Manif contre les banques accros aux paradis fiscaux
Un petit monticule de sable, deux mini-palmiers, de faux billets de banque et des acteurs en shorts fleuris, la place de la Bourse, à Paris, avait des airs de vacances ce samedi après-midi.
A l’appel de plusieurs organisations, des centaines de manifestants sont venus démanteler symboliquement cette petite île artificielle pour dénoncer les paradis fiscaux.
Si l’expression « paradis fiscal » évoque surtout des îles lointaines ou la Suisse, les manifestants ont choisi la place de la Bourse pour faire écho aux révélations récentes des magazines Alternatives Economiques et Marianne : les banques françaises et les entreprises du CAC 40 possèdent des filiales dans les paradis fiscaux.
D’où le mot d’ordre : « Pas besoin de montrer du doigt des îles lointaines, on a déjà beaucoup à faire chez nous ».
Alors que le soutien gouvernemental au secteur bancaire n’en finit pas de créer des remous, les 361 entités offshore de la BNP Paribas, du Crédit agricole et de la Société générale passent mal. Au point de créer une mobilisation citoyenne contre ces pratiques.
Pour Aurélie Trouvé, co-présidente d’Attac, s’informer sur les activités des entreprises françaises est déjà un premier pas. Le second consistant à se diriger vers des établissements « propres » : (Voir la vidéo)
La « plate forme paradis fiscal et judiciaire », collectif de plusieurs associations, attend désormais, des responsables politiques réunis à Londres le 2 avril prochain pour le sommet du G20, des actions concrètes contre cette fuite de capitaux. Les associations estiment à 50 milliards d’euros le montant de ces fraudes fiscales.
Sur les pancartes et banderoles étaient inscrits en grosses lettres les
noms des entreprises françaises les plus implantées dans les paradis
fiscaux -BNP Paribas, Danone, LVMH, Schneider- suivis de « nous ne
paierons pas vos crises ! » rageurs. Ce slogan a rassemblé plus de 15 000
personnes à Londres et 19 000 à Berlin.
- Sur Rue89Ces petits paradis fiscaux français qu'on laisse prospérer
- Sur blogspot.comLes entreprises du CAC40 dans les paradis fiscaux, par Alternatives Economiques
- Sur marianne2.frLes paradis fiscaux abritent 532 milliards de dépots français , par Marianne
- Sur rue89.comTous les articles de Rue89 sur les paradis fiscaux
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Les pratiques de blanchiment constituent, aujourd’hui et dans leur majorité, une perversion des procédures légales issues du droit civil, du droit des sociétés, du droit fiscal ou maritime ainsi que des « garde fous » administratifs régissant la finance.
Dans l’inventaire des services financiers et juridiques offshore, on note plus particulièrement :
- l’immatriculation des sociétés d’affaires internationales et des banques offshore ;
- les trusts, fiducies ou fondations, mécanismes de transferts de la propriété de fonds ou de biens, le plus souvent purement fictifs ;
- les agences de domiciliation, chargées d’assurer une présence fictive de l’entité économique ;
- la « citoyenneté économique » qui permet à un investisseur de capitaux supérieurs à un certain montant d’acquérir la nationalité –et donc la protection- du pays-accueil ;
- une législation stricte sur le secret bancaire.
A cela, s’ajoute en général une coopération judiciaire locale « déficiente » permettant de repousser les demandes d’enquêtes venues de l’étranger.




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