé publique, et ne devrait pas répondre à une logique comptable (vaine revendication, je sais…)
De nanouD
citoyenne | 12H56 | 05/04/2009 |
Et quid des biberons en verre ? ? ?
C'est ce que j'ai utilisé pour mes enfants, alors que j'aurais pu acheter du plastique.
Et ça existe toujours.
Alors les parents qui ont des doutes devraient mettre leurs biberons en plastique à la poubelle.