Initiative 02/04/2009 à 12h43

Au Chili, on tricote avec des mégots

Marie Varasson | Journaliste

Après la mode éthique, les vêtements recyclés s’installent sur les cintres. Au Chili, la jeune styliste Alexandra Guerrero, transforme les mégots de cigarettes en robe, jupes et pulls, pour un style respectueux de l’environnement.

A la vue des centaines de mégots échoués sur les trottoirs de Santiago, Alexandra Guerrero a eu l’idée de les récupérer et de les recycler en vêtements. Dans le cadre de sa thèse de fin d’étude, la jeune créatrice a choisi de donner une nouvelle vie à ces rebus mal odorants :

« J’ai conçu ce projet avec Ricardo Riquelme, directeur créatif. Nous souhaitons réaliser des vêtements qui soient utiles en plus d’être portés. Les cigarettes sont partout dans nos rues, personne ne semble s’en soucier. Ces vêtements nous ont permis d’attirer l’attention sur ce type de pollution. »

Dans le monde, 4 300 milliards de mégots sont jetés dans les rues, chaque année. En France, il s’est vendu 45 milliards de cigarettes entre janvier et octobre 2008. En moyenne, il faut 12 ans pour qu’elles se dégradent complètement.

36 euros pour un chapeau, 208 pour un poncho

Mais comment ne pas sentir le tabac froid, lorsque l’on porte du linge en mégots ? « Nous récupérons les filtres, nous les nettoyons, les stérilisons plusieurs fois et les séchons », explique la jeune créatrice. Miracle, après ces phases de traitement, ils sont presque blancs et ne sentent rien.

Débute ensuite le travail de confection. Alexandra Guerrero tricote les fibres des filtres avec d’autres tissus et réalise lainages, pulls, robes, chapeaux et jupes.

Commercialisées sur Internet, les créations de la jeune équipe charment de plus en plus de clients. « Au début, les gens étaient surpris. Mais après avoir senti puis touché les matières, ils se rendent compte que quelque chose de mauvais a été transformé en quelque chose de bien », raconte Alexandra.

Les prix vont de 36 euros pour un chapeau à 208 euros pour un poncho. La styliste vise la fabrication industrielle :

« C’est la seule façon de créer un bon impact sur l’environnement. »

500 mégots sont nécessaires pour réaliser cinq pièces. Après avoir confectionné des chapeaux en mégots et des pulls à partir de bouteilles en plastique, Alexandra Guerrero ne compte pas s’arrêter là :

« J’attends que des choses se concrétisent pour en parler. »

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  • 18 réactions
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  • Infovite
    Infovite
    info-espress.over-blog.com
    • Posté à 13h06 le 02/04/2009
    • Internaute 8783
      info-espress.over-blog.com

    Avec la politique française ; y a de quoi habiller le monde entier... de misère.
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  • Lemmy_Nothor
    Lemmy_Nothor
    - Gone fishing !
    • Posté à 13h17 le 02/04/2009
    • Internaute 12434
      - Gone fishing !

    Et moi qui fume des sans filtre.... ! : -(

  • Six renards
    Six renards
    Esclave heureux de la FPT
    • Posté à 14h07 le 02/04/2009
    • Internaute 73359
      Esclave heureux de la FPT

    Rigolo, mais un peu cher. A ce prix là, ça fait quelque peu accessoire pour bobos en mal de nouveautés bidons et qui auront quelque chose de « formidable » à raconter à leurs amis, avant leur départ en avion pour New York (parce qu’il faut bien s’occuper le weekend).

    Enfin, peut-être qu’avec la phase industrielle, mon propos sera infirmé, mais pour l’instant, je reste sceptique.

  • Keldan
    Keldan
    Now future & karpe diem
    • Posté à 14h15 le 02/04/2009
    • Internaute 5164
      Now future & karpe diem

    S’ils installaient des cendriers dans les rues, les mégots ne finiraient pas dans le caniveau (enfin je dis ça pour les gens civilisés qui ne les laissent pas trainer sur le trottoir...)

  • stpatrick
    • Posté à 15h03 le 02/04/2009
    • Internaute 36131

    Idée sympa mais le nettoyage et la stérilisation suffisent-ils à enlever toutes les substances toxiques que contiennent les filtres ? La video montre des vêtements pour enfants...que risquent-ils à avaler des fibres d’anciens mégots ?

    • shillom
      shillom répond à stpatrick
      • Posté à 16h18 le 03/04/2009
      • Internaute 22134

      Effectivement, et on peut aussi se demander quelle est la teneur en toxicité des mégots lavés avec maints produits chimiques, qui s’en vont dans la nature ensuite...
      Pas très écolo en fait tout ça.

  • Azza
    Azza
    Ingénieur en informatique (...)
    • Posté à 15h22 le 02/04/2009
    • Internaute 25467
      Ingénieur en informatique (...)

    BEURK !

  • Pseudo
    Pseudo
    Enfin libre : -)
    • Posté à 15h35 le 02/04/2009
    • Internaute 25947
      Enfin libre : -)

    Alors à quand un élevage de moutons fumeurs ? On récupérerait la laine et les mégots...

  • Brédala
    Brédala
    NB : dernières lignes dans " (...)
    • Posté à 17h23 le 02/04/2009
    • Internaute 63792
      NB : dernières lignes dans " (...)

    Je reste complètement hermétique à ce genre de délire pour excentrique largué !

    On nous parle du respect de l’environnement, alors qu’il faut des traitements de nettoyage, de stérilisation et de sèchage énergivores pour rendre ces filtres (sup) portables !

    Deuxièmement :

    « ... La styliste vise la fabrication industrielle :

    “ C’est la seule façon de créer un bon impact sur l’environnement. ”... »

    Encore une noble idée ! Une usine à nettoyer, stériliser, sècher et tricoter des vieux filtres...
    Ha, tu parles d’un bon impact !
    Il y a de fortes chances que ces produits toxiques récupérés dans les filtres finissent par se balader dans l’air ou dans les rivières.

    Sous ses allures baba-écolo-créatrice cette nana est une vraie flingueuse !

    • ecor1
      ecor1 répond à Brédala
      sur le fil
      • Posté à 17h57 le 02/04/2009
      • Internaute 25388
        sur le fil

      Chuis d’accord, il ne s’agit là que d’un bon coup marketing.

      • lilipili
        lilipili répond à ecor1
        hélène
        • Posté à 22h31 le 02/04/2009
        • Internaute 75001
          hélène

        combien il faut de flotte et de détergent pour nettoyer la nicotine qui s’infiltre très profondément dans les fibres ?
        et de désinfectant ?
        c’est bon pour la planète ça ?

    • chapolin
      chapolin répond à Brédala
      scoresdownload.com
      • Posté à 01h14 le 03/04/2009
      • Internaute 41320
        scoresdownload.com

      « Sous ses allures baba-écolo-créatrice cette nana est une vraie flingueuse ! »

      expdr ^^

      Niort cours de piano

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  • corbeau deciitre
    corbeau deciitre
    Educateur spécialisé
    • Posté à 23h21 le 02/04/2009
    • Internaute 71752
      Educateur spécialisé

    Elle a créé une ligne de pyjamas intitulée : « fumer nuit ! »

  • ND66
    ND66
    jeune patron de lui-même, et c' (...)
    • Posté à 09h30 le 03/04/2009
    • Internaute 75043
      jeune patron de lui-même, et c' (...)

    Plusieurs réactions à ce genre d’initiatives ... Au premier abord, c’est« cool », un peu bobo (mais c’est pas une maladie grave non plus...)

    Mais a y regarder de plus près et comme le dit plus haut lilipili, quel impact a cette démarche sur l’environnement ?

    Quand on sait que la décoction de 200 mégots crée un poison mortel pour l’Homme, juste avec la nicotine, qu’on y ajoute les 2000 substances toxiques présentes dans le mégot, et bien sûr les détergents nécessaires au « lavage des mégots »... le tout finissant dans la nature, c’est certain... pour une dispersion optimale.... BRRRRR

    Je vend des cendriers de poche dans ma vie, après avoir ramassé longtemps les mégots dans les stations de ski( oui, j’ai un petit côté bobo à ma manière ; -) ), et j’avoue que ce déchet est une vraie plaie, dont on ne peut rien tirer si ce n’est un peu d’énergie par combustion dans un incinérateur. Sinon, il reste nocif, toxique et nauséabond pour très longtemps, partout ! ! !

    D’ailleurs la Rue, je voulais vous proposer d’en mettre dans votre boutique, des cendriers, car on a le droit d’être fumeur et responsable ! Contactez moi si vous le voulez.

    Nicolas.

  • Arnaud V
    Arnaud V
    co-gérant
    • Posté à 10h32 le 03/04/2009
    • Internaute 68175
      co-gérant

    Euh... Et l’empreinte écologique du lavage et de la désinfection ? ! ?

  • xicoïa
    • Posté à 15h23 le 03/04/2009
    • Internaute 31710

    Avec quels produits stérilisent-ils ?
    Les lavent-ils ?
    L’électricité pour les séchés ?
    Ecolo ?

  • alberte
    alberte
    Sage-femme retraitée
    • Posté à 18h31 le 03/04/2009
    • Internaute 60250
      Sage-femme retraitée

    Et la nicotine, comment être surs q’ elle a disparu ? ?

  • enildem
    enildem
    Chercheur
    • Posté à 23h04 le 03/04/2009
    • Expert 55890
      Chercheur

    L’éthique s’arrête de que l’étiquette de prix est accroché sur cet assemblage de mégot en forme de ponco... 208 euros... bref, c’est comme le bio un luxe de plus pour mettre du grain à moudre dans la poche d’un affamé de billet.
    En attendant les pauvres peuvent toujours fumer des clopes au polonium 210, manger des produits avec additifs, des légumes avec pesticide et de la viande génétiquement modifié.
    L’écart se creuse entre deux humanité, l’une riche et l’autre pauvre qui tend à le rester.