Vos réactions 04/04/2009 à 21h26

Notre secret bancaire, c'est notre liberté de conscience

-Candide- | Jardinateur

Suite à l'article sur les places off-shore particulièrement actives que sont Singapour, l'île Maurice et le Delaware, voici l'analyse de Candide, en réponse à un commentaire de Jaycib, estimant que le Delaware, Etat américain, ne peut être qualifié de « paradis fiscal ».

En somme Jaycib, vous nous dites que le Delaware n'est pas un paradis fiscal parce qu'il n'y a pas de secret bancaire vis-à-vis du fisc.

Il est vrai que par paradis fiscal, on entend généralement :

  • faible niveau d'imposition et des dépenses publiques réduites,
  • stabilité économique et politique,
  • liberté des changes,
  • secteur financier très développé,
  • impunité judiciaire pour le contournement des lois d'autres Etats,
  • secret commercial et secret bancaire inébranlables.

Les deux derniers points sont ceux qui nous chagrinent le plus, et pourtant je me ferai l'avocat du diable pour expliciter la position de ces « paradis fiscaux ». (Tenter d'expliciter leur point de vue ne veut pas dire pour autant que je les soutiens.)


L'impunité judiciaire

Un principe fondamental dans l'entraide judiciaire entre les pays est qu'un pays A peut requérir l'aide d'un pays B si la faute recherchée est punissable dans le pays B.

Exemple (évidement caricatural) : L'Iran recherche des informations sur monsieur Gay X. (résidences, carnet d'adresses en France, etc.) parce qu'il est soupçonné d'homosexualité. Réponse de la France, désolé Monsieur, mais chez nous c'est légal et on ne va pas vous aider, même si certains « actes » soi-disant délictuels ont été commis en Iran, cela ne nous regarde pas !

On voit déjà comme il peut être difficile de faire une requête en patrimoine à un étranger qui décide de passer quelques années en France et « oublie » de déclarer une grosse partie de son patrimoine laissé à la frontière, de manière à échapper à l'impôt sur la fortune. Ne pas déclarer sa fortune n'est pas un délit au Luxembourg ou en Suisse : il n'y a pas d'impôt sur la fortune.


Le secret bancaire

Le principe du secret bancaire est pour une banque de ne divulguer à des autorités étrangères des mouvements de comptes ou un état des lieux du patrimoine, que si l'autorité du pays hébergeur (par exemple la Suisse ou le Luxembourg) ne les y invite. Certains pays (dont la France) abusent d'arguments fallacieux pour obtenir des informations.

Exemple : Monsieur « Banque Suisse », pourriez-vous nous donner des informations sur Monsieur Johnny H. qui est soupçonné de trafic de drogue. Réponse de Monsieur « Banque Suisse » : ne me prenez pas pour un couillon, donnez-moi d'abord des élément tangibles avant que je ne lève le secret bancaire.

(Pour reprendre l'exemple caricatural précédent, que répondrait-on en France à une requête d'un juge d'instruction iranien cherchant à connaître tout le carnet d'adresses de Monsieur Gay X. officiellement soupçonné de trafic de drogue, sans que le moindre élément tangible ne soit transmis ? On enverrait probablement le juge iranien se faire voir chez les Grecs ! (notre secret bancaire à nous, c'est notre liberté de conscience.)


Le blanchiment

Contrairement aux idées reçues, nos paradis fiscaux frontaliers luttent contre le blanchiment de l'argent de la drogue car c'est tout autant immoral et illégal chez eux, et évidemment néfaste à leur image. Bien entendu, un paradis fiscal attire toute sorte d'argent, y compris l'argent de la drogue. Cartier et Vuitton ont très certainement vendu sans le savoir des montres et de sacs à des mafieux, peut-on pour autant les accuser d'être complices des trafiquants ?


L'évasion fiscale

Tous les pays ont des impôts sur les revenus et s'y soustraire et contraire à la loi. Les accords juridiques entre les pays imposent une entraide réciproque, y compris avec la plupart des « paradis fiscaux ». Mais fraude n'est pas évasion ! Décider de s'installer (ou de monter sa société) au Luxembourg n'a rien d'illégal. Certains considèrent que positionner des impôts à 20% quand les impôts sont chez nous à 40% est une forme de dumping.

Sauf que dans ces pays, l'impôt rentre bien dans les caisses, et ce n'est pas la faute du Luxembourg si l'impôt sur le revenu français ne suffit à peine à rembourser le coût des intérêts de la dette... Chacun voit midi à sa porte. La France considère que le Luxembourg fait du dumping, le Luxembourg considère que la France est très mal gérée.

L'évasion fiscale n'est que la constatation d'un manque à gagner

Bien sûr qu'un système de secret bancaire inébranlable est néfaste, et ouvre la porte à tous les abus. Sachons reconnaître aussi que la liberté fiscale de chaque pays est plutôt une saine émulation. Personne ne reprocherait à un habitant de Nîmes d'aller s'installer à Mulhouse parce que les impôts locaux y sont deux fois moins élevés en moyenne.

Commençons par éviter les amalgames. Paradis fiscal, ça ne veut pas dire Etat voyou, même si certains voyous en profitent. L'évasion fiscale, ce n'est que la constatation d'un manque à gagner. Ce qui est très différent de la fraude fiscale. Harmonisons nos loi fiscales (et pas nécessairement les taux) pour que les entraides judiciaires puissent fonctionner.

Sommes-nous prêts à abandonner l'impôt sur la fortune (quitte à se rattraper sur les taux des plus-values) pour être plus en phase avec les autres pays (la plupart de ceux qui l'ont mis en œuvre l'ont déjà abandonné), ou doit-on persévérer dans nos particularismes et jeter l'anathème sur tous les autres pays ?

Bien sûr cela demanderait beaucoup de courage politique et de pédagogie. Et je crains que de ce côté-là nous ne soyons tout autant en déficit.

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  • clive
    • Posté à 21h45 le 04/04/2009
    • Internaute

    Pat Balkany dirait
    S'ils n'ont rien à se reprocher, ils n'ont rien à craindre
    La surveillance, c'est la sécurité
    sûr...

    • Tokani
      Tokani répond à clive
      • Posté à 07h35 le 05/04/2009

      Ce qui tue l'Impôt c'est trop d'impôts....
      Cette vérité antique est bien connue mais négligée par ceux qui prélèvent et souhaitée par ceux qui ne le paient point....
      Le résultat c'est l'évasion fiscale .
      L'Impôt raisonnable est un devoir civique et ne doit pas devenir un acte de vengeance sociale....

      • mick69
        mick69 répond à Tokani
        • Posté à 15h16 le 05/04/2009
        • Internaute

        Un impôt raisonnable, ce serait bien dans un système de revenus raisonnables. Pas dans un système fou où certains empochent des millions après avoir :
        - coulé leur boite
        - jeté au chômage des milliers de gens
        - pompé des milliards d'aide d'état

        Si l'on additionne l'impôt sur le revenu, les impôts locaux, la tva et l'ensemble des cotisations sociales, on se rend compte que contrairement aux riches, la classe moyenne accepte de mettre plus de 50% de ses revenus dans le tronc commun

         
        • yalienx
          yalienx répond à mick69
          • Posté à 17h36 le 06/04/2009
          • Internaute

          Et oui ! C'est toujours la classe moyenne (au sens large, c'est-à-dire sur un spectre de revenus assez étendu) qui paie le plus !

          Les plus modestes ne paient pas d'impôt sur le revenu et consomment peu (attention, je ne dis pas que leur situation est enviable ! ). Les plus riches pratiquent l'évasion fiscale et voient leurs revenus plafonnés.

          La classe moyenne est composée de gens qui vivent d'assez confortablement à très confortablement, qui gagnent un peu trop pour avoir droit à des aides (alors que la classe moyenne « du bas » en aurait besoin), pas assez pour ne pas payer d'impôt (l'évasion fiscale n'est pas pour eux) et qui consomment beaucoup, donc impôt sur le revenu, TVA, charges sociales, taxe foncière, etc. représentent un pourcentage non négligeable de leur revenu. Je ne parle pas de l'ISF, car peu de personnes composant la classe moyenne le paie (sauf à avoir hériter un appartement en région parisienne par exemple...).

          Bref, la classe moyenne, c'est un peu la vache à lait d'un Etat moderne !

        1 autres commentaires
  • chapman
    • Posté à 22h00 le 04/04/2009

    Bon, je ne m'y connait pas trops en finance mais votre conclusion me laisse quand même perplexe. Je trouve même votre exemple assez stupide, mais c'est sans doute pour cela que vous vous faites appelez Candide.
    L'habitant de Nîmes qui irait habiter Strasbourg, irait enrichir Strasbourg (via son travail, logement, dépense, ect...)
    Le problème des paradis fiscaux, c'est qu'il n'est nul besoin de travailler, d'habiter dans le pays pour y avoir un compte. La France a des infrastructures qui bénéficient à tous, et surtout aux entreprises.Quand celles-ci décident de passer une partie de leur bénéfices sous le secret bancaire des paradis fiscaux pour échapper à l'impôt, elles nuisent à la collectivité en ne reversant pas cet impôt.

    • yalienx
      yalienx répond à chapman
      • Posté à 17h41 le 06/04/2009
      • Internaute

      Mouais ! Il y a quand même un grand principe en droit fiscal (en France, et dans la plupart des autres pays, sauf exceptions telles que les USA) : c'est que l'impôt est national ! L'IS est payé par les entreprises situées sur un territoire donnée, pour l'activité qu'elles y exercent. Par exemple, Renault sera taxé à l'IS en France sur les bénéfices qu'il réalise en France. Et ces bénéfices ne peuvent pas être localisés au Luxembourg. L'évasion fiscale des entreprises via les paradis fiscaux est réalisée à la marge en réalité.

      Mais cette marge finit par représenter plusieurs dizaines de milliards d'euros au niveau mondial, du fait des montants en jeu. Cela dit, honnêtement, les paradis fiscaux ne sont pas la cause de la crise financière, et s'ils n'existaient pas, l'Etat français ne rentrerait pas beaucoup plus d'argent dans les caisses (sur le front des entreprises en tout cas).

      Le problème plus marquant est celui des individus qui partent trouver une meilleure fiscalité à l'étranger.

  • kevangel
    kevangel
    Chercheur
    • Posté à 23h37 le 04/04/2009
    • Expert
      Chercheur

    « Exemple (évidement caricatural) : L'Iran recherche des informations sur monsieur Gay X. (résidences, carnet d'adresses en France, etc.) parce qu'il est soupçonné d'homosexualité. Réponse de la France, désolé Monsieur, mais chez nous c'est légal et on ne va pas vous aider, même si certains “ actes ” soi-disant délictuels ont été commis en Iran, cela ne nous regarde pas ! “”

    Contre-exemple : La France recherche des informations sur un Iranien soupçonné d'avoir lapidé sa femme qui l'avait trompé. Réponse de l'Iran, désolé Monsieur, mais chez nous c'est légal et on ne va pas vous aider, même si certains “ actes ” soi-disant délictuels ont été commis en France, cela ne nous regarde pas !

    Vous voyez bien que votre argumentation ne tient pas. C'est pas parce qu'un pays légalise le trafic de drogue et le terrorisme qu'on ne doit pas faire pression pour qu'il change ses lois. Alors c'est normal qu'on cherche à changer les lois de paradis fiscaux qui nuisent à notre économie ! !

    • yalienx
      yalienx répond à kevangel
      • Posté à 17h20 le 06/04/2009
      • Internaute

      Faire pression est une chose (c'est la diplomatie, entre autres, qui peut faire changer les choses). Mais obtenir des résultats en est une autre (dans l'exemple, tant que la voie diplomatique n'a pas fait évoluer le droit interne du pays, point de salut pour les juges français... ou étrangers ! ).

  • liberationdelevangilepopulaire
    • Posté à 03h27 le 05/04/2009

    On dirait une phrase à la Orwell.
    Ma liberté de conscience est le contraire exact d'un secret bancaire :
    « La Vérité, c'est que le monde DOIT changer. »
    Lien

  • ginkoland
    ginkoland
    Ginkonaute
    • Posté à 07h34 le 05/04/2009
    • Internaute
      Ginkonaute

    Bas les masques le Vaticinateur ! on t'a reconnu... : -)

  • Kereven
    • Posté à 11h25 le 05/04/2009

    Dans votre analyse il manque un point important. Si ces pays sont considérés comme paradis fiscaux c'est aussi, en dehors du secret bancaire, qu'ils ne sont pas très regardant sur l'origine des fonds et que volontairement ils contribuent à l'opacité des échanges.
    Mais je vous concède le fait que ce débat n'a aucun sens, puisqu'il ne s'agit pas uniquement de lutter contre les paradis fiscaux, qui ne sont de la partie émergée de l'iceberg, mais bien de tenter de trouver une solution pour mettre fin aux dérives du capitalisme. En cela, le G20 nous a répondu qu'il n'en avait rien à cirer.
    Pour en finir avec votre article, les différents exemples que vous prenez sont très tendancieux et faussent votre raisonnement. Vous comparez des torchons et des serviettes.
    Pour être plus clair, si la France demande à la Suisse l'ouverture du secret bancaire sur untel, la Suisse se devrait de le faire. Car les lois auxquelles répondent ces deux pays sont régies mondialement, par un capitalisme qui se doit d'être le même partout pour fonctionner normalement.
    Les lois sur l'homosexualité, relèvent avant tout de la civilisation nationale et non mondiale, même s'il aurait été préférable que ce le soit. La France, par exemple, refusera d'extrader quiconque risquant la peine de mort, mais si cette peine n'est pas autorisée dans le pays tiers, la France extradera. Il s'agit dans ces deux cas de valeurs nationales qu'il est plus délicat d'imposer, où alors en fasciste, en considérant que seules les nôtres seraient valables.
    Pour le capitalisme, dès lors qu'il y a échange commercial, transfert de fonds, il doit y avoir des lois identiques partout. Pour que ces échanges puissent se faire, il faut qu'ils soient équitablement reconnus valables par toutes les parties concernées. Dès lors que certains pays, trichent, il devient nécessaire aux autres de réagir.
    Mais rassurez vous, tous les pays profitent de la tricherie des premiers et ainsi, personne ne changera rien, mis à part les 4 pays en liste noire, qui passeront en liste grise, réglant le problème de manière définitive. Tant que tous les dérèglements du capitalisme n'auront pas été corrigés, les paradis fiscaux seront toujours là et toujours utiles.

  • Jaycib
    • Posté à 11h53 le 05/04/2009

    Je suis très honoré de voir Candide me « répondre » en présentant son point de vue ici. Cependant, il m'excusera de penser que cette réponse n'est qu'un prétexte utile à sa démonstration. Je ne prétends pas avoir une connaissance approfondie des paradis fiscaux ou avoir particulièrement réfléchi à la « philosophie » qui sous-tend l'existence et le fonctionnement desdits paradis.

    Ce que je tenais à pointer dans mon commentaire antérieur, c'est la différence entre un « conduit » (un truchement, un intermédiaire) et un paradis fiscal proprement dit, dont la fonction est de dissimuler au fisc d'un Etat les richesses réelles de l'entreprise A ou du particulier B. Le rôle du conduit est de permettre l'acheminement des fonds de A ou B vers un paradis fiscal où ils seront mis à l'abri du regard de l'administration fiscale de leur pays d'établissement.

    Cette distinction me paraît importante, car on aura pu lire dans les commentaires des affirmations selon lesquelles la City de Londres ou le Delaware sont des paradis fiscaux, alors qu'ils ne jouent qu'un rôle d'intermédiaire (que d'ailleurs beaucoup de sociétés et de particuliers n'utilisent pas : la majorité des entreprises constituées au Delaware ne s'établissent dans cet état de l'Union que pour bénéficier de taxes locales sensiblement plus basses qu'à New York ou en Californie). Ca ne veut pas dire que la fonction de la City ou du Delaware soit anodine ! La City de Londres est connue pour héberger un très grand nombre de cabinets de conseil fiscal et/ou juridique permettant aux quidams et aux entreprises d'aller placer leurs avoirs dans des refuges (tax havens) à l'abri de l'administration fiscale de leur pays (ou d'un autre). C'est le cas également en France ! L'exemple de Nicolas Sarkozy aidant Henri Leconte à placer ou domicilier des activités ou des gains en Suisse est un bon exemple de ce dont je veux parler.

    Il existe entre les Etats dignes de ce nom des conventions fiscales permettant au fisc de deux pays donnés de déterminer comment déclarer ses impôts par rapport à leurs législations fiscales respectives. Quand il n'existe pas de convention, tous les abus sont permis dans la mesure où le fisc du pays X n'a pas les moyens de vérifier ce qui se passe au sein du « pays » Y. Dans ces conditions, le fisc de X ne peut qu'accepter les déclarations d'impôt de A ou B et l'imposer en conséquence. Un refus de la déclaration n'aurait pas d'effet puisqu'il n'existe aucune possibilité de vérification. Le fisc américain (ou français) n'est pas dupe de ces pratiques, mais ça ne change rien sur le fond, puis qu'il n'a pas de moyen d'intervention. Telle me paraît être la difficulté fondamentale sur ce plan.

    Les conventions fiscales n'interdisent pas la « concurrence » fiscale entre les Etats. Tant qu'il n'y aura pas de législation commune à tous les Etats, cette concurrence continuera d'exister. Elle existe d'ailleurs déjà au sein de l'Union européenne, par exemple.

    Le problème de base est que le système actuel autorise le contournement des lois de quasiment tous les Etats dignes de ce nom (étant entendu que les îles Caïman, Antigua, etc., ne sont pas de ce nombre, pas plus que Jersey, Guernesey ou Andorre), et que les gouvernements ont jusqu'ici toujours fermé les yeux sur ce contournement, et l'encouragent même par l'intermédiaire des conseils fiscaux et juridiques. C'est dans ce contexte qu'il faut replacer des questions telles que celle du secret bancaire, etc.

    L'intérêt des citoyens de la planète est qu'ii existe une législation fiscale commune, mais cette perspective est pour l'heure parfaitement utopique. La logique d'un monde « globalisé » voudrait pourtant qu'on s'entende sur ce point.

  • Rensk
    • Posté à 12h08 le 05/04/2009

    Faux : En Suisse il y a un impôt sur la fortune… il ne se calcul pas en % mais en ‰

    • jyeden
      jyeden répond à Rensk
      khmer vert ( age des caverne, (...)
      • Posté à 13h01 le 05/04/2009
      • Internaute
        khmer vert ( age des caverne, (...)

      tres juste
      c'est pour ça qu'en Suisse les emprunts se font sur plus de 30ans
      tant qu'on a pas rembourser on ne paye pas l'impot sur le capital
      mais des qu'on est « proprietaire » de quelquechose on paye

  • marie 75
    • Posté à 12h13 le 05/04/2009

    La city non condamnéé....
    3 états américians ... non condamnés....
    et j'en oublie beaucoup !
    Alors ... le G20 n'est qu'un joueur de pipeau !

  • jyeden
    jyeden
    khmer vert ( age des caverne, (...)
    • Posté à 13h06 le 05/04/2009
    • Internaute
      khmer vert ( age des caverne, (...)

    dire que les paradis fiscaux se caractèrisent par de faibles dépenses publiques c'est faux
    ce serait d'après l'auteur et vu la façon dont il présente son intervention le corollaire du faible taux d'imposition
    faux encore
    il s'agit d'un dumping fiscal. le paradis fiscal ayant un faible taux d'imposition il récupère des recettes fiscales sur les sociétés qui viennent s'y établir
    il a donc d'importante recettes fiscale et peut avoir des dépenses publiques fortes
    dans un autre domaine il paraitrait que les fonctionnaires luxembourgeois pourraient être payés rien qu'avec les taxes sur les cigarettes, compte tenu des achats de cigarettes par les non résidents (je n'ai pas vérifié l'info)
    mais un paradis fiscal qui commence à pratiquer le dumping fiscal finit par ne pas etre regardant sur la provenance des fonds et à moins d'avoir une economie forte (comme la suisse) finit par devenir un etat mafieux

    • yalienx
      yalienx répond à jyeden
      • Posté à 17h30 le 06/04/2009
      • Internaute

      Vous raisonnez par l'absurde, ce n'est pas très bien. Devenir un Etat mafieux, c'est peut-être vrai pour certains paradis fiscaux exotiques. Mais les Etats européens qualifiés de paradis fiscaux (par exemple le Luxembourg) appliquent des règles de lutte contre le blanchiment d'argent très strictes (les mêmes que celles applicables chez nous). Je ne dis pas qu'il n'y a pas d'argent sale là-bas, mais sans doute pas plus que chez nous (en proportion).

  • pablico
    pablico
    Sudoku et Nord de face
    • Posté à 14h36 le 05/04/2009
    • Internaute
      Sudoku et Nord de face

    prenons le problème à l'envers. raisonnons par l'absurde.

    imaginez que tous les Pays deviennent paradis fiscal...

    où irait se cacher l'argent ? ? sur la lune

  • kawouede
    • Posté à 22h07 le 05/04/2009

    Excellente analyse de l'hypocrisie du G20 par Jean-Paul Besset, candidat pour Europe écologie dans la région Centre
    Lien

  • Mafeco
    • Posté à 13h30 le 06/04/2009

    Votre article n'est pas seulement simpliste, il est surtout faux, notamment en ce qui concerne l'imposition. D'abord l'impôt sur le revenu n'est pas « à 40% » en France, le taux marginal supérieur de l'IR est à 40%, ce qui est très différent. On paie 40% sur chaque euro gagné au delà de 69.505 euros annuels. Si vous faites le calcul, vous vous rendrez compte qu'à 70.000 euros le taux moyen, c'est à dire ce que vous payez réellement, est en-dessous de 25%.
    C'est l'erreur volontaire habituelle de tous ceux qui veulent faire croire que la fiscalité est écrasante en France.
    Vous en ajoutez une deuxième, que l'incompétence seule ne peut expliquer : l'IR au Luxembourg n'a pas du tout un taux (moyen ? marginal ? ) de 20% comme vous le prétendez. Si vous allez sur le site officiel de l'administration des contributions directes du Luxembourg (Lien) vous vous rendrez compte que le taux marginal supérieur de l'IR est de 38% au Luxembourg, et surtout qu'il commence à 34.500 euros, soit bien AVANT les 69.505 euros en France. Autrement dit si vous gagnez 70.000 euros par an il est beaucoup plus rentable en termes d'IR d'être imposé en France qu'au Luxembourg.
    Notez enfin que l'impôt sur la fortune existe également en Suisse (Lien) et n'a été supprimé qu'en 2006 au Luxembourg.

    Je m'étonne qu'Eco89 ait publié un article sous-tendu par une vision fantaisiste voire fantasmatique de l'économie française par rapport aux autres économies européennes, et manifestement écrit par quelqu'un qui ne connaît rien à ce dont il parle.

    • yalienx
      yalienx répond à Mafeco
      • Posté à 17h27 le 06/04/2009
      • Internaute

      « C'est l'erreur volontaire habituelle de tous ceux qui veulent faire croire que la fiscalité est écrasante en France. »

      Heu, vous le faites exprès ? En Europe, tous les Etats (ou presque) propose des impôts sur le revenu à taux progressif. Et quand on compare les taux, on compare donc effectivement le taux marginal. C'est simpliste, mais pas totalement illogique puisque les Etats étrangers ont aussi un taux marginal qui ne correspond pas au taux moyen.

      Et en réalité, c'est assez parlant lorsqu'on analyse la situation des personnes susceptibles de faire jouer la « concurrence fiscale entre les Etats ». Car on parle en général de personnes qui gagnent bien plus de 70 000 euros (souvent plusieurs millions d'euros), et pour eux le taux moyen est effectivement d'environ 40%. Ce ne sont pas les classes moyennes dont les revenus seraient compris entre 60 et 100 k€ par an qui sont visées !

      Par ailleurs, votre article est un peu faux sur le Luxembourg. Certes, les taux affichés y sont relativement élevés (38% pour l'IR, 29% pour l'impôt sur les sociétés). Mais il existe là-bas de nombreuses possibilités de réduire sa facture fiscale en négociant la mise en place de structures fiscales optimisantes avec l'administration fiscale locale. Demandez aux milliers de fiscalistes locaux (un ratio par habitant inconnu chez nous) ce qu'ils en pensent !

      • les_canards
        les_canards répond à yalienx
        • Posté à 19h06 le 06/04/2009
        • Internaute

        Ah, parce qu'en France il n'y a pas de niches fiscales ? vous m'en apprenez une belle, là !

      • Mafeco
        Mafeco répond à yalienx
        • Posté à 22h47 le 06/04/2009

        L'erreur dont je parle consiste justement à faire croire que « beaucoup de gens » ou les gens « un peu riches » paient 40% d'IR alors que comme vous le dites ce n'est vrai que pour les super riches (et encore). Dire « on paie trop d'impôts en France » et « l'imposition sur les revenus supérieurs à 100.000 euros incite ceux qui les touchent à partir » sont deux propositions entièrement distinctes. Si les individus capables de faire jouer la concurrence fiscale entre Etats sont effectivement peu nombreux, on peut se demander s'il s'agit d'un vrai problème. Les rares estimations pour les départs dus à l'ISF par exemple donnent des chiffres autour de 300 départs par an, si ce chiffre est vrai c'est un non problème total.

        Comme dit précédemment les niches fiscales françaises n'ont probablement pas grand-chose à envier aux niches luxembourgeoises, en fait lorsqu'on compare sérieusement (ie. en allant voir les chiffres) l'IR des différents pays européens, on est plutôt frappé par la convergence des taux d'imposition. En fait, s'il y a beaucoup plus de conseillers fiscaux au Luxembourg j'aurais plutôt tendance à en déduire que la fiscalité y est plus lourde.

        Par ailleurs vous me faites bien rire avec vos classes moyennes qui gagnent entre 70.000 et 100.000 euros par an quand le revenu médian en 2005 est de 17.762 euros (50% des foyers français touchent moins), soit 1480 euros par mois. Si j'en crois un document de Camille Landais de l'Ecole d'Economie de Paris que j'ai sous les yeux (vous pouvez même télécharger les chiffres sur sa page web), 5% des foyers seulement gagnaient plus de 62.500 euros en 2005, et 1% plus de 117.000 euros. Notez que c'est par foyer et non par personne, et hors plus value. Vos « classes moyennes » sont donc les foyers situés à peu près entre les 4% et les 1% les plus riches.

        Vous êtes semble-t-il tout aussi déconnecté de la réalité que l'auteur de cet article. Un bon conseil : allez vous renseigner un peu avant d'apprendre l'économie à des gens qui l'étudient sérieusement.

  • Banana ex de juanitoto
    • Posté à 19h53 le 06/04/2009

    ben voilà !

    Lienenvoyé par Lien

  • survivant
    • Posté à 20h59 le 06/04/2009

    Les paradis fiscaux nous font revenir au cœur de la crise. Et l'argent qui y croupit celui là est bien réel. Certes, le problème ne vient pas essentiellement des paradis fiscaux, mais de la disproportion des revenus. Un footballeur ou Bernard Arnaut qui touchent des millions sur un contrat avec une carrière qui s'arrête à 35 ans pour le footballeur (nanard, lui, est increvable) peut s'il n'est pas trop goinfre vivre tranquillement jusqu'à la fin de ses jours familles incluses, en plaçant son pognon dans les paradis fiscaux. Alors qu'un smicard (nous revenons sur la lutte des classes) qui produit les richesses de son entreprise lui se voit taxer plein pot ! Pas de petites caissettes noires en partance pour la Suisse. Puisque le capitalisme ne sera jamais éradiqué c'est DSK qu'il l'a dit « tout cru » et sûrement qu'il n'est pas le seul à le penser « il ne connaît pas un autre mode de société qui marche ». Alors qu'ils imposent un « SMIC riche », plafonné. Tout ce qui dépasse ce plafond serait réinvesti dans la hausse des salaire, l'amélioration de l'entreprise et pour finir la collectivité. Il faudrait en toucher un mot à l'équipe de chocs gouvernementale et les premiers concernés le medef et les parrains. Je suis certain que ma candidature sera retenue.