Enquete 28/03/2009 à 20h07

Voyage au cœur de « l'empire noir » de Bolloré au Cameroun



Vincent Bolloré lors de la présentation des résultats de son groupe à Puteaux le 20 mars (Benoit Tessier/Reuters)

Souvent cité en exemple comme modèle français de l'entrepreneur dynamique, Vincent Bolloré est très contesté en Afrique. France Inter s'est intéressé au Cameroun, où « l'empire noir de Bolloré » dévoile une face cachée peu reluisante. Enquête à écouter ce dimanche dans l'émission « Interception ».

Le train, le port, les plantations... l'empire Bolloré règne sur le pays

C'est en suivant la voie de la Cam rail (la SNCF camerounaise) que commence l'enquête de Benoit Collombat. En pleine gare de Douala, à midi, pas l'ombre d'un train. Et pour cause : il n'y a plus que trois rotations par jour entre la capitale économique du pays et Yaoundé, son centre politique.

Pourquoi ? Parce que son nouvel actionnaire en a décidé ainsi. Depuis 1999, la compagnie nationale appartient à la multinationale du milliardaire breton, Vincent Bolloré. (Ecouter l'extrait du début du reportage)

Audio file

Extrait du début de l'enquête

Au passage, on apprend que l'accord de privatisation de 1999, prévoyant l'indemnisation de 603 employés n'a pas été respecté. Tout comme les promesses de modernisation du réseau.

Le directeur du port, qui s'oppose à Bolloré, est licencié

Après le train, le port autonome de Douala. Là aussi, le groupe Bolloré est solidement implanté. Il contrôle l'essentiel des infrastructures par lesquelles transitent 85% des importations du pays.

L'ancien directeur général du port, Emmanuel Etoundi Oyono, raconte comment il s'est opposé à la privatisation de l'activité de draguage des pieds de quais.

« Le port a donné son personnel et sa drague à la SDCA, et s'est retrouvé facturé avec des montants très importants. Bolloré devrait louer tout ça et ce n'est pas le cas : c'est juste inadmissible. » (Ecouter le son)

Audio file

Extrait de l'entretien avec Emmanuel Etoundi

Résultat : le directeur rebelle a été licencié, alors même, ajoute-il, que « l'article 4 créant le port autonome de Douala énonce les dispositions éligibles à la privatisation : le draguage n'en fait pas partie. » Au Cameroun, le groupe Bolloré fait à peu près ce qu'il veut.

Un empire économique et des relais politiques partout présents

La suite n'est qu'une longue addition de passe-droits, de contournement des lois, de travailleurs mal payés... une saga peu reluisante au regard des critères sociaux minimum, y compris en Afrique. A la Socapalm, société camerounaise de palmeraie, les employés affectés à la cueillette touchent péniblement 50 euros par mois.

A chaque exemple, le tableau s'obscurcit, sans que les représentants locaux de l'empire Bolloré ne prennent la peine de s'expliquer sur ces conditions de travail. « C'est un risque pour notre image », avoue l'un d'eux.

Finalement, France Inter a pu avoir une réaction -en forme de démenti- du directeur Afrique du groupe, mais trop tardivement pour être intégré au reportage. Elle a été mise en ligne dimanche matin sur le site internet d'Inter.

Un lobbying tous azimuts pour tisser sa toile

Mieux (ou pire, selon le point de vue), l'enquête de Benoit Collombat lève aussi un coin du voile sur la façon dont le groupe français a tissé sa toile au Cameroun.

D'un soutien massif à la fondation Chantal Biya, première dame du pays, au financement d'une radio animée par un prêtre proche du pouvoir, en passant par les services médiatiques rendus au président Biya lors d'une visite à Paris, toutes les méthodes de lobbying sont utilisées.

Pius N'jawé, le directeur du grand quotidien Le Messager peut conclure sans se tromper :

« Bolloré, c'est une illustration parfaite de la Françafrique. »

L'Empire noir de Bolloré enquête diffusée dans l'émission « Interception » - France Inter - dimanche 29 de 9h à 10h.

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  • TARPON
    • Posté à 20h47 le 28/03/2009

    Entrepreneur ,sans doute ,mais pas si eclairé que ça .a la fin des annes 80 Bollore avait les yeux plus grand que le ventre .Il aurait du normalement sombrer corps et biens si Bebear qui aimait jouer les parrains ne l'en avait pas sorti.
    Les deux hommes se croisent devant un avion :
    « je vais deposer mon bilan »
    « on va arranger ça “
    Celui qu'on appellait à l'epoque” le petit prince de la finance » a surtout manie la trahison comme Bernard Arnault vis à vis de louis Vuitton ,ecoles Rothshild et Lazard .
    Ce lien (il y a 13 ans) montre que rien n'a changé dans les methodes.
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  • FabiendeMénilmontant
    FabiendeMénilmontant répond à ÂneOnyme
    journaleux - blogueur
    • Posté à 21h22 le 28/03/2009
    • Internaute
      journaleux - blogueur

    A lire :
    Vincent Bolloré aime beaucoup (trop ? ) l'Afrique (Africamix, fév 2009)
    Lien
    L'Afrique n'est plus l'Eldorado des entreprises françaises (diplo, fév 2006)
    Lien
    Bolloré : monopoles services compris (Survie69)
    Lien
    Bolloré l'ami africain (Horizons et coups de cœur, fév 2009)
    Lien
    France-Afrique-Corruption (InfoPlus Gabon, mars 2006)
    Bolloré collectionne des scandales au Togo, au Cameroun.. et en Côte d'Ivoire ?
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  • Utilisateur désinscrit à sa demande
    • Posté à 22h07 le 28/03/2009

    Je m'abstiens de tout commentaire sur ce que je pense de Bolloré et de son ami intime, qui préside à nos destinées depuis le mois de mai 2007 : je serais immédiatement censuré. Et à juste titre.

    Almanach Vermot 1921 - collec perso.

  • stephaneerard
    stephaneerard
    développeur MDD
    • Posté à 11h05 le 29/03/2009
    • Internaute
      développeur MDD

    Je ne sais pas si ce doc a déjà été partagé au travers des commentaires, mais je le trouve plus qu'intéressant :

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  • amilcar
    • Posté à 18h54 le 29/03/2009

    lisez Mongo Beti, lisez tout Mongo Beti, personne ne comprendra l'histoire récente camerounaise sans lire Mongo Beti, lisez les 3 tomes de ses articles publiés sous le titre « Le Rebelle » chez gallimard, dont certains parus dans le Messager, lisez le quand il critique le Messager, lisez ses romans, je viens de finir « L'Histoire du fou » chez Julliard.