TRIBUNE 28/03/2009 à 18h16

En pleine crise du capitalisme, vers un G20 pour rien


C’est comme un devoir en classe, pour lequel les élèves n’ont rien révisé. Bien embêtés, ils rendent page blanche ou tentent de masquer leur panne sèche par des grandes phrases qui ne veulent rien dire. Jeudi, le sujet sera la crise du système capitaliste et les changements qui s’imposent.

Les 20 élèves, sans vision politique globale, sans volonté de remettre en cause le système actuel ayant engendré la crise, ne produiront certainement rien de décisif.

Les citoyens victimes de cette crise ne pourront sans doute que leur accorder un zéro pointé. Et espérons qu’ils se fâchent pour de bon.

La même copie que pour le dernier G20 ?

Tout laisse à penser que le prochain sommet du G20 ne sera que la reproduction de celui du 15 novembre dernier : aucun engagement concret et le maintien des règles internationales qui ont favorisé le développement de la crise.

Aucune vision politique globale ne se dégage, mais plutôt deux positions partielles et insuffisantes :

  • Les Anglo-Saxons plaident pour de vastes plans de relance économique. Mais qui seront les bénéficiaires ? Pour quels types d’activités ?

    Au nom d’une croissance renouvelée, les dernières décisions et déclarations de ces gouvernements tendent à poursuivre la socialisation des pertes, le sauvetage des grandes banques et entreprises sans contrepartie, et le soutien des industries polluantes.

    Ces pays insistent surtout sur la nécessité de ne pas trop réguler les marchés financiers, dévoilant leur volonté de maintenir les bénéfices des détenteurs de capitaux et de ne pas pénaliser les fauteurs de crise.

  • Les pays, Allemagne et France en tête, qui penchent du côté d’une régulation (modeste) de la finance, et refusent tout déblocage massif de fonds publics face à la crise. Le serrage de ceinture reste de mise.

Sans doute la situation serait-elle complètement différente si on avait bien voulu mixer les vingt élèves les plus riches avec les autres.

Le G20 remplace peu à peu le G7/8 à la direction de l’économie mondiale, mais il n’est pas plus légitime : la représentation des pays reste fondée sur leur puissance économique, en excluant tous les pays pauvres et des régions entières. Ainsi, la seule Afrique du Sud représentera l’Afrique.

A l’opposé d’une telle vision, le G77 a demandé qu’une réponse à la crise financière se fasse d’abord dans le cadre des Nations unies. Si tant est que l’ONU soit dotée des moyens politiques nécessaires, ce que lui refusent toujours les pays riches.

Dans les faits, une poignée de pays s’est octroyée le droit de décider de l’avenir du monde. Pire, derrière la façade du G20, seuls onze pays font visiblement partie de ce club très sélect : selon le Financial Times, le gouvernement britannique a établi une liste de onze pays du G20 à courtiser prioritairement dans l’optique du prochain sommet du G20.

Quelques idées intéressantes... immédiatement contredites

Le G20 finances a bien tenté des recommandations sur un contrôle (un peu moins restreint) des hedge funds et des agences de notation financière.

Ils indiquent également s’être « mis d’accord sur l’identification des territoires non coopératifs par les organismes internationaux compétents et la mise au point d’une boîte à outils de contre-mesures efficaces ».

Autant de formules polies pour désigner les paradis fiscaux et judiciaires. Dans la foulée, plusieurs de ces paradis se sont engagés à renforcer l’échange d’informations avec d’autres pays.

Mais on reste loin de la levée du secret bancaire : l’échange d’informations ne se ferait qu’au « cas par cas » et sur « demande concrète et justifiée » (dixit le gouvernement suisse).

C’est surtout sans compter sur les intérêts et le lobbying bruxellois et des multinationales de tous poils. Le Premier ministre tchèque, Mirek Topolanek, qui préside l’Union européenne, les a d’ailleurs rassurés : « Nous allons soutenir le Luxembourg. »

La Chine, soutenue par la Russie, a tenté pour sa part de poser la question d’une nouvelle monnaie de réserve internationale, mettant fin à l’hégémonie du dollar et à ses perversions.

Mais là encore, pas question de toucher à la sacro-sainte suprématie des États-Unis. Barack Obama le déclare dans Le Monde du 24 mars : « Les États-Unis sont prêts à assumer leur leadership », et le Premier ministre britannique Gordon Brown, hôte du sommet du G20, copie docilement sur son voisin : les monnaies de réserve ne seront pas un grand sujet de débat à cette réunion.

La même erreur, toujours et encore : le refus de partager les richesses

Une logique domine : le maintien des bénéfices des détenteurs de capitaux. Et pour cela, continuer d’appliquer la loi du marché. La déclaration conclusive du sommet précédent du G20 le confirme :

« Notre travail sera guidé par une croyance partagée dans les principes du marché et de l’ouverture des frontières au commerce et aux investissements. »

Tous les pays du G20 se sont prononcés pour une conclusion au plus vite du cycle de négociations commerciales de l’Organisation mondiale du commerce.

La libéralisation des marchés de biens et services pourra donc continuer à nourrir les profits des détenteurs de capitaux : par une mise en concurrence généralisée, les règles sociales et environnementales sont nivelées vers le bas, les travailleurs et la nature peuvent être exploités avec des facilités toujours plus grandes et la privatisation de tous les secteurs vient répondre aux appétits croissants des actionnaires.

Dans ce règne du marché, la solidarité est complètement absente. Le dernier conseil des ministres des finances européens Ecofin a certes décidé d’une participation plus importante des pays de l’Union européenne au Fonds monétaire international, en particulier pour « sauver » les pays de l’Est en faillite.

Mais cette aide ne sera pas dépourvue d’intérêts, puisqu’elle sera assortie de conditions drastiques, passant notamment par une réduction des salaires des fonctionnaires en Irlande, Lettonie, Lituanie, Hongrie...

Nul doute que les conditions seront les mêmes pour les pays du Sud. Après le repenti tonitruant de la Banque mondiale qui, en pleine crise alimentaire mondiale, reconnaissait ses erreurs, va-t-on revivre les dégâts des plans d’ajustement structurel ?

Un zéro pointé... et après ?

Face à l’irresponsabilité des dirigeants du monde, d’autres voix émergent. L’idéologie néolibérale est fissurée et l’explosion des inégalités sociales amène de plus en plus de citoyens à réclamer des comptes.

Des mesures urgentes sont à prendre et ne dépendent que d’une volonté politique des États :

  • la suppression des paradis fiscaux et judiciaires, qui drainent la moitié des transactions financières internationales, entretiennent l’opacité et l’instabilité du système financier et confisquent des ressources fiscales indispensables aux Etats
  • la création de taxes globales (sur les transactions financières, les activités polluantes...) pour financer les énormes besoins sociaux et environnementaux
  • le plafonnement des hauts revenus et une redistribution des richesses
  • plus largement, une mise sous contrôle démocratique du système bancaire et financier.

A plus long terme, se pose la question d’un nouveau projet de société, fondé sur l’accès de tous les êtres humains aux droits fondamentaux.

Un tel projet nécessite la soustraction des biens publics à la logique de profit et donc un contrôle et une gestion démocratiques par la collectivité : à commencer par la monnaie. C’est là tout l’enjeu du mouvement altermondialiste.

C’est sur ces bases que nous nous sommes retrouvés ce samedi pour une journée d’action mondiale face au G20, dans des centaines de villes dans le monde, et à Paris place de l’Opéra.

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  • loeau
    loeau
    petit homme parmi les petits (...)
    • Posté à 18h31 le 28/03/2009
    • Internaute 65682
      petit homme parmi les petits (...)

    Vous l’avez vraiment cru que ces décideurs allaient révolutionner le monde en le rendant meilleur et sans pauvreté ? !

    Le monde court à sa perte ! Ce sont les mêmes en temps de profits max en bourse, nous vantaient le modèle capitaliste.

    « Ce ne sont qu’un tas d’anciens alcooliques qui se retrouvent au bistrot. » phrase reprise ou presque d’un autre riverain.

    Alors arrêtez de nous parler du G20 ! ! ! !

    • Counch
      Counch répond à loeau
      Citoyen en résistance en (...)
      • Posté à 18h41 le 28/03/2009
      • Internaute 23248
        Citoyen en résistance en (...)

      Des solutions sont possibles ! ! ! ! Il suffit de s’y mettre ensemble ! ! ! !

      A lire le rapport d’Attac : « De la fin des paradis fiscaux aux taxes globales »
      Lien

      • P-i-M
        P-i-M répond à Counch
        • Posté à 19h41 le 28/03/2009
        • Internaute 65390

        Ce 29 mars 2009, les Marseillaises et Marseillais LIBRES avancent leurs montres non pas d’une heure mais seulement d’UNE DEMI-HEURE...
        et basta... à Marseille, on en reste là !

        On changera plus... on se fout d’avoir une demi-heure de différence avec Paris, Londres, Berlin ou Bruxelles...

        Bien autre chose nous sépare !

        Allez les Marseillaises et Marseillais LIBRES...

        Vive le PiM ! ... @ Lien

         
        • ysengrimus
          ysengrimus répond à P-i-M
          • Posté à 07h03 le 29/03/2009
          • Internaute 12674

          La crise interne du capitalisme est un conflit non-national sans merci...

          Lien

          et ce n’est pas fini.

          Paul Laurendeau

        1 autres commentaires
    • tipoux
      tipoux répond à loeau
      écocitoyen
      • Posté à 12h56 le 29/03/2009
      • Internaute 56930
        écocitoyen

      comme le dit Eva Joly (avocate ) candidate de Europe Ecologie on a plus 10 ans devant nous pour supprimer les paradis fixscaux qui servent autant au capitaux privé ,qu’ a celui des collectivités et des etats et donc notre argent.
      c’est possible,mais votons au Européenne en juin pour les bons candidats qui s’engagent à prendre cette responsabilité politique de les taxer et de les supprimer sur 5 ans.

      Pour le G20 comme le dit Muhammad Yunus prix nobel de la paix 2006 ,docteur en économie et créateur de la grameen bank qui est un établissement qui a créer le micro crédit.

      il en appelle a un nouveau capitalisme et au social bizness
      voir son livre vers un nouveaiu capitalisme livre poche 2008.
      a lire pour s’ouvrir l’esprit.

      Trés enrichissant ,meme pour les plus pur anticapitaliste qu ientre parenthése ne propose pas de nouvelle organisation de nos sociétés et de nouveaux modéles d’échanges viables à l’échelle de la planéte.

      • Counch
        Counch répond à tipoux
        Citoyen en résistance en (...)
        • Posté à 19h20 le 29/03/2009
        • Internaute 23248
          Citoyen en résistance en (...)

        Ok mais le traité de Lisbonne on se l’avale ou on se l’avale pas ? ? ? Mme Eva Joly ? ? ? ?

         
        • tipoux
          tipoux répond à Counch
          écocitoyen
          • Posté à 20h40 le 29/03/2009
          • Internaute 56930
            écocitoyen

          pour Mr De Counch
          on pense ce que l’on veut sur ce traité et pas que du bien pour ma part.

          Mais pour
          Eva joly n’étant pas encore élu
          elle ne prendra pas part au débat interne des élus verts européens sur le traité.

          pour info
          position des Greens et alliance libre européenne

          Traité de Lisbonne.
          Un nouveau départ pour l’Europe
          Aujourd’hui, la signature du Traité de Lisbonne clôture un processus de réforme de l’Union qui a duré plus de huit ans. Si ce Traité est ratifié par l’ensemble des 27 Etats membres au cours de l’année à venir, il pourra entrer en vigueur le 1er janvier 2009.

          Nous, Verts au Parlement européen, sommes favorables au Traité de Lisbonne qui représente une nouvelle étape dans le processus constitutionnel européen. Il constitue un compromis, insuffisant certes à bien des égards, mais néanmoins initiateur et indispensable.

          Le Traité renforce la démocratie européenne, instaure l’Union comme communauté de droits fondamentaux, définit des valeurs et des objectifs communs dont le développement durable auxquels sont soumises ses politiques. Il intègre les droits sociaux dans les droits de l’homme au sens traditionnel, il lie la politique extérieure et de défense de l’Union au droit international, il attribue clairement les compétences, il augmente les capacités d’action de l’Union, tout en renforçant la transparence, et la possibilité pour les citoyennes et citoyens de prendre part aux décisions.

          Nous, Verts au Parlement européen, ne méconnaissons pas les limites de ce Traité : les gouvernements ont clairement galvaudé l’opportunité que représentait la crise du processus constitutionnel pour oser un grand pas en avant, pire même le Traité reste en-deçà du Traité Constitutionnel. Un ordre social européen n’a pas été créé. La démocratie européenne reste inachevée.

          Nous regrettons que la demande d’un referendum européen ait avorté tout en considérant qu’il ne peut être substitué par des referenda nationaux.

          Pour nous, Verts au Parlement européen, ce Traité n’est pas un aboutissement mais un nouveau départ, la remise en route d’une Europe à réinventer. La démocratisation de l’Union permettra à ses citoyennes et citoyens d’être partie prenante dans ces défis inhérents à l’avenir de l’Europe.

          • Maria Rosa
            Maria Rosa répond à tipoux
            • Posté à 23h58 le 29/03/2009
            • Internaute 16292

            Ainsi donc, si je comprends bien , pour vous, les Verts au Parlement européen, que le traité de Lisbonne, tout comme son clone le TCE, veuille faire passer toutes les lois sociales sous la règle d’or de « la concurence libre et libre et non faussée » ne vous gêne nullement.
            Que la conséquence soit la destruction des services publics et du droit du travail, vous n’y trouvez rien à redire.

            Vous êtes donc bien des libéraux (au sens économique) et verts.

            • tipoux
              tipoux répond à Maria Rosa
              écocitoyen
              • Posté à 09h40 le 30/03/2009
              • Internaute 56930
                écocitoyen

              rappel les greens verts alliance écologistes européennes est le seul parti structuré au niveau européen.

              Pour vivre ensemble ,le premier point à construire est une Europe démocratique économique et social écologique .
              avec des referundums commun et en meme temps à l’échelle de l’europe.

              pour réfléchir tranquillement.
              on ne doit pas toujours voir tout noir ou tout blanc ?
              mais on se doit d’etre pragmatique et responsable, nuancé en restant clair.Un équilibre difficile à trouver. comme toujours.

              perso je vote écolo certes ,mais
              j’ai voté non au TCE et pour le traité de lisbonne je voterais non si on nous en laissé le choix ( mais on nous refuse ce droit ,
              ce qui est démocratiquement scandaleux)

              Mais l’europe ne se résume pas à moi et à nous Français
              c’est 27 pays et 492 millions de citoyens ,
              c’est autant de visons politiques differentes ,avec aujourd’hui une dominante ultra libérale ou conservatrice mené par les Pays de l’est, l’angleterre,la France et l’italie.
              (on doit en finir politiquement avec Baroso (ultra libérale )
              ce que demande l’alliance ecolo et verts européens
              ensuite
              Ce que l’on doit savoir avant de condamner les verts au thése libérale sur la base d’un traité de lisbonne que l’on juge libérale .
              On doit savoir entendre les differences ; l’europe se construit à plusieurs et on doit avoir le sens du pragmatisme , on doit savoir que les verts et écologistes européens ne sont pas que les verts français qui ne sont pas majoritaire dans cette alliance.

              pour finir les élections européennes nous en déplaise ,a nous Français ne sont pas un referundum ou un vote pour définir,encenser ou condamner la politique qui se joue dans notre Pays.
              trop de parti politique en France ,font comme si c’était le cas et les électeurs suivent ,
              souvent faute de vouloir suivre et comprendre les enjeux Européens.

        3 autres commentaires
      • Dissonance
        Dissonance répond à tipoux
        met le doigt où ça fait mal.
        • Posté à 20h54 le 29/03/2009
        • Internaute 70089
          met le doigt où ça fait mal.

        Parenthèse à votre parenthèse : Le fait qu’il n’y ait à ce jour aucune contre-proposition complète et cohérente à opposer au capitalisme :

        1/ Ne signifie pas qu’une telle éventualité ne verra jamais le jour.

        2/ Ne suffit pas à justifier les errements de ce dernier.

        Il a fallu plusieurs siècles au capitalisme pour se mettre en place, pour devenir communément admis par tous, pour être théorisé. Il serait donc de bon ton de laisser un peu de temps à ceux qui travaillent à l’élaboration d’un contre modèle, même si la situation actuelle semble imposer une certaine urgence.

         
        • tipoux
          tipoux répond à Dissonance
          écocitoyen
          • Posté à 09h08 le 30/03/2009
          • Internaute 56930
            écocitoyen

          Je repose la question , que propose les anticapitalistes en lieu et place d’un sytéme capitalisme certes à bout de souffle , aujourd’hui .
          car si aucun modéle de société ne se met en place aprés avoir casser le modéle existant ,on va vers une guerre civile (qui profitera à qui ? toujours au meme , aux élites actuelles et aux classes de la haute bourgeoisies mondiales)
          alors que transformer le modéle capitalisme existant en un capitalisme sociale est possible dans un premier temps ,
          ensuite il évoluera sans doute ,mais au gré de notre volonté et de notre solidarité et de nos engagements responsables à tous
          on doit avoir un systéme que nous controlons démocratiquement et que nous régulerons intelligemment pour aller vers des sociétés humaines démocratiques,solidaires et écologiquement responsable .

          • Dissonance
            Dissonance répond à tipoux
            met le doigt où ça fait mal.
            • Posté à 12h46 le 30/03/2009
            • Internaute 70089
              met le doigt où ça fait mal.

            Jolie oxymore.
            Parler de capitalisme social, c’est du même ordre que de parler d’obscure clarté. La dimension poétique en moins.

            Pour ce qui est des propositions des anticapitalistes, interrogez-les directement, je n’ai pour ma part pas de vocation de porte parole.

            • tipoux
              tipoux répond à Dissonance
              écocitoyen
              • Posté à 21h14 le 30/03/2009
              • Internaute 56930
                écocitoyen

              pas si Oxymore que cela

              bonne lecture

              1. Capitalisme et socialisme représentent deux organisations de l’économie dérivées du même système de base, celui de la quantification de la valeur ajoutée (qui se réfère à la valeur comptable du travail investi dans la production de tout bien matériel). Considéré sous cet angle, le système appelé « socialisme » n’est que le sous-système correcteur appliqué au « capitalisme ». On peut ainsi dire que le capitalisme le plus outré est socialiste sous certains de ses aspects, et que tout socialisme est une « mutation » du capitalisme destinée à tenter de stabiliser le système à travers une redistribution – redistribution estimée nécessaire pour assurer la survie de tous et les inciter à une consommation plus large.
              Nous appellerons dans cette ébauche « capitalisme social » une organisation de l’économie, conçue dans le but d’établir un équilibre acceptable entre capitalisme et socialisme.

              2. Le capitalisme social s’appuie, suivant notre point de vue, sur un petit nombre d’hypothèses fondamentales qui sont les suivantes :
              a. Tout citoyen d’un État a le droit inaliénable à un revenu garanti, revenu qui correspond à un pourcentage déterminé du PNB/habitant. Dans la contexte présent en France, ce pourcentage peut être estimé à 20 %. Ce revenu mensuel doit être mis à la disposition de chaque citoyen sans exception.
              b. Pour pouvoir financer cette dépense, l’État a le droit de retenir une certaine taxe sur chaque opération financière, chaque paiement ou chaque dépôt. Cette taxe qui peut être estimée dans le contexte actuel à 1,5 % de la circulation monétaire globale (elle correspond donc à 20-22 % du PNB), représente l’unique impôt à payer par chaque citoyen, impôt retenu à la source.
              c. Toute prestation de service public, à l’exception de celle de la sécurité des personnes et de celle de la justice, est fournie par des établissements privés contre paiement : éducation, santé, assurance vieillesse etc. appartiennent à cette catégorie de services.

              3. Le capitalisme social introduit ainsi une « subvention indirecte » pour financer les services publics, et laisse décider chaque citoyen du choix des services et des biens qu’il préfère « acheter ». Le revenu garanti est donc l’instrument de cette subvention indirecte.
              Le revenu garanti est versé directement au compte de chaque citoyen, établi à sa naissance : la carte d’identité relevant en même temps de ce compte.
              L’avantage du système de la subvention indirecte est double : il attribue à chaque citoyen la liberté de choisir comme il entend dépenser son revenu garanti, tout en introduisant la concurrence entre les établissements fournisseurs de services.
              L’avantage du système du revenu garanti est d’abord la matérialisation de l’égalité des citoyens. Le système implique la suppression de toute allocation particulière (familiale, de chômage, etc). Ce revenu sera calculé de la façon à permettre à chaque personne une existence de base : pour les ménages, le cumul des revenus de tous les membres d’une même famille peut permettre une existence acceptable.
              Le revenu garanti est cumulable avec les autres revenus et rémunérations perçus pour les activités de chacun, et le droit à ce revenu garanti ne peut être annulé en aucun cas.
              L’établissement de ce système de revenu garanti permettra l’existence des « inactifs » ou des personnes exerçant des activités productives non marchandes (ménagères etc.) sans pour autant réduire l’incitation à exercer d’autres activités productives rémunérées.

              4. La taxe unique de 1,5 % sur la circulation monétaire globale sera payée par prélèvement direct sur chaque somme créditée sur un compte bancaire automatiquement. Cette taxe est fondée sur le même principe que le lucrum camerae du haut Moyen âge.
              Pour éviter toute fraude fiscale, les billets de banque seront retirés de la circulation, ainsi que les pièces de monnaie d’une valeur supérieur à 50 francs. Cette disposition ’alourdit’ (littéralement) tout paiement en espèces dépassant 5000 francs (d’un poids de plus d’un kilogramme en pièces).
              L’avantage de cette taxe unique sur la circulation monétaire est multiple. D’abord elle encourage l’investissement et la consommation de biens relativement durables : l’investissement, car les sommes investies ne figurent pas sur les comptes bancaires des investisseurs, et la consommation des biens relativement durables car achetés plus chers mais moins souvent que les autres biens. En d’autres termes, le système produit les avantages d’une inflation, sans en être une et sans les dégâts qui en résultent.

              • Dissonance
                Dissonance répond à tipoux
                met le doigt où ça fait mal.
                • Posté à 08h57 le 31/03/2009
                • Internaute 70089
                  met le doigt où ça fait mal.

                « 2.c. Toute prestation de service public, à l’exception de celle de la sécurité des personnes et de celle de la justice, est fournie par des établissements privés contre paiement : éducation, santé, assurance vieillesse etc. appartiennent à cette catégorie de services. »

                Un système qui privatiserait l’éducation et la santé, autrement dit qui placerait l’accès à ces « ressources » sous condition financière, ne serait rien de moins qu’en opposition totale avec le principe d’égalité de droits des citoyens.

                Cette proposition revient à établir que les droits d’une personne sont relatifs à l’état de son compte en banque, c’est juste inacceptable et d’un archaïsme rare.

                Peut importe que vous proposiez par avant de donner la becquée aux personnes en leur garantissant un revenu minimal, le principe n’en est pas changé pour autant. Ce revenu garanti étant défini comme fixe, la privatisation de la santé par exemple placerait ces personnes dans un système parfaitement inégalitaire, puisque certains nécessitent plus de soins que d’autres, et ce indépendamment de leur condition financière.

                « L’avantage du système de la subvention indirecte est double : il attribue à chaque citoyen la liberté de choisir comme il entend dépenser son revenu garanti, tout en introduisant la concurrence entre les établissements fournisseurs de services. »

                La concurrence présentée comme un avantage... Rien n’est plus faux. La concurrence génère à terme le monopole. Je vous démontrerai volontiers ce point, ne serait-ce que par la simple explication de texte de sa définition. De manière lapidaire : La concurrence induit une compétition. Une compétition se caractérise par un vainqueur et des perdants. Le vainqueur jouit d’un monopole.

                Par ailleurs, l’autre face du « double avantage » est tout aussi discutable. Vous parlez de « liberté de choisir ses dépenses ». C’est une négation pure et simple de la réalité : Certaines dépenses ne sont pas choisies mais subies. Ce que le pékin de base appelle les « dépenses imprévues », vous voyez ?

                En définitive, tout bien considéré, je préfère encore ne pas voir venir de proposition que d’en voir de pareilles.

        4 autres commentaires
    • luganys
      luganys répond à loeau
      • Posté à 11h19 le 01/04/2009
      • Internaute 4682

      Peut-être faire une enquête internationale sur le « Bilderberg groupe » dont fait partie trichet et j’en passe et qu’une réunion a eu lieu en france :
      ^^^^La réunion avait lieu en France du 15 au 18 mai, au château de Versailles qui a été fermé au public pendant une semaine. Selon Pepe Escobar de l’Asia Times, Jacques Chirac a prononcé un discours de bienvenue le premier jour^^^^

  • Madiran
    Madiran
    (Business Analyst)
    • Posté à 18h39 le 28/03/2009
    • Internaute 16911
      (Business Analyst)

    Le G20 est il efficace ?

    A un gos détail près ! !

    Les 20 élèves du G20 ne sont pas tous dans la même classe.

    Et par ailleurs lorsqu’il s’agit de prendre des décisions lors de colloques comme celui ci, on sait que les décisions sont prises bien avant !
    Comme par exemple pour Bretton Woods, ou encore auparavant pour Yalta (où les decisions furent prises à la conréfence de Téheran).

    Par ailleurs les Européen ne peuvent prendre de décisions concernant les finances, ce pour deux raisons.
    - La banque Centrale Européenne est indépendante.
    - Le droit financier en Europe (par exemple les taxes, fonds , prêts etc...) doit faire l’objet d’un accord en conseil des ministres de l’Europe et d’une décision à majorité des membres...

    Par ailleurs la présidence de l’Europe n’est qu’une vision médiatique, car le TCE n’étant pas voté la présidence de l’Europe n’existe pas, à supposer qu’ellle soit necessaire.

    Façon de montrer que l’économie pilotée par le G20 ne sera pas très homogène ! Qui en doute ?

    Sinon tous ces gens pourront prendre le thé ensemble avec Obama, devant les caméras pour le journal de 20 heures. Ce sera déjà cela...

    • karoludel
      karoludel répond à Madiran
      sans
      • Posté à 06h04 le 29/03/2009
      • Internaute 71176
        sans

      La Crise financiere actuelle masque un phénomène plus profond dont parle bien Attali qui est une mutation inéluctables des centres géographiques du Capitalisme qui se déplacent vers l’Asie en particulier...Laissant les USA dans une large partie et la vieille Europe en totalité en arrière en voie de paupérisation et de dislocation géo-politique (voir conclusion du LEAP2020 sur google) .Autrement dit : Pauvres pleureuses du Blog nous sommes entrain d’éprouver l’angoisse que génère le déclin d’une civilisation. Nos Politiques n’y peuvent rien et quelque part nous le savons sans pouvoir l’admettre .C’est Inéluctable et un peu stressant certes...

      • Humain
        Humain répond à karoludel
        • Posté à 11h25 le 29/03/2009
        • Internaute 21387

        Il ne s’agit pas de déclin de civilisation mais d’un système financier qui culbute ! !

        Parlez nous aussi de DSK est une sorte de libéral plus libéral qu’un libéral... Que Ségolène contribuera à nous refiler en 2012 ?

        Dans ce contexe, « les Etats unis ont eu Reagan, les Anglais madame Tatcher », que doitt-on accorder à Sarkozy ou Attali ? et demain à Strauss Khan…. ?

        Peut être voulez vous nous faire pleurer sur le G20, et le manque de pouvoir d’Attali ou de Strauss Khan ?

  • Kereven
    • Posté à 18h39 le 28/03/2009
    • Internaute 29900

    Penser que le G20 fera quelque chose, c’est comme croire Sarkozy.
    Les deux n’ont qu’un but, masquer ce qui se voit trop, socialiser les pertes et privatiser les bénéfices. Le seul dogme, s’enrichir sur le dos des autres.
    Ce G20 n’est qu’une occasion de plus de se faire un bon restau et un bon cigare entre copain.
    Cette réunion n’accouchera même pas d’une souris, c’est encore trop gros. Ce qui en ressortira sera le moyen de faire encore pire, jusqu’à la prochaine crise. Les pauvres ils s’en foutent, ils n’en ont jamais vu.

  • Counch
    Counch
    Citoyen en résistance en (...)
    • Posté à 18h38 le 28/03/2009
    • Internaute 23248
      Citoyen en résistance en (...)

    Trés bon rapport. Nous devons nous faire entendre ! ! ! ! Une super tribune, bravo ! ! ! !

    A lire le rapport d’Attac : « De la fin des paradis fiscaux aux taxes globales »
    Lien

  • Jonas2
    Jonas2
    Les mouches ne me trouveront (...)
    • Posté à 18h40 le 28/03/2009
    • Internaute 19359
      Les mouches ne me trouveront (...)

    Elèves Jean-Marie Harribey et Aurélie Trouvé ,

    Dommage que vous ne soyez pas encore en classe de G20 car votre copie mérite une excellente note, d’autant qu’elle rencontre comme un sinistre écho dans la déclaration d’un certain Atali interviewé par « le Monde » du 26 mars :

    « Dans les années 1930, un certain nombre de personnes avaient compris la nécessité de changer de système monétaire et le besoin d’un marché commun pour éviter la guerre qui s’annonçait. On a préféré faire la guerre et les réformes après. Je crains que la même erreur ne se reproduise. On fera d’abord les guerres - et il y aura 300 millions de morts -, puis les réformes et un gouvernement mondial. “

    Un G 20 pour se préparer au grand bond en arrière ?

    Les enfants pourront dire merci à ceux qui n’ont rien fait tant qu’il en était encore temps.
    Lien

    • Counch
      Counch répond à Jonas2
      Citoyen en résistance en (...)
      • Posté à 18h44 le 28/03/2009
      • Internaute 23248
        Citoyen en résistance en (...)

      Il serait bon de vous renseigner qui sont Jean-marie Harribey et Aurélie Trouvé...Vous verrez qu’ils sont bien loin d’Attali

      • Jonas2
        Jonas2 répond à Counch
        Les mouches ne me trouveront (...)
        • Posté à 19h00 le 28/03/2009
        • Internaute 19359
          Les mouches ne me trouveront (...)

        Merci pour votre sollicitude, Counch, mais j’avais quand même une certaine idée sur la question.

        Je voulais simplement souligner que des acteurs engagés sur des schémas ...disons..., assez éloignés ont une approche qui pourrait être qualifiée de convergente sur cette perspective apocalyptique.

         
        • Counch
          Counch répond à Jonas2
          Citoyen en résistance en (...)
          • Posté à 19h37 le 28/03/2009
          • Internaute 23248
            Citoyen en résistance en (...)

          Autant pour moi, j’ai lu trop vite votre post,

          bien fait pour moi...

        1 autres commentaires
  • parousnik
    • Posté à 18h43 le 28/03/2009
    • Internaute 18991

    Ceux qui seront autour de la table du G20 sont les même qui ont autorisé leurs petits copains a éditer des produits spéculatifs toxiques...qui ont pillé les banques... Comment pourraient ils cracher aujourd’hui dans cette soupe...qui les a fait élire et les a enrichi etc... Autant demander a la mafia de renoncer aus revenu du racket, de la prostitution etc...
    Leur seul problème c’est comment nous faire payer...sans produire de révolutions ...dans les étables aseptisées de nos villes.

  • Numerosix
    Numerosix
    Prisonnier dans le village (...)
    • Posté à 18h56 le 28/03/2009
    • Internaute 14499
      Prisonnier dans le village (...)
    • Utilisateur désinscrit à sa demande
      • Posté à 19h35 le 28/03/2009
      • Internaute 70482
        nc

      Merci pour le lien, N°6...

      Allez tous lire ce document : ça fout les foules. Mieux : ça bout les foules.

      • Utilisateur désinscrit à sa demande 2
        • Posté à 20h10 le 28/03/2009
        • Internaute 71957
          nc

        Ce texte, c’est exactement ce que j’appelle danser autour d’un totem pour faire tomber la pluie.

        Il nous dit que le système est cassé, mais il ne nous dit pas en quoi il est cassé, ni pourquoi. C’est une incantation.

        Il nous parle de dislocation géopolitique, mais il ne nous dit pas ce que c’est que cette dislocation géopolitique, ni comment elle se produirait, ni ce que seraient ses conséquences.

        Il propose trois mesures, sans nous expliquer en quoi elles résoudraient le problème, ou quels problèmes elles résoudraient.

        Créer une monnaie de réserve mondiale. On aimerait comprendre comment cela changerait quelque chose, et ce qui empêcherait les USA et d’autres de continuer à utiliser leur dollar pour leurs échanges internationaux s’ils le jugent préférable. Mais surtout, le texte ne dit pas ce que ça résoudrait.

        Nationaliser les banques. Ben voyons, encore une incantation. Depuis quand les banques nationalisées sont-elles plus à l’abri des errements que les banques privées ? Voir le scandale du Crédit Lyonnais en France dans les années 90...

        Faire auditer les systèmes suisse, anglais et américain. Seulement ? Et pourquoi pas le Japon, la Chine, l’Arabie, l’Allemagne, l’Espagne, la France, la Russie...

        De plus, c’est en cours. Personne n’a attendu cette idée géniale pour chercher à savoir l’ampleur des dégats.

        Ce qui est amusant, c’est que cette dernière recommandation se retrouve en mieux conçue dans un Figaro de cette semaine, où un économiste brésilien dit qu’il faut que chaque état procède à une recension détaillée de tous les avoirs toxiques et de leurs titres de propriété. Pas besoin d’une commission internationale indépendante à la mords-moi-le-noeud pour faire ça.

        Non, vraiment, ce texte n’est qu’incantations. Un peu décevant...

         
        • Numerosix
          Numerosix répond à Utilisateur désinscrit à sa demande 2
          Prisonnier dans le village (...)
          • Posté à 20h20 le 28/03/2009
          • Internaute 14499
            Prisonnier dans le village (...)

          Je ne sais pas , Hulk . Mais j’ ai tendance à croire , malheureusement , à ce qu’ ils racontent , parce qu’ ils ont prévu la merde ou en est depuis 2006 .
          Alors que la plupart des médias et des politiques ( exception de gauche ARTE ou Le Monde Diplomatique ) nous ont totalement enfumés depuis des années et je pense qu’ ils sont en train de continuer ..C’est les mêmes ! ! !

        • Utilisateur désinscrit à sa demande
          • Posté à 20h57 le 28/03/2009
          • Internaute 70482
            nc

          Ce texte a au moins le mérite de proposer quelque chose, ce qui n’est pas le cas du G20 et de tous les autres Gs à la con, qui n’ont fait que nous amener au point de rupture actuel.

          Dans mon bref commentaire, je ne l’analyse pas, ce texte. Il doit sans doute être très imparfait, mais... comme notre compagnon le Yéti, il ne fait pas que dresser un constat : il en tire des conclusions et il *propose*.

          La crise actuelle n’en est en effet à ses premiers frémissements, c’est un fait ; et je ne suis pas du genre à jouer les oiseaux de mauvais augure, en bon optimiste increvable.

          L’économie n’est pas la seule en jeu : c’est toute notre planète : climat, environnement, modes et niveaux de vie. Survie tout court.

          Je n’accorde pas la moindre confiance à ces assemblées de chefs dont pas un seul n’a la qualité essentielle requise pour parler et agir au nom de l’humanité : la sagesse. Le moindre pow-wow de Sioux compte cent fois plus de sages que tous ces sommets inutiles et formidablement coûteux réunis.

          Non seulement je ne leur fais pas confiance, à ces businessmen, mais je suis convaincu qu’ils sont les pires ennemis de l’espèce humaine. Car tu auras beau dire : leur système n’a fait qu’engendrer la souffrance, l’inégalité, la mort ; alors qu’ils proclament au contraire avoir apporté le progrès à des milliards d’être humains.

          Et qu’on ne vienne pas me dire qu’il n’est d’alternative à la doctrine criminelle du néo-libéralisme, qu’en des régimes collectivistes dictatoriaux. C’est faux. Ras-le-bol de ce raisonnement simpliste.

          C’est évident que ça merde, non ? Va en parler avec le fils d’un copain, qui est trader à Tokyo. Lui, il sait. Ça craint !

          • Numerosix
            Numerosix répond à Utilisateur désinscrit à sa demande
            Prisonnier dans le village (...)
            • Posté à 20h58 le 28/03/2009
            • Internaute 14499
              Prisonnier dans le village (...)

            Le chef de rayon fromage prépare la guerre avec le responsable de la boucherie ..

          • Adéménagé le 3 janvier 2011
            • Posté à 20h59 le 28/03/2009
            • Internaute 29846
              menuisier

            Les premiers frémissement, à peine.
            Là on regarde les oiseaux migrateurs qui partent tous dans la même dirrection, tandis que l’on sirote notre apéro à la terrasse.

            Le tsunami arrive, c’est clair. Et il va en laisser au tapis de l’humanité.

            Ces guignols du G20 aimeraient faire croire qu’ils oeuvrent pour le bien commun...

            • Yvon le Zébulon
              Yvon le Zébulon répond à Adéménagé le 3 janvier 2011
              L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
              • Posté à 11h21 le 30/03/2009
              • Internaute 65781
                L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

              Effectivement, il faut une bonne dose de naïveté,...( pour ne pas dire autre chose) pour croire que les nantis de cette planète pensent aux défavorisés pour autre chose que la mise en oeuvre d’un système d’exploitation inique supplémentaire...

              * De toutes façons, c’est eux qui tiennent le révolver...ou le stylo !

              - Les autres sont simplement destinés ad vitam eternam à se tenir à leur dispostion perpétuelle, et accepter de les servir toujours...

              Tout le reste, c’est de la foutaise !

        • Adéménagé le 3 janvier 2011
          • Posté à 20h54 le 28/03/2009
          • Internaute 29846
            menuisier

          Citer l’exemple du Crédit Lyonnais comme exemple de mauvaise gestion du secteur public, cautionnant ainsi les errement du privé, c’est un peu fort de café.

          Pour deux raisons :

          La première est que dans le cas du Lyonnais, UNE banque publique a failli.
          Dans la crise actuelle TOUTES les banques privées peu ou prou se sont plantées comme des merdes, occasionant des milliers de milliards de dollars de perte, présentant la note de leur hold up aux contribuables, rackettés pourtant déjà par les frais banquaires.

          Secondement, les cadres du Lyonnais qui l’ont mis à la faillite, les dirigeants qui ont voulu jouer à la bourse faire comme le privé, sortent des mêmes filières que ceux, comme Bouton et consort, qui ont les brillants résultats que l’on connait : Inspecteurs des Finances, énarques ou X,ils ont le même adn.

          La gestion catastrophique de lyonnais n’était pas de service public, spéculative à l’outrance elle était de type Lehman Brothers.

          Mais de toute façon, c’est aussi le contribuable qui a raqué.

          • Utilisateur désinscrit à sa demande 2
            • Posté à 21h00 le 28/03/2009
            • Internaute 71957
              nc

            Peut-être, mais ça montre quand même bien au moins que la privatisation n’est en rien une assurance contre de futurs dérapages. Ce sont les réglementations nouvelles qui seront protectrices, pas le fait de nationaliser.

            • Adéménagé le 3 janvier 2011
              • Posté à 21h12 le 28/03/2009
              • Internaute 29846
                menuisier

              Non, non, la nationalisation en soit, n’est pas la panacée universelle, je ne suis pas collectiviste.

              Mais dans le cas précis de la finance, pourrie jusqu’à l’os par l’avidité et l’abscence TOTALE ne serait-ce que du seul sens de la survie de l’espèce, ses cadres biberonnés dès HEC du culte du profit immédiat à court therme, ne se raisonnera pas d’elle-même, elle ne se corrigera pas de l’intérieur.

              Il faut karshériser façon Augias, dépouiller les rapaces (ils ont de toute façon de quoi subvenir à quatre générations de leur descendance) et rendre à l’argent sa place.

              Confierais-tu le soin de sa désintoxication au seul junki qui bave devant la seringue ?

              Il faut que cette finance soit confiée, temporairement ( ? , j’incline à dire non) à une instance publique qui assurera qu’elle est au service de la société, au lieu d’en être le parasite.

              • Utilisateur désinscrit à sa demande 2
                • Posté à 21h24 le 28/03/2009
                • Internaute 71957
                  nc

                Non, en effet, c’est aux états de faire ce boulot de nettoyage des écuries d’Augias. Et les électeurs seraient bien avisés de sanctionner ceux qui ne le feraient pas.

                J’aimerais bien aussi que des juristes brillants trouvent matière à incriminer au moins au civil, et pourquoi pas au pénal le management des banques, assurances, hedge funds et autres dont les actions ont provoqué ce désastre. Mais je crains qu’il y ait peu de chance.

                N’oublions pas non plus que la crise ne vient pas que de là.
                Fondamentalement, elle provient de la volonté des peuples occidentaux, et surtout des américains, des anglais, des espagnols, de continuer à voir leur niveau de vie croître malgré la stagnation des salaires et la mondialisation. Ce sont les populations qui ont « exigé » inconsciemment qu’on leur permette de vivre de plus en plus à crédit, le crédit remplaçant les gains de pouvoir d’achat qui n’étaient plus là, ou en tout cas plus assez.

                On peut sans peine penser que tout gouvernement qui aurait voulu mettre le hola n’aurait jamais été élu, ou alors aurait été renversé par la rue.

                A un moment, les banques auraient dû arrêter de prêter. Mais au lieu de ça, concurrence et manque de contrôle aidant, elles ont fait deux choses :
                1) Elles ont titrisé les créances pour répartir les risques des plus douteuses,
                2) Elles ont assuré les créances douteuses et inclus ces contrats d’assurances dans les titres eux-mêmes.
                Et les assurances ont accepté de jouer le jeu, il y avait du pognon à se faire.

                Résultat, tout est vérolé. Mais il serait bon de se dire que les banquiers font un bouc émissaire facile (je ne nie pas leur énorme responsabilité) : c’est toute la population (ou presque) qui a mené à cette situation, et qui a élu des dirigeants qui avaient le mandat de permettre que ça continue ainsi.

                Alors c’est vrai qu’il y a des gens malins qui ont profité de tout ça pour s’enrichir massivement. Mais c’est un épiphénomène ça, et ce qui me fait très peur aujourd’hui, c’est qu’au lieu de s’intéresser au problème de fond, on se focalise sur ces banquiers en essayant de faire croire qu’il suffira de moraliser la finance avec des règles plus strictes pour que tout reparte normalement.

                Mais pas du tout, les mêmes causes produiront à nouveau les mêmes effets.

                On pourrait dire que ce qu’il faut, c’est que les américains et d’autres remboursent, pendant des années, en acceptant une baisse durable de leur niveau de vie. Mais le problème, c’est que alors, nous entrerions dans une grave et longue récession mondiale à laquelle personne n’est préparé. Et de toute façon, je doute que la population américaine accepte cela et élise quiconque lui dirait qu’ils vont retourner 20 ou 30 ans en arrière en termes de niveau de vie. Et c’est valable à des degrés divers dans tous les pays riches.

                • Numerosix
                  Numerosix répond à Utilisateur désinscrit à sa demande 2
                  Prisonnier dans le village (...)
                  • Posté à 22h26 le 28/03/2009
                  • Internaute 14499
                    Prisonnier dans le village (...)

                  Décidément , vous êtes un très bon et très intéressant commentateur , Hulk . Par contre , vous n’êtes pas terrible, comme gros con de droite .

                  • Utilisateur désinscrit à sa demande 2
                    • Posté à 22h41 le 28/03/2009
                    • Internaute 71957
                      nc

                    Détrompez-vous. Je suis un libéral de droite, et quand je dis que je soutiens Sarkozy (qui n’est pas un libéral, pourtant), c’est la vérité. Ces deux termes sont la définition stricte, en France, d’un gros con de droite.

                    Je précise que le libéralisme, ce n’est ni la loi du plus fort, ni la loi de la jungle. Et que le libéralisme économique n’est qu’une des dimensions du libéralisme. Je juge que le libéralisme est le seul système qui respecte aussi bien l’individu que la société, et qui ne vise à aucun asservissement.

                    La loi du plus fort, ça se retrouve dans tout système déréglé, qu’il soit de droite, de gauche ou de Mars.

                    Et quel que soit le système, il y aura toujours des rapaces pour essayer de le tourner à leur avantage. Là où ça merde gravement, c’est quand la population est complice, même sans s’en rendre compte, ce qui a été le cas dans la maturation et le déclenchement de la crise actuelle.

                    • Numerosix
                      Numerosix répond à Utilisateur désinscrit à sa demande 2
                      Prisonnier dans le village (...)
                      • Posté à 22h56 le 28/03/2009
                      • Internaute 14499
                        Prisonnier dans le village (...)

                      Qui a mis des milliards en communications sous toute ses formes pour l’ acculturer et la rendre complice sans s’en rendre compte , cette population , a votre avis ? Quel est le système , qui a fait ça ?
                      Un système de liberté ?

                      • Utilisateur désinscrit à sa demande 2
                        • Posté à 23h11 le 28/03/2009
                        • Internaute 71957
                          nc

                        Sur ce point précis, je ne suis pas certain qu’il faille beaucoup de propagande pour convaincre les gens de vouloir que leur niveau de vie augmente. C’est au contraire pour leur expliquer le problème qui se profilait qu’il aurait fallu beaucoup de propagande. Imaginez un candidat aux USA qui aurait fait campagne en 2000 sur l’interdiction des subprimes. Il aurait fini la tête au bout d’une pique !

                    • peut-être
                      • Posté à 23h43 le 28/03/2009
                      • Internaute 26676

                      putain ta mère il t« a traité de gros con de droite

                • BobCat
                  • Posté à 22h33 le 28/03/2009
                  • Internaute 71310
                    observateur

                  Ha ben dis don’

                  Comme quoi tout arrive,

                  Souvent, presque chaque fois, je ne partage pas votre opinion, M Hulk.

                  Cette fois, vous me semblez avoir fait un grand pas dans le sens de la modération et une avancée sensible vers la profondeur de l’analyse.

                  Je finirai par croire que vous n’êtes pas un digne, non un « gros » représentant de cette catégorie particulière des des gens d’opinion marquée à droite, dont vous vous réclamez dans votre pseudo !

                  Parce que d’après l’adage bien connu, il n’y a que cette catégorie-là qui ne change pas d’opinion !

                  Est-ce en rapport avec le fait que vous avez changé le logo de votre pseudo ? L’actuel me semble en effet plus avenant, en tout cas, moins antipatique.

                  Avec tout le respect que je me dois envers ceux qui défendent leur opinion !

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