A la Une 31/03/2009 à 22h32

Pécresse cède sur les chaires... mais pas sur le reste



La ministre de l'Enseignement supérieur Valérie Pécresse à l'Assemblée le 10 mars 2009 (Charles Platiau/Reuters).

Un peu moins médiatisée peut-être, la contestation universitaire ne flanche pourtant pas vraiment. Après Normale-Sup, Paris-XI, Paris-VI, ou même Lyon-I (la fac du patron des présidents d'université, Lionel Collet), Dauphine est montée au créneau contre les « chaires d'excellence » lundi 30 mars. Son conseil d'administration a refusé de nommer le comité de recrutement pour la chaire prévue en gestion.

Si plusieurs facs sont mobilisées contre ces chaires mixtes, à l'image de Dauphine malgré une réputation peu frondeuse jusqu'à cette année, d'autres étaient pourtant déjà passées à l'acte.

Mais, ce mardi midi, Valérie Pécresse aurait confirmé une reculade pressentie depuis la veille sur ce point qui figure parmi les revendications des collectifs et de l'intersyndicale. D'après Sauvons la recherche, la ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche se seraient engagée auprès des trois directeurs d'unité représentant les organismes de recherche à reverser au recrutement les 130 postes de chercheur que le dispositif supprimait de facto.

25% de recrutement en moins au CNRS avec les « chaires mixtes »

Ce chantier entamé à la dernière rentrée universitaire dans la foulée de la loi LRU avait pour but d'imbriquer, autour d'un même poste de maître de conférences, une charge de recherche qui incombait jusque-là à un salarié d'un organisme de recherche. Parmi ces 130 « chaires mixtes », 90 correspondaient par exemple à des postes CNRS, qui perdait dans la foulée un quart de ses recrutements à la rentrée 2009.

Sauvons la recherche, Sauvons l'université et syndicats du supérieur se mobilisaient depuis plusieurs semaines contre ce qu'ils regardent comme des suppressions de postes déguisées puisque ces 130 postes représentent en fait autant de départs à la retraite qui ne seraient pas renouvelés.

Un « dépeçage des organismes de recherche » ?

« Autrement dit, le dépeçage du CNRS et des organismes de recherche », décrypte Isabelle This-Saint Jean, de Sauvons la recherche, qui se félicite de ce recul mais reste « plus que prudente », alors que Valérie Pécresse n'a pas cédé, pour l'heure, sur les autres revendications des chercheurs.

Comme Sauvons l'université, Sauvons la recherche souligne qu'il ne s'agit « que d'un recul pour la rentrée 2009 », sans garanties pour la suite. Mardi soir, le cabinet de la ministre préférait préciser que « les détails arriveraient ultérieurement », ajoutant tout de même qu'il n'était « pas question que les chaires servent d'outil de gestion de l'emploi ».

Sur le terrain, enseignants, chercheurs et étudiants restent mobilisés et les témoignages continuent d'affluer, alors que le calendrier commence à se bousculer avec la fin d'année universitaire. Ainsi, plusieurs riverains relayaient le jour-même l'occupation du rectorat à Bordeaux le 31 mars, par l'équipe de Bordeaux III, jusqu'à l'évacuation du bâtiment par les forces de l'ordre. Un maître de conférences affirme qu'il s'agit d'une première historique pour cette la fac bordelaise.<p></p>

Photo : la ministre de l'Enseignement supérieur Valérie Pécresse à l'Assemblée le 10 mars 2009 (Charles Platiau/Reuters).

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  • Le Yéti
    Le Yéti
    yetiblog.org
    • Posté à 00h03 le 01/04/2009
    • Internaute
      yetiblog.org

    DES RESTES DE PLUS EN PLUS FAMÉLIQUES

    Ça fait je ne sais plus combien de points sur lesquels la Pécresse cède. Au point qu'on ne voit plus très bien ce qui reste du reste. Cette bonne femme est en train de se boire une tasse grandiose !

  • Dave Feng
    Dave Feng répond à Le Yéti
    • Posté à 00h37 le 01/04/2009
    • Internaute

    Vous vous méprenez. L'essentiel des deux décrets est toujours là. Ne vous laissez pas berner par ces minuscules reculades, ne soyez pas, à votre insu, complice de ceux qui veulent que le mouvement s'arrête. Jusqu'à nouvel ordre, la mastérisation est maintenue, même si elle est décalée d'un an - et les services des enseignants-chercheurs seront modulables par les présidents d'université. Les retouches sont marginales et cosmétiques.

  • Le Yéti
    Le Yéti répond à Dave Feng
    yetiblog.org
    • Posté à 07h26 le 01/04/2009
    • Internaute
      yetiblog.org

    Décalé d'un an, ça s'appelle un recul. Et un « recul », dans ces cas-là, c'est souvent une façon de maquiller un abandon.

    La vérité est que la pauvre Pécresse, mais aussi ce crétin de Darcos, sont dans un sacré bourbier. Pour l'heure, ce que l'on sait, c'est que la masterisation, prévue pour la rentrée 2009, est abandonnée pour 2009. De même que la réforme du lycée (2nde), repoussée elle aussi aux calendes, n'est plus qu'un appeau un peu minable pour sauver la face devant les électeurs.

    La masterisation aurait d'ailleurs eu un sacré mal de chien à voir le jour, vu que la quasi totalité des conseils d'administration d'universités a refusé de remonter vers le ministère via les rectorats, les fameuses « maquettes » qui devaient en permettre la mise en application.

    Aux opposants de maintenir la pression !

    (Autre chose, cher M. Feng, qui est le plus motivant - ou démotivant - pour les troupes ? Celui qui dit que l'adversaire est sonné et que c'est le moment de pousser encore plus ? Ou celui qui dit que rien n'a encore été lâché par l'adversaire et que la victoire est loin d'être acquise ? )

  • Dave Feng
    Dave Feng répond à Le Yéti
    • Posté à 14h35 le 01/04/2009
    • Internaute

    Vous avez raison, il faut être enthousiaste dans une lutte. Toutefois, je conserve deux points de désaccord avec vous :

    1/ La mastérisation est seulement décalée. Une partie des présidents d'université qui s'y sont opposés l'ont fait car c'était une réforme bâclée - et non parce que c'est une mauvaise réforme. Ils sont d'accord avec la mastérisation, si elle est bien faite. Il y a donc, au sein des universitaires, une variété d'appréciation de cette réforme et elle n'est pas morte, mais bien susceptible de revenir l'année prochaine.

    2/ Je demeure convaincu qu'il ne faut pas voir dans des minuscules reculs un trop grand signe. Il y a un vrai risque de démobilisation ces jours-ci. Dans les AG, on entend certains argumenter : on a obtenu le report de la mastérisation, quelques garanties sur le statut des EC, alors on peut reprendre le travail. Le moment n'est pas à la surmédiatisation de ces tentatives de casser le mouvement. Il y avait trois préalables, abrogation de la mastérisation, abrogation de la réforme des statuts des EC, rétablissement des 900 postes supprimés. Ces trois préalables demeurent.

    Bien à vous !